LIVRE II. CHAPITHB ni
du haat des chaires les hommes soupçomnés de modération comme des scélérats indignes de pitié. Le président Brisson et les conseillers Jean Tardif et Ciaude Larcher veulent s'opposer à tant d'excès; ils sont désignés aux assassins , le comité des dix prononce leur arrêt, Bussy le Clerc l'exécute : les trois magistrats sont pris et pendus aux portes mêmes du palais où ils rendaient la justice. Ainsi périt le chef du parlement de la Ligue, le président fameux qui avait prononcé la déchéance de Henri III, mais dont les actes violents étaient effacés par les violences nouvelles de son parti. Sa mort fut le signal de cruelles persécutions ; le pouvoir passa de la bourgec^ie à la populace, la magistrature et l'armée furent épurées par le grand conseil, et tous les hommes modérés tremblèrent pour leur vie. Averti cbftupar eux, Mayenne accourt de Soissons, pointe le canon "^Miipa.^ sur la Bastille, dont Bussy le Clerc était gouverneur, s'empare de cette place, fait saisir dans leurs lits quatre des plus coupables agitateurs, et ordonne qu'ils soient pendus sur-le-champ : Bussy le Clerc échappa^ abandon. nant le trésor fruit de ses concussions. Mayenne rétablit dans leurs emplois les magistrats et les officiers destitués par les Seize^ la bourgeoisie recouvra son ascendant, et le parlement acquit dans la Ligue une influence qu'il n'avait point encore obtenue.
La guerre continuait avec acharnement, et le duc de combat Parme rentrait en France par des marches savantes. Henri ^u. s'exposa témérairement contre lui au combat d'Aumale^ où il fut blessé; Farnèse faillit s'emparer de sa personne, Hanues et Tobligea de lever le siège de Rouen. La mésintelligence 7^? entre Mayenne et le duc ralentit leurs efforts, et fit respi- ^^^^^^ rer l'armée royale. Quoique très-inférieur en forces, Henri Fjrâèje, soutenait la guerre avec avantage, déployant une activité p«™«-
406 TÈOutkm spoqitè.
iDénrcftlenM et tes fessoiirees d^m génie feftile et ftifiitigrille, échappant à l'ennemi quand œfai-ci pensait le saiiir, et tombant sor loi à llmproviste lorsqu'on le croyait Mo* Ge lot ainsi qoe, par nne suite de manœuvres pniisntes et hardies , il enferma Fàmèse près de Dieppe, entre la mer, la Seine et les trois corps de son armée. Le duc de Parme, souffrant et accablé de la fièvre , ranima , dans cvtte circonstance, son génie près de s'éteindre : il fit constraire, en une nuit, wa pont à l*insa dn roi, trompa sa ligiianee, passa la Seine, et convritsa retraite.
Le marédiat de Biron, toé dans la même campagne, M
seopconnéd'avoh* ftivorlsé cotte opération hardie : son fils
loi demandait deux mille cavaliers, se faisant fort de tailler
en pièces , avec cette troupe , i^tarrière-garde espagnole. Le
^^^£^ maréchal refusa, et l'on prétend qu'il lui dit ensuite : c Si A tu reusses fait, la guerre était finie, ^ toi et moi n'aurions ft eu plus rien à faire qu'à planter des ehoux à Biron. » Cette parole f^lt comprendre les ol)Stacles sans nombre qui arrêtaient Henri IV et les causes de la prolongation de la guerre. Une foule de gentilshommes la faisaient pour lear propre avantage, et les grands seigneurs entretenaient par elle l'espoir de relever, à leur profit, l'édifice de la féodalité : ils se flattaient de conserver leurs gouvernements à titre de souveraineté : e*est ainsi que le duc de Mereoeur espérait être reconnu duc de Bretagne, et que les ■dues de Nemours, de Guise, de Joyeuse et d'Aumale songeaient à se partager les autres provinces du royaume.
jii^ Henri s'était rapproché de Paris, où les états généraux, convoqués par Mayenne, à la demande de. Philippe il, s'assemblaient pour élire un roi. Il se faisait instruire dans la religion catholique; et Mayenne, au milieu des factions qui divisaient les états, demeurait indécis entre les deux
bl«aw.
à Paris.
uvKB n, CKAPmB III. 467
prioeiiMiles, éatt Vmub «raseataH; à prodamer Henri TV s'il al^arait, tmdlsqtte f antre était dévouée à l'Espagne. Le due de Faria et le jwiseoiiSQlte Mendose soufenaient aodacJcuicmeBt au seia desétats les inlérétsde Piiilippe II. Qb Aumiaïqpayéteadaity âfaecord aisee le canlf&al de Piaf-
, légAéÊfBpeCkémoatYin^ qae Heori, cotnine mStoI
iinfeeté d'hérésie, éevait être exelu du tréoe , alors même qn'jl abjurerait , et que , par le fait de cette exclusion , la hi sai^pie èbmtsiioHe «n Fraœe. Il demandait done que aa fille Isafodk, nièce dettrois derniers ras, jfKH: proeianaée r^e; msh Fanièse venait de mourir» aneune armée espagDQde ne ^ootcnak les prétentions de Philippe ; Mayenne lese(iB4)attit« Les s^gnmrs «attu)liqaes de l'armée royale avaient été invités par lui aux états. DesconCérences s'ou* vrirent à Surène, et ensuite dans le faubourg de la Vit^ kÊte, entre «ax et plusieurs députés, fienrt dédare à ces derniers qu'il est > disposé à foire abjuratioD. €ette nouvelle fraase tontes les ambitions , et soulève fine 'tempête dans Fassemblée des états gmiéraux. Les Espagnols se hâtent tte signifier, au nom de leur nn^tre, que, si Tînfmtte est proclamée reine, Philippe désignera un seigneur fran*- ^Is pour son époux : en ne nommant d'avance personne , ils flattent Fespéranoe nmb^use de plusieurs ; Choisies de Sa^roie, ieéoe dé Nemours , Mre utérin de IMEayenne, et le duc de ^ise , se laiSBent prendre à cet appât brf Nant , et tes états hésitent. C'en était fait de la grandeur et de la puisNmee du royaume, si l'Espagne obtenait le couronne- . ment de l'infante : Pi^pe consentait à tout pour lui assurer le sceptre, et la France, qu^fl avait Intérêt d'alSalblir, eût été démembrée entre les fHuspmssanftsseigaeim. Dans ce moment, le plus critique de «ous peur fibori I¥, il obtint un seooarsHBir lequel il «e comptait pas. Le par-
condalle
siim
468 TftOISISMS EPOQUB.
lemeut mutilé par les Seize , intimidé par le sopplice de plusieurs de ses membres ^ ne rendait plus que des arrêts serviles, empreints de fanatisme, et dictés par une populace furieuse, que nourrissaient les cliefo de la garnison espagnole. Tout à coup ce parlement secoue sa stupeur et déploie une noble énergie. Sur les conclusions d*Ëdoaard Mole, procureur général, il ordonne au président Jean Lemaitre d»se rendre près du lieutenant général, pour rinviter à veiller à ce que, sous prétexte de religion , on ne mette pas une maison étrangère sur le trône, déclarant tous les traités faits dans ce but nuls, et contraires à la loi sallque et aux constitutions du royaume. Cette déclaration inattendue surprit et irrita Mayenne; mais Jean Lemaître soutint devant lui cet arrêt avec courage. La faction espagnole ne perdit point tout espoir ; et, pour s'assurer de l'appui du lieutenant général et de sa puissante famille, elle offrit au jeune duc de Guise la main de l'infonte, dans le cas où ceUen^i serait reconnue reine : Mayenne cependant n'appuya que faiblement la proposition de l'Espagne et les prétentions de son neveu : il aspirait lui-même à la couronne, et fit différer l'élection» ' Les Parisiens commençaient à se lasser de tant de luttes, d'intrigues et de souffrances. Us lurent avidement un livre où les folies et l'égoïsme des chefs de la Ligue étaient mis en évidence et voués au ridicule. Ce livre, intitulé k CaihoUcon d'Espagne ou la satire Ménippée , porta un coup mortel aux ligueurs et à la faction espagnole. Mayenne persistait à garder le pouvoir ; et, quoique incertain sur le parti qu'il avait à prendre. Il unit ses efforts à ceux du légat pour empêcher l'abjuration du roi, déclarant que sa conversion ne lui ouvrait point le chemin do trône. Une trêve avait été proposée par Henri, qui fixa le
LXVBE II. CHAPITBB III.
jour de son abjuration au 25 juillet. Mayenne défendit aux Parisiens d'en être témoins, et fit fermer les portes. Ils violèrent sa défense, et assistèrent en fouie à la cérémonie. Henri fit abjuration à Saint-Denis, entre les mains de Abjural'arehevéque de Bourges : il promit de vivre et de mou- ^"^{/J^rir dans le sein de l'Église catholique romaine et de la '"^ défendre envers et contre tous; il répéta sa profession de foi au. pied du grand autel; puis entonna leTe Deum^ que le peuple interrompit par les cris de vive le roi!
La conversion de Henri lY confondait tous ceux qui dans Paris ne vivaient que de trouble, et dont l'audace seule faisait la force; ils se portèrent aux derniers excès en apprenant son abjuration. Le curé Jean Boucher précha*pendant neuf jours consécutifs dans Tégiise de Saint- Merry, cherchant à persuader aux Parisiens que cet acte était l'œuvre du démon : mais le peuple soupirait pour le repos; il demeurait insensible à ces dëclamatioDS fanatiques, dernières convulsions d'une faction expirante. Une trêve de trois mois, proposée par Henri lY, fut acceptée de tous les partis. Le duc de Mayenne fit répéter dans les états le serment d'union,et les prorogea jusqu'en septembre. Déterminé par des motifs personnels à prolonger la guerre, il s'était aliéné le parlement et le peuple, et cherchait son appui dans les Espagnols et dans la faction des Seize. Il quitta Paris l'année suivante, pour recevoir de nouvelles troupes sur les frontières de Champagne, tandis que Henri lY attendait à Saint-Denis que les portes de la capitale lui fussent ouvertes : bient6t elles le furent. Charles de Cessé, comte de Brissac , fils du maréchal de ce nom , et l'un des auteurs des fameuses barricades sous Henri III, avait été nommé par Mayenne gouverneur de la ville : il négocie en secret avec le roi, abuse la Ugue par de fausses
4/0 TikOratÉMB BFOQGE.
apparences dt zèle, B^entend aree te prévM des marchands, et, dans la nuit du 32 mars, il livre ta TiRe au Entrée de iToupes Foyalcs. Les soMats entrait en silenee, traversent kiwtia. les mes en erdre de bataille, et s'emparent des piaoes et im. des can*eloars. Un seul corps de garde espagnol résiste, il est passé an fil de Tépée. La surprise et f'elfroi contiennent les factieux. Henri se prés«t»te enfin luî-mème : ie prévAt des marchands et le comte de Brissac lui offivnt les clefs de ta ville; il s'avance au milieu d'un corps de noblesse, et les piques basses : sa marche est un triomphe, et dés ce jour il se regarde parmi les Parisiens comme au milieu de ses enfants : c Laissez-les, b criait-il à œux qui écartaient la foule, a laissez-les; ils sont affamés de voir « un roi. > Sa clémence s^étendit sur t(Mis ses ennemis , et il permit au légat d'emmener sons sa sauvegarde le P. Yarade, recteur des jésuites, et le curé Âubry, dont les exhortations fanatiques avaient inutilement poussé au r^ieide on farouche enthousiaste nommé Barrière, La garnison espagnole quitta Faris le jour même, avec les honneurs de la guerre; ie duc de Faria et les autres ministres ée Philippe partirent avec elle. Le roi se mit à une fenêtre pour les voir passer; et lorsqu'ils s'élorgnaîent, il leor dlten riant : « Messieui's, mes compliments à votre malb«: mais « n'y revenez plus! » Il reçut la Bastille à eomposlti«u^ aecneillit la Sorbonne repentante et soumise^ et réunit au parlement de Paris les magistrats des pariemeots quil avait établis à Cfaâlons et à Tours.
Cependant la situation du roi entre les catiioliqnaet les protestants devenait extrêmement difficile. Letnns avaient vu sa conversion avec défiance, et l'accusaient d'hypocrisie; il ne povrvalt les gagner qu'en leur ffrodignant de nombreuses faveurs ^ les autres, irrilés de son abjuration,
iMÊOi u. aauLvnrHB m. 471
siipp(M>Uieiit Impatiennneiit de voir les catiioliqves eomblés des honnears et des largesses qu'ils s» croyaient seols en droit d^obtenir, et ils aecosaient le roi d'ingratitude. Paris était loin d'avoir alors t'imporrance qn*il possède aujoard'hui : ia guerre, malgré la soumission de la capitale , continuait sur tous les points du royaume, et Henri avait le plus puissant intérêt à maintenir les partis dans Tttnion et dans Tobélssance. Cependant Amiens, Beauvais, Cambi*ai et Cbâteau-Thierry se rendirent successivement après la prise de Laon : bientôt Montmorency, d'Épemon, le due de Guise, la Châtre et Bois-Dauphin, $e soumirent ; mais ils mirent à leur soumission un prix énorme; il fallut que le roi déposât en leurs mains des sommes immenses et une autorité qui les rendit presque souverains dans leurs gouvernements, et qui occasionna plus tard de grands troubles. La Châtre et Bois-Dauphin conservèrent le titre de maréchal de France^ qu'ils tenaient de Mayenne : Montmorency f^t nommé connétable.
Vers le même temps, un nouvel attentat mit en péril asum-
natdarol
les jours du monarque; Jean Châtel, élève des jésuites, PgJ[gf» adonné à des habitudes dépravées , crut se raclieter des «»*♦ peines de l'enfer en l'assassinant. Henri , le 27 décembre, recevait en grâce deux gentilshommes anciens ligueurs : ils étaient à ses pieds, et le roi se baissait pour les relever, lorsqu'il se sentit blessé à la bouche d'un coup de couteau. L'arme ensanglantée fut saisie sur Jean Châtel : ses aveux inculpèrent les jésuites, ses maîtres, et révélèrent un fanatisme qui ne se démentit point dans les atroces douleurs de la torture et du supplicedes régicides. Un jésuite, le P. Guignard, fût pendu; le parlement poursuivit Tordre entier, et condamna tous ses membres à eiu des
Jésuites.
l'exil. Ils quittèrent le royaume, avec l'espoir d'un retour «»«».
472 T&OIftIBMB BrOQUB*
proehain. Philippe II eût alors oonsenti à la paix, si Henri j eût voulu loi laisser quelques possessions en France : lesv seigneurs français de son parti étaient également disposés à se soumettre, sous la condition de garder les provinces dont ils étaient maîtres, à charge d'hommage envers la' couronne. Le roi repoussa énergiquement ces prétentions, et, pour ôter tout prétexte et toute excuse aux appuis de l'Espagne, il déclara la guerre a Philippe , dont les plus puissants partisans étaient le duc de Hercœur en Bretagne, d'Aumale en Picardie, et Mayenne en Bourgogne : œ dernier, naguère chef de la Ligue, et aspirant à la couronne, était devenu Finstrument de l'Espagne ; il accompagnait Yalasco, connétable de Gastille, lorsque le roi se porta rapidement à sa rencontre près de Dijon, de Fôn: ^ glorieux combat de Fontaine-Française , où Henri , Frai^ avec trois cents chevaux seulement, tint tête à deux mille, 1 *»<• et exposa sa vie pour sauver celle de BIron, confondit! l'espoir de Blayenne, qui déclara être prêt à reconoaXtre tto!m Henri lY, aussitôt que ce prince aurait reçu l'absolution iÛS^Ïm du pape. Une négociation à ce sujet était déjà commencée. Henri IV Clément Vill saisit cette occasion de rétablir l'autonté de papJTâé. l'Église au-dessus de celle des rois. Par les conseils du
mentviii
!«». 'jésuite Torredo, qui sollicitait déjà le rappel de son ordre en France , il se montra favorable au roi ; mais il lui fît payer cher son absolution. Un vaste échafaudage fui dressé dans la basilique de Saint-Pierre; là, sous une tente magnifique, à la vue d'un peuple immense. Clément YIII frappa de sa baguette, en signe de châtiment, les abbés Duperron et d'Ossat, représentants du roi; il déclara nulle l'absolution donnée à Henri par un prélat français, la lui donna de nouveau , et le proclama roi de France et de Navarre.
L4VEB II. ÇHAPITRB III. 473
Cet acte solennel eoleYait tout moUf de guerre et tout espoir aux ligueurs. Mayenne obtint du roi que les membres de sa famille fassent déclarés absous du crime de complicité avec le meurtrier de Henri III : il mit à ce prix sa soumission* L'édit fut promulgué ; Mayenne reconnut fSSnû^' sur-le-champ Henri IV, et depuis lors le servit fidèlement. Moyenne. Le roi rassembla aussitôt toutes ses forces contre les Espa- '^* gnols, qui venaient de s'emparer de Calais et de plusieurs autres places. L'armée royale était affaiblie par la défection d'un grand nombre de calvinistes, honteux de Thumiliation imposée au roi par le pape : la Tréroouille y Bouillon et Rohan, entretenaient ces murmures. Henri, dans ces circonstances^ convoqua une assemblée de notables à Rouen. « Je ne vous ai point appelés , leur dit-11 , AMem- •t comme faisaient mes prédécesseurs, pour vous faire ap- ^^^^^^* « prouver mes volontés. Je vous ai assemblés pour rece- *^'* « voir vos conseils , pour les croire» pour les suivre ; bref, « pour me mettre en tutelle entre vos mains : envie qui ne « prend guère aux rois, aux barbes grises et aux victo- « rieux; mais le violent amour que je porte à mes sujets « me fait trouver tout aisé et honorable. » Les actes de cette assemblée répondirent mal à ces nobles paroles. Bien ne fut réglé pour les finances , aucune ressource ne fut créée pour la guerre, et Henri lui-même parut ensuite oublier ses devoirs près de la belle Gabrielle d'Ëstrées^ qu'il nommait publiquement sa maîtresse , et dont il élevait les enfants avec une magnificence toute royale. Les Ëspagnola l'arrachèrent a ces voluptés honteuses, en surprenant Amiens. Henri, sans argent, fiut appel à ses peuples. Le fidèle Rosoy, duc de Sully, l'aide à rassembler quelques millions et une armée. Amiens est repris l'année suivante; le duc de Mercœur traite ensuite avec le
474 ittonuoEB sfoQirx.
roi y et la Bretagne dépose les armes. Ces heureux smcès
préiNirent âne pacification générale. Philippe il, en prme
à utte effrsyable maladie, eelle de Sylla, commençait à se
dégoûter du saag honnin; il signa, en 1598, six mois
PUS de «vaut sa mort, Itipaix de Vèrvifu, livrant an roi de France
uaê. ' tontes les places occnpées par ses troupes, à l'exception de
Cambrai.
Benriy détt^ré des soins de la gnerre étrangère, rendft,
Édit de la même année , le célèbre édit de Nanies , qid fixa les
Nantes. ^
IBM. droits des prolestants en France. Cet éèlt, rédigé par /eannin, Schombeig, Golignon, et Thistorien Jacques- Angoste de Thon , permettait aux protestants l'exercice de leur culte; il leur assurait l'admission à tous les emplois; établissait; dans chaque parlement, une chambre composée de magistrats de chaque religion ; tolérait les assem* blées géDérales des réformés , les autorisant à lever des taxes sur eux-mêmes, pour les besoins de leur Église ; enfin, Il rétribuait leurs ministres, et leur accordait des places de sûreté, dont la [«ineipale fût la Rochelle. Les protestants étaient tsnnsau payement de»dîmes, et à IV^^rvation des |0Qr»férié8de l'Église catholique. L*édlt deNantes, enregistré par les parlements après de longues résistanoes, mit &) aux gverres désastreuses qui , depuis trente^ix ansy désolaient le royaume.
Henri IV qufttadès lors le rôle de guerrier poQreehû de pacificateur. Les douce dernières années de sa vie ap* parUeonent à une antre série d'événements , à edie qoi rétablit'leealme à l'intérienr, raffermit Tautorîté royak, et lui donna one impulsionr vigoorease, qui lui permit de i cn^re en despotisme Jusqu'à la grande époque de la ré- . volution française : ceHe-ci peut , à quelques égards, être
uvn XI. cau^iniB m. 475
elle*>]iiéffle considérée comiDe qm lointaine conséquence | / das prindpes émis et prooKilgnés par Lnther. | /
Li-exainen délaiHé des immenses résuitats de la réforma- 4iuii<iC' tion n'entre point dans le pian de cet onyrage; il suffira «urT de âir« qnece mémorable érénement , malgré les guerres .^HS^^^ Mogiantes qui forent au nombre de ses conséquences im- l'^ueye. médiates, commeniqua on grand mouvement à l'esprit / homain ; il aida , presque partout , à séparer l'Église de ] l'État 9 le pouvoir spirituel du temporel , brisa le Joug de \ l'esprit scolastique) et le remplaça par l'esprit critique et philosophique, dont l'ii^enceaeàeya de doter les peuples de la liberté civile, et prépara leur émancipation politique. Cette révolutiony provoquée par les abus de l'Église , entreprise par Luther et quelques espnts ardeirts, continuée ensuite par les ^orts de la raisoii, et par le déchaînement de toutes les passions humaines, ne put s'aeeomplir sans de longs déchirements et des convulâons épouvantables. Les principes des réformateurs ne se natinalisèrent qu'imparflaitement parmi nous : eependant ils déposèrent dans notre sol un germe qui porta ses fruits plus tard, à la faveur de la liberté d'examrai, assurée longtemps à la France par Védét de Nantes,
Les convuteions intérieures auxquelles ce pays fut en proie pendant tant d'années, lui enlevèrent son ascendant politique dans l'équilibre de l'Europe , et Philippe II eut quelque temps l'espoir de faire de la France une des provinces de son immense monarchie. Dom Sébastien, roi de Portugal, avait péri avec la fleur de sa nd»lesse, sur la G6te d'Afrique; et son grand-onde, qui lui succéda, ^ait mort comme lui sans enfants. Philippe résolut d'en tirer avantage pour lui-même; il s'empara du Portugal , et le joignit aux vaMs États dont il avait hérité de Charles-
476 THOI8IBMB ipOQIÏB.
Quint dans les denx mondes. L'Espagne atteignit alors l'apogée de sa puissance : ses redoutables armées, ses habiles généraux, et les trésors inépuisables derAmérique, semblèrent préparer a Pliilippe les voies à la monarchie ^ universelle; mais le rôle que la France ne pouvait plas «paiM. soutenir contre elle y l'Angleterre et la Hollande naissante i^Smne se le partagèrent La première de ces deux nations jetait uppe n. en ce siècle, sous la reine Elisabeth, les fondements de sa puissance maritime et de sa grandeur future : ses flottes , aidées de la tempête, détruisirent en 1588, et dispersèrent sur les côtes de la Manche, la redoutable Armada , ou la flotte Invincible de Philippe II; huit ans plus tard, le comte d'Essex plantait le drapeau anglais sur les murs de Cadix. Le second peuple qui tint l'Espagne en échec, le peuple hollandais, inscrivait pour la première fois, dans cette lutte acharnée , son nom parmi ceux des nations de l'Europe ; fort de son amour de i'hidépendance , de sa croyance religieuse, et de sa situation géographique, il Se sépara violemment de la Belgique , et , protégé par k génie de Guillaume, prince d'Orange, et de son fils Maurice, plus grand ckpitaine, mais moins grand citoyen, il forma la république de Hollande , ou des Provinces- Unies, et soutint, sans fléchir, tout Teffbrt de la puissance espagnole.
A la fin du seizième siècle, le protestantisme et la religion romaine , le principe de la liberté d'examim et le dogme de l'autorité en matière de foi, divisaient l'Europe en deux moitiés à peu près égales. La plupart des Etats du Nord, l'Angleterre, l'Ecosse, là Hollande, la Suède et l'Allemagne, avaient adopté les principes de la réforme: les Etats du Midi, l'Autriche, l'Italie., la France et l'Espagne, étaient restés fidèles au catholicisme. Les guerres
I«rVHB II. CHAPITRE IH. 477
de religion ajoutèrent beaucoup à la force militaire de l'Europe chrétienne : chaque homme devint soldat pour défendre sa croyance , et de cette époque date le déclin de la puissance ottomane; jamais elle ne se releva du coup mortel porté, en 1 57 1 , à Tislamisme, par la bataille de Lépante.
De grandes découvertes marquèrent le cours du seizième wcousiècle. La plus illustre est celle du véritable système du |^'5^®* monde , faite par Copernic en 1543. Elle fut suivie de la réforme du calendrier, opérée par les soins du pape Grégoire XIII : le premier janvier devint dès lors le premier jour de Tannée, qui jusque-là commençait à Pâques; et l'on désigna le calendrier réformé sous le nom de calendrier grégorien. Parmi les inventions les plus fécondes pour la science , et les plus utiles qui honorèrent ce siècle, il faut citer celle des lunettes d'approche, du thermomètre et du balancier-pendule.
Les lettres:, les sciences et les arts jetèrent peu d*éclat ^^j^^^J* en France durant la longue tourmente des guerres de religion. Cependant, la satire Ménippée fut écrite sous la Ligue, qu'elle attaquait d*une manière aussi mordante qu'ingénieuse; Ronsard et quelques autres poètes obtinrent alors une réputation qui ne s'est point soutenue; l'évêque Amyot, précepteur des enfants de Henri II, s'illqstra par sa traduction des œuvres de Plutarque, et Garnier fonda parmi nous l'art de la tragédie. Un phénomène littéraire apparut aussi en France, dans le cours de cette période sanglante : ce furent les Essais philosophiq^ies de riramortel Michel Montaigne.
478 THOiSISMB BFQtUS.
UVRE in.
DB Lk PAIX DB TBBTI98 ▲ LA VOBT SB lOUIS XIII.
néTABUSSUENT DB L*01U»B DANS LÉ ROYAUME. -DESIBDCTION DO POUVOIR POUTIQOE DES PBOTESTAUTS. — LA FRANCE SE REPLACE AU PREMIER RA.NG DES PDISSAUBBS 1