PHILIPPE IV
Philippe IV, surnommé le Bel, avait seize ans lorsqu'il A^énesuccéda sur le trône à Philippe le Hardi son père. Sa pm^ grande jeunesse ne donna lieu à aucun trouble; et tels *»i étaient les progrès de l'esprit monarchique en Franee^ que les grands du royaume , au lieu de prétendre à devenir ses égfiLUX ou ses maîtres , ne se montrèrent autour de lui que comme ses serviteurs. Philippe continua d'aboid la guerre commencée par son père contre l'Aragen , et caerre qui se prolongea pendant plusieurs années sans suc- ^^>j{g2ê ces décisi&. Elle fut terminée p^ le traité de Tarascon , Taîascoa signé en 1291 et confirmé par celui d'^o^fon : ees traités ^'^«^ff"* reconnurent Alphonse III, fils de don Pèdre III, roi d'Aragon , et Charles II , fils de Chartes d' Ai^ou , roi de
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Naples. La, première maison d'Anjoa fàt ainsi affermie dans la possession de ce beau royaume. Charles II, couronné par le pape , céda ses États héréditaires , le Maine et l'AojoUy à Charles de Valois, second fils de Philippe le Hardi.
Les premières ordonnances du nouveau règne furent favorables à la bourgeoisie et aux juifs; mais Philippe, d'un caractère dur , irascible et avide , ne mit aucnn frein ^^^ à son orgueil et à sa cupidité : il pressura ses sujets sans wgwes. pitié ^ Qi s'appuya dans ses expéditions sur des hommes de loi sans principes, et connus par leur adresse dans Tart de la chicane autant que par leur basse servilité. Ces légistes furent sous lui les tyrans de ia France ; les Pandectes étaient leur loi suprême , et ils procédèrent avec une froide et impassible persévérance à Timitation du droit romain et de la fiscalité impériale; ils démolirent avec des textes et des citations l'ordre social , tel qu'il avait été créé par le catholicisme romain et la féodalité. Ce furent eux cependant qui organisèrent la centralisation monarchique^ et qui devinrent les véritables fondateur de l'ordre civil dans | les temps modernes ; ils battirent en ruine le droit ecclésiastique et les juridictions féodales; ils étendirent la leur sur les monnaies , sur les forêts, sur les prévôtés ; le par- ' lement , fixé à Paris en 1 302, devint le siège de leur pais- ! sance; c'est là que toute autorité vint peu à peu s'amortir | et se fondre sous l'autorité royale. Les légistes appelèrent à eux le tiers état, la bourgeoisie, et cherchèrent à se 1 faire un appui oie cet ordre^ qui leur doit, en grande partie, I 1 accroissement de son influence. Pour soutenir cette nouvelle forme de gouvernement, pour faire respecter et exécuter les arrêts des hommes de loi, il fallait une force imposante : le roi eut a solder une armée judiciaire et ad-