DSUXIÈMX ÉPOQVB
année, entre la France et l*Ang^eterre. Charles envoie nne armée en Ecosse sous la eondnite de Jean de Vienne , amiral de France ; die débarque à Edimbourg, qui comptait à peine alors quatre cents maisons d*ane apparence grossière. Une autre armée marche en Castille pour s'opposer à Jean de 6and , due de Lancastre , oncle de Richard II , et prétendant à la couronne de ce royaume ; enfin, Charles lui-même et ses oncles se disposent à faire jroJJS,^* ttû« descente en Angletefrre. D'immenses préparatifs sont ^"tm;^ ordonnés; on rassemble en Flandre une armée formidable, ^prénm dont Yîngt mille chevaliers et autant d'arbalétriers sont i3M^ la force principale; quinze cents vaisseaux serviront au transport : on veut une ville prête à recevoir l'armée à son débarquement; Olivier de Clisson, connétable , en fait construire une de trois mille pas de diamètre, dans les forêts de la Bretagne ; elle peut être démontée, et forme la diarge de soixante-douze vaisseaux : cet armement prodigieux est rassemblé au port de l'Écluse. Mais le roi s'oublie au milieu des fêtes ; il part, et les plaisirs retardent sa marche. Il ne vient au rendez-vous qu'à la fin de novembre, et le duc de Berry se fait longtemps attendre encore. En arrivant, il détourne Charles de cette expédition ; Ltcencie. 1^ roi y rcnouce, licencie l*armée, et abandonne aux chefs rânnée? Ic pillage des approvisionnements. Trois millions de livres sont ainsi perdus sans profit pour la nation comme pour le roi. L'armée française envoyée ^u secours des Écossais contre l'Angleterre est battue ; celle qui combat en Cas-> ttlle n'est pas plus heureuse , et la honte est Tunique fruit de tant de projets ambitieux. Deux ans plus tard, Charles, tOQjouris épris de la guerre, et dirigé par ses oncles, soutient le duc de Brabant , et fait pour lui , sans succès , la guerre au dâc de 0ûeldre. Harcelée, poursuivie par les
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marandeii» aHeamuds ^ son armée revient en Franee dane la détresse et chargée d'hnniilMkms.
Le roi ouvre enfin les yeux , il éeonte les anelens conseillers de son père : ceox-ci , et, entre antres , Bnrean de ' la Rivière, Jean de Noviant et iean de Montargis, lui montrent les finances au pillage , la justice méconnue, la sûreté publique sans garantie , rinstraotion de la Jeunesse abandonnée , les routes, les places fortes» les arsenaux périssant &ute d'entretien ; partout un affreux désordre produit par la rapacité des princes et des grands; enfin une multitude de brigands, soi-disant soldats de l'Angleterre» maîtres d'un grand nombre de châteaux an cœur du royaume ; ils attribuent avec Justice tant de malheurs au gouvernement des princes, et persuadent le jeune roi. Dans un grand conseil, où le cardinal dcLaon l'invite à exercer désormais le pouvoir royal sans partage , Cliarles sipifie à ses oncles qu'il gouvernera seul. Cette déclaration inattendue annonce une heureuse révolution pour le peuple; mais, peu de Jours après, un événement sinistre frappe la cour d'épouvante : le cardinal de Laon meurt empoisonné. Le duc de Bourgogne part aussitôt pour Di* jon; et le duc de Berry, déjà meurtrier du comte de Flandre » se retire en Languedoc.
Après avoir secoué le joug de ses ondes , dont un seul , gj^l^e le duc de Bourbon, mérita quelque estime, Charles YI iai.Séine. prit de sages mesures dans l'iotérèt du peuple. Il aurait *'**' fait plus de bien encore, s'il avait eu plus de lumières et mcrfns de goût pour les plaisirs. Bureau de la Rivière , Lemercier sire de Noviant, le B^e de Vilaine, tous honorablement connus sous le règne précédent , formèrent le conseil royal, que dirigea Olivier de Clisson. Kenlèt une foule d'officiers, avides spoliateurs des peuples, furent
7Sê nmnMàim BMqm*
Marmousets les partûMws éo nMff eas gonvemeiBaft, qat lAMtkm MxsociHii «tob ImeDr «t «tpémice.
CkÊOtioÊ; donna aHMi sai soint à reztinetkm da gnncl aekisme ; m»M aucun des deux papes ne m monteait disposé A saoïMer «sa ofTgtieU aiUL inlérÉIs de la dbrétàaa^; ks^rfbrts du roi à «et égard Aiivnt îaçiâKsa^ son attention vorsl'inlértardaffoytfDiBe, d entreprit an YOjmgsnnnildi 4e la Franoe. Bas lèles I^atfeendalenkdaDS tontes las vtiks, ot les génMsootneBtodes peuples tei par*- YÉniont namiUea de ses plaisirs ticenoieax. Il Tit le Langnedoo dévasté : i'ef&ouse vaàsèm de cette belle jmyfinee atteatitt la barfande dn duc de Beny» oon gouvierneiir. Bélizae, minifirtro de ses exactions, fatatrétéforrèrdie du tfoi : un en géDàral s'élevait coDiin \wà : «q^wndant ses Juges taXqnes n'osèrent le eondaauMr, et l'^on n'obtint sa sentenee de aaort: ^qu'^n le dénonçant ài'Égyse comme Miéllqiie. Qberies destitua le duo do BeifT, son onele, ot délivra «nsnke la prowice des ifirigands qni Vèodm^ taiODt; «enfin , s'inlimssaDt «ussi aux pr<^rte de Sa «nrattté dfl iioupie «t de l^instmetton ndMaii-e, U Smm les aaaisena de jen, et onvrtt partout des tirs ixinr l'are .«t pour l'arbalète. Ces heureux présagas d'nn meîllrar avelÉr Jurent de courte dorée. Les princes nourrissaknt des ^oifols de vengeance contre le pasti qpi loor avaitonlevé foi^voir^etesctlnient ia hsim de Joan de Mnntfoit, dœde Bretagne, contre le comiétable de Glisson, «heC de jûs^feiitl Cliisan •aivaft fait épousor à sa âUe le oonHn de SenChièvFe, <âls de Charles de Blois , ancien c<Hnpiétitonr de BIonIfoBt»; les deux enn^nis s'étaient iait ane:gnnRe «neibamée, otfOhsilesianiit souvent interposé son antoi-Ué lentio euau iL? dnc de ftr^gney>d^'4^<Mipob1c d'une in-
LiTM juu cMà^nHw Y. 989
signe trafaisûa à réyiid de COsmm, le ivpioQluat 4e n\avoir pas oonsoxDmé sqn crime en r^forgesat, lorsqu'uB 4e ses amis, le sire de Cnum, tend à Paris un gv^-apens an connétable > l'assassipe^ et Be jpéAigie ea Bretagne» anprès ^•»j«jde Montfort. Clisson ne mpnnit ims de ses Uessives, ât le ^?ê a?' roi , forieax , Jara de le Yenger. Il sonuaoe le due de Uvret ^]SS^' Tassassin : Montfort refiise, et Cbarks mareheen Bretagne avec une armée. U sortait do Mans à la tète de ses trovpes, au mois de juillet de l'année 1992, et travensait me forêt, lorsqu'un homme en délire s'éJanee sondlûnenient aa-devant du roi, saisit les cônes de sm cheval, et dit : O roi, ne va pas plus avant, tu es trahi. Les gardes éloignent cet homme : le roi se tait, et continue sa marche ; mais ces paroles l'avaient saisi. Xont à coup salanee» que tenait un de ses pages, heurte derrièro loi le casque de son écnyer^ à ce bruit, Chariea tressaiUe; il se retourne en criant : Je suis trahi; puis, lançant son cheval au ga- chanesvi iop , il &mà l'épée à la main sur sef ofOders , et tue ceux "^^iioS^^ qu'il peut atteindre. Il était fou.
lei commence la troisième et fatale période de ee rè^e D^aordésastrenz. La iscticm des ducs ressaisit le pouvoir ; le duc lacuons. de Bourgogne surprend la signature royale, et e^terce seul Tantorité ; l'armée qui marche en Bretagne est dissoute ; le conseil du xei est cassé; tous ses aûnistres sont poursuivis et jetés dans les cachots ; le «eannétable prend la fiiite , et se retire en Bretagne^ où il recommence la guerre contre Montfort. le parlement sert lespassious du duc de Bour* gogne; il bannit le cennétabie comme traître, lui 6te sa, char^, et le condaasne à une amende de cent mille marcs d'argent. Tels forent les premiers faitsqui signalèrent <^ette bonrjfale époque. BientAl 4'affreuses divisinns éclatèrent parmi les princes.
300 DÊUXIEMB' ÉPOQUE.
Il n'existait aucune loi fondamentale qui pût régler l'avenir de la monarchie, et décider entre tant de prétentions rivales. Le sort de i'fitat fut donc abandonné aux oncles dà roi , dont l*avidité barbare était déjà trop connue; à sa femme la reine Isal)eau de Bavière, princesse frivole , avare, passionnée pour les fêtes et pour les plaisirs ; enfin , au duc d'Orléans, frère du roi, exclu d'abord du gouvernement par ses oncles , et qui se montra promptement leur digne émule en despotisme et en rapacité. Charles était considéré comme régnant toujours ; chacun cherchait tour à tour à s'emparer de lui , chacun épiait ses moments lucides pour se maintenir au pouvoir. Les éclairs de sa raison étaient plus funestes encore que les accès de son délire : incapable de suivre les affaires , ou d'avoir une volonté à lui, toujours subjugué par le parti dominant , il semblait ne jouir par intervalles de quelques lueurs de bon sens que pour sanctionner les actes les plus tyranniques et les abus les plus odieux ; c est ainsi que le royaume de France fut gouverné pendant vingt-huit ans.
On attribua la maladie du roi aux enchantements ; les princes et les grands en profitèrent pour frapper ceux qu'ils voulaient perdre. Valentine de Milan, femme du duc d'Orléans, fut elle-même accusée de sortilège, et éloignée, sous ce prétexte, de Charles, dont elle avait gagné la confiance. Les juifs , sagement ménagés par le feu roi , offraient toujours de grandes ressources à l'État; mais, créanciers des grands , et chargés de malédictions par le clergé, ils furent chassés. Les princes firent partout fermer les tirs de l'arquebuse, et ouvrir les maisons de jeu, sachant bien que, lorsqu'on veut tyranniser un peuple, il faut le désarmer et le corrompre.
France.
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Une trêve de \!ngt-haft ans avdt été signée avec Richard II ; mais t'hiiineiir inquiète et turbulente des Français leur permettait peu de goûter le repos. Sigismond , depuis empereur, et alors roi de Hongrie , avait demandé leur secours contre le redoutable Bajazet, sultan des Turcs; le comte de Nevers, fils du duc de Bourgogne , lui amena une nombreuse armée de chevaliers; elle fût vaincue sous les murs de NicopoHs ; l*élite des guerriers de St^^la France périt ou Ait prise dans cette journée. La seule ^^, rançon du comte de Nevers fut de deux cent mille écus, et le peuple de Bourgogne l'acquitta.
Cependant l'infortuné Charles VI attribuait son mal au ^^^» schisme qui désolait la chrétienté, et se croyait puni du 'd'ocS^ ciel pour sa négligence à Téteindre. L'inflexible Pierre de fâuie Luna, qui prit le nom de Benoit XIII, avait remplacé Clé- ^J;^ ment YII. Le roi eut en vain recours aux prières^ à la force , pour le eontraindre à consentir, ainsi que son rival Boniface IX , à une cession mutuelle. L'obstiné vieil* lard résista aux soldats qui l'assiégeaient dans son palais d'Avignon , comme il avait résisté aux vœux du roi, de la Sorbonne et du clergé. Les principaux États de l'Europe étaient alors en proie à l'anarchie ou aux guerres civiles; et les chefs ineptes qui gouvernaient la France ne surent pas même profiter de cette circonstance favorable pour maintenir la paix si nécessaire au royaume. Les princes allemands avaient déposé l*ignoble Veneeslas dans la diète de 1400 , et lui avaient donné, pour successeur à l'Empire » Robert , auquel ils n'obéissaient pas mieux ; l'Angleterre consommait une révolution , en brisant le pouvoir absolu de Richard II : déposé par le parlement , ce monarque était mort assassiné : Herelbrd, duc de Lancastre^ oousin de Richard, et proscrit par lui, régnait en
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sa pboe tons Je qqm de flenri IV, «Uultait «wiitre des rébeUioi» ssju cessa. renaissant^ la oomM du qm de France avait liaésètàle «uHiager ; matoiedoed'QriéaBs» do&t riofiiieoce eromtHk <A&q«e jeor, f«'e«d à tAche d'ccciter aa oplèce par des affnNria aangtente : il rooipt la trêve, et, après la mart da due dft Bottcgogoe , aurv«Me en 144)4, U exeree im pouvoir absolii* U déerèteimasitât une taxe éooriae^ dont ïk partage le ptodoit avee kaatne. La misère du peuple deiôent intolérable ; le droit de prise s'exerce Inytttojrableœont sur les obanmitees^ sur les hè« pitaux même ; les pauTres, ks naïades, fioaft viokuMient dépouillés par les officiers des grands : es droit; est wfin suspendu pour (juatre ans par oeui; qui en ont le ftes abusé. Les princes dissipent l'argent du trésor en lifees et en orgies , tandis que le maUieareux roi , abandonné de tous, privé de soins, dévoré p^ la vermine et 9oav«ttt par la faim , comprend seul tous ko «aja de son peuple ^ parce qu'il les partage» et cooy^it à des sauffiancea qu'il n'est plus en son pouvoîi: ^'^doucir.
Rivalité Le duo d'Orléans rencontre bienidt un rival redootable dNDriéa^s dana le noavteau duc d^ Bourgogne, Jean sans Peur, qui
Boii?. arrivait de Flandre à la tê&ed'aoc armée. Asoa approcbe,
gogne.
la rcinci et le duc d'Qrléaasse retirent à Melun : Bout-g^gue eplèv^ les eaSmU de France, et lesgardeàPans, où; il flatte ICi peuple, et lui p«rmetde prendre les armes. Sw rivai a'appuie smr les partisans du pouvoir absolu. L'un et rimtre rassemUantdes tcoapes; la guerre oiviie esl sur le point d'éctaler« Les autr«^ princes maii^îennent pouriiiaiit la paix.; Bourgogne et d'Orléans se réconcilient, s'imtMtim^U ^ Gommuniffit eosenbla Tont. à conr
Assassinat du lue d'Or-
^^^l de sj^ifiei : la lerrfur, règne a\i coosey;, d'où, Bourgogne
dS^d^V <^>0'I^><>^ iiieprit:assi|ssiné<r4ans Paria, par «ne tronpe
zxtMB «g cnunam t. 3<iS
est efa«Mé; U « nllre dM» fl« Étefti , fnli H MvSMMifi d'Ane armée, €t m praelMpc JuailwawÉ te meartaierds 800 aBBcmL B^à iMiivfait leoible wbAlé; tetonofaMto Vatettee de Màlaa 4«iiiiiide ««rie Tengemee, <« «it obUgée de fuir; ^ean gens Peur «it oMltce àPtrii. Il yeutavair l'JÉcKta pcm ohmi^Im», et choisit Jelft Petit, fameax âoete«r en Sefbwme , pour fsire , deviuail Ipute le eoar, i'apologie de son ertme. Jeaa Petit so«tîiit peUifw- SKet qm le 4«e d'Oriéaos Cet en despote, et que c'est «a deveir de tuer tes tyraes* Le easwrtrier ne conwEiliiitqaHiii an i^lua ted à demander le pardon dn rtà et des jenees privées d'Orléaps : te |p«b: fet Jurée entre eai: à Chitr* hu très, et lamanvaise Cm des s^ataires Iqi fit dmmer le '^"^^ nom «de fmix fmrrée. Ckiteennée ¥it Gènes se senlever eontre les Français, à <f ni elle a'étstt oflerte; ils furent chassés d'Itsiie.
Toot-piiîssant alem , le 4ttc 4e Benrgegae signale aon aatorité par le suppliée de Montnigu^ aimé du roi et gcaad nialtre de aa maison. L'benreoselertnne de Montana., et son «neienne liaison avee d'OrMiss , raaaient renda eou* pahte mx yeux de Jean sana Penr. Acesaséde sorcellerie et 4e naléfiees, il avoue tout dans les lortuiea : il est décapité^ les princes se partagent ses dq[KNiilies. De nouvdiea inimitiés éclatent entre eux; ils a'tinisafc^t contre „
Guerre
Bnnrgogne. I/'<^é des enlMite d'Orléana épouse une fille ^^^ àa eeeale d'Armagnac^ qui entre dan^ la ligue, don( il de^ |oor%iu Yii^t r40)e et le hri^u Une armée de féroces Qaacons ^""^ marche sous ses ordres et menace Paris ^ où JeaAsans Penr carease la plus vil^ populace. Il s'appi^e du nom du roi, qu'il lient en sa puivance, fsâi proscrire tonales prineea par leeonseil, et arme, danf la capitale, un corp^ délite de lânq cents garfoiv» bouchers ouéeorcbeMr9|^qul,
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de Jaa» Caiioebe teor obef , prirsat le nom de Cabœhiens. Une gaerre eOreyable oommcnee entre le parti d'Armagnac et celai de Bom^ogne; Tm et l'autre appellent les Anglais, et leor vendent ta France. Les Armagnacs i^Uent et ravagent avec une craanté inouie les environs de Pa« ris, tandis que les GaboctiienB font trembler la capitale, «pi'ils défendent L'élite des IxHirgeois a été domptée et désarmée sous les règaes précédents; c'est maintenant avec la popalace qu'il faut se mesurer. Convoqués dans cette anarchie, les états généraux sont muets » sans courage et saus force : l'université fait d'inutiles remontrances; les bouchers font la loi : ils pillent , emprisonnent , égorgent impunément au gré de leurs sauvages fureurs, et trouvent des Juges pour condamner leurs victimes. Ils assiègent le duc de Guienne , dauphin y dans son hôtel , où le chirurgien Jean de Troyes lui reproche ses honteuses déhanches; les favoris du prince sont massacrés. Le roi, toQjours esclave du parti qui domine au près de lui, approuve et sanctionne tous ces excès ^ qui épouvantent Bourgogne lui-même. Enfin , lassée de tant d'atrocités, la bourgeoisie prend les armes, et secoue le joug des écoreheurs; le dauphin est délivré par elle» Bourgogne s'éloigne, et le pouvoir passe aux Armagnacs. Les princes rentrent dans Paris , et le roi Charles prend l'oriflamme pour combattre Jean sans Peur, dont il avait naguère été l'instrument Son armée est victorieuse ; Bourgogne se soumet, et le traité d'Arras suspend la guerre, mais non tes supplices et les ravages.
aawioB Henri V, roi d'Angleterre, juge le moment propice pour Aii£ia. fondre sur la France, et il débarque en Normandie avec une armée. Charles VI rassemble des forces trois Ms plus nombreuses, et ses généraux perdent la bataille d'Azin-
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court, m périrent huit mille gentifshomm^s français : les sautiie dDcs d'Orlésans et de Bourbon sont fhf ts prisonniers , et le %è^ ^ parti d*Anni»gQfte, anqnel appartiennent ces princes, est écrasé. La guerre civile se réveille phis terrible. Le comte suite de d'Armagnac, nomtfié connétable, ne règne à Paris que cKue. par ia terreur; M fliit noyer une multitude de Bourguignons dans la Seine , où il défend aux Psarfsiens de se baigner, pour qu'elle garde le secret de ses meurtres. La reine Isabeau de Bavière pouvait seule balancer l'autorité de d'Armagnac ; celui-ci la fait exiler à Tours par Charles , troisième daupbin , président du conseil au nom du roi. Bourgogne enlève la reine à ses gardiens , et elle se réconcilie avec lui. Peu dé temps après , un bourgeois de Paris , nommé Pèrioet le Clerc, livre une des portes de la capitale à l'Isle-Adam , officier de Jean sans Peur. Les Bourguignons rentrent dans la ville , d'où Tanneguy-Duchâtet enlève le dauphin , qui devient le chef du parti d'Armagnac. La populace se soulève de nouveau , sous la conduite du Massacre boarreau Capeluche : die se saisit du comte et de ses par- ma^iacs. tisaas, et les entasse dans les prisons ; ils sont massacrés avec lui, et dix-huit mille Armagnacs périssent égorgés dans les rues. Bourgogne rftmène la reine dans là capitale , àont la détresse devient affreuse. Les Armagnacs sont maîtres du cours de la Seine au-dessus de la ville, et les Anglais ie sont aurdessous; la famine et la peste déciment les Parisiens.
Henri Y poursuivait ses ravages au cœur du royaume : progrès
il avait conquis la Normandie tout entière ; Rouen même , Angiaia ntalgré la valeur de ses habitants, soutenus par l'héroïque royaoae. Alain Blanchard , était tombé en son pouvoir. Les princes <»mprêiiDeiit enfin la nécessité de s'entendre, et Jean sans
PeQr coiypjcf ledaufiliHidA s*jnk àfaii. Le jenoe prince lui désigne uo rendesHr^w aa yq^rt de lioitferafai :> Jean sens Peur s'y présente, etTaniMKW^-lteoUktel, premier officier du daiiphii^» /rappelé duc; 4e sa baefaed'atMies, Assani- et rassaaslDe som le^ yeux du pnne^fui fait pownsiûTre ''^pfur!"' à oQtraDce tous les B(Mii^;i^gwwa.préseiil8 an roide^^oas. <«>'• Ce meartre rend la paix imp^eelfole. Philippe le Bon^ nouveau due de Bourgogne , offre » pour venger son père, la couronne à Henri V, et Ja reine deune sa fille Catherine en mariage à jce reî. La eérémonie Asq^tiale se eéUbtre à ^T^ôV/'Troyes^ où Beiiri V et Charles VI lignent, le 21 mai 1 42O9 le fameax traité par lequel la couronne» de Franee, à la mort de Charles^ était déyotne à perpétuité à fi«Qn et à ses descendants. L*admiDistratioii du royaume devait, pendant la maladie du roi, être confiée à Henri V, qui jurait de maintenir la Jaridictioa du parkment^ ainsi que les droits des pairs, des nobles » dos di^^ villes et communautés de France, et de gouverna chaque foyaume selon ses lola et usages. Ce traité fut aeeueUM avec tereitr par les Parisiens, et solenneVement appipnvé par les états généraux^ convoqués dans la cepitaie etprésidés par le roi. Mais Henri Y prit à. tâche de détruire le nouveau peuple qu'il devait gouverner ; et ofî fut lui qui, par aea cntaiiés, rendit au Daupkin le ççenr des Français» Ce Jeune prisée > |igé de seize ans,, fut condamné par lo parlemeni; poor homicide sur la personne du duc de Bourgogne, et 4éelaré déchu de ses droits au trôneu Ileivatongt<«ip6 4aBales provinces du isud^ fuyant devpu^t les armes anglalaes, sur ^£ lesquelles aes, généraux remportèrent à Baixgé^ on mai Hrari v^ 1421 , une glorieuse mais inutile victoire. La mort subite '^^ de Henri V^^ en 1 422^, prépara pour le OaopMa4oiM¥ivoUes
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destinées. GharJe^YI monnU peuide lieiwpsAprèij il trait occupé le trône q«ajranteH]eux am'»
Avec ce r^gne déplorable fiiirent tea imndalesdu^pfmd schisnote d'Occident Innocent VII, paît Gfé^s/ske Xfl, avaient succédé en Italie à Bonib^ IX. Benott XIII vivait encore , et la Prance demeurait neutre entre lut et son ri* val , lorsque les cardinaux des deux coim «e rémwnvt d'an commun accord, et convoquèrent! en tAMyle tomcile de Pise, qui déposa Grégioâre et Benoit, en prod»raaot Alexandre Y : il y eut alors trois papes au lieo de deux. Alexandre mourut , et fut rempli^cé par Jean XXIII: enfin, l'empereur Sigismond convoqua, ea 1414, IcImbkux concile de Constance , où assistèrent avec loi pLuikun gpimjui!» princes de r£mpire, vingt-sept asalMssadeiurs de flovv^- ^^oSL^^
rainSj et un grand nomlire de préials et de 4oeteiHriiu La Fia dn supériorité des oonciles généranxsnr les papes j fui; étabUe J^^f par un âé<u*et formel; Jean XXUI, ooavainen de erioMS ««^"^Vm. énormes, fut déposé; et l'asscml)lée,encboisissaiitMartiBV pouf lui succéder, le considéra seul eomaie pape léf îUme. Grégoire XII avait abdiqné ; l'apûiîâlre Bei^lt XIU tatto jusqu'à la mort, retranché en Espagne dans sa fortensie de Pensicola.
Jm concile de Constance eoodamna Jadoetrine cr^itfneile professée par Jean Petite l'apologiste du erifoe de Jean sans Peur, et tenta de réparer ie lort inMQMiise q«e te schisme avait fait à la religion catholique; «lais resjj^it de doute et d'examen perçait de toutes parts* D^ Je«élèbre Jean Wjrcliffe avait prêché «ne réfimne hardie en Angleterre., et ses disciples , nommés LoUards> sa mnlftiptiftiei^
« Pour l'état de la France à la mort de Charles VT, voyez éarte ■"11. ,
308 • DEITXlBlfB SPOQVB.
diaque Jour : Jet» Hass et Jérôme de Prague, autres réformatears moins entreprenaDts que Wycliffe, fixèrent TatteotioD dç rAliemagne. Le concile de Constance les fit brûler, malgré le sauf-conduit que le premier avait reçu de Temperear : il cmt étouffer leur hérésie par leur supplice; il se trompait : les principes établis par des hommes ne ' meurent pas avec eux ; la violence, la trahison et le fana- ' tisme n'engaidrent qu*indignation, haine et révolte. Bienti(k la guerre des Hussites éclata, et fut le signe précurseur de rincendie qui, dans le siècle suivant , devait changer la faee du monde chrétien.
^të"br?- Aucune époque ne fut plus stérile en grands caractèi'cs GenoD. ®* P'*** féconde en scélérats que le règne de Charles VI. ^^S^ i^oelques hommes cependant y acquirent en France une "^illfn' réputation digne d'être transmise avec honneur à la pos> ebuÂ. térité : ce furent le chancelier de l'université, Jean Gerson, qui se distingua entre tous par son zèle ardent et désintéressé ponr Textinction du schisme , et à qui Ton attribua 4e livre admirable de l'Imitation; l'avocat général Jean Desmarets, qui fut traîné à Téchafaud comme complice des séditions auxquelles il avait au contraire opposé l'autorité de sa vertu ; le magistrat Juvénal des Ursins, père de l'historien de ce nom , intrépide à braver la fureur des grands en réprimant leurs violences criminelles ; et le grand citoyen Alain Blanchard, qui s'immortalisa dans ia d^nse de Rouen , et paya de sa tète son dévouement à la France et à son roi. La nation, à cette époque^ ne s'honora d'aucune invention utile; mais l'on vit naître, au milieu des flots de sang, les jeux de cartes et les farces dramatiques des confrères de ia Passion et des clercs de la basoche.
i^SL I^ sombre tableau des crimes et des malheui*s de la
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France dorant cent cinquante ans, depuis la mort de saint Louis jusqu'à celle de' Charles VI, remplit Tâme d'horreur et d'épouvante :.c*eat néanmoins un spectacle fécond en graves enseignements, que celui des calamités effroyables que tant de violences ont attirées sur leurs autcars , quels qu'ils fussent , monarques , princes et seigneurs, bourgeois et paysans. La cruauté, les fraudes, le despotisme brutal de quelques-uns des successeur» de saint Louis, suscitent des guerres qui désolent leur règne et leur vie; les grands , assassins et assassinés, expient par leur propre sang celui qu'ils ont versé ; enfin , les violences de la bourgeoisie lorsqu'elle devient puissante, le refus de tout sacrifice personnel y et les horribles excès des paysans ou des Jacques, déshonorent et ruinent pour longtemps la cause populaire. Des siècles de malheurs enseignèrent à la nation ce que nous ne devons jamais oublier: ils lui apprirent qu'un peuple ne peut jouir en paix des avantages d'une nation grande, forte et libre , que lors^ qu'il sait comprendre ceux de l'union, de l'obéissance aux lois , et du sacrifice de l'intérêt particulier à l'intérêt général, à la patrie.
314 pwnmwi srOQVS.
UVBE m.
DE -LA. MOBT DE CHARLES YI À, CVJLUL DE I.OIIIS XII.
mtmnt* ws ul «atiov. — txtxnsiox des AHeiAis..^Fnr d£ la guerre DK csn ASs. — AJUfijw;waM us tjl cmAitDB rÉoDALtrÉ ek nLivcs ,
PAS. XA nicSMX DBS DCCUS OB SOUBGOGVE ET »E EEETAGirB À Lj GOUEOXHE. rUatlÈEES OUEEEÈS »*1TAI.IE.
CHAPITBE PREIflER.
Règne de Charies vn.
Les Eoîs de Franee» enâerettant ]^os absolus , ataient perda, par l'abus du pouyoir, ce qui aurait M en grande partie leur fortune depuis Louis le Gros jusqu'à saint Louis. Le peuple, écrasé de taxes arbitrairement établies, pillé par les soldats mercenaires ^ opprimé par les nobles qui composaient la force principale des armées, cessait de regarder la cause de ses souverains comme la sienne, et leur retirait sa confiance et son amour. Cette désaffection des peuples se manifesta par de nombreases révoltes, et contribua puissamment au rapide succès des étrangers au cœur du royaume. Les fléaux qui frappèrent la France pendant cent cinquante ans, et ébranlèrent la monarcbie^ ne furent suspendus que dans le cours des
LivRs m. cBLJLvm'Ê I. 311
dermèiies années du i^ègne dé Charles T; nous les avons vns reparaître phis ttrribles durant ïe long règne de son ^alhenrcQX fils : à la fiti de cette dernière époque, la monarcbie n'existait que de nom , et le royaume semblait toueher à une dissohitîon générale. Bleu réservait cependant un pfus glorieux avenfr à la France.
Un pouvoir central, énergique et puissant, était seul capable de porter les derniers coups à la féodalité armée^ de maintenir en corps de nation , d'une maxrière durable, tant de peuples d'origine diverse qui composaient alors le royaume , et d'unir à la couronne les États qui, entre le Bhin, les Pyrénées et TOcéan, en étaient encore séparés. Les Anglais contribuèrent eux-mêmes à rétablir la fortune de la France. L^oppression intolérable qu'ils firent peser sur les vaincus, la barbarie de leur gouvernement exterminateur, rallia contre eut tous les opprimés, unît ceux-ci par le poids d'un malheur commun, créa en eux un sentiment national, et fit que les peuples se tournèrent de nouveau avec espérance vers le prince proscrit par leurs tyrans, et qui seul pouvait les soustraire à un joug odieux r ce prince était Charles VIT. Depuis son avènement an trône jusqu'à rextinction totale de la grande féodalité, pendant un siècle, les destinées du pouvoir royal semblèrent de nouveau intimement liées avec celles de la nation, et il ne cessa point de gi*andir comme elle eu puissance.
Un aveugle hasard né préside point aux destinées du inonde. L'histoire, qui nous montre les progrès, bien lents i! est vrai, mais réels de l'humanité vers un ordre de choses meilleur, constate suffisamment une action providentielle, au milieu des innombrables calamités suscitées par nos passions et nos vices. Cette action de la bonté
312 DEUXliltS ÉPOQVS.
divine devient sensible lorsqu'elle assure le triomj^be d'une caase en apparence désespérée, et que les moyens qu'elle emploie pour atteindre ce bat semblent le pins dépourvus de puissance et de force : tel est le signe principal auquel il faut reconnaître l'appui que Dieu daigna prêter à la France, après la signature du fatal traité de Troyes. Du côté des étrangers , on avait vu naguère un monarque victorieux, dans la force de Tàge^ maître des deux tiers du royaume y fort de l'assentiment des états généraux , et de son étroite union avec le roi et la reine de France. Maintenant Henri Y n'était plus; mais on comptait encore dans le parti anglais la plupart des picii^ces français et les grands feudataires de la couronne, la capitale , et une armée nombreuse et bien organisée. De l'autre côté on voyait une noblesse turbulente, des capitaines indisciplinés, des bandes d'aventuriers féroœs qui cbercbaient bien moins à sauver le royaume qu'à s'en partager les dépouilles; enfin un jeune prince de dix-huit ans , sans force d'esprit et de caractère, entaché du soupçon d'un grand crime, flétri par un arrêt du parlement, abandonné de son père et de sa mère, et ne régnant que de nom sur quelques provinces en proie à l'anarchie. Mais le salut et la destinée de la France étaient attachés au triomphe de sa cause, et Dieu l'assura en peu d'années, contre toute prévision humaine. Catherine de Valois, fille de Charles VI et femme de Henri V, avait mis au monde un fils qui succéda à son père en 1423, sous le nom de Henri VI ; il avait alors à peine un an, et fut salué comme roi de France et d'Angleterre. Le duc de Bedford , frère aîné de Henri V, gou verua le royaume au nom de son neveu, et sut s'attacher les deux plus grands feudataires de la couronne, Jean VI, duc de Bretagne, et Philippe le Bon, duc de Bourgogne:
LITRS m. CHAPITftS I. 313
celai-ci, pour venger plus sûrement son père assassiné, donna sa sœur au duc de Bedford^ et fût longtemps le plus ferme soutien des Anglais en France.
Le dauphin Charles, âgé de dix-neuf ans, avait pris, simation aussitôt après Ya mort de son père, le titre de roi, et ré- qÎ^^ sidait à Bourges avec la reine Marie d'Anjou, sa femme. ^'^* Les Armagnacs, dirigés par Tanneguy-Duchâtel^ considéraient alors Charles VU comme leur chef; et le peuple, dont la mémoire était encore frappée des effroyables excès de ce parti, hésiita d'abord à se prononcer en faveur du jeune prince, que 'ses ennemis désignaient avec mépris soas lt$ nom de roi de Bourges. Les soldats de l'armée de Charles étaient pour la plupart étrangers comme ceux de Henri Yl : son armée se composait d'Écossais et de féroces Armagnacs ou Gascons, longtemps sujets de l'Angleterre; son connétable même, le comte de Buchan, était un ËecMSsais; et le roi, entouré de ces hommes farouches, parut prendre pendant longtemps aussi peu d'intérêt que le peuple au succès de sa propre cause.
La bi^aille de Crevant-sur- Yonne, perdue par ses trou- Jj^j."»*» pes, et celle de Yemeuil, plus désastreuse encore, et où ^VôiS?" périt le connétable, firent sentir à Charles YII la nécessité veni^uti. d'acquérir à fout prix de puissants soutiens. ïl jeta les '***"**" yeux sur le fameux Bichemont, frère du duc de Bretagne, et lui offrit l'épée de connétable. Bichemont n'accepta que ojus la condition que les Armagnacs seraient chassés de la cour, et que Charles éloignerait de sa personne les assassins de Jean sans Peur. Tanneguy-Duchâtei, le plus puissant et le plus coupable, s'éloigni^ le premier, et hâta, par son exil volontaire, l'utile rapprochement de Bicbe^ mont et du roi. JDélivjré da ia fact^oD qui le tenait en tutelle , Charles cessa d'être regardé eomme rin^î*ument
Gunctère d'an partiodieux, et.fAnitxégiir loinmêoie; maisil s'é
\?cS£^ coula des années escore «j^afit qu'il fat roi en effet, e
dê^Riche- digne du dévouemei^tdeiDnpeBfie. SanscaraelèiPeetsaft
^^^^ volonté , incapable d'iuocuaa ^Meeupatiott'sëiieiiaet, todalen
et volnptueax, il fat le jouet et l'esclave de ae» fai^oris m
de tous ceux qoi obtimoit de l'ascendant sur aon esprit^
et il les oubliait aussitôt que le basard ou la violeDce li
séparait d'eux. Il reçut tour à tour deux faiom de li
main du connétable, les sires de Giac et de Beaulieu : i
leur accorda successivement uneaveugleet folle confiance
et les vit sans colère^ l'un ^ès l'autre, assassinés par oi
même Bicbemont qui les avait placés auprès de lui, et j
qui leur crédit faisait ombrage^ Bicbemont avait donm
un troisième favori au roi, le sire de la TrémouUle : mais
odui-ci prévint le sort de ses prédécesseurs en provoquas!
la disigrâce du connétable^ et Cbarlei^ vit avec iadiff»
rence sa cour et sa noblesse partagées entre les deux ril
vaux. Il languissait alors à Cbiaon dans la mollesse et k|
plaisirs, tandis que son parti s'afiEaiblissait chaque jour à
que la discorde était dans son camp. D^à les Aoglals ma
naçaieut Orléans, la plus importaote des vîUes qui li^
demeuraient fidèles; ils s'étaient emparés de la ttte di
pont et des ouvrages extérieurs, malgré te bravoure à\
Dunois, bâtard d'Orléans : enfio la défaite des Fraaçaij
Journée et des Écossais À la journée des Harengs ' semblait assi^
Harengs, rcr la chutc Complète de cette viUe, et porter le eoiti
mortel à la cause de CharleSp
A mesure que lesAjQglaia obteuaiçntde nouveaux trioi^
* Cette journée reçut son nom d'un convoi de poisson salé fMir les Anglais à ceux qui assiégeaient Orléans. L'artillerie flrançais hriBa> leS: tonneanx où ce poissoa étiât tantemi» et le cliamp «te in
hes, lear Joug âeveciait: pins intolqmbJIfis et, développait m le xoy^vme uu swtimc^t W^ioi^al papnJbie d'opérer te prodige s^U était mU» en aettoili par l'espoîr et ia oonance. B s'y joignait, (lans le coeur des Français, un otbousiaftBQe reiigknx, mêlé de superstition et de UsBObtsme : ils /voyaient dans ienrs maux, les châtiments d'un )ieu vengeur, et ils attendaient de la Divinité ^euie le. emae de leurs ^uffraoces*
Tels ^ient, en 1439» les sentiments de la masse de la latioQy lorsqu'weji^unefilledevingtansy nommée Jeanne vocnton !'Arc, née de pauvres pairents, au village de Domremy, J^»™* Br la frenUère de Lorraine, annonça qu'elle avait reçu de **"* Meo mission de faire lever le siège d'Orléans^ et de oon-. iiire le rei à,B«ais pour sonsaere. Elle était belle, do^ée *une âme nolrte et pure» enjoignait beaucoup de raison, td'hunaîlité à une grande exaltation religieuse. Elle asira que de»V((»x intérieure» iul avaient révélé la volonté UestCy et denoanda A iêtre conduite à Ghim»i auprès de ftarles YD. Amemie en sa présence^ elle le distingua, it-on , snr^e? Aamp enlre tous ses courtisans , et , s'age^ nuillaat i^9»X M , elle lui répéta l'ordre qu'elle afâr*^ liait avoir reçu du ciel. Charles^ qu'elle nommait encore 'aupfaBn , la ât examiner pair des prélats et des.matrones , Dor s'assurer de la vérité de? son inspiralion ; et sur leur ipport ^ig'oQtaat fti à sa parole, il lui .fit donner une armre oonplèley et l'envoya joindre ses troupes à Blois. Le fuA se répand. auasitèt danâ les deux; armées qv^'un être i>né d'une piuasanee suma^reUe: .va eomb^re pour haries YU;^ et, tandis qne le0 SnsneaJe voient i'intereBtifln^^ruiBe dans ee pvedige» to 49glais, fruppés de rrear, n'y veulent reconnaître que l'influence du démon.
Jeanne conduit l'armée à Orléana^ eH la première, un oriéans.
3t6 DSITXIBMB i^OQVE,
délivré étendard à la main , elle attaque les ennemis. Ils combat &àxc^ tent en tremblant, et reculent devant elle; le siège es i«9.* igyé^ çt la France est délivrée des étrangers au sud de I Loire. Dès lors Jeanne, sous le nom de la Pacelle d'Or léans, devient bientôt célèbre dans tout le royaume; h France so réveille , rentbonsiasme gagne tous les cœurs une foule de soldats accourent sous les drapeaux de Char les, et Bedford voit ses Anglais saisis d'épouvante. La vie toire de Patafj , où le célèbre Talbot est pris, ajoute à li renommée de Jeanne , qui arrache le monarque à son io dolence et l'entraîne à Reims pour la cérémonie du sacre Troyes ferme ses portes à l'armée , et le conseil de guern veut en lever lé siège; mais Jeanne s'y présente : ses vob intérieures, dit-elle, lui ont assuré que sous deux jours h ville sera rendue. L'événement suit la prédictioii , et, h second jour, Troyes est livrée aux Français'. Ils marchenl sur Reiins, et les chefs ennenfis en sortent sans avoir conï battu. Charles entre dans la ville, où il est sacré le lendi sacre de ^^^ P^"^ l'archcvêque, en présence de trois princes d^ ^ vHÎr* sang. La Pucelle se tint proche du roi et du mattre-autt pendant la cérémonie, debout et son étendard à la main sa mission était accoi^plie.
Après le sacre, Jeanne embrassa les genoux du mo narque, et lui dit : << Gentil roy , maintenant est execut' « le plhisir de Dieu, qui vouloit que vous vinssiez à Bheini « recevoir votre digne sacre , en montrant que vous esl^ « vrai i*oy , et celui auquel le royaume doit appartea et J'ai accompli ce qui m'a esté commandé , qui estoit « faire lever lé siège d*Orleans et de faire saci*er le royj « voudrois bien qu'il me ftst ramener au^ès mes pera
' ' chronique dé la Puoelie. .<
LiYJui|> III. dUBina 1. 317
> mere^ à garder leurs brebis et bétail. » Ces vceiix simples et touchants ne tawnt point exaucés : les capitaines de Charles avaient reoHinu dans. Jeâime leur plus puissant auxiliaire, et la supplièrent de rester avec eux. Elle y eoDsentit à regret, et montra depuis le même courage dans les comlials, mais non plus la même confiance en elie-inéme: elle lut blessée au siège de PaHs, et enâo prise en défendant héroïquement Compiègne. Sa captivité excita chez les Anglais les transports d'une joie barbare. L'infortunée fût enfermée dans les cadibts de Bouen, et révéque de Beauvais instruisit son procès. En répondant aux inquisiteurs, qui. perchaient à la conyaincre d*hé« lésie, elle déploya une force d'âme et un bon sens admirables : ce fat à Dieu qu'elle attribua tous ses succès, révêque lui demanduit 9i elle était en état de grâce , Jeanne dit : «Si je n'y suis, Dieu m'y veuille mettre! si ïy suis. Bleu m'y veuilie tenir ! » Interrogée sur ses actes et ses paroles dass les iMitaHles, elle répondit : « Je disoiS) btrez hardiment parmi les Anglois, et j'y entrois moi- IBesme. i Dieu hait^l les Ànglois? dmanda l'évéque. ^De l'amour ou de la haine que Dieu a pour les Anglds, lit-elle^ je ne sais rien ; mais je sais qu'ils seront mis hors le France, excepté ceux qui y mourront. — S<m espoir Btait-il fondé en son étendard ou en elle-même ? -— Il estolt Imdé en Notre Seigneur , et non ailleurs. -^ Enfin» pourlaoi fit^Ile porter son étendard en face du roi à Belms? ^11 a volt été à la p^e, di^elle ; c'estoit bien raison qu'il bt à riumneur. » .
Tant de droiture.et de bon sens ne touehèrent point fes juges : ils avaient déclaré que Dieu ne pouvait vouloir (triomphe de Cbarles Yll^ d'après cela, te démon seul, I leurs yeux , avait inspiré Jeanne. Elle fût condamnée à
Mort de
IMDJI
4'kn
l«SI
318 Mneuws i>oqw.
'Mre brûlée ¥ii«9 et exécutée à ftotettw 8a éauoettTi m pi» lieté irii^ltaae , bel piété iervettte» me se déflMDllrait pas m moaiaA dans sa cr«elle épreuve^ elle mourut^ les j&tà ^^^ fixés «ur un crucifix, protattast de son iniiecence, et ari»] chBHt des larmes à toato la ville» tésaoîii de son «nppliosy Ghacksi^prit sa mort avec IndiAéreMe : il ne fit riei fsnr la pré^eiftfr ou la venger» et attendit vingt^^teq an sraot djordoiiDer que la Sttmeîreée rhéroine flkl féfaabilh lée : il était retombédaBS'sa œupeUe iodeknee. Son fan %ori» la TrémeuiUe» l'avait arraebè aax travaux de la gneric; et» pour conserver ear lui son aseendeoft» il 1^ retenait eil chéleaa de Gàinost fàx Fattrait des lètes el des plaisirs. Charles, enlûuré de ses maitressesy nsaaiiBail denouveaii à sa fortune, tandis que ses capitaines oofl» battaient isolément en chefs de partisans^ ne reoevaimil de lui ni ordre » ni paye ^ ai aioeors» et eoamettatent h pegni oà^ ils dominaioiii; à d'effroyaUee eKactioatk lies An* fjUB eependaMt étalent eneott phis ^ieiix a» peopk ; e^ viain Bedfiml » fjoer contHik la ea^takv tappdait dans sd miars le Jeune rei Hemi Vi, et V]f lUsalt saerér ; en vain I d^fiMôt lui-même le titre de wé§oxA pour en revèt&r ui pdnoe français, le dmc^e^Boimgogne : les Aiq^laia» etletw aUîés les Bourguignons» étaient égalemApt déteetts» et oi s*his«rgeait de toutes parts»
Le pka habile des «âàpitnmea de iiÏArles ^ le tMAuétabh fiidiemont^ tombé dans aa âttgeâce» s'indigne enfin è sa conduite <ri vote, et» d^à meurtrier de deux ilivotis di roi 9 il se décide à frapper également le troislèBie» attri honwt avee ilaîMn la faiUefse di Oharles à la funeste in fliiénoe de la TrémouMie, Çn «entUhomaofe accepte c^ missio» sangkttite : il siirpread «la IVénknittle «a lit, I blesse^ l^enlève; et in connétable^ maître de son ennemi
lerelleiil«s^ €3iiirte»)-approirv«, et lui n»àt9B\imtim gràees; Ricàenont commandera llffmée. ¥er8 \e même temps, en ié^â, aManU Beâford , keau-û^re do due é» Bourgogne, et: sa mort rompit les H^e de ce duc «*roe rAngteterre. 11 saeiifia enfin eis Umgë Tettentlment^ â ViDtérét de ht J^branee, «o-se rapprodbiaiit de Charles par le traité d'iifras. Les FFançeds furent unis; le maintien Traité de ta domiDatiaB anglaise defenait impossible : Baris^on-^ i^ vritseS'portiesaBYoi^etibi^ntètil ne resta plus aux Aih g^ qoe la I^^osmaiidie ct/la âayemne.
Un eiiangeaNiit extsaordinaire et comptée s'était alofs Réveu de opéré dans l^éme^de Giasies VO ; et rhôonenr en fut en ^viiï*^ pnrtie attribué à sa maltresse Agbès Serein. Une Tolontè pteme df énergie atait pris la place de son indolente lndtf<^ fëreaee^ sa frivoifté se transforma en prudence et en sagesse, et ses geuts voluptueux n'^clualent plus une actîTe persévérance dans Icstraffaux gueniers et poim« (fées. Les Français, dqwiis ^'uukm 4e Gbaries à¥ec le «hie ^ieBourgo^O) eommeocaieiit à Jouir de^qudque reposa; mais alors , comme au temps de Charles Vy à la suite de 'longues guenres oifiles, des compagnies de merêeav^es, *«ins solde et aausJCÉupM , infestaient le roy«o«ie. Les ca-^ ^itaines de Ciiarlus y U , et parmi ««x les célèbres Ift Hire it XalnÉrailles» longtemps babHoés à guerroj'^ pour 4eur compte let sans discipline, oomlinuaient , au mépris du traité d'Arras, à piMor la Boui%«^ne , et se faisaient une gfoire û^ nom 'êtÉeérûkeurs , que la haine du peuple leur • mit donnée Charles répiima leurs désordres, et, dansiles ét&tsgénéfUQx tenus à Oirténns, il-fit adoptar une sage mesure, quieoûtrilratopuiSMimmeMI à la puixinAérieure «t à Taffërmissennait de L'autorité ro^^lé c 11 demanda, et ' obtint une taiiie et t fi^^fm^llnet' :pour solde id^oe- ar^ organisa-
320 nSOUKMB »OQ0S.
tkimemt méepermaneDla. Elle étail destinée à l'eDtretieii de qmoÀ oeols geodarmeç; chaeiia d'eux devait être suivi de ciDJ hommes à cheval , dont uo page, im eooteiier et trois ar« cheis. Le roi les divisa depois en quinze compagnies à'w4 donnance, qn'ii dissémina dans toutes les plaees ai royaume : œiles-ei furent diargées de rentretieo de ieol garnison ; la paye pour cliaque homme d'armes, pour lui etpour sa suite, fut de 1^ livres par mois. Charles com^ pléta l'organisation de l'armée permanente, en o|>ligeai)l chaque paroisse à fournir un archer^ choisi par elle entnj les meilleurs tireurs d'are , et à cpii son électiott conférait! divers privil^es. Ce renouvellement du système militaire eut d'iomienses résultats : le roi obtint ainsi une armée toujours nombreuse, et toujours prête à se porter en masse i sur tous les points menacés par la révolte ou la guerre. Il y fit entrer l'élite de ses capitaines et de ses soldats d'aventure : la terreur contint ceux qui ne purmt y être i admis. C'est aux étatsde 1439 qu'il faut attribuer en partie i le mérite de cette création. En servant la France, ils firent ombrage au monarque , dont ils bornèrent les revenus à ses seuls domaines. Charles évita depuis de les convoquer, Tajue et rendit perpétuelle , sous leur nom, la taille qu'il avait obtenue , et qu'il augmenta de 600,000 livres.
Les crimes de toute e^^e s'étaient multipliés d'une manière effrayante : le roi donna au prévôt de Paris, Robert d'Estoute ville, plem pouvoir déjuger et de condamner toute personne convaincue d'un crime quelconque. Les parlements , dont les droits étaient méconnus , gardàent le silenoe : toute Uberté fut étouffée, et le royanme livré à un pouvoir.despotique^ Le peuple avait trop souffert de la licence; il :sortait d'une horrible anarchie» et sentait le besoin d'une autorité centrale et vigoureuse. Le corn-
uwûe.
LIVRB ni. OBIAFITRS I. 321
merce renaqoit, l'agricoltnre détint florissante, el le roi M salnéoomme le restaurateur de l'ordre. Quelques capi* taines oséceateiits, soutenus par des princes du sang et par le dauphin Louis, avaient seuls tenté de résister à Giiaries : leur révolte, qui reçut le nom de Praçueriey pngaefut promptement réprimée. Les princes se soumirent > et tui. le Daui^in se retira dans la province du Daupbiné : depuis lors, une inimitié profonde subsista entre le roi et son fils. Gliarles VU , après avoir pacifié Tintérieur , acheva d'expulser les Anglais du royaume. La victoire de Formigoy soumit la Normandie à ses armes; il marcha ensuite Bauuies en Guyenne^ et la conquit deux fois, puissamment se- migiiyr condé par Dunois et par Jean Barea|], grand maître de son casuuoo artillerie. La victoire des Français à Castillon affranchit ^l^^^ cette belle province du joug de l'étranger. Bordeaux ob- a^u. tint alors un parlement. Tant de succès justifièrent le surnom de Victorieitx, donné à ce roi par ses contemporains : déjà il ne restait pins à TAngleterre, de toutes ses possessions sur le continent, que la seule viile de Calais >. Une longue période de guerres civiles et de calamités commeneatt pour ce royaume avec la démence de Henri VI, qui renait d'épouser l'alUère et vindicative Marguerited' Anjou. Les Anglais ne conservaient plus, de toutes leurs pos* lessioBs en France, que la Normandie et la Guyenne. Dne trêve avait suspendu les hostilités entre les deux nations, lorsque rempereur Frédéric III demanda l'appui de !a France contre les cantons républicains de la Suisse, [.'assistance de Charles VU fut également sollicitée par iené, duc de Lorraine, cootre la ville libre de Metz et lontre Toul, Verdun, et quelques autres villes qui se di-
' Voyez carte n*" 13.
322 jMnamoL bvoqvb.
safent njettts ééiHttitiire. Ckatlm VU heûwmt ieg 4eniviiies^ etcntojra deu aranélw^ fane ai tMfWt^ l'Mlve eo Larrataie. Le dauptônr Lovis «Munaiida to pren^è^, coni|osée d^lu>finMS de teuMs Bâtions et d'une bafide d'àveolBriera t^ontralnte à llatetîMi par la tré? e av^ TAn- Baiiiite gleterre. Cette armée renoonlra eelie des cantims sitisses "^^e à fleinMàeqws, yrès de Bâle. Lei Snkses étaleat «lors Jacques, laneilleare infanterie de l'Europe : aimés de l(m$«es piqoesiqtt'ils maniaient avee aalant de force que d'adresse , iisaTilent remporté de grandes vMeifts ùtptÉ& uf» isAède s* la elievalerie de l'Empire. Us s'waneèreBl avee fiirie oontre l'avant-garde de l'armée française , et la mirent en dérente; mais s'étant aYentnrés hnprudemmeÉt; centre le gios de TaroMe^ îls> farent à iear tomr repoustésct rompQSu Le Danphin, frappé de leur valeur, fit la paix tnalgré reBoq^euffet l'Empire; il désira s'attadrar les Surisses, eti cotMittt une alliance avec eenx cpi'ii avait combattus^
Les événeaMnCs de la campagAe de Lorraine âirent peu déeisifs. Les villes de Tonl et Verdun recMmiienC le roi pour proteelenr ç Meta résista, lot assiégée, et aistMa le maintien ùm sa Hlierté par une eentribncHm et nmstre. Gettecampagpae rafifle mit en évldcnee ks pri^entitas de Gbaries Vfl sur une partie de la Lorraine^ et m'eut aoean aokre résuHat important
La trêve avee l'Angieterre était expirée : Gkartes Vill rateèM ses forces contre les Anglais^ «t «^va d'expulser' cenanei du rojaame.
CharicB Tii , en s'abstenant le coovodpier les éMa généraux^ qu'a redoutait, rasssmUa plusieurs fois fess étaU prdvinciaux de Normandie, de Chiyenne et de Languedoc,! et leur promit de ne point lever , sans leur aveu , de taxe sur ces provinces. Il décida que , dans la répartition des
u^ma en* oêêuêiwwm i. 3Rt3
inpMs, il y aurftlt «f p0lé»iiMgnMit=à là'Mttr 408 «Me»; •cour des et eette mat reeat 4e M jm aHpwHiliii «égolière. £d** ^ '^'''^' fin, àaatmA sessoinsà rBgttoe^>c»fiitliiiqQi5 en 143S, . pfoiiiiilgiia4Mi)emeliiiiii»t, devant ie'dei^ framçais ms* semblé à BtMurges, Isfragntattqnesaûeti»». Oetle ordon* i^ngnia- Wiiaee prodamait les iilierlâi de l'Église galtieane , telles saSSuon. qœ le eondle, alors siégeant à Bâte, les avait défliries ; eHe reecmnaissalt la supériorité ito coneHes généram: sar le pape, restrdgnaitànn petit oomlire de eas les droits d'appel à Home , privait la oiMir pointi&cale du revenu de» . bénéfices vacants, et confiait ans chapitres des ^iises réiection des évêqaes.
Charles était devenu le monarque le plus sage et le pins paissant de l'Ëvorope; mais ses Jestes motii» de défiance et de ressentiment à Tégaid du Dauphin empoisounêrent ses dernières années. Louis, marié d'abord à Marguerite d'Ecosse , avait ^ousé en secondes noces , contre le vœu de son père; Chariotte , fille du duc de Savoie. Le roi Ni ordonna de venir se jostiiier à sa cour, où le comte de* Dammartin, ennemi du prince, étidt tout-^pnfesant. Le Dauphin ) craignant tout des oonseners de son père; et ne pouvant eiMenfr sûreté pour sa personne, songea d'abord à résister à Ibree euverle, et rassembla des troupes; puis, * convaincu de son impuissance, Hprit la Mte^ et iriiercha Faite «la un peltage à la cour de Boargogne, où il fut ace«ieilli par en Sonr- Philippe le B(m et par €harles y son fils , avec hoonenr et munificence. Le roi prit aussitôt possession du Dauphiné , ' en tt saisirions les revenus, et réunit cette provlnoeeux États qui relevaient directement de la couronne. Le Dauphin avait imploré le pardon de son père; mais 4e roi connaissait son cœur faux et pervers': vainement vouflat<4l le co^rflôadre à dMianâer sa grâce de vive vohi; un:
324 DBUXliHB SP0Q9S.
ezfioiple radmitaUe aTfttt véconmeat aecaro ia défiance de son fils. Le duc d'Aleoçon, prince du sang, fut accusé par le roi de trahisoD el de eomplielté avee rAngleterre : les pairs du royaume» convoqués pour sou jugement. Je condamnèrent à mort. Gbarles commua la petue, et fit enfermer le prince dans la tour du Louvre. Le Dauj^u r^usa de s'exposer à un châtiment semblable. Le roi dès lors crut vivre au milieu d'embûches» et entouré des émissaires de son fils ; enfin» tremblant d'être empoisonné par eux, il Mort de ^'^^^ P^^^ prendre de nourriture, et se laissa mourir de ^[}f* faim : il expira le â3 juillet 1461 , dans sa cinquante-hui- •*•*• tième année, obserra. ^ commcrce et rindustrie firent, à la fia de ce règne , ^flérâiMl d'heureux progrès en France et en Europe. Les besoins des nations étaient connus; on appréciait les productions diverses, et retendue de leur consommation dans chaque contrée; des hommes instruits et possesseurs de grands capitaux pouvaient établir des acteurs dans toutes les places marchandes, et embrasser l'Europe et l'Asie dans leurs spéculations commerciales. C'est ainsi qu'à Florence Gosme de Médicis s'éleva au niveau des princes» et fonda la fortune de sa maison. Son contemporain Jacques Ckeur, négociant français, obtint, par des moyens semblables, d'immenses richesses, avec lesquelles il soutint généreusement les finances de Charles VIL Ce prince l'anoblit, et le nomma son argentier : mais les malheurs de ce marchand célèbre attestèrent bientôt tous les vices d'un gouvernement arbitraire. D'avides courtisans convoitèrent la fortune de Jacques Cœur, et prévinrent le roi contre lui : ses biens furent aussitôt saisis, et ses immeubles distribués à ceux qu'on lui donna ensuite pour juges. On compta parmi eux Thommequi lui succédait dans sa charge. Accusé
l«fS.
LivBjs ui. GSAvirms XI. 325
de eoaeassîoo, et pri? é de loal moyeD 4e déJEnise, Jaoqoes Cœor fut oondamiié sane preave, tt banni du royamne.
La Fraqoe était ea paix; mais elle gémissait sous une ^^f^ maltitode de fléaux et d'abas. Les lumières cepeodant ^;»^ oommeoçaient à percer ; ia poé^ française avait acquis ^" de la grâce et de Tharmonie; les vers lyriques de Charles d'Orléans et du roi Reoé d'Anjou obtinrent une réputatien . méritée : on eompte encore , parmi les poètes de ce temps, Olivier de la Marche et Alain Ghartier , historiographe de France ; enfin François Villony qui créa le genre burlesque. Ces hommes auraient sans dc'^e contribué à donner à la . poésie française un cachet national , si le plus grand événement du quinzième siècle n'eût jeté les esprits dans une autre voie. La prise de Constantinople par Mahomet II, cimiede sultan des Turcs, dissémina dans toute l'iilurope les ri-- sr^ ' chesses littéraires de la Grèce et de Borne; et le puissant génie de l'antiquité imposa son joug au génie à peine né de la littérature moderne. Avec la chute de Tempire grée en I4é3 , finit le moyen âge » et Ton s'accorde à dater de cette grande catastrophe le commencement de l'histoire moderne.