CHAPITRE IL
ftègiw âe Louis Hllï jinqu'ao ministère de RiciieUeu.
wio. Henri IV laissait son royaume florissaot, un trâstor de
qoiiwe BuilioaDS, pèosiears armées bie& entretenues, des
piaees fortes pourvues d'un noaibreux matériel de guerre,
situauon des allianccs solides, et un eonseil bien composé. Après sa
France mort , U £»ble»e du gouveraeiDCBt , ta discorde entre les
àl'avéne- ^
>°^<^j de prinees y lambltion jalouse et les espriees de la rehie mère, ^"1- eurent bientôt dissous taoït d'éléments de prospéritié. Les préten- ^muds aviAut pHs , . dsns les troublCB dvik, des haiA* grand? tiides d'iodépeudaiice et de souveraineté ; ils levaient pour ienr «ompledes soldats et des impôts dans les pays et dans les villes dont ils étaient gomceneiirs, et soudoyaient n certain nombre éte gentilshommes tOD^rs pcélsà'lcs soutenir de leur épée esattre Fautorilé royale. La plupart des lobles avaient peràn, ùxm les gvetresctersllgion , te mp«el teviotable potnr bi.parsomiete pitoe, et jnsq«*À la
-Lrmm ïïMEm emàBmm n. 495
conactaiee de teum devoirs envers lui* Il i^étidt atal formé une dasse d'hooimes puissants, qirî n'était pas, tomme on l'a trop répété, une féodalité noureUe, paisspi'eUe n'avait aneun pomvoir qui n'émanât de la eonronne^ et qai ne fût révocable à volonté : mais eenx qui possédaient les grandes diarges étaient toujours pofrtés à ahuser, contre le souveraio, dn dépôt qu'il leur avait confié. La patrie elle-même n'avait point de culte dans les âmes : toutes les pensées , tous les efforts des princes et des seigneurs étaient dirigés vers leur agrandissement 9 et Ton ne vit en aucun autre temps les premiers personnages de l'État donner sans rougir ]^s de honteux exemples d'une ambition effrénée, d'une cupidité insatiable. Cependant, malgré tant d'éléments de ruine et d'anarchie, aueune secousse ne se fit d'abord sentir à la nouvelle du diangement de règne. Marie de Médieis^ femme impérieuse» violente et vindicative, réelama sur-I&chaipp la régence du royaume. Condéy alors abs^t, et le comte de Soissons, auraient pu, en qualité de princes du sang, combattre les prétentions de la reine ; mais le parlement fut, le lendemain de l'assassinat, convoqué par elle en lit dejnstiee ; le duc d'Épemon, toat dévoué à Médicis, mit des troupes sous les armes pour intimider les partisans des princes, et la reine fat déclarée régente. Depuis lors te parlement simmisça sou- u parievent, et de sa propre autorité, dans le gouvernement de décerne l'Etat, et résista seul pendant longtemps à la puissance ^^^^^ absolue du trftne : aueune loi ne définissait cependant ses Biédicu. attributions politiques, la raonarehie n'avait point de '**^' constitution fondamentale; ^ c'est de là que sortirent tous les fléaux qui agitèrent la France à chaque minorité. Marie de Médicis, reconnue riante, snivttd'abordies avis de Yilleroi , qui avait été ministre sous les quatre derniers
496 TAomBiis noQiiB.
monarqses, et eonsenra le oonsdl do fea roi, qu'elle affaiblit pourtant , en y admettant un grand nombre de prétaidantB ambitieux.
La question de la guerre ou de la paix était la première
à résoudre. Sully voulait persister dans la voie ouverte par
Henri IV, et poursuivre à outrance la guerre contre la
maison d'Autridie : son avis ne prévalut qu*à demi : an
aeeours illusoire fut donné au due de Savoie, qui s'était
compromis pour la Franee ; ce prince fat c^ligé d'implorer
B^^ le pardon de Philippe III, et de se soumettre. On poussa
*^'*- les hostilités avec plus de vigueur en Ailonagne. Le fait
le plus important de cette guerre fut la prise de la ville
deJuliers par le maréchal de la Châtre et par Maurice,
prince d'Orange. Un grand nombre de souverains se la
disputaient : la France la remit aux deux principaux corn-
pétiteursy le marquis de Brandebourg et le duc de Neu-
bourg, qui la gardèrent en commun. Cette campagne
n'eut pas d'autre suite. Condé rentra en France, et son
arrivée provoqua de nouvelles intrigues et le retour des
troubles civils.
KtéTauon MaHc dc Médieis avait porté Concini au faite des hon-
Andite ^^^^ ^^ ^ ^^ fortune ; il était maréchal de France, sans
''u^^' avoir jamais porté les armes ; premier gentilhomme de la
utédrû chambre, gouverneur d'Amiens , de Péronne et de plu-
'^^' sieurs autres places; il avait acheté le marquisat d'Ancre ,
dont il portait le titre, et dirigeait les volontés de la^reine.
Tous les courtisans, à son exemple, voulurent de l'or et
des dignités ; ^ Médieis crut qu'il suffisait d'enrichir ses
amis et ses ennemis pour assurer la paix de son règne.
Dominée par cette idée ftaneste, elle convertit en dons et
en pensions le trésor du feu roi ; et lorsqu'il fût épuisé,
elle se vit dépourvue de force contre tous ceux dont elle
LXY&S ni. GHAPITftX II. 497
avait excité l'amUtioa et la capidité sans pouvoir les satisfaire. Jamais la haute noblesse ne se montra dévorée plus qu'alors par une honteuse soif de gain : la France parut être livrée au pillage, et le grand nombre des déprédateurs assurait leur impunité. Les seigneurs établissaient des péages sur des passages libres , et des octrois dans des villes franches ; ils créaient des offices, des lettres de noblesse, des privilèges, dont ils reeevaient le prix , et augmentaient sourdement les impôts et les gabelles. Sully quitta un conseil complice de ces actes criminels ; il fut forcé de se démettre de la surintendance des finances et du gouvernement de la Bastille, conservant la charge de grand voyer de France et la grande maîtrise de i'artilleriej avec les gouvernements du Poitou et de la Rochelle ; il ne vint plus que rarement à la cour, et se retira dans ses terres, où il vécut respecté jusqu'à l'âge de quatre-vingt-deux ans'.
La prodigieuse faveur du parvenu Goneini soulevait une ^^^ profonde indignation dans l'âme des princes et des sel- *•*'gneurs : Gondé surtout et le prince deSoissons s'en offensent Ils s'opposent au mariage projeté de Louis XIII et de l'infante fille de Philippe III, et se retirent, le premier dans son gouvernement de Guyenne , le second, dans celui de Normandie.Tout à coup un nouvel adversaire est introduit à la cour : c'est le jeune chevalier de Guisè, doué de
* Ayant un jour été appelé auprès du roi Louis XIII pour quelques affaires, il s'aperçut que sou Gostome aotiqtie exdtait rtularité des jeunes courtisaus. « Sire, dit-il au roi, je suis trop vieux pour changer « d'habitude sur rien. Quand le feu roi votre père, de glorieuse mé* « moire, me faisait Thonneur de m'appeler auprès de sa personne pour « s'entretenir avec moi sur les affaires de l'État, au préalable il faisait «t sortir les bouffons et les baladins. »
498 Taowritwn i>o<;m.
qualités brillanks. Letprinees duMa^Feàmteat son erédlt sur la reiae^ «fc l'aBiiBitiDD de la maisem de Lorraine ; \h se rapprochent du manpris d^Anere, et la eour se ditlse rtt dc»x faetiott^ odle de Gnlee et celle et GondDi. Le bet^ XOB de LnZ) employé naguère dois les négoc^tions coupables diLmaréehal de Biron , avidt quitté le parti du ebefra- Uer de Guise pour as joindre à ses enn^tnis : le chevs^er le rencontre un jour en carrosse à Paris, te fait ^tesoendre, l'oblige à tirer Tépée, et le tue; le fils du baron veut venger son père^ et périt conmie lui de la même main. Ce double liomicide soulève de nouveaux orages à la eour; la comtesse de Sonsons , dont le mari venait de mourir, et la dncbease de Nevers, fille du fameux Mayenne^ tmmeitf des complots; de toutes parts édalent des ressentimenls;
^^^t Coneini ezdtBune baine générale; les grands prennent les
g^ni». armes : Gondé est à la tète du mouveraoat , et publie vn manifeste qui flétrit Tanarchique administration de la reine» iqipellc la pitié sur le sort du peuple, et attaque ouvertement les Espagnols et les insoleuts étrangers dont
Troues ^influence domine dans te royaume. Cette ligue formi- ****- daMe des seigneurs fut bieuCdt maîtresse d'une partie de la France; l'indignalioH était au comble; Sully luimême, son fils, son gendre, ledefc de Rofaan, faisaient sœrètunent partie de la eonlédémtîon. Un grand nombre d'autres prototant» voukirent sy |olnâre : Bupkssis-Moroay les maintint dans l'inaction. Yilleroi conseillait à la reine d'attaquer sur-La^hamp les conlédéréSy et son «ris était le meilkurf mais Goncini préftrait négocier r son opinion l'emporta : le traité de Sainte-Meuehould,
^ÇS» nomméPflia? Malotrue, fut conelueu 1014. Par ce traité.
Malotrue. ' ^
«•*« la reine augmenta les digniteset les peaaiona des seigneurs
LiTmB m. eiTAprrRE n. 499
méeontefits , et promit une prompte conYocation des états génératix.
Louis XIII était dans sa quatorzième année^ et Tenait d'être reconnu mafeur; mais longtemps encore il ne fut roi que de nom , et Médicis garda le pouvoir. Elle convoqua les états généraux pour le 26 octobre de cette année: ^'J^j^' ces états farent les derniers qui s'assemblèrent avant ceux *®'*' ' de 1799. La reine et ses ministres s'étudièrent à paralyser iear influence en les divisant. Ils y réussirent; chaque ordre rédama dans son intérêt particulier : le clergé demanda qu'on admit en France, sans restriction, les dé" eretft du concile de Trente; la noblesse , que le droit de poulette < fftt al)oli ; et le tiers état, que les pensions qui obéraient le trésor ftissent supprimées ou diminuées. Cet ordre se vit cruellement humilié par les deux autres : c'était peu que , suivant l'usage, le pré¥6t des marchands, MiroD^ qui le présidait, ne fhi admis à btaranguer le roi qn'à genoux : on lui fit un reproche d'avoir comparé lea trois ordres de l'assemblée à une grande famitte, dont les membres de la noblesse et du clergé étaletfl les aînés ^ et ceux du tiers état les cadets^ La reine eile-méme traita les dépotés de cet ordre avec rudesse et arrogance , et cepenâmt ce furent eux qui se mfontirèrent tes plus ardents défenseurs de la prérogative royale. Ils demandèrent qu'on établie en principe qu'il n'était pas permis de déposer les rois peur cause d'hérésie , et exprimèrent le v<eu que la
^ Ce drofil reaMt héréditaires les offices de finance M de jndicaf are, moyesnant une taxe amuelle du cUxIèine do prix auquel on les avait achetés. La noblesse était jalouse deVliéréditéde cas charges ou offices , qui étaient possédés par des membres du tiers état, hàpaulette avait reçu son nom de Charles Paulet , qui fut l'invenleur de cette contribution.
500 TROISIRMB ÉH>QU£.
couronne fût reconnue, par une loi expresse, indépendante du pouvoir spirituel. Le clergé , par l'organe du cardinal Duperron, ancira ministre de Henri IV, combattit formellement ces propositionsi et les états évitèrent de se pronon* cer. L'assemblée fut dissoute l'année suivante, sans avoir produit aucun résultat important. Richelieu, évêque de Luçon, orateur du clergé, parut alors pour la première fois sur la scène politique : il exhorta le roi , dans sa harangue, à continuer de suivre les conseils de sa mère. Celleci, en congédiant les trois ordres, leur promit d'examiner leurs demandes, et d'y satisfaire lorsque le parlement lui aurait adressé des remontrances à ce sujet. C'était confondre tous les pouvoirs, et reconnaître la supériorité d'un corps judiciaire sur les états généraux. Le parlement , dont plusieurs membres étaient députés du tiers état, saisit avec empressement l'occasion de venger cet ordre de ses humiliations, et de grandir lui-même en importance : il invita donc, par un arrêt, à venir délibérer avec lui stfr les affaires publiques, les princes, les ducs et pairs, tous ceux enfin qui avaient droit de séance, et parmi lesquels un grand nombre étaient ennemis personnels de Médicis. La reine vit dans cette démarche une attaque directe contre elle et une atteinte à son autorité ; elle décéiëbres fendit d'exécuter l'arrêt du parlement. Ce corps dressa da*parie- ^"'^s*^^' ^^ ^^^ d euergiqucs remontrances, qui furent lues 'tivL' ^^^^^^ ^^U ^^ présence de sa mère et de ses ministres. Elles condamnaieat la déplorable administration de la reine, demandaient que tous les abus fussent redressés, qu'on n'exécutât aucun édit sans vérification des cours souveraines et enregistrement préalable; et qu'il fût permis au parlement de convoquer les pairs et les princes chaque fois qu'il le jugerait convenable. Cette compagnie
L1¥BB m, CHAPITRB II. SOI
demandait encore Fautorisation de nommer au roi les auteurs de tous les désordres , et de signaler leurs honteuses malversations. Ces célèbres remontrances, prononcées de l'avis du duc de Bouillon , excitèrent la colère et l'indignation de la reine , des courtisans et des ministres : dès le lendemain parut un arrêt du conseil qui les supprimait. Le parlement résista; puis, ayant reçu du roi des lettres de jQssion , il céda , et ne donna aucune suite à son arrêt de convocation, sans néanmoins le révoquer.
Les mécontents, et surtout Gondé, s'opposèrent vivement au mariage de Louis XIII avec Tinfante. Ils alléguaient les maux dont l'Espagne avait accablé la France, et la nécessité d'écraser la maison d'Autriche, au lieu d*a' joater à sa force. La reine méprisa ces représentations, et le mariage fut résolu ; Gondé se retira aussitôt à Clermont en Beauvoisis , Bouillon dans sa principauté de Sedan , Mayenne à Soissons, Longueville en Picardie : ils n'espéraient plus réussir que par les armes, et se préparaient à combattre. Les protestants, excités par le due de Rohan, se joignirent à eux, et levèrent des troupes. Les principaux ministres du roi étaient alors le vieux Villeroi, le président Jeannin et le chancelier de Sillery. Ils virent sans inquiétude ces dispositions hostiles, et hâtèrent la conclusion du mariage. Louis XIII alla au-devant de sa fiancée jusqu'à Bordeaux, et sa marche eut à la fois un air de fête et de guerre. Le maréchal de Laval , Bois-Dauphin , la protégeait avec une armée , que suivait celle des mécontents et des calvinistes , dirigée par Bouillon , sous les ordres de Gondé. Le peuple ne prit aucune part à cette guerre, et les armées n'en vinrent pas aux prises. Le duc de Guise conduisit en Espagne la princesse Elisabeth , sœur du roi, destinée à l'infant, et ramena avec lui la future
502 imaBëàuM iroqn.
Mariage épovse de Lottif KIII, eél^MPe mus le nom d'Anse d'As- Lovitxm triche. Ce mariage ne flift point heoreex, et les deax Anne ^poox, bîootâC aîgrîs Tan contre Taotre, véciirent presque ^^/ toi^rs séparés. Médieis, aussitôt après le mariage da roi, négocia avec ses cddcoms , et signa le traité de Lou- Y^at ^^> ^^^^ À leur avantage. Le prince et ses adhérents fa- ***** fent déclarés innocents et bons serviteurs du roi ; on Jear alloua des sommes considérables, et quelque satisfactiOQ fut accordée aux calvinistes et aux parlements : rartick de ce traité le pius douloureux pour la reine fut l'engagement pris par le roi de ne donner aux étrangers ni char* ges ni dignités dans le royaume.
Les anciens ministres, que la cour nommait les barbons , furent immédiatement renvoyés. L'évéque de Luçon entra dans le nouveau conseil , dirigé par le prince de Gondé, qui bientôt devint too^puissant, et fit sentir son pouvoir à la reine, a ses favoris , et surtout au maréchal d'Ancre. Les partisans du prince crurent désormais que tout leur étiât permis; et le duc de Longueville poussa l'insulte jusqu'à s'emparera main armée de Péronne , dont Concini était gouverneur. La reine envoya des troupes pour reprendre cette place, et Longueville la défendit contre elle. Médicis comprit alors que Gondé se proposait de lui enlever toute influence dans le gouvernement et sur Yet^t du roi. Elle résolut de le vaincre, et tira d'abord Charles de Valois, comte d'Auvergne, de la Bastille, où il était enfermé depuis douze ans. Cet acte était hostile au prince, qui voyait en Valois le plus grand ennemi de la branche régnante. Gondé, ainsi que les principaux chefi de sa faction, Venddme, BontUon et Mayenne, pressen* tiûent leur péril, et convinrent de ne plus se piësôiter enaembleau Lânmt^ où le pnnee Art arrdté a« nom du roi
LivBs m. caÊà9mLm ii. 503
ie i^soBtuahre^cB entrant an oameit : Torire avait été Airesu.
tton de
donné de saisir ses partisans, mais ils échappant , et eon- cowAé, mrent aux armes, ht tàk tint nii lit de jnatiee au pariement, où il motiva l'arrestation de son ooasin, allégoant aea eapéranees oovpftUes , inoonpatibles aTec les devoirs d'un sujet; les pr^entions de ses pcnrtîBaiiSy subversives' de Taiitorité royale, et iewr aiadaeteux mot de raUieinent, Barre à bas ' , qui déstgusît ie tréne comme te but de Tambition dM prince. Le parlement ne fit aucune observa* tîon; Gondé fut enfermé à la Bastille, et la reine mit en campagne trois armées conlre ies mécontents , réfugiés à Soisaons. Coocini reparut à ia cour plus puissant que jamais; «m orgueil ne connut plus de frein; et telle était sa richesse» qu'il entretint à ses frais une armée de cinq à six mille iiommes. Cependant ie jeune mi , dont il con« trariait les volontés , supportait avec autant d'impatience le despotisme du marédial que oeini du prince, et résolut enfin de sortir de tutelle, il aurait pu suivre les voies légales : son âme sombre et vindieatiye préféra rassassinat. Le lundi 26 avril, te marédial entrcât au Louvre pour le conseil; Yilry, capitaine des gardes, l'arrêta, et loi de*» manda son cpée ; Condai fitunmouvemoit, et tomba vmr sibftt percé de trots balles .* il expira sur la place. La fouie Mevtre de ses flatteurs disparut^ et Ixniis XUI se montra aussitiVt condni. à une fenêtre de son palais, comme pour accepter la responsabilité du meurtre. Les courtisans firent éclater leur joie^ et accoururent en foule pour te féliciter : de ce moment g ne crut roi : il fit désarmer les gardes deaa mère, et mu-
< Une barre dans les armes de Condé les distiognaît setrie des armes Mydes; tenander que cette barre ^Usparût, t'était demander qn'il fui roi.
' Ô04 TaOi5IBM9 ÉFOQUB.
rer la porte qui coimnuiiiciaait de rappartement de Médicis dans le sien.
Le peni^ détestait dans Goncini un étranger, un parvenu insolent, et Taecnsait de tous ses maux ; sa fureur fût atroce : il déchira les restes du maréchal; on mit leurs lambeaux sanglants à l'enchère, et la populace en mangea. Goncini fût poursuivi dans les siens : Galigaï , sa veuve , favorite de Médicis, se vit traduite devant le parlement , où, à défaut d'autre grand crime, elle fat accusée de magie et condamnée comme sorcière. L'arrêt portait qu'elle aurait la tète tranchée, et que ses restes seraient consumés par le feu. Elle subit son supplice avec courage : la maison du maréchal fut démolie et rasée, ses biens immenses confisqués, et la sentence du parlement déclara son ôls dégradé de noblesse , et inhabile à posséder aucune charge ou dignité dans le royaume.
Instruits de cette grande catastrophe , les mécontents de Soissons déposèrent les armes , et se rendirent auprès du roi , sans demander ni caution , ni sûreté. Les anciens ministres, Villeroi, Sillery, Jeannin, et du Vair, revinrent Kxii de avec eux. La reine fat exilée de la cour , et choisit Blois in^re"^ pour Sa résIdcnce. L'habile Richelieu , ministre sous Goniei7. cini, demanda la permission de la suivre , dévoué serviteur en apparence de sa protectrice , dont il devint l'implacable ennemi.
Faveur Gelui qui eut la plus grande part à cette révolution de
d'Albert
de palais, et à qui elle profita le plus, fat le jeune Gharles-
Luynes.
Albert de Luynes : compagnon des plaisirs da roi, il avait gagné ses bonnes grâces en dressant des pies-grièches à prendre des moineaux , et il s'éleva rapidement dans la faveur royale* Il fut créé duc, comblé d'honneurs et de
LIVAE m. CHAPITRE II. 505
richesses, et devint l'héritier des biens confisqués et de tonte la puissance du maréehal.
Gondé , do fond de sa prison, et la reine, du lieu de son exil, continuaient à ourdir des intrigues et à soulever leurs partisans. Le duc de Luynes neutralisait leur influence, en les opposant Tun à l'autre : tantôt il menaçait Gondé de rappeler la reine à la cour^ et tantôt 11 faisait craindre à Médicis la délivrance de Gondé. Un complot, habilement tramé, changea bientôt la situation des affaires. Un Italien, nommé Ruceelaî, homme de plaisir, résolut de servir la reine, et de l'enlever de Blois. Le duc d'Épernon, possesseur d'une fortune immense, gouverneur de Metz et de plusieurs provinces, colonel général de l'infanterie, et toujours mécontent,* pouvait mieux que tout autre seconder un semblable projet, et n^cttre Médicis en état de résister à ses ennemis. Il haïssait Buccelaî, qui le gagna en le flattant, et il résolut de tenter Tentreprise. Il sortit de Metz un matin , à la tête de cent cavaliers bien montés , après avoir demandé au roi la permission de se rendre dans ses gouvernements de Saintonge et d'Angoulême. Sa marche rapide et secrète ne fut point inquiétée; et lorsque la reine eut avis que d'Épernon était proche, elle sortît du château par une fenêtre, à l'aide d'une *»JJ*<>» échelle de corde, monta en voiture, escortée de Ruccelaï ^*J* et de quinze gentilshommes, et rencontra à Loches le duc d'Épernon , qui venait au-devant d'elle à la tête de sa maison et de ses gardes, et la conduisit à Angouléme. Lorsque enfin la cour eut connaissance de la fuite de Médicis, Luynes fut d-avis de la poursuivre sur-le-champ à main armée : le roi aima mieux transiger, et exigea que sa mère loi sacrifiât d'Ëpemon ; mais la reine défendit avec i^ergie le duo son libérateur. Les négociations continuè-
•et».
506 TEoiwbn Bgoqufu.
rcDt, et DD adroit CQociUateiir m jfrésmU : ctint BÀd»- Hea, qui , après avoir obtemi «eeràC^aeiit ra¥ea da ra, se fit appuyer aqprès de Médids par le jakmx d'ËpemoD luiroéme : la paix fat ooucluepac ses soiivs» la reine aih tint le gouvememeot de TA^oa a;riie lesdrmts r^aiiens, et trois villes lui forent dansées coiaoBe places de aâreléi Le roi accorda des lettres d'abolitîQQ an due d'ÉpemoD;et son premier soin fot ensnite de thner Cioudé de YlneeniKs, et de loi rendre sou andeune puissance.
La France se vit aicore partagée ^tre deux feetioDs* Les partisansde la reine, irrités de la fiivenr dont joaisBaient de Luynes et Condé, quittèreut en foule la cour ; ils priieat possession d*une multitude de places, et forent i)iaitôtaia(tres de la moitié du royaume. La guerre paraissait imminente; Mayenne et d'Épernon, craignant une surprise à Angers, voulaient, avec raison» conduire lareine en Gnyca- Troobtet ne, où îls auraient pu opposer un rempart de petites placesé M>(^ l'armée royale. Richelieu , secrètement dévoué an rai , repoussa ce conseil, et la reine demeura à Ajagers* Louis XID se mit en marche à la tête de son armée : il soumit d*ahurd la Normandie» parcourut en vainqueur le Maine cA le Perche , et arriva devant Angers avec toutes ses forées. De Luynes agissait par la séduction contre les rebelles. 11 gagna amsi plusieurs des principaux,. Matignon, Beauvais, Montgommery, en les comblant d'honneurs et de pensions. Condé voulait agir et.non temporiser; une rencontre eut Combat lieu au Pont-de-Cé entre ses troupes et celles de la r^ne, ^de^cé.^ qui.prirent la fuite au premier choe« La paix fut conclue concine. par les ministres du roi et par Richelieu; le rapprochen)enl de Médicis et de son fils^parut être, eette fois, cordial et sincère : elle revint à Paris, et le cbEq^eau de cardinni fut promis à Richelieu, pour prix de ses services » on de sa
LiTHs ni. atfA»iiii8 II. S67
donblè trahison. Un grand nombre de olutfs snbalteniesavatent payé leur rébellion de leur tôte. Le roi condoiflit sen armée dans le Béarn, qui! rénnit à la cooronne; il J^^^ rétablit dans cette province, par un édit solennel, le colta* j^^ catholique aboli par Jeanne d'Alhret , et fit rendre an '**^ clergé tons ses biens; enfin il donna m\ parlement à Paxi, av€c les mêmes at^bntfons que les antres coars sonve*-* * raines du royaume. Louis XHI revint rasuite à Paris, où il Alt reçu en triomphateur.
Toute l'Europe commençait à être ébranlée par la fe- ^iT meuse guerre de Trente ans entre les catholiques et les pro* Traite testants d'Allemagne. Uindoient empereur Rodolphe avait; *•*•• été en partie dépouillé de ses États par rambitienx Blà^ thias, son frère, qui hérita de la dignité impériale. Mth thias était mort san» enfants en 1619. Il avait, de son vi* vant, fy^n élire roi de Bohême Ferdinand de Styrie, aoar cousin germain, petit-^ls de Ferdinand T"*, frère de Gharles-Qnint. Geprinee, élève des jésuites et couronné par les Espagnols , veut retirer aux Bohémiens la liberté de conscience ; ils s'irritent, portent plainte au conseil de Prague , et Jettent par les fenêtres quatre ofQciers du gou^ vernement, dans les fossés du château. lia lèvent anssIMt des troupes, et refusent de reconnaître Ferdinand II po«r SQccesseur de Mathias; ils offrent la couronne impériale à Frédéric V, électeur palatin , gendre du roi d^Angletenre^ ^ neveu du stathouder de Hollande. Henri IV, s'il eàt vécu , eAt saisi avec empressement une occasion si heUè d'abaisser la maison d'^Antriche^maisle père de réleeteui! palatin avait activement secouru les calvinistes en France, etresprittootcatholiqueetespagnolquidirigeait Louis XIII et sa cour lui fit longtemps abandonner la cause des pro^ testants en Allemagne, et négliger le rôle d'arbitre de TEu*
508 «BOIftlBllB ÉPOQUE.
rope. Le roi sentit cepeadant qa*il derait disputer aux Espagnols et à la maison d'Autriche la possession de la Valteline, vallée des Alpes dépendante des Grisons, et qui ouvrait une communication facile entre l'Allemagne et l'Italie.
Les réformés du royaume s'inquiétaient de plus en plus * de la tendance catholique du gouvernement. Dans une assemblée tenue par eux à Loudun en 1619^ ils avaient pris fait et cause pour leurs frères mraacés en Béam. Leurs remontrances furent vaines; et deux ans plus tard, dans l'assemblée générale de la Rochelle , ils partagèreot leurs sept cents églises en huit cercles , et rédigèrent une espèce de constitution en quarante-sept articles, où furent r^lées, sous f autorité du roi, la levée des deniers et la discipline des troupes : c'était créer un gouvernement par- Gwrre ticulicr daus l'État. Louis XIII marcha contre eux , soui^hnilLr- mit la Saintonge et le Poitou. La Rochelle fut investie; et Mti. Montauban , défendu par le marquis de la Force, soutint un siège qui coûta inutilement la vie à huit mille catholiques et au duc de Mayenne, fils du célèbre chef de la Ligne. Il n'y eut qu'un cri en France conti*e le duc de Luynes, à qui on Imputait ce revers. Le favori s'était encore élevé pendant cette expédition : il avait Joint à ses nombreuses charges celles de connétable et de garde des sceaux. Il savait qu'auprès du roi il fallait être tout pour le dominer ; mais il ne Jouit pas longtemps de ces dernières dignités : une fièvre ardente l'emporta en quatre Jours. L^iguières , chef de Tarmée royale, quoique protestant, se convertit et fut fait connétable: sa conversion devint le ^ignal d'une grande défection dans le parti calviniste. Le marquis de la Force et ie comte de Châtillon , petit-fils deCoiigni, rendirent, Tun Montauban, l'autre Aigues-
LIVRB III. €HAPITRB II. 509
Mortes, moyennant unp forte gratification et le bâton de maréchal : Rohan demeura incorruptible, et désira ia paix. Elle fut signée à MontpelliCT, malgré Gondé, par jg'jjlînt. Je conseil de Médicis, jalouse de ce prince, dont le P^JJJf' crédit diminuait durant le calme, et grandissait parla guerre. L'édit de Nantes fut confirmé : le roi permit aux protestants de s'assembler pour les intérêts de leur cuite. Il leur interdit toute réunion politique. Richelieu obtint, après cette paix , la barrette de cardinal ; et le marquis de la Vieuville lui ouvrit les portes du conseil. La Vieu- g^heucî ville héritait d'une partie de la faveur dont avait Joui ^^^ le duc de Luynes : il remplissait les fonctions de pre- *•"' mier ministre sans en avoir le titre ^ et msântenait son crédit en flattant les goûts du roi, en nourrissant ses préventions contre sa mère , et sa jalousie contre Gaston son frère. Il se rendit coupable, envers ce prince, d'un grand crime dont le roi fut complice, en privant Gaston .d'un excellent gouverneur, qu'il destitua, et remplaça par te comte de Lude, homme de plaisir, uniquement apte à corrompre l'esprit et le cœur de son élève. Cette action infâme tie devait profiter ni au roi ni au ministre. Celui-ci se repentit bientôt d'avoir ouvert le conseil à Richelieu, (pu s'empara de l'esprit du jeune monarque, en lui montrant les vices de son gouvernement, les immenses ressources de la France, et le secret de ses forces. La Vieuville fut disgracié, et renfermé au château d'Âmboise. Richelieu devint tou^puissant ; il posséda le grand art de se rendre indispensable au prince, dont il n'était point aimé. Louis XIII haïssait tout esprit de liberté dans ses sujets, il n'admettait point qu'ils eussent des droits indépendants de sa volonté ; il avait, en un mot, la^assion du pouvoir arbitraire, tandis que la nature ne l'avait rendu
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capable que d'obéir : il tioa^a âans RiehelMQ la^foree qui j loi HiMiiqQait, il ae crut avec son teeours mmiarque absolu, et Alt toute aa Yie eoQ premier eaelave.