DwmwiK jB]pa«iw. i
lointaines, Charles YUI avait préeédeniaieiit MBda, par
Tratté^e le traité de Bareelone, à Ferdinand d* Aragon et à Isaiwlle
Romj^ de Gastille , vainqueurs des Maures et conquérants de Gre-
(>rd^M ^^^^9 1^ comtés de RoussiUon et de Gerdagne , dièrement
^'^ite u achetés par Louis XL On dit que des moines franciseains,
^'«rT* gagnés par les souverains espagnols , obtinrent de Charles
ce traité avantageux , en lui persuadant que Louis XI, son
père, souffrirait dans le purgatoire jusqu'à la restitution
de ce. bien mal acquis.
Charles VIII , en paix avec les États voisins et avec ses peuples, se yit maître de satisfaire sa passion pour les. aventures lointaines et pour les cimquétes chevaleresques. Élevé dans Fignorance des hommes et des affaires, ne possédant aucune instruction historique, incapable de tout calcul et de toute prévision, il n'avait nourri son intelligence que de la lecture des romans de chevalerie, et ne s'était adonné à d'autre exercice qu'à oelui des joutes et des tournois. Son imagination , échauffée par le récit des exploits de Gharlemagne et des chevaliers normands , lui persuadait qu'il était appelé à suivre leur exemple. U rêva la conquête de Constantinople, et borna d'abord son ambition à celle de l'Italie et de la Sicile.
Depuis longtemps l'Italie enflammait la cupidité des Français. Les prétentions successives des deux maisons d'Anjou avaient appelé, depuis saint Louis ^ à chaque génération , des essaims d'aventuriers français ou provençaux dans cette belle contrée* Ceux qui n'y succombaient pas revenaient couverts de brillantes armures fabriquées en Lombardie, ou de somptueuses étoffes de Florence, Ils vantaient les délices d'un plus doux climat , les vins exquis du Midi, les merveilles de l'industrie, le luxe^ et.tous les biens qui les avaient tentés. Rome, d'ail-
LiTAB UU' CMàjfnnM- III. 349
leurs» capitale du monde rctigieux» atteaft tmis h» regards, et jamais les rois de Fraiiee se perdirent Tltalie de vue. Louis XI, entre antres, aval! eherohé à ao(|uérir des droits sur elle; c'était à sou instigation que le vieux roi de Sicile René d'Ai\jou désigna pour son héritier Charles du Maine;^ son neveu, au préjudice de René II, duc de Lor« raine y. fils de sa fille aînée. Chartes du Maine, souverain recooiui de la Provence, en prenant le titre de roi de Sicile ) nomma Louis i son tour son héritier universel : ce testament était Tunique titre sur lequel Charles YIII appuyait ses prétentions à la couronne de INaples et de Sicile, alors possédée par Ferdinand d'Aragon, fils d'Al^ phonse le Magnanime.
Il y avait toujours dans le royaume de Naples un parti §if^/{[{,^f^ favorable à la maison d'Anjou , et qu'on nommait le parti ^^^ angevin. Il fut grossi de la plupart des barons, révoltés ' '^'*' contre l'atroce tyrannie de Ferdinand. Ils appelèrent inutilement René de Lorraine dans le royaume ; à son défigiut, ilss'adressèrent à Charles YIII, et lui offrirent la couronne. Ce prince avait encore un autre appui en Italie. Louis le Maure, fils du grand Franceseo Sforza, était tout-puissant à Milan. Il s'était, en 1479, emparé de la régence de ce duché, supplantant au pouvoir Bonne deSavoie, bdle* sœur de Louis XI, et mère du jeune duc Jean Galéas, abruti par les voluptés, et inoai^able de ré^er lui-même. Louis le Maure, onde de Jean Galéas , lui avait laissé le titre et l'appareil de^ souveraine puissance ; mais il gardait toute l'autorité dans ses mains. Affligé des divisions de l'Italie, il songeidt à la réunir en un seul corps, et son génie provoquait la haine jalouse de tous les souverains de cette contrée. Menacé par les Vénitiens, et se méfiant du nouveau pape Alexandre VI y toi^ours prêt à se vendre
an piQS «MrstÉ , tt ei«Caif«lr iMoiB àa FraBçais-ponr se mainlcDlr, ^ les appela tm LontMrdle. &ès lors, Charles VIII Biiésila plus : «Deouragé par aesdeax favoris, k cardinat BriçoDoet, évêque deSaint-Malo, et de Yese, sénéchal de Beancairey et tatoement oonbalta par Ame de Bourbe» et pur son mari , ft résetat de partir. Dq'à il songeail, après avoir conquis l'Italie, àselaire iivrer par le pape lesolten Zi^n^ que smffère Bajas^II , eaqpereur des Tures, avBît>cbaB8édu trône; et il vealaSt, «vee Vapput de son nom, marcher sur Ckmstantfnople. Versée temps, Ferdinand d'Aragon mourut, laissant deux llls, > Alphonse I! , fui lui suecéda, déjà eélèhre dans les guerres contre les Turcs ^ et Frédéric, à qui son frère ecmfia le commandement de sa flotte.
j)épméK Ce iHit au mois d'août de l'année 1404 que Parmée imî^ar française s'éAuranla pour passor les Alpes :elle étidleom- Pre-^' posée de trois mille six eents hommes d'armes, de douze bostiiités. mille archers ou arbalétriers, de huit mille fantassins
gascons, armés d'arquebuses, et de huit mifte Suisses et Allemands, foi^mant eu tout treaite-deux mille hommes, aceompegués d^une artillerie formidable, et la meilleure de l'Europe. L'Italie s^émut-à leur approche : Venise «t les États voisins prirent l'alame, etieur forent hosUies ; Milan et Gènes se montrèrent seules fovarubles.
fin arrivant dans la première deees villes, le roi vit dans la citadelle le due Jean Galéas, qui, presque dépourvu de sens, épuisé pat les débauches, languissait aftteint d'un mal que le poison peut-être avait causé, et qui peu après le mit au tombeau.. Louis le Maure prit ausaitôlie titre de due de Milan. L'armée française oonttnua sa marche à travers la Lombardie, et arriva sur le territoire de Floi^enee, oA quelques places qui voulurent Karréter
liiYiis tn. ctÊkvnMi III. 351
foreBt CMifortées. LeB Suisses y coannireiit d'etfroyaUes barbftrie^t nwssacrant tous les prisonniers , HabitâBts^ soldais. La terreur précéda l'armée. Épouvatiié par le récit de ces atrocHén, Pierre de Médiéis, flis de Laarent le MagnMqQe, et cbef de la répnMique floreatliie, li^ra amL Français plusieurs villes et châteaux forts. Le peuple, indigné, se sonleva contre lui : ce Jeune homme, incapable et présomptueux , chercha refuge à Yenise, et les Florentins se crurent libres. Ils aceaeillirent avec aeefamations les Français, comme des libérateurs : Pise et Florence ouvrirent leurs portes, et Charles , admis en allié dans ce» ohari<« villes, y entra en vainqueur. Étranger à la révolution qui ^iïncï?^ s'était opérée autour de lui , ignorant les motife de Vae- "*** cueil bienveillant de ce peuple, il parle en maître à ses députés, et leur dit, en répondant à leurs harangues amicales, qu'il ne sait encore s'il leur donnera pour gouverneurs les Médiels ou des conseillers français. L^ndignation des Florentins est au comble. « S'U est ainsi, dit Pierre Gaponi , chef de la députation , sonnez vos trompettes, nous sonnerons nos cloches. » Le peuple court aux armes, les maisons et lés vastes palais de Florence se rempliss^t de soldats : Charles Y lil reconnaît te péril, et renonce à ses prétentions : il rappelle Caponi , obtient on subside pour l'aider dans son entreprise, et promet de rendre à la fin de la guerre ks foit^esses livrées par Hédicis. Ferdinmid^ fils d'Alphonse II , ehargé par son père d'arrêter les Français, n'est soutenu ni par le pape^ ni par les Florentins. Trop faible pour lutterseul , il recule devant l'ennemi, et Charles Yill entre dans la ville pontificale sans tirer Tépée* Alphonse, dont les armées se fondaient sans combattre, réduit au désespc^r, abandonne son peuple ^ sa couronne, et ne songe plus qu'à ses
3&2 DKOWfllB ÉfOQUB.
trésors et & sa cooseieoce. Minislcedesi cniaotés de son père, il vojait se dresser devant lui les ombres de ses victimes, et reooDaaissait la main de Dieu dans ses désastres. Abdiei. Agité d^une terreur superstitieuse, il abdique en faveur de l^ited^Ai- son fils Ferdinand ; puis il s'embarque avec ses richesses, tm. ; et cingle versMazzara en Sicile. Là il s'enferme dans la maison des religieux olivétans , passant les journées en jeûnes et en prières, et il meurt la même année. Ferdinand II voit son armée saisie d*eCfroi. Une sédition éclate à Naples : il part pour la calmer, et confie ses troupes au Milanais Trivulzio, qui le trahit, et vend l'armée à Charles YIIL Ferdinand ne revient que pour être témoin de cette infâme trahison; il retourne à Naples» qui lui fei-raeses portes, et s'embarque avec sa famille pour File Kntréede dlschîa. Qiarles y III arrive devant Naples, dont il con- Na"l« ^^^^ l^us '^ privilèges : il fait dans la ville une entrée '^^' triomphale, et la partie continentale du royaume de Sicile est soumise.
Les guerriers français , enivrés de leur gloire, ne songèrent qu'à s'enrichir promptement : leurs capitaines avaient demandé au roi les premières dignités et les fiefs les plus importants du royaume, et Charles ne refusait rien; il ne savait ni les noms des barons angevins aux quels il devait de la reconnaissance, ni ceux des barons aragonais qu'il lui importait de ménager : il les offensait tous, et à peine y eut^l un gentilhomme qu'il ne jetât dans le parti des mécontents, par un déni de justice ou par quelque outrage imprudent. Cependant Forage grondait derrière lui : les puissances de l'Europe s'alarmaient de ses succès rapides : l'Espagne, Maximilien, Venise et le pape se liguèrent secrètement contre lui, et l'âme de cette ligue était son ancien allié Louis le Maure. La conduite des Français
uvMM nu GBàmms m. 3&3
à son égard avait été anasl i^iiirieiiaa que léméraire : oubliant ses services et le besoin qu'ils avaient eneorade loi; ils lui reprochaittit liautement la mort de Jean Galéas, refusaient de reconnaître son. titre ,. et le duc d*OrléaDs; invoquant les droits qu'il tenait des Viscontl) s'intitulait lai-méme due de MUan. Louis le Maure n'attendit que le moment de la vengeance, et ce moment se présenta bien* tôt. Philippe de Comines» ambassadeur du roi a Venise, informé des projets de cette ligue redoutable, se bâta d'en donner avis au roi, qui s'endormait sur son triomphe, au milieu des occupations lesplusfrivolesetles plus insensées. Charles oidonne aussitôt la retraite ; et» rejetant l'offreque lui fait Ferdinand de tenir de lui en fief la couronne de Naples, il nomme son parent, Gilliert de Montpensier^ vice-roi du royaume, et lui confie une partie de l'armée. Le duc d'Orléans, que Charles avait laissé à Asti pour conserver les communications avec son royaume, compromet par son imprudence la retraite des Français. Impatient de saisir la couronne dneale de Milan , il attaque Louis le Maure, qui l'enveloppe lui*méme et le bloque dans ï^ovarre, dont d'Orléans s'était emparé. Toute la Lombardie est soulevée ; Tarmée vénitienne arrive, et s'unit aux Milanais; François de Gonzagoe, mai*quis de Man* toue, commande leurs forces réunies. L'armée française, ti*èS"inférieure en taoAm, lès rencontre près de Fomovo. Elle est attaquée au passage du Taro, et remporte une vie* toire signalée. Cette bataille de Fomovo, oè une multitude Bauoiie d'Italiens perdirent la vie, assura la retraite de Char* ^""IS^l^ les VIII. Le roi, par le traité de Veretil, it la paix avec msu de Louis le Maure, qu'il reconnut pour duc de Milan : il lui rendit Movarre, et ce prince reconnut en retour qu'il tenait Gènes en fief de la couronne de France. Tandis que
354 'DBvxiiaiB svoQinL
Chartes nsnliiit teiSdWtStatSy Fflrdteaad et Ghoual^e de Gordoue, le yalnqiieîir^eCrreoade, dt le plus grand cabine de aoo siècle^ attaqUflAtnt les FVançais laissés dans le royaume deT^^^es. Le vice«olvC^itt>ert de Montpensier, est contraint à évocm» la capitale : jl se laisse enfermer dans AteHa; rédnit à eapitalcor^ il met bas les armes avec cinq mille guerriers , et s'engage à sortir du royanme après avoir rendu tontes les placés, À la réserve de Gaëte , de y^osaet 4eTarente. Une épidénye moissonne ses troapes : il en est atteint kii^iêniect menrt à Pozzuolo : cinq cents 1^. soldats loi survivent a peine. Otaries YIII reçoit la nou- Ip'êrfë'ilt velie de ces désastres à Lyon et à Tours, au milieu de fêtes û^sme!^ liceneieases; en Tarn il veut sauver sa conquête : Naples **^ .et laSieile sont perdues pour la FeanCe. Le roi projetait Mort de une scooiiâe expédition , lorsqu'en 1498 il fut frappé daviiir* popiexie à la suite d'un choc violent : il mourut dans son ehAt^an d'Amboise, à l'âge de M ans»
U» des traits distinctifs de son caractère fbt une exlrême boi^ « La pins hmnaine et douce parole d'homme «qui fust jamais^ éerit Gomines, «stoit la «eune \ car « onâques il ne ^t à anicun homme chose qui loi dust «desplaifio. » Son îneapaotté était généralement oomine, et ses saoeès militaires» aui; yeux de ses- contemporains, tinrent du pjns^e. Sn dancewr et sabonté lurent appréciées. Ls Fdmmq Itti.SHtgiéde œ ifu'îl aurait voulu fiure pour elie^ et doua des laUnes àsa mémoire, il avait, dans Tesçaeede éevt ans, .perâ«ti«is fila en très^has âge. Le duc d'Orléans ^^tit*fil8. du frère de Charles YI, était sod parent le plusprotthSi
LlYftX m. CHAVITRS IV. 355