‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 62 sur 103 · LIVRE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE II

de Toaraon , dont il invitait Henri à suivre toujours les conseils, tandis qu*ii le prémunissait contre la pernicieuse politique du connétable de Montmorency et contre l'ambition des Guises^ et lui conseiilaitde les exclure du pouvoir. Henri pleurait auprès du lit de son père , mais il évita de lui donner aucune promesse. Henri VIII et François V^ moururent la même année : ce dernier avait régné trente- %?n-^ trois ans. i»47.

La bravoure chevaleresque de François I*' , sa magnificence, et la protection quMl accorda aux talents, donnèrent de la popularité à son nom ; il fut surnommé le Père eile restaurateur des lettres, quoiqu*il eût rendu plusieurs ordonnances sévères contre rimprimerie , inventée dans le dernier siècle. Au nombre des Français dont il uitéra. encouragea les travaux, il faut citer l*érùdit Guillaume m?^û. Budé, les frères du Bellay, négociateurs et historiens, eèi^breï. le poète Clément Marot , et le célèbre imprimeur Henri Ëstienne. Marguerite de Navarre , sœur du roi , cultivait elle*mérae la littérature ; et de son temps aussi le célèbre Rabelais , curé de Meudon , écrivit ses ouvrages satiriques. Sous ce règne fleurirent encore Dumoulin et Gujas , grands jurisconsultes , le peintre Jean Cousin y et enfin Piiilibert de Lorme et Jean Goujon , illustres architectes. François P" bâtit en partie les châteaux de Fontainebleau , de Saint-Germain, de Chambord , et commença le Louvre.

Les qualités brillantes de ce prince furent ternies par q^q^^^. de grandes fautes et par d*odieux abus de pouvoir. Sa ^^^ cruauté à l'égard des protestants doit être attribuée en de^». partie aux mœurs et aux préjugés de son sièele; il est ^''" permis de douter cependant qu'une foi sincère ait inspiré ces affreuses persécutions, en songeant qu'il soutint en

398 TAOiSWMB ÉPOQUX.

AUems^gae avœ éaergie ceux qu'il frappait dans son royaun^e. U saciâiia te awg deg peapies à l'intérêt de son ambition , et tear or à ses orapables plaisirs. Pour subvenir à ses folles dépenses , il muiUplia et avilit les diarges de jodicatore, aliéna les domaîDes royaux et instztaala iotei*ie. Il fà poursuivre par des voies illégales , et devant des oommisslons arbitrairement choisies, plnsienrs hommes d'un rang éminent y entre autres le diancelier Poyet el Tamiral GhaJUot ; et, dans l'arrêt rendu contre eehii-cî, le roi substitua sa propre volouté à la décision des jnges. U «douctt sans doute la rudesse du caractère national en encourageant les progrès des arts; mais en abaissant la magistrature» en mettant ses caprices au - dessw des lois, et en affichant Tadultère, il corrompit les mœurs de sa cour et de ses sujets, et cette corruption s'accrut jusqu'à la fin du règne des Valois. La langue lutte de François V avec Charles-Quint n'apporta aueim avantage au royaume. Ses rigueurs contre les réformés pi^parèrent 4e sanglantes guerres civiles, et son règne enfin fut moins utile que &tal à la France.

Page 1