‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 51 sur 103 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Règne de Louis XI ' .

Louis XI avait trente-huit ans lorsqu'il monta sur le trône. Son règne fait époque, non-seulement par Texten-

» Pour le règne de Louî« XT, voyez ma Géog. hist. de la France , p. 53-de, cartSK*' ia

3S6 9>mmÈmM xMQini.

rton eoMMénUi ^^obQift mm lot le toyamie, «ft par

l'aftonteoneat' <te TauMité alvoiM du nmMVqiei toiis

pirtttKiM eneore à cuw de la nouvelle taiMlaiioe de la peiltiqae

Louh^xi. iaujupéftoitf, et de rimpulsioQ {MiiiMiflte qtte le earaetère de Lovis sat loi imprimer. Vmt de» oégoeiationB était j«scpi*aldr» presque iaeonKO : 4e8«(iD^raralo»,domliié9par Icart paskn» aveuglée et viotentoi, iacriflaieiit teajours au préaeal ks intéréti de l'avenir^ et la forée décidait de tout. Lapolitiqae comneiiçntt eependant a deveidppeiir eoK en objet d'étudee sérteosee : Loate iat le prunier qui érigea la diplomatie en système. Dosé d'«ti esprit sobCii el «etaeieax , Il fit de eet art le sajel des^ médUatioiis de toute ea vie, et contribaa, plus qm t0«t autie, à soMi*tuer, en polillquey le fouTOir de rintelligeuce è Tautoilté de la fsree ; mais il fiaécemuit «eus les prioeipes delà flM>rale> et Uxm attribua iauasemest à eon aa^ris poiv eux la plus gvaaile partie de ses sueeès. La politique qui repose sur la peiMie est aussi féeonde eu ealamUés que celle ^oi ne^roeounatt pour toi qu'une viotenee brutale* L'habitude queseilLeiiis XI de tromper toujours lui devint souvent funeste, et il ne fut redevable de la plupart de ses avantages sur ses ennemis ni à sa fausseté ni à ses trahisons : il triompha de toas, parce qu'il sut comprendre ses véritables Intérêts , eonnaitfç les ibommes > apprécier le mérite et s'en servir ; et parce que, embrassant dans ses projets l'avenir et le présent, il les soumit presque toujours aux calculs de la réflexion et d*une prudence consommée. Ou peat dire enfin qu'il s'attira ses revers par ses vices, et qu'il obtint Ses plus brillants succès par les qualités de l'intelfigence, qui s'allient avec une saine morale. ^' de i!r" La féodaUté avait repris toute sa puissance pendant la France. iQQgQ^ auarchie des règnes précédents ; et Ghaslesyii: lui-

LivsKOdi^ cÈÊummm zi. StJ

flMi»^*fiioifQ'tt mmatlnt dans le req^ l«ute» de BretegBetl46'fibafgegM«lé^oomte4'Avjaavgitond^imgi«x de ta oonrcRsie^ n^btint d'«Qx aMam igiige d^obéteaaee» LeBiaaisoBs4et9t0 troltfriiicesl» Aqmtiiieiit à lamaiMift royale en pouvoir et ea splendeut : «idie di Bottrgttgae) mattMsee de )a Ftaïadre, des Pays-Bas et éela Franche^ Comté, étail; la ph» riclie de TËompe ; celle dIAâ&feu pee^ sédi^ , outre le caste de ee iiein , le Maioe ^ la; LomAM/ la Provence « et euelavait les dematoes du toi dans ses Tastos possessions. LeMIdigéii^sait sous la tyraunie des oooites d'Albert^ deVékt^ d'Armagnae» et d'ime feule d'autre» seigneurs^ qui Istts exerçaleut dans leurs terres «se autorité absolue^ et ne recennaissaieat ancB»e loi (Mii^m et huiiudtie» Le «ystèoie féodal était alors -le pkm graBd^otetacle aux teodauces qui rappvodiaieiit lespea-pies habitants d'ua mêmesol , et aux progrès satataires dtt seutiment national ^ il était devenu enfin le fléaa de TEar<^) qn'il avait sauvée aaélxièine slèele : la gloire ée lui p«rter le coup nxwtel appartint à Louis XL

Ce prince» qai de fugitif devenait roi, était tr<^ bleo instrail des coinplots tramés contre lui à la eour de son pèra^ ainsi que de l'inimitié que lui portaient les hommes les fim Influents du royaume; et, selon Texpressicm d'un éorivaift célèbre, il ne vit énas le4Wlratde son règne que le oonmeneetnent de to v^eanee \ U orat avoir besoin de Tappui du peuple contre ses ennemis^ et promit, à sont «rén^ment, de diminuer les taxes, et de soumettre les diarges nationales à rapprobadoa des étais généraux. Sus libériÉlités envers tous ceux quil c^rehatt à gagner é{misèrent le trésor ; les impôts lupént augmentés , et ies

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étftU généraux laines en oubli. Qaelqn» iittonreetioBS édatèrent : Lonis sut les comfrimer. Un des premiers aeles de son règne fat i'abolition de Inpmgmatiqtie sanc^ iian, qu'il déeréta en haine des institutions de son père ; il en rétablit pourtant , à la fin de sa vie, les dispositions principales. Une autre ordonnance, d'an intérêt en apparence futile, irrita profondément la noblesse. Le roi, passionné pour la chasse , et jaloux de ses {^isirs comme de son autorité, interdit cet exercice dans les forêts royales ; et bientôt il joignit à cet édit d'autres actes qui forent de nouveaux motifs de mécontentement. Économe pour luimême, sévère dans l'administration des finances, il ne permettait pas qu'elles fassent pillées par les princes de son sang. Son joug pesait également sur tous; son aetive vigilance surveillait à la fois chaque partie du royaume, et il n'y voulait souffrir d'autre tyran que lui-même.

L'irritation devint générale ; les princes voulurent des apanages qui les rendissent indépendants ; les grands demandèrent des. dignités et de l'or ; ils appelèr^t<ie tous leurs vœux l'anarchie du règne de Charles VI, etseligiièreot contre Louis XL Celui-ci , cherchant à diviser ses deux plus redoutables voisins, François II , duc de Bretagne, et le comte de Cbarollais, fils du duc de Bourgogne, les excita contre lui-même. Il leur avait donné perfidement à tous deux le gouvernement de la Normandie, dans l'espérance de les voir se le disputer ; ils s'unirent l'un et l'autre eontre celui qui les jouait. Les ressentimente du comte de Charollais étaient d'autant plus vifs que Louis avait été comblé des bienfaits de Philippe le Boa, son père. Ce comte, qui depuis fut Charles le Téméraire, et l'un des plus puissants souverains de l'Europe, offrait un contraste frappant avec Louis XI : violent et indomptable,

Livmjl m. CHAKTftB II. 329

tooJOQ» gooveniépar Torgneil oo ia colère, tl se montra toate sa Yie Tennami la ptas ardant et le plas terrible da monarque son tnzerain. Ce fut autour de lui et du due de Bretagne que ie rallièrent les pnnees du sang et les grands seigneurs niécontents, au nombre desquels II faut compter eeux qui s'étaient aequia le plus de gloire sous le feu roi 9 et qui ravalent le mieux servi : Dunois , Saint-Pol, Tanneguy-DnehâKH et Antoine de Chabannes^ comte de Dammartin. lis donnèrent à leur ligue le nom de Ligue um <ia du bien pubMe, et mirent à leur tète Charles de France, pobuc. . frère du roi , qui rMamait pour loi la Normandie comme apanage. La sanglante Journée de Montihéry, où Louis JI^\llS^^^ abandonna le cban^ de bataille an comte de Cbarollais, ^; fut bientôt suivie du soulèvement de la Normandie en fe* veur des princes. Le roi , se v<^ant le plus faible , déposa les armes , et eut recours aux négociations. Nul ne possédait mieux que lui l^rt de gagner les oœûrs par des paroles insinuantes et flatteuses. li feignit d'étouffer ses justes ressentiments, d'oublier toutes ses injures , et signa le traité de Gonflans, par lequel il donnait la Normandie Tmté de à son frère, et satisfaisait les prétentions exorbitantes des ^^ri^?** princes. Louis leur céda de bonne grâce des villes, de vastes domaines et des gouvernements, et combla de dignités les seigneurs rebelles; Saint^Pol M nommé connétable. Mais Louis ne donnait ainsi d'ime main que pour reiNrenire de l'autre quand ie momoit serait venu. Il étudia àea ranemis, et dès lors son principal soin ftit de gagner à tout prix les plus habiles , de diviser les autres, et de les accabler tour à tour. CM ainsi qu'il s'a^cbalé dae de Bourbon et ptuâeurs des ministres de son père, entre antres le chancelier Jovénal des Unins et le célèbre comte de Dammartin. Il avait besoin de l'appui de la

330 * DimxiiitB BMiQva. i

États gê- Bation , ii tmnmfom lis4M»céDé«aœL à Tmib » â4M : ToS^^ eepoidaiit U ne osmenliftt à retumlr an pMpieqtt'jnHwit que œluitciiia madftsteraitd'^aiitraToknlé ipM kimme ; et lo chaoeelitr reiipela, èàm se» discoei» eu étate, ces pafolcB de peei^le ilébrea à leaeé^ n KoeiilBioiie ftratee « que ta Yoadras^qtteeeen qnirefinanMitde fcMir eoicat « emdaimiés à mert. Telle est,, ejcmi* to dianeeller, ia ré- • ponse que lae dqyaléa dtoiirent JMre aix cflMBBnednmflntg « de n>i. » Looie fiit^Méi; jamais étafts ne se mentrèicilt plus servilea. Be aDMlèrent, d'i^pcès le yma 4a roi, k traité de Conflane, retirant la Nermandle à Cbariee de Franoe^ et déeleraiit que eeprinee aurait dâ t'estncrsatiaiS^ delà rentede douae mille Uvfeaftzée par Gliarles VU poor Tapenage des pHoeeedn sang. .Laeisv ayant ebtena d'eu ee qu'il seubailait, s'emj^ressa de leaeongédier. Ils n'étuent restés assemblés que heiÉ jonts*

Charles de Fronce, irrité de pefdre la NennaBdîe, alunit f neore an due d» Bretagne et à Gbarles Je Téméreâre, dtveMi duc de Beorgegne par la naart de PhilÉ|i|M le HeB^ sen père. Xouaitifoie traitent afec l'Anglelerre ooetre la Ftanee^ et teviteqt le roi Édeiiard LV à tains- Noaveue poTt^T Qoe ^ufeoiée dauB le ÊoytfLmÊÊts Loeis piétient Aeor "p%<^' attaqiee; anarche à Timpieiriate eenSœ le dne de Btoed^ie. tagne^fuiy séparé de^ete alliés cC saisi d'éfKHmnte, se soDiiietyer le traité' 4'Aneeaisw

Im isoi chorehe alera»à gagner aen peepie; ii «loÉms des chartes à beaueonp de iriMei, protège le cottunevoe pmr de sages ordonnaootts, et réorganise le milice natioiiide de Paria, oompeséQ deSeils les homosesde ^sefs» à eotxsnte ans 5 dont il lait le dénendirenent ; elle mooSittt à qnatM* vingt mille hommes rangés soes. soixante bannières^ «et elle ftit.reaiilseeQ.pMBeaBion du deoit d'éMreiSesioffieiea.

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LllMIt Ml. tmàMVmB II.. JfSl

IjOiii9 s'effloree ensuite de trouver des alliés dntetes lÉtate de AOtt plas puissant enniiù. LesYiltes tkkm, po{Hil«»âs et xftanuftielQiéèKs de la Fiaadra étaient pros^tes àae révolter eoutre les viekiiees cmeUesâttâuiS âeBoorgngne^ leur souverain : Oand, Bruges et Uége se distinguaiait entre elies par leerpuissauee, et par tair éneagie pour la liberté. Looii envoie uftéiatoAlfe dans eette dernière nlle, d^'à ^ritée eontre Vévéqiief son prinee spajuerain ^ nUté deOiarles^ et rexctte a la révolte en loi proBoettaiit.'BiMi appui. Eq œéœe temps, pour mieux trapper le doei <et pour (Midorittîr ses soupçons, il kii deraimde ub sanf^con^ doit , l'obtient» et ^ se fiant, trop ta ses pnpves moyens de sédu«tiQt),.M se rend auprès de son ennonià Pésomie. à peine esfc-il arrivé, qOe- Ja. révolte de Liège éolate : Charles appsend cpae la populace a'est portée à d'horribles eneès; que révàqueLO^îs defiowbon ^ son parent , son allié , est massaevé, et que Lonis XI est J'auteur de la sédilionk. A eette nouvetlOt sa tage neeesnall pHis de bornes : il ttort le mii^somiier» etBienaeedelefalrepérii?. Louis as soumet à toat pour fortir du péril ^ il signe le itcaita dd M^ Traité de connef qui lui enlève toute sowveraineté sur les État» .de ««w"^' fioutg^gne;» et donoeà sonfuèreia Qiampagne et la Brie ffwr 4ipant^; eniii il elfrean duo de mareher en personsye'4}aiilre ies<Llé9Sois.irài«ltéa. Il est libre à oette conditKHa ; nmis av^mvant il .est témoin de la roiae de eetten»»ttMiureu8ei^lle4tte itti*n)taieavait soulevée: i| voft une partie,^ ses babi^antsi atiassacrés^ et félicite GbArles de son affreux triomphe* .

L'Angleterre était alors désolée par la guerre des Deux roses ' : Louis XI, prenant parti pour, la rose rouge^ s'unit

' On donna ce nom à cette guerre iciMie» psrse qne les deux Biai»

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contre Edouard IV avec sa parente Marguerite d'Anjoa, iBRiine de Henri YI, et avee le fameux comte de Warwîck , surnommé le Faiseur de rois. Edouard, vaincu , ae retire en Hollande, et implore l'assistance du duc Charles son beau-frère. Louis, sans inquiétude du côté de l'Angleterre, poursuit ses avantages : il convoque une assemblée de notables, qu'il eut soin de choisir lui-même, ditComines, parmi ceux qui ne contrediraient point son LM vouloir ; et il fait annuler par eux le traité de Péronne, "nnîient eotts prétexte que Charles ne l'avait imposé qu'en faussant fia parole. Louis, en se dégageant de ses ol)ligations, se Kit de nouveaux dangersw Edouard lY, aidé par Charles vait repris sa couronne ; Henri YI et son fils étaient mortsfSsacinés ; le doc de Bourgogne appelait Guerre OU France te monarque âtiglais, et promettait Marie, sa la bImit- fiiie et son héritièi*e,à Charles de France,duc de Guyenne, * fâf?" ^^^ récemment avait reçu de Louis XI cette province en «71.' i^^age ; le duc de Bretagne renouvelait ses intrigues, et le connétable de Saint-Pol vendait ses services aux deux partis, cherchant à s'élever aux dépens: de l'un et de Tautre. Le roi se voyait menacé d'un noutjel orage, lorsque son frère tomba malade^ et mourut a^rès quelques mois de souffrance. Louis, accusé d'empoisdtonement , ne s'en défendit pias, et sa mémoire demeura entachée de ce crime. Le duc de Bourgogne fit aussitôt mjf cher ses troupes en Picardie ; mais l'admirable défense de j^uvais, où Jeanne Bachette s'immortalisa par son couragé^rréta son armée , tandis que le roi négociait tour à toù^lavec

soDS qui se disputaient le trône, celle d*York et celle de Lancab«, avaient adopté, la première, une rose blanche, et la seconde, uneose rouge, pour signe de rallieaient.

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chaeun des princes rebelles, et s'attachait par m Itliéralites les deux liommes les plus habites de ieur parti ^ le sire de Lescuu ,• favori du duc de Bretagne, et Philippe de Comines , confident du duc de Bourgogne. *

Les manœuvres de Louis sèment la ^vision entre let chefs de la ligue : le duc de Bretagne signe une nouvelle trêve, et Charles marche contre le connétable de Saint-Pol, qui s'était emparé pour son propre compte de la ville de Saint-Quentin. Le roi profite de ce mohient pour écraser quelques-uns de ses ennemis: il fait Juger et condamner à mort y pour la seconde fois, par le parlement de Paris, le ^^^^ duc d'Aleneon. Le cardinal la Balue devait sa fdrtune à looi^^i- Louis XI y et Tavait trahi ; ceiui-ei le Mt enfermer dans une cage de fer de huit pieds carrés^ inventée par le cardinal lui-même, et où il resta captif pendant dix années* Enfin iecardimi d'AIbi^ JeanGoffredi, ancien évêqued'Arras, et inquisiteur fameux en Flandre , où il avait exercé d'atroces barbaries , est chargé par le roi de punir le coupable conrte d'Armagnac, l'un des soutiens de la L^ue du Uen public y et qui , en épousant sa propre sceur, avilit igouté l'inoeste à tous ses crimes. Assiégé dans la vHle de Lectoure, il se rendit au cardinal, qui lui avait promis, sûreté pour sa personne, et qui le fit aussitôt poignarder sous les yeux de sa femme enceinte : celle-ci fut empoisminée, et l'affreux Goffredi, voulant exterminer tous les témoins de son parjure, donna Tordre d'égorger jusqu'au demier des habitants de Ledtoure, et de livrer la ville aujt flammes.

Les maladies et les supplices avaient délivré Louis Xi ^^^^^^^ \co de plusieurs de ses puissants adversaires , et il put réunir amwtion ''^ses forces contre Charles de Bourgogne. Ce dernier était chîS» alors occupé en Allemagne. Souverain du ducbé. de Bour- '^rlfrêf'

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