‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 31 sur 103 · LOUIS VII · texte numérisé non relu

LOUIS VII

mJnfde I-ouis VII,dit Ic Jcuue, anuoncc, en. montant sur le ^wT"' trône, un caractère aussi belliqueux que son père. Il soutient Geoffroy Plantagenet contre son compétiteur Etienne, et l'aide a conquérir la Normandie, pour laquelle Geoffroy lui fait hommage : l'Angleterre demeure à Etienne, qui reconnaît son concurrent pour l'héritier de sa couronne. Louis maintient dans le devoir les seigneurs et le clergé :

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il fr'onoM^an&mrpfltiai» dn pape Luneent II, et reftue de racoBBaltie raBebBfèqm de Boorges , élu par ce pontifie, qvrifOoet amriiâft «s interdife toQ& lies Iknx où le monaniae aTarcéte* LoniA te Jeune fût le faatvièine roi cah pétieit frappé par le saliift-ftiége : aucnne lEkmiUe n'avait moairé plna de déférence envers la coar de Rome ; an*cnne ne fat traitée par elle aiwe pins de rigueur.

L'événement le pins mànorable de ce règne est la seconde eroieadei préebée aveenn immense succès par saint Bernard, abbé de Qairvaiftx, et commandée par ie roi en personne. Looia croyait avoiir nn grand crime à expier : dans une gnerje avec Thibaut^ comte de Champagne, ses soldata avatenf: mis le fea à l'église de Titry, et treize cenfs ?/^try? personnes y périrent dans les flammes. Épouvanté de cet afiûrenx désastre^ il demande son absolmion au pape, et ne l'obtient que de Célestin II , snceessenr d'Innocent. C'était pen encore penr rendre le calme à sa conscience : Édesse , en Palestine^ avait saccombé sons les armes dn sultan Zing^ ; il n'était lirait dans la chrétienté que de la dinte de œli» ville fameuse et du massacre de ses habitants ; de tpnUs parts s'éleviUeut des cris de foreur et de vengeance; La Fiance s'ébranle Fa première à la voix de saint Ber- ^^^3?^^. nard, eteommmiique le raouvementà TEorope. Louis Vil *'^'' se croise ; il demande congé de partir à Suger, abbé de SaintrBenls, dont il tenait en fief le Vexin, et reçoit de sesnmins roriflamme; il lui confie la régence du royaume, et se met en route à la tète de cent mille Français. C'est ici que finit sa réputation de roi et de chevalier. Conrad, emp«renr d'Allemagne, l'avait devancé avec une armée aussi formidable :des guides grecs ie trahissent dans L'Asie Mineure ; ses troupes sont surprises et détruites aux défilé» de la Lyoaonie : Louis VU en recueille les débris ,

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mais il perd lui-même la moitié des siennes sur la montagne de Laodicée. Il tente Tainement plusienrs entreprises, chacune d'elles est marquée par un désastre; enfio, toute Texpédition de Louis VU se réduit pour ce roi à un dévot pèlerinage au saint sépulcre : il revient en Europe avec les princes croisés, et ramène avec lui quelques soldats; son armée tout entière était anéantie.

Le déplorable résultat de cette croisade enlève à Louis toute sa popularité ; son caractère même en parait affaibli, et dès lors on voit bien moins en lui le roi que le moine. Divorce ^^ ^®**^® Éléouorc s'cu indigne, elle le méprise, et fait Loafs^vii<^asser son mariage, sous prétexte de parenté avec son norili^i- époux. Bientôt après elle donne sa main à Henri Pianta- **"1S*^' genêt, héritier du sceptre d'Angleterre, et lui apporte en dot l'Aquitaine, que ce divorce fatal enlève à la France. Louis voit en frémissant la moitié de ses États passer à son rival , et cherche en vain à mettre obstacle à ce mariage. Le nouvel époux d'Éléonore succède à Etienne sur te trône anglais, et devient le célèbre Henri U. Il soumet l'Irlande, menace l'Ecosse, et se montre sur le continent le plus redoutable et le plus puissant des souverains : il y possédait l'Anjou, le Maine, la Touralue, le P^itoo, paissance l'Aquitaine et la Normandie. Il ménage d'abord Louis le Henri II. Jeuuc, et uult en maiîage son fils, âgé de sept ans>àla gieterre." fille dc Louls , cucorc au berceau. La guerre éclate au **%"ec"* sujet de la dot de cette princesse, et tout à coup Louis p.cc"e" obtient un puissant auxiliaire dans le clergé anglais , soulevé contre Henri II par le fameux Thomas Becket, archevêque de Gantorbéry. Ce prélat , d'abord courtisan , puis chancelier du roi d'Angleterre , et désigné par lui pour occuper comme sa créature le premier siège épiscopal de son royaume, s'y vit à peine assis, qu'il oublia

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ses obligations envers Henri et les délices des cours, pour les austères devoirs qu'il regardait comme inséparables de sa situation nouvelle. Il prit en main la défense de la cause que Grégoire YII soutint jusqu'à la mort, celle 'de l'autorité spirituelle contre la temporelle ; et tandis que le pape Alexandre III luttait avec peine contre l'antipape Victor et le poissant Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne, Becket se constitua dans l'Occident \t plus intrépide champion de l'Église, dont Henri II, par l'édit de Giarendon, violait les privilèges en supprimant les tribunaux ecclésiastiques et le bénéfice de clergé. Ces privilèges donnaient lieu sans doute à de nombreux abus et assuraient l'impunité à beaucoup de coupables; mais telles^ étaient l'Ignorance barbare et l'odieuse ilscalité des tribunaux laïques au douzième siècle, que la Juridiction ecclésiastique inspirait seule quelque confiance aux peuples, et le joug le moins pesant était encore celui de l'Église.

Becket, poursuivi par le ressentiment de Henri II, se réfugie en France , où Louis raccueille avec grande faveur, et la guerre continue de la manière la plus désastreuse pour les peuples entre les deux rois. Thomas Becket retourne en Angleterre , et Henri s'écrie un jour dans un transport de fureur : « Aucun des lâches que je nourris ne « me délivrera-t-il de ce prêtre?» Ces paroles sont entendues ; quatre chevaliers dévoués au roi assassinent Tho* Meurfrr mas Becket au pied de Tautel. Ce ne fut alors dans toute Thoma»^ rÉglise qu'on cri de malédiction contre le monarque homicide, et le prélat, canonisé, devint plus funeste à Henri II après sa mort qu'il ne l'avait été pendant sa vie. Chacun s'éloigna avec horreur du roi , qui , pour apaiser la clameur publique, se soumit à une pénitence humiliante. On vit le prince le plus redouté de la chrétienté faire amende

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honorable à Jeun et pieds nos, peadant fOBsaiite^halt heures, dans laeathédrale où le meurtre avait été eonuDîs, et se soumettre à être battu de verges par le clergé, les moines et les chantres de cette église.

Henri II ne connut plus d'heureux Jours ; sa &mme Éléonore, irritée de ses infidélités , £ait révolter contre lui ses trois fils, et, suivant Tasage honteux du temps, Louis y II les soutient dans leur guerre impie. Ils lui rendent hommage pour la Normandie, 1* Aquitaine et la Bretagne, et sont vaincus par leur père : les deux rois se réconcilient. Louis fait couronner son fils Phillppe-Augiiste, et accomplit un pèlerinage à la tombe* de saint Thoflias Mort de Beckct : il meurt ensuite, laissant la réputation d'un roi 1170. dévot» plein de respect pour les ordres sacrés et de douceur pour ses sujets, mais dépourvu de toute grandeur et de toute habileté poUti(|ue. II vécut trop longtemps pour sa gloire et pour la prospérité de la France, qui perdit dans la seconde moitié de son règne les provinces acquises dans la première par son mariage, et qu'elle ne recouvra définitivement qu'après des siècles de combats et de désastres.

G«wr« Du vivant de ce roi, l'empereur Frédéric Barberousse %^aS commença contre les villes de Lombardie une lutte ac^f" née qui ensanglanta longtemps l'Italie, et aCEaibiit la puissanee impériale ea accroissant l'influence des souvecains pontifes. Cette guerre fameuse est connue dans rhisti»ro sous le nom de guerre des Guelfes et des Gibelins; ceuxci étaient soutenus par l'empereur, ceux-là formaient le parti du pape, et combattaient pour l'indépendance des villes, bombardes. Les papes luttaient alors pour la liberté des peuples contre le despolâsme des roi» et de Tarisl»^ eratie £éodBle«

Gibelins.

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