‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 58 sur 103 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

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CHAPITHB PREMÏEB.

lègue ^ n«4(MS 1", jos^u'à Uagnalue da trailé de Madrid. 1515— lotie.

Se» Fnnçflis V^ » tout lait sitaiee a«loar du trtee; les Avénetels «éBérau m Bwt plis oopvoqaés, le» parleraenls; ûe'SSL pradasettl loi dDelcîfes4u!poovoir absolu; le dergé soa* ^°mis< * nais te omyto de la prMecttoft d« ^^eptare» et le géi^

372 THOIStEMS ÉPOQUE.

expirant de la vieille f^dalité armée est réduit à Tinirpuissance par la réunion irréwx^blé 4q la Bretagne là la oouronne.

Ce prince, Agé de vingt ans à sou avènement, était fils de Louise de Savoie et de Charles d'Angouléme, cousin germain de Louis XIL Élevé par sa mère, femme frivole, avare et de mœurs peu chastes , il fut, dès son enfance, maître absolu de toutes ses actions. Les romans de chevalerie firent son unique étude, et il voulut , comme Charles YIII, marcher sur les traces des Roland et des Amadis. 11 puisa dans les mêmes livrés ses notions sur les prérogatives de la couronne : il prétendait que tout ordre émané de sa bouche fût un décret de la destinée, et ne concevait pas que des parlements, des princes, une noblesse, des états généraux, eussent le droit de restreindre son autorité. Cependant, malgré son caractère absolu. Il s'abandonna sans réserve à Louise de Savoie, «a mère, et au chancelier Antoine Duprat, âme vénale et corron^iue : tous deux gouvernèrent longtemps la France en son nom.

A peine François 1*' a-t-il saisi le sceptre, qu'à Texcmple de Louis XII il tourne ses yeux vers Tltalie; il veut conquérir Milan, et lève une armée redoutable , où brille Félite des guerriers français. On distingue dans ses rangs le connétable Charles de Montpensieri duc de Bourbon, le maréchal de Chabannes, J. J. Trivulzio, la Trémouiile et son fils Talmont , Imbercourt , Téiigay , Lautrec, Bussy d'Amboise et Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche.

François V^ , sur le point de partir , nonome sa mère ré* gente de France : puis il prend :le commandement de son armée , composée de deux mHle ^inq «enta hommes d'armes, de dix mille Gascons et de vingt^deux mille fans-

j.m&% I. cwLpmx. I. 373

qnenels ai4einaii4s; Etie passe les Alpes avec des fatignes première mooies, par un ebemln qa'aacuue autre armée » atait ^j>|çj« franchi avaot elfe ; et, à la descente des rooats, Chabanaes «^,tuéV et Bay^d , pour premier exploit , surpreaiient a table et "'* eulèvent Presper Coloona, général de Mi^xlmilien Sforza, due de Milan. Cette captare importante Jette le désordre et le découragement parmi les enneaiis; mais vingt mille Suisses accourent de leurs montagnes, et engagent contre le roi la terrible bataille de Marignan. Ils n'ont pour toute Batunie arme que des piqaes de dix-huit pieds de long et de pe» coHflê santés épées à deux mains : ils se précipitent en colosnes ^nez. serrées sur l'artillerie, malgré les ravages qu'elle fait ""• dans leurs rangs, et soutiainent, sans être rompus, plu-» sieurs charges conséontives de la gendarmerie française. Ils isolent des siens François l^*", qui a combattu en héros, et séparent les différents corps de son armée. Ceux-ci se rallient pendant la nuit, et le combat recommence avec fureur* Les Suisses entendent alors le cri de guerre des VénitieBS, Jferco/ Marco/ lis croient que ces alliés des Français arrivent à leur secours , et ils se retirent en bon ordre. Cette sanglante Journée coûta la vie à six mille Françali et à douze mille Suisses r les débris de l'armée vaincue abandonnèrent Tltatie. François V^ voulut^ le lendemain de la bataille, recevoir l'ordre de chevalerie de la main de Bayard, qui s'était le phis distingué à Marignan entre ses vaillants capitaines. La rapide conquête du duclié de Milan fat le résultat de cette victoire décisive. Pour Çen assurer la possession^ le roi conclut avecies Suisses me aUialiee qui mit longtemps à couvert la frontière la Auiance >lus faible du royaume : il traita également avec le pape ïlSSJSl Léon X, s'eng^eant envers lui à maintenir à Florence 'autorité de Laurent et de Julien de Médici^, proches pan

374 TR— niBini xBoqnm.

resta dn y&ÊtàM , et à abolit U pngBmtiqiie nnettofi, qui feodait In libertés de l'Égliee «allieMieeur lesdécretsda CBDctte de Bàle. Cbtrlet VU eirail érigé en loi de l'État en décrets, ^MBdonoés defUis par Loiâs XI, mais toujours reeoBim par le parlemeDt H par rmivecMé de Paris. La esor de Reme avait eoadtammeDt protesté contre

coBoor. eox ; et ils foraift défimtivenM^t sapprânés par le eoncor- »••• dal ifue sigaèreot , ea 1^16 , Léoo X et François I^. Ce tcailé eéièbre admettait la sopàiœrité des papes sar les ooneilesy et rendait à la covr pontifieaieffaiimense revena desoMiA/ss '. Il enlevait aux ciiapitres la nomination aux pnlatores et la donnait au roi , réservant le tiens des bénéfices vacants aax gradués des universités firnnçaises; û mattail enfin des bornes aux exeûmmanieatioDS » et interdisait les appels «t ooar de Rome. Ce conesrdat^ pour lier également rÉgKse et la France, devait être accepté par le dafaième ceocUeds Latran» slégeamt aloaa à Boom, et par le parlement de Paris. Le eoneiie Taeccpte sans^ délibération ; mais le paslemcnt et raniversîté résfetèrant aux ordres <bi nd, invoquant la peagmallqne de Cbarks VU. Offensé de tonte opposition a ses vêlantes ccnanie d*nn outrage à la majesté royale, Fraabois V^ oammanda IVk béissanee absolue. Une dépointlon de wwghtnUa vint loi adresser des remontrances 7 furieux, il menaça de les fiibe

Abaime. jcler dans un cnl de basse^fosse. Le parlement se soumit .

ment du * * '

m^Miis ^ enreg^vit ^ eencordat, en protestant toutefois contre

'royîfi!^ la violence ^ lui était f aHe. Il fnt contraint ^ Hamée sni-

vanls y de sanelidnner une loi- baidwre ^ pmlBsait les

délits deehasseparlesverges, la confiseatien on la mort

^ On appelait ttnnà^U première année àa tefmn des bénéfiees qwivcBtiCTitàiviiaiL -

Hérttafie

«Obéiiiei,» ftTdt M le ebaicetier ^pntt aox mugistrats; « 09 le roi Bft yenra cb ywm qot êtes rekélies, et tous «ehétiem eoimne ks ieniiers 4e set si^ets. » Dès ee bmment to«t lléehit ea silenee, el te moner^oe se glorM» d'avoir mis les rois Aors de f»ff9.

Le jeune rival cbe Fïimçois P% oekii qui démit, pendanit tast dtenées , loi disputer le premier raog dans la ébté*^ tienne, eDoiBiesçait alors à se preâuîre sur la seène *dC' monde. Ferdinand le Catholique était mert en I5f 6, lais* suit Iflnôoe à sa fille leatme la Folie, et en nommant pwir r^gmc de GaslHle le carénai Xiownès , qwk , malgré son gisidâge, saisit a^vec yigeeiirlcB rênes de TÉtat, ^ courba le peuple «^ te noklcsse rebelle fons sa volonté de fer. Càarles d'Autriche» Agé de seîae ans, ftls de Jeanne te __ Folle, lai foi itasodé an trône p«r les eortès dn reyaome. cbîriesi Gejeane prisce, coami plus tard sous le nom de Qiarie»* |^^£. QQint, était v par son pire Philippe le Bea», héritier des Pa3«<Bas, et , en isie, l'empemir MasâmUfen lui laissa ses États héréditsives. Avant vingt ans, Charles sa vil inattre de l'Espagne, des Paya*Bea, de l'Autriche, dn royauBie de ?iapies, et des poascssiona espagnoles d*Amé- ^m fi ^ait d^à la monarque le ptau paissant de i'Eu* roj^* Bamméà eatta époque par te seigneur deChîèvres, s(w gsQv^raettr, rien n'aaneDçait eaeore les grandes facultés é^ son âme ; asais blQiittt sa prudence, so& as»bltioa, la proftmdear et la pessévérance de sa poiiliqaat doanèreitt à son mm autant dféi^t que ses aornberassa Gosrooaes. I^ roi de Fraoee^ par la attuatiaD géogr»phique de ses Étato, par leur mas8aeo«paele;et pai kura lea- . soureei^ {dus «se pa^ leur étendue, pouvait seul baluieer sa juissaneer et.ii. Ifi^fitjpuvi^favec pk» d'audace que de predeuea et de hPAhaw. Sa loagw et saagUmte lâvatité "^

376 TROttIBMB ÉPOQTOL

avee Charles d'A«triehe oeeopa ane grande partie du aeÎKîèoie sîèete- Les lelations entre ces deox sooveraiDS oanimeneèrent oepeadant par nn traité d'alliance offe»-

^SSStm!^ 8i?e et défensive signé à Noyon en i S16 , an moment où ''*** Charles héritait de la couronne d'Espagne. Ce prince promettait à François 1^ d'^oser saillie, alors an hercean; le^mariage devait s'accomplir lorsqu'elle aurait doozeans, et François lui dmmait pour dot tous ses droits sur le royaume de Naples.

La mort de l'empereur Maximilien fit éclater entre les deox monarques les premiers symptômes de la lutte qui ne devait finir qu'avec leur vie : tons deux prétendirent à l'empire. François prodigua l'or aux électeurs; mais TAIlemagne, menacée par les Turcs, avait besoin d'un empereur dont les États servissent de barrière à l'invasion musulmane; et l'électeur de Saxe, Frédéric le Sage, ayant refosé la couronne impériale, la fit donner à Charles, si céM>re dès lors sous le nom de Charles-Quint. François V^^ blessé an cœur dans son ambition, oublia le traité de Noyon, redemanda Naples , oilevé par Ferdinand le Ga— tliolique à Louis XII, et somma le nouvel empereur de lai rendre hommage pour le comté de Flandre, tandis que Cliarles-Quiot réclamait Milan comme fief impérial masculin , et le duché de Boulogne comme héritage de son aïeule Marie, fillede Charles le Téméraire. Lesdeux rivaux cberdièreot Tun et l'autre à s'assurer l'appui du roid'Angleterre, Henri VIII. L'entrevue de François V et do monarque ao^»eot lieu à Gufnes , près de Calais. La magnificence excessive qui, des deux parts, y fiit'déployée,

chaaifda fit donner au Heu des conférences le âom de Champ du -i

<tnp d'or.

i»v« dmp d^ùr. Après trois semaines de r^oaissances et de ' fêtes splemftdes, les deux rds situèrent nû traité d'al-

LIVRX X. CHAPITRB I. 377

Jiance qai devint liiosolre; ear Gharfes-QoiDt ayant visité lui-même auparavant Henri YIII, avait séduit par ses largesses et par l'espoir de la papauté te cardinal Wolsey, ministre et favori de ce prinee. Tant d'empressement de la part des deux plus poissants monarques de TEurope pour gagner Henri à leur cause, lui fit adopter cette devise superbe : Qui je d^ends est maUre.

Cependant» malgré tant de motifs de discorde et de jalousie > ni i'un ni l'autre des deux rivaux ne s'empressait de commencer la guerre : François s'occupait de ses plaisirs, et Cliarles du soin de dompter ses peuples. L'Espagne le regardait comme un étranger , et se soulevait pour la défense de ses droits politiques, tandis que l'Ailemagne , indignée du honteux trafic des indulgences, commençait à s'agiter à la voix de Luther. Ce moine fameux venait de brûler en public, à Wittemberg, en 151 7, la bulle d'excommunicati(m lancée contre lui par le pape. Un acte conaM»-

céments

aussi audacieux saisit rEurope d'étonnement , et Charles- ^J^ Quint convoqua une diète à Worms, afin , disait-il, de \j^^^ réprimer les progrès des opinions nouvelles et dangereuses ***• pour la paix d'Allemagne. Luther parut à cette diète avec un sauf-conduit de l'empereur, et sous la protection plus efficace de l'électeur de Saxe Frédéric le Sage, et de cent chevaliers armés, il défendit avec éuergie ses doctrines, dans lesquelles il attaquait surtout la confessioa auriculaire, l'intercession des saints, le dogme du purgatoire» celui de la transsubstantiation, le célibat des prêtres , et l'autorité de rÉglise. La diète lui permit de se retirer, et aus^tôt après , elle le mit hors la loi. L'électeur de Saxe le fit enlever par des gens masqués, et conduire dans la ibrteresse de Wartburg^où il demeura enfermé neuf mois. Ignoré de ses amis et de ses ennemis : c'est là qu'il commença sa

bostiUtéi entre

«Ml.

378 T&OI^WiB SFOQOB.

tradactîoii dt la BîUe» et qtt'ii eou^pù^ une maltitade d'écrits empreints de son génie logique, fm^gaenx, iras- | cible, parfaîleiBent propre» par sa trivialité même, à gouyerner les esprits eoeore.grossiers de son siôcie. |

Pendttit qoa ces gri^ves iotécéts partagent llËarope, Léon X, to^jo,ucs frivole et ineensiâéré, eseite les Fran- i

^^^i çais à la conquête de Naples, en leur promettant ses se- !

^?iU. cours : pai& il traite presque aassitôtaveeGtiaries-Qoint. Enfin les hostilités commenœnt : nne année française, commandée par TE^^e, venait d'envahir et de perdre la Navarre; et les capitaines de remperanr, Nassaa et Sickiagen , avaient violé le territoire de la France p<mr attaquer Robert de la Mark^ allié de ce royaume. La guerre éclate an nord et au midi : iei Impériaux prennent Mouzon et Tournai, et assiègent Méiâère8,.sawée par Anne de Mootmor^cy et par le chevalier Bayard. Le Ifiianez est perdu, le braye Lantree s'en est fait diasser, fanfee d^aiigent. Quatre cent mille écus hii étaient promis par 1 François T^; mais Lewe de Savoie avait eontri^nt Tintendwt général Serablançay à hii ëvrer cette somme à Uinsu du coi son fiks. Henri VIII s'oDissait afois à diarles contre François, et tous deux lui déclarèrent la guerre, tandis qu'Adrien VI, ancien précepteur de Charles Quint, montait sur le trône pontiiicaL Son prédécesseur Léon X avait légué ea Itaiieeon non À son sîèele : H fat grand par sa magnifiecttce, et par la protection édairée qu'il aecoN dait aux arts et a»x lettres : nui souverain ne vit s'élever autour deiui plus d'artisies «ièbres, et ne sut mieux enflammer leur, génie; mais pen d'hommes étaient moins propres (|ae lui à soutenùr le eombatcimlre Luther, et à repréeeariter «n suoeesseat des apfttres.

Épuisé parseï prodigalités plus encore qvepar ses pre-

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