‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 49 sur 103 · I.ITIIB II* GaàisraB nr · texte numérisé non relu

I.ITIIB II* GaàisraB nr

égalei»«it être attribuée à sa sottleltiiée poar ses sujets et à Ja israiiite qa'ib^ loi inspindcnt. Jamais il n'oublia que le peuple Favait ûdt trembler lorsqu'il n'était que dauphin., et il pardoana rarement une offense. Cependant il savait i^oumer le ehAtiment , et il était, selen les temps, maître de sa pitié eomme de sa cdère : lorsque les armées anglaises dévastaient les campagnes et brûlaient les villages sous ses yeux ^ Il ne lai éehappa aucnn signe de commiséraliiMi ; et rbktorlen du temps * nous dU qu'il ne -voyait dans ces incendies que des fumées qui ne le chasseraîeat pmat di «m héritage. Dmis ses rapports avec ses peui^es, enfin ^ son prine^ but semble avoir été de les soiuBettre à sa vokmté seurerainey saas entendre de mor^ mare , sans éprouver de résistance. Il ne convoqua, qu'une seule fois les étala» généraux pendant son règne, et leur solistltiia des assoablées de notables^ où il admit les dépâtés de la bourgeoisie et de l'oniveEsifeé^ quelques prélats et ses granès of&eievs.

C'est du fond de saa palais qu'il dhrigeait mystérieusem^BA toutes ses intrigues; la prvdenœ régla toujours sa politique,et quel que soit le but particulier qu'il se proposa djuna cbaeuttde ses actes, celai quML atteignit était le seul fgai eefivfot alors aux véritables intérêts de la France. Le déclin deee règne ne fut pas exempt d'orages : Charles ylt se réveiller partout des syn^tâmes de cette fermentatien., de cette tendaoee tibérale des esprits qu'i^avait mis tamt de soins à étouffer. Bes sectaires connus sous le nom de S^ains et de Turlupina se mnlti^ièrent dans ses États. Secondant le» vœux persécuteurs du pape Grégoire XI , il pernoit qu'un grand nombre de cea nuilheureux fussent

1 CjccîBMrd.

284 OBUXISHB ÉAOQUB.

brûlés vifi»; mais l^ssoppliees ne pouvaient pins eomprimer l'essor de la raison tinmaine : de nouvelles sectes se formèrent, et le grand schisme d'Occident vint favoriser en Europe l'esprit de doute et d'examen. Grégoire XI était mort en 1 378 , à Borne ; et le collège des cardinaux lui donna pour successeur Barthélémy Prognani , qui prit le nom d'Urbain VI. Les violences du nouveau pape lui aliénèrent bientôt ceux qui l'avaient couronné : menacés par lui , tous déclarèrent son élection illégale ; ils élurent Robert de Genève, qui prit le nom de Clément YJI, et vint Grand S'établir à Avignon. Telle fut l'origine du fameux schisme Iroccî? d'Occident. L'Europe se partagea entre les deux papes, l»!: suivant les intérêts politiques de cliaque royaume. Charles V se déclare pour Clément , qui résidait en France : ses alliés , les souverains de Naples, de Castille et d'Aragon , suivent son exemple. Le parti d'Urbain VI est embrassé par l'Angleterre, par la Bohème, la Hongrie, le Portugal et la Flandre. Charles, en se prononçant pour celui gui devait un Jour être déclaré antipape, ouvrit malgré lui des voies nouvelles à l'indépendance de la raison humaine et à l'incrédulité.

Ces symptômes d'agitation qu'il vit renaître ne furent

pas pour lui les seuls motifis d'alarmes dans ses dernières

années. Vainqueur des Anglais sans avoir combattu , il

4:onfi8ca- sc crut asscz maître de l'esprit des Bretons pour confis-

«luché de qucr leur ]yovince, et la réunir à son domaine : il s'abusait.

^ dM^^ Le duc Jean V, cité par son ordre devant la cour du par-

RretoDs. lemeut, fut jugé par elle avant que son assignation lui eût

été notifiée en Flandre, où il se trouvait, et condamné,

sans avoir été entendu , comme coupable de s'être allié

aux Anglais contre son suzerain : il fut déclaré déchu

de ses titres sur la Bretague, et le parlement confisqua son

i«iTBB u* cMÂPTtmm iT. 285

dacfaéy au mépris des droits de la veuve et des enfants de Charles de Blois, expressément réservés par le traité de Gnérande. Charles V ne recueillit aucun fhlit de cet acte injuste. Les habitants de cette contrée, jaloux de leur indépendance nationale, se soulevèrent en masse, rappelèrent leur duc, et l'accueillirent en libérateur; les braves capitaines bretons abandonnèrent l'armée royale : du Gnesclîji , toujours fidèle au roi qu'il désapprouvait, lui devint suspect ; sa noble fierté s'en indigna : on dit qu'il voulut lui rendre l'épée de connétable, et il se disposait à se retirer en Espagne pour y mourir ; mais , avant de quitter les drapeaux de Charles, il rejoignit le maréchal deSancerre, son ami , et l'un des plus illustres guerriers du siècle , devant la. petite place de Château-Randon , dont il faisait le siège, li y fut atteint d'une maladie mortelle. Sentant venir MMadula mort , il se releva sur sa couche, et, prenant dans ses ^de"d*r mains victorieuses l'épée de connétable, il la considéra en ^"mo!" silence , les larmes aux yeux : « Elle m'a aidé, dit-il , à « Tainere les ennemis de mon roi , mais elle m'en a donné « de cruels auprès de lui. » Puis se tournant vers Sancerre, « Je vous la remets, poursuivit-il ; et je proteste que je n'ai « Jaioais trahi l'honneur que le roy m'avoit fait en me la « confiant. » 11 découvrit sa tête, baisa sa noble épëe, et dit aux vieux capitaines qui l'entouraient : « N'oubliez « point, en quelque pays que vous fas^ez la guerre, que « les gens d'Ësglise, les femmes, les enfants, ne sont point « vos ennemis. » Sur le point d'expirer, il dicta ces paroles pour Olivier de Clisson , son compagnon d'armes : « Mes- « sire Olivier, je sens que la mort m'approche de près, et « ne vous puis dire beaucoup de choses. Vous direz au roy m que je suis bien affiigé que je ne lui aye fait plus long- « temps service ; et si Dieu m'en eust donné le temps.

386 mmExàmà bmqvk.

« j'avois bon espoir de.lnl suider son royaume de ses en- « nemifi d'Angleterre. Il a de bons sorvitears tfoi s'y em- « ployeront aussi bien cpie moi; et xoom, messire Olivier, « tout le premier. Je tous prie de reodre au roy Tespée de « connestable ; il saura bien en disposer, et fsdre eslectioD « de personne digne. Je lui reeommande ma fanme et mon « frère ; et adieu > je n'en puis plus* » La garnison de Bandon avait pt^mis de rendre la viUe si elle n'était secourne, et , fidèle à sa parole, elle déposa les clefs sur le cercaeii du grand capitaine.

Charles persévéra dans ses projets d'u9urpati<m ; mais ses troupes furent chassées de la Bretagne , et il rencontra partout contre lui la même unanimité qui s'était manifestée naguère en sa faveur contre les Anglais. Louis, comte de Flandre, implora vers to même temps son appui pour soumettre ses sujets révoltés. Un redoutable soulèvement éclata aussi en Languedoc , où le duc d'Anjou ^ frère du roi , accablait le peuple sous une oj^resslon intolérable : Charles fut obligé de rappeler son iMre, en lui ôtant son gouvernement. Il vit enfin une noaTelle armée anglaise fbndre sur le royaume. Il ordonna qu'elie fût reçue comme celle qui l'avait précédée, espérant qa*il triompherait de même, sans risquer une bataille : mais du Guesclin n'était plus, et le roi lui-même mourut peu de mois après, en son château de Beauté\ Sa mort ftit chariesv. celle d'uu Chrétien et d'un monarque longtemps éprouvé par les rigueurs de la fortune. Il fit appeler auprès de lui les prélats, les barons, les membres de son conseil, et leur tint, sur divers actes de sa politique, des diseours tondiauto et pleins de sagesse : puis il demanda la couromie

* Livre des faiets et bonnes mœurs du sage roy Charles F, par Cbristîne de ïtean.

Mort de

liivBB u. tmà^TnBB TV. 287

d'épines du SàXK^fmr^ que Vim ocoyait atofs posséder à Paris an nombre des saintes reliques; il la #1 placer haut devant lui, et pria longtemps, en attadiant ses yeux snr elle. Ayant ensuite fait mettre sons ses pieds sa courmine périssid)le , celle du sacre des rois, il dit : « 0 couronne de « Erance , que tu es précieuse à la fois et vile I Précieuse, « comme le symbole de la justice, mais vile, et la plus vile « des choses» si Ton considère le labeur, les angoisses , les «périls de Tâme, les peines de cœur, de eonscience et de <c corps où tu jettes ceux qui te portent. Qui reconnoistrolt « bien tontes ces choses te laisseroit plutost gésir en la boue « qu'il ne te releveroit pour te poser sur sa teste.» Après avoir reçu rextréme*onotion, le roi commanda qu'on ouvrit les portes à ses offîders et an peuple , et dit : « Je sçay « qœ dans Je gouvernement de mon royaume j'ai donné « plusieurs offenses; pour céla,}e vous prie, acoordez-moy « sierci , pardonnez-moi. » Il se fit adors soulever lesbras, et tendit les mainsà tous an mitieu des«anglots et des larmes. Il donna sa bénédiction à son fils aine, le Dauphin, âgé de oBuae ans, et , tandis qu'on loi lisait la passion du Sauveur dans révangile de saint Jeau^ il «xpira entre les bras du seigneor de la Rivière, qu'il aimait, tendrement, le 26 septembre 1 380, Agé de quarante-quatve ans. Apeineavdt- U fermé les y^x , que ses proches donnèrent l'essor aux passions mauvaises qu'ils avaient contenues durant sa vie : l'atné de ses frères» et run<leB tuteurs de son fils , l'avide et féroce duc d* Anjou, s'élança dans sa chambre, s'empara de ses joyaux et pilla le palais. Le nouveau règne s'oo vrit sous ces sombres anqpices.

JLéGti arts et les seièBces étaimt encore fort peu cûH^vés observa-

^^ * Uons gé-

en. France sous le règne de Jean et de Ofaatles Y , tandis ,^^j;^f ^t quHls eommençaientÀflourirenItalley«ùs^éla1ent illustrés ««^«'"«'«^

288 DBtlXlÈMB BPOQVB.

le Dante «t Pétrarque. La noblesse , livrée tout entière aux exercices guerriers, avait le plus profond mépris pour ceux de rintelligence ; les plus célèbres capitaines pouvaient à peine signer leur nom , et du Guesclin ne savait pas lire. La langue poétique était dans l'enfance ; et l'on en peut juger par le roman de la Rose y qui obtint alors un succès immense , et que les savants entendent difficilement aujourd'hui. Les chefs-d'œuvre de l'antiquité commençaient pourtant à être connus: déjà Ton comptait pIiTsieurs traductions de Tite-Live^ de Satiuste , et de César": l'historien Froissard vivait , et sa chronique naïve et pit toresque est un des monuments les plus précieux de Thistoire moderne* Charles Y, l'un des hommes les plus lettrés de son temps, peut être considéré comme le fondateur de la Bibliothèque royale. Son père ne loi avait laissé que vingt volumes : il en rassembla neuf cents, nombre prodigieux pour l'époque : la plupart étaient des livres de théologie, de droit canon et d'astrologie, seules sciesces qui fussent alors étudiées.

Dès le treizième siècle, les horloges à roues, tes besicles, le papier, la faïence, les miroirs de cristal, étaient connus en Italie. Les villes de cette belle contrée, ainsi .que celles de Flandre, possédaient des manufactures, et s'enrichissaient par le commerce : tandis que la guerre • était presque Tunique occupation des Français. L'usage de ia poudre, fréquent. dans les sièges, était encore dédaigné dans les batailles ; les gentilshommes n'avaient garde de favoriser l'emploi de l'arme qui , en neutralisant la force individuelle , devait contribua au nivellement des rangs.

Les études universitaires n'enseignaient que l'art del soutenir les vaines. disputeâ de la scoiastique. Attentiis à repousser tout. ce qui pouvait porter atteinte à l'autorité i

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de l'Église , les papes interdirent dans les universités rétade du droit civil , et n*y tolérèrent que celle da droit canonique. Ils décidaient souvent encore du destin des empires : c'est ainsi qu'Urbain V, en accordant à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne , pour épouser Marguerite de Flandre, la dispense qu'il avait refusée au fils d'Édonard III, assura dans la maison de France l'héritage de ce puissant comté. Ce même pape fut encore pris pourar* bitre par Charles Y et Charles le Mauvais, au sujet de leurs prétentions sur la Bourgogne , et Grégoire XI fit depuis accepter sa médiation aux rois de France et d'Angleterre. Charles V, d'accord avec les papes contre les progrès de l'esprit dMndépendancCy sut leur résister toutes les fois que les droits qu'ils s'arrogeaient empiétaient sur ceux qu'il croyait posséder lui-même. Ce fut lui qui, le premier, prit le titre de roi avant son sacre. Il restreignit beaucoup retendue des juridictions ecclésiastiques , et priva les inquisiteurs des amendes imposées par eux , pour enrichir le fisc. Une des ordonnances qui honorent le plus sa mémoire orto^ est celle par laquelle il arma la justice contre sa propre roj^ies. autOTilé, défendant au parlement de modifier ou de suspendre ses arrêts en vertu d'aucun ordre scellé du sceau royal. Une autre ordonnance , également célèbre , rendue par ce prince, et qui, dans ses résultats, fut trop souvent fatale à la France ^ fixa la majorité des rois à quatorze ans.

290 lamaÈÊêu B»oqra.

GMAPnaœ V.

Règne de Charles YI.

sitnatHNi Les désastrcs des dernières guerres avaient moissonné France la première noblesse du royaume; il ne restait plus, l'Europe, après les défaîtes de Crécy et de Poitiers , parmi les grands vassaux des maisons rivales de la maison de France, que' les ducs de Bretagne et de Boargogne*, en état de tenir tête au monarque ; la famille royale avait profité de rabaissement de toutes les autres. Cependant , malgré tant de coups portés à la haute aristocratie féodale, Tesprit de la féodalité subsistait encore dans sa force, et, à côté du monarque, il s'éleva une aristocratie nouvelle, aussi redoutable au tr6ne et aux peuples : ce fut celle des princes du sang. Les uns reçurent en apanage des ' Ëtats que les rois auraient dû réunir à leurs domaines; et tous étendirent une cruelle tyrannie sur les peuples I confiés à leurs soins, et auxquels aucun lien national ne les unissait. Dès la fm du dernier règne , des mouvements populaires avaient éclaté sur plusieurs points du royaume, et dans des États féodalement soumis à la couronne de France : cette agitation devint bientôt générale. Les peuples, écrasés , dépouillés et décimés par des tyrans avides autant qu'ineptes , sentaient partout un joug intolérable, et de formidables insurrections furent étouffées dans des| flots de sang. Une haine profonde et réciproque existait

: > Le duc de Bourgogne était aussi comte de Flandre. ^

LiviiB rr. cftAMTMB y. 291

entre la nobksse et les dasses ftilérkmteê î inais la lutte n'était point égal€ : les gentilshoiume9«ataM4; É'mir, se pcHter en masse contre tenra ennenis isoMs, et les flr«p«per tow à tonr. La barbarie et la soperstitidn du pevj^ arrêtaient tons ses efforts pour obtenir vue destinée meil« leure ; et lorsqn*nn conp de la fortune jetaH momentanémoot le pouToir entre ses mains ^ il n'en faisait pas im meilleur usage que ses nobles oppresseurs. Tant de eauses de dissolution réunies plongèrent la France dans une anar* chie Croyable , et firent du règne de Charles YI Tépoque la plus désastreuse de notre histoire. Au moment où ee roi mineur montait sur le trAne^ rAngletenre, soumise à Rfu ehard II, supportait aussi les ftiaiix d*une minorité; l'empire d'Allemagne avait pour chef, dans Yenceslas, fils do Charles IV, un prince abruti par une Intempérance crapu*^ leuse; Charles le Mauvais régnait en Navarre; Jeanne l^^ meurtrière de son mari , gouvernait Naples ; et deux papes, Urbain VI et Clément YII, signalés Tun pour sa férocité , l'autre pour ses rapines , ébranlaient la foi du monde chrétien en se ehai^eant mutuellement d'Miathèmes. Tous les peuples souffraient d^affreuses calamités, mais aucun d'eu D'en fut plus accablé que le peuple français.

Charles YI était âgé de onze ans et qudques mois à la Avënemort de son père. Ses trcris oncles paternels, les ducs ch°rics^ d'Anjou , de Berry et de Bourgogne , et son oncle maternel^ *^ le duc de Bourbon , se disputèrent sa tutelle et la régence. Ils convinrent d'émanciper le Jeune rd aussitôt après son sacre , qui devait avoir lieu dans Tannée; et la régence demeura jusqu'à cette époque dans les mains du duc d'Anjou , dont le premier acte fut de s'approprier le trésor de seize millions amassé par le feu roi. La nature avait doué Charles YI dlieureuses qualités : il était bienveillant, plete

292 DXUXISXK BPOQVX.

de grâce et d'affiibilité. Ses oncles étooffèreirt à Fenvî ses heofeoses dlspoâtioiis :il8 prirent à tâche de lui persuader que ies trlmnphes les plos glorieux pour un roi sont ceux qu'il remporte sur ses peuples. Une sage administration pouvait fermer les plaies du royaume : l'armée anglaise conduite en Bretagne par Buckingham s'était dissoute, et les seize millions laissés par Charles Y étaient plus que suffisants pour délivrer la France des étrangers; mais le duc d'Anjou, adopté par Jeanne de Naples, et impatient de s'asseoir sur son trône, avait réservé ce trésor pour les frais d'une expédition contre Charles de Duras, son compétiteur. IL arma bientôt une nombreuse armée : elle périt en Italie , moissonnée par les privations, les fatigues et les maladies, et lui-même mourut de misère dans le royaume qu'il était venu conquérir. Avant de partir pour cette expédition , ce prince, enrichi par le pillage et le vol , avait exigé que le peuple payât pour ses brigandages. Paris in-

'ttoïto" *6*^® s® souleva. La taxe du douzième denier sur les vi-

'ttu?' ^^^ excita une émeute formidable , les citoyens coururent

**^ à rhôtel de ville , où ils ne trouvèrent pour aimes que des

maillets de plomb, sous lesquels périrent la plupart des

collecteurs de 1 impôt, et de là vint aux insurgés le nom

;; de Maillotins, Plusieurs villes du royaume s'insurgèrent

à l'exemple de la capitale, et furent cruellement châtiées : Paris résista. Les états de la langue d'oil se réunirent à Compiègne , et se séparèrent sans avoir rien accordé : les Parisiens étaient toujours en armes, et les ducs , hors d^état de les soumettre, traitèrent avec eux, et se contentèrent de l'offre de cent mille livres : la veûgeance était ajournée.

Le duc de Berry, gouverneur du Languedoc, réduisait alors les habitants de cette province au désespoir. Un;

LIVRB II. GHAPITKB Y. 203

foule de malheureux dépouilles de toute ressource se cachèrent dans leg forêts, où ils se formèrent en bandes qa'on désigna sous le nom de Tuehihs^ et qui furent long* temps la terreur des nobles et des riches.

Les États du nord soumis à la couronne n'étaient ni plus paisibles ni plus heureux. Le comte Louis de Flandre, chassé par son peuple et brûlant du désir de se venger, obtient Tappui du jeune roi son suzerain. Une armée nombreuse de chevaliers se rassemble; Charles YI marche à sa tête , et rencontre les Flamands auprès de Rosebecque. Le combat s'engage. Clisson , nommé connétable , et le ^^^ brave Sancerre, commandent sous lui. L'armée française Mecque. rencontre auprès de Rosebecque une arméede 50,000 Fia* manda, commandée par Philippe d'Arteveit^ fils du fameux Àrtevelt , principal auteur de la révolte. Les Flamands occupaient une excellente position défensive; ils voulurent marcher à l'ennemi y et demandèrent à grands cris la ba» taille. Artevelt, contraint d'acoéder à ce vœu, forma toute son armée en une seule phalange carrée; lui-même prit sa place au milieu de ses braves Gantois; puis cette massa énorme et compacte se porta en avant , la pique basse , d'un pas égal et ferme, et sans proférer un mot. L'artillerie du roi ne put rompre cette terrible phalange ; les Flamands avançaient, disent les chroniqueurs, avec l'impétuosité des sangliers. La ligne française recala; mais Tennemi présentait un front moins large, et ftaX bientét enveloppé de toutes parts. Après le premier choc, les deux ailes de Tacmée royale fondirent à la fois sur cette masse, incapable de se déployer ^ de se défendre; les Flamands furent refoulés sur eux-mêmes par les longues lances des ehevaltefs, et des milliers d'hommes périrent étoullGéssaos blessure : le carnage Ait affreux. Philippe d'Artevelt périt

S94 DSVUBMB BV0QP8.

dios te cooibat» Lis vilks dfi Eteodre £umt imées par le vainqueur aux flanmes et au pillage: Gand ceal désistait eoowtR, Laseraals^DctesâaroieaseîgneBfcaa jconeCharleB à se montrer implacable , et à se gorger du sang âes peuifkB : CicNirtraV , «oupi^le seulemMit poor avoir été le tbiétre d'tiae aoeienne défaite des FraAoals, est par son onbra détraitdefcmdao eoaable, eltoasses halutajots^ sans dimoctiMi d'Age ni de sexe, soat massacrés. L'araiëe viclarlease marche sur Paris : le aornenl & ia vengeance ett venu.

Les Pariaiena reoooDaissent avec effroi fae ia défense

esC imposaibie; ils sortait en armes eten habita de fêle

a»4eKaBit4a roi et des princes , et reçoivent Torclre de se

DSfcircr et de déposer les armes. Le j^ane rot de quatorze

' ans entre dans la ville en yainqoenr irrité; pendant plu-

ainns jour» il se tait ; Paris eat dans Tangaisse : enfin les

me3!f^ aahaliiiâa sont dressés, ks suppliées oammencent^ cent

^PD^' des pins mhes habitants sont exécatés; de ee nombre est

de Jean

i>^- te vextoettx avoeat général Jean Dfsmarets, dont te eri me est d^voàr vo«)u ooacIMer taaa Jas partis. « Maistee Jean , fiteî tfsaîNm en le menant au suppliée, enez maney an « <rasr afin qa'ii voes pardonne» » Desavuets répondît : «J'ai « aervi le roy Philippe saa grand ateal» te roj Jcanet le roy « Caiarles soB père, bien et tejraleHsent ; jamais ees tmte jny s «nan» aamnt qaempffodier, etde aaeaniacelaici nateait^ «s'Uavoit eonnoisBmiced'àomaM: àJOievaenl je venx crier « BBSrey; » Une lante d'aeties eitoyens attendent tenr senteam. Les does aitera se jettent aux pieds d« roi et dtem sntsaft hjppocrteaent neaei pour te vflle» en le «on^ranl^aeeuettllrtes jupptteesanaaeadaa. Charfaa esmiee teeas "vmtaL cnpldcs. Lta rtebessea Ae fta teurgeotete cent eoBiafotea, teaa tea impAlsaont^taMto» et Parte perd

uy^yU, cMAn'^BM y. 305

ses fra»chis£99 avec lo 4iiott d'élire êw j^?ét.^ «es éehe*

Tifis : les soldats démoUsseat les pcirtes priocipaks, «t ar** racheot les chaiaes d^ &r qoi sèment de défense à toutes les rues. Boaeo, Beiais, CMlonSy Xrpyes^ Seos, Ortéans, sont traités de ;néine par des eoi»inUaalres jrfyaox^^vi ordonnent des c^nfiscaUoii^ et des.sif)pUcea. Lm ém» s'emparent de t^nt l'argent du peuple ; ils le dépensenl ea profusions^ et le trésor reste vide.

La révolte de Fjtandre Jt'était point étouffée; tant d'jet trodtés co«nailses par les Françaûi avaient exeité um horreur et vme Indignation généra : la v&Ue de QwA » qui seule comptait plus de cent mille âmes, domeit i'exem^ . pie de la persévérance et du courage. Aekermann y eom* mandait; Pierre Dubois et lui raniment les Flanands rt s'allient avec Richard H. Une exEoie anglaise , 'WnumA^ dée par révéque de Norwich^ descend dan» lu flandve^ la pille, saccageant les villes occupées, malgré le vomi de leurs habitants, par des garnisons francises. Charles VI marche à la reaconti'e des Anglais, La Flandre^ victioM de ses protecteurs et de ses ennemis, devient \uft théâti» d'mccaûdies et de meurtre^;; l'héroïsme des Gaatoia sa«¥« cette malheureuse contrée. Les deus: partis, gorgés de hatjo, désirent également la paix. Le eomte.de Flai;iâre fusul, furieux contre la ville de Gand, entiwve les néigpciatMos; impatient de tout délai , le duc de Berry frappe le comte et le tue d'un cpup.de poignard ; la JD[U>rt du com^ j^lA termine la guerre. Une trêve eat signée ea US4, etia upian- Flaadre passe au due de Bourgogne, ^ui avaU; qpoaaé ^nis^aT Marguerite, héritière de ce puissant comté : Gand se aou* B^^r^ met àeeprince^rannéeaulvantei,«t0onienirato»tesafli *"*^' franchises.

Lres hostilités jeçon^neiiceutj dass. le imxm de celle

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