CHAPITRE PREMIER
Règne des sucoessears de saint Louis jusqu'à l'ayénement des Yeloîs. ^ Mdlîppe UL — PMiippe lY. — Lonis X.-*Phtli»e V.*^ Charles nr.
PHILIPPE m.
Le troisième fils de saint Louis, Philippe m, surnommé, sans motif connu, Philippe le Hardi ^ ne suivit point les ^orieux exemples de son père ; il régna au milieu de ses valets , adonné à des pratiques superstitieuses.
Le jour même où mourut saint Lquis , il reçut Charles d'Ai^oa , son oncle , qui entrait dans le port de Carthage avec une flotte et une armée. Malgré ce r^fort , les croi> ses restèrent dans l'inaction, accusant avec raison Charles d'Anjou d'avoir dirigé son frère à Tunis da^s son prqpre
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intérêt, afin de forcer le roi oaaiire à lai payer le tribut que lui imposaient d'anciens traités. La paix fut conclue cette année , moyennant une grosse somme fournie par ce roi f et la reddition de tous les captifs; pals l*armée revint en Europe, affaiblie de moitié par les chaleurs y les fatigues et la peste. Une tempête engloutit, en vue des côtes de Sicile, dix-huit vaisseaux français, avec le riche tribut acquitté par le roi de Tunis. Les croisés virent dans ce désastre la main de Dieu qui les châtiait pour être revenus sans avoir visité la terre sainte. Philippe rentra en France, précédé de cinq cercueils, ceux de son père, de sa femme, de son fils , de son frère le comte de Ne vers, et de son beau -frère Thibaut II, comte de Champagne, roi de INavarre. Son oncle Alphonse , comte de Toulouse , mourut peu après sans enfants , et sa mort rendit Philippe héritier du comté de Toulouse qui, malgré tous les désastres de la guerre des Albigeois, était encore le fief le plus considérable de la France. Grégoire X, Tan des hommes les plus recommandables qai aient occupé leTtrêne pontifical, ve* Cession naitd*être élu pape; Philippe lui céda le comtat VenaisveSm sin , sur lequel il n'avait lui-même que des droits douteux ; ^£iV' puis il s'engagea dans des guerres de succession contre la Navarre et la Gastille. Alphonse X, roi de cette contrée, était mort, sans avoir pu faire reconnaître pour ses succesiseurs ses petits -fils , nés de Ferdinand de la Cerda, son fils ahié, et de Blanche, fille de saint Louis. Philippe III invoqua en vain leurs droits au trêne de leur aïeul. Les cortès de Ségovie avaient désigné pour saccesseur d'Alphonse, Sanche, son second fils, déjà connu par ses talents guerriers : leur décision intervertit tous les principes de la légitimité.
Un épais nuage nous dérobe les actions particulières de
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Philippe III : il semblait ne voir et n'agir que par Pierre Disgrâce de la Brosse, qui avait été son chambellan, et qui , porté ,(^Vre^de par de basses intrigaés an poste de premier ministre , 8*é- ^ ^^' tait attiré la haine de tous les grands. Une catastrophe sanglante termina les jonrs de ce favori. Jaloux du crédit de la reine Marie deBrabant, seconde femme du roi, il Fa- Tait accusée de la mort du prince Louis , fils aine de sa première femme : Philippe ordonna des recherches à ce sujet. On croyait alors ne pouvoir découvrir les auteurs d'un crime que par la torture des prévenus » ou par l'interrentîon des puissances célestes et infernales : Philippe consulta ceux que la superstition du temps faisait considérer comme doués du pouvoir de lire dans Favenir. Le vidame de Téglise de Laon, un sarabalte' , une béguine de Nivelle, passaient pour avoir des révélations. Tous trois contribuèrent d'abord à accréditer les bruits répandus* contre la reine ; mais ensuite ils se rétractèrent, et mirent le roi en garde contre Pierre de la Brosse. Deux ans s'écoulèrent encore jusqu'au jour où un moine apporta au roi, àMeiun', des lettres cachetées du sceau de son ministre. Le contenu de ces lettres demeura un mystère ; mais la Brosse Ait arrêté aussitôt^ et jeté dans une tour. Phî/jppe loi donna pour juges trois des plus grands seigneurs de la cour, ses ennemis; et la Brosse, condamné , fut pendu au gibet de Montfaucon en 1278.
Le règne de Philippe III ne laissa aucun souvenir glorieux pour la France, soit à Tintérieur du royaume , soit à l'étranger ; et cette époque fut marquée par l'affreux désastre qui renversa le gouvernement français en Sicile.
' Oo nommait ainsi des moines qni ne YiTaient point en commtinaiité, qui n'étaient soumis à aucune règle, mais qni portaient la tODsare et se donnaient pour rigoristes. (Du €ange , Glossaire.)
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Charte d'Ai^^o» après avoir fait condanmer à mort et exécuter le jeane Cbnradin» fils de Conrad lY et petit-fils de Frédéric II , se croyait affermi sur son nouveau trône. Gonradin était le dernier prince de la maison de Hohenstauffen ; sa mort laissait le champ libre a Charles d'Anjou, qui, dès lors, crat pouvoir accabler Naples et la Sicile sous une effroyable tyrannie. La vengeance couvait dans tous les cœurs; Jean de Proâda devint l'Ame de la conspiration ; il s* assura de Tappui de l'empereur grec , Michel Paiéoiogue , et du roi d'Aragon don Pèdre III : ce dernier rassemble en secret une flotte , qu'il confie au célèbre Roger deLoria, son amiral , avec l'ordre d'attendre les événements sur la c6te d'Afrique. Tout à coup, Vêpres si- le 80 mars 1 282 , le peuple de Palerme se soulève au mom2. ' ment où les vêpres sonnent : au bruit de ce tocsin , les 'Français scmt massacrés dans les rues de Palerme, et, un mois s$tès, ils le sont dans toute la Sicile. Charles d'An- . jott furieux attaque Messine; Roger de Loria accourt, et détruit sa flotte sous ses yeux. Charles pousse des cris de rage, et demande vengeance au roi Philippe, son neveu. Le pontife Martin IV soutient vivement sa |cause; il déclare don Pèdre déchu de la couronne d'Aragon , pour le punir d'avoir soutenu les Siciliens; et, par la même bulle, il nomme Charles de Valois, second fils de Philippe, successeur de don Pèdre, contre lequel il prêche une croisade. croisade Philippe III la commande, mais cette expédition est mal- Fran%b heurcusc; Girone oppose une longue résistance aux Fran- Aragon. çais« tandis quc Ic roi d'Aragon, avec ses fidèles Almogavares', soldats demi-sauvages , occupait les montagnes
* Ce nom, empranté auK Avabes, était donné en Catalogne aux fantassins armée k la légte.
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Toisinn : ses «ItaqQes imprévia et maltijplléei , la 4liette et les fièvres, moissomieiit rarmée de Philippe; Il revient en France, malade et presque seul, porté sur «ne litière, et il expire dans le eoors de l'aBoée. Charles d'Anjou était phîup^ mort peu avant lui, du chagrin d'avoir perdu la Sicile; et im. Pliilippe fut suivi de près dans la tombe par Blartin IV et le roi d'Arag<Hi.
Pendant ce règne , un simple gentilhomme , appelé Ro« ^i^^^jlfj^ dolphe, comte de Habsbourg , fut élu empereur ^ 1378, ^^SSSe et devint fondateur de la nouvelle maison d'Autriche. Un ^^^^ des événements les plus remarquables de cette époque fut '*'*' la réunion momentanée des Églises grecque et latine, opérée en 1274 par Grégoire X» au second concile œeu« méniqoe de Lyon. L'empereur Michel Paléologue fut reçu par le pape au nombre des fidèles; mais les Grecs ne se prêtèrent point à cette réconciliation , qui faillit coûter la vie à l'empareur.