I.IVE8 lU. OàâiBITAB III
Inetypable de âemeiirer dans le royaume aansiatriguer et saas gouveraer, Médieis fit la faute de se retirer dans ^^^^^^ton la FIsmdre espagnole » dont RicfaeUeu lui avait ouvert le v^^^^^ cheHÛD, et où elle demanda un refuge, à la grande satls- ^In'T' faction du ministre. Gaston, avec de la tête et du cœur* aurait puébranler, eo faveur de sa mère exilée, l'ËafAgne, la Savoie y Borne et l'Empire ; mais il ne savait que compromettre ses amis , et les abandonner dims le périL II ne se signala en Lorraine que par sa galanterie frivoLei, et épousa secrètement la princesse Marguerite, sœurdo4ac Charles lY. Le roi troubla ses noces avant de les oonnattre; il fcmdit Inopinément sur la Lorsaine, ^ligea le cUic à lui sacrifier une partie de ses États, â teeevcâr garnison française dans ses meilleures plaises , ^ à éloigner Mon" sieur^ qui se retina à Bruxelles, castre des suécontents «t âes exilés de la cour de France.
Libre alors d'écouter sa colère et de satisfaire sa ve»geaoce, Blchelien n'uaa plus de ménagements.^ malade rigueurs. Tous ceux quiJbalancèrententPe Médieis et W lurent «ootraiiits de quitter la cour etiteujiSHebarges^.etile pr4M2ès du maréebalde Marillac fubipstruità Yèithm piur juMment ;une commission qui, trof lente à pmak, fut dissDule'etiSiorS^ rem^aeée par une autre bostile au maréchal , et présidée «n?* {Mir le garde des soeaux Châteanneuf , son ennemi persour seL Cbâteauneuf était sousHdiacre, et, comme tel, inhabile à si^er en qualité de Juge; il obtint une dispense de Borne. Marillae Ait transporté à Auel dans la maison même du cardinal, où il fut jugé et condamné à mi»t comme coupable de péculat, deicomsussion» etde tyrannie dans rexerdoe de son pouvoir* Scm crime rétl était dia^ voir essayé de perdre Bicbelleu, son bienfaiteur, en ûôsasl; échouer la dernière gueme du Piémont : il luttéécapité.;
524 TROISIMB ÉPOQUE.
son frère, Tex-garde des sceaux, moanit en prison. Be nombreuses proscriptions sigoalèreQt encore la vengeance du ministre: le comte de Moret, le marquis de la Yîea- Tille, les dues d'Elbenf et de Bellegarde forent condamné à perdre leors biens et leur tète, pour avoir rejoint le dac d'Orléans et Médicis en pays étranger ; les biens de ia reine mère furent également saisis , et on eu fit Tinventaire comme si elle était morte.
RéTotte Les réfugiés ne renoncèrent point à l'espoir d'exciter u^iteu des révoltes en France. Gaston leva dans le pays de Trêves ''^l!^ one armée de déserteurs et de bandits: le duc de 'Montmorency, brave et loyal guerrier, beau-frère de Coudé, se laissa séduire par le prince ; et , soit qu'il crût de son devoir de délivrer la France de Richelieu , soit qu'il voulût , en se rendant redoutable, vendre sa soumission au prix de répée de connétable, il tenta de soulever en faveur de Gaston le Languedoc, dont il était gouverneur : mais Biéhelieu prévint ses ennemis. Les maréchaux de ia Force et de Schomberg entrèrent en Languedoc, à la lète de deux armées royales, au moment où Gaston opérait sa jonction avee Montmorency. Les deux partis furent en présence ^GMiMtt près de Castelnaudary. Montmorency, fort inférieur en forces, engagea l'action en se précipitant sur Tarmée royale avee une faible troupe : il fut enveloppé , pris et emmené captif à la vue de Gaston , qui ne tenta aucun effort pour le délivrer, et dont l'armée se débanda aussitôt tout entière. Ceux des amis et des partisans du prince que l'on saisit les armes à la main furent traités sans pitié : on ménagea ceux qui restèrent près de lui, et entre autres Puy- Laurens. Richelieu voyait toujours en Gaston Théritier présomptif de la couronne; il lui permit de se retirer à Tours, où ce prince arriva, flétri par sa lâcheté plus que
LiYMB m. CKAPrrRB III. 525
par sa rébellion. Montmorency Ait traduit deyant le
parlement de Toulouse, condamné à mort et exécuté : il snpDiice mourut en chrétien repentant et résigné ; une foule d'au- morency. très portèrent leur tête sur Féchafaod , et Gaston, effirayé des rigueurs du cardinal, quitta de nouveau la France.
Richelieu fut à cette époque atteint d'une maladie grave. Ses nombreux ennemis en montrèrent une joie imprudente : la duchesse de Ghevreuse , souvent rebelle , mais . pour qui Richelieu avait un faible ridicule, partagea Fattente et la satisfaction générales. Le ministre se rétablit, et se montra implacable. La duchesse prit la fuite ; le garde des sceaux Châteauneuf fut enfermé au château d'Angou* léme , et y resta jusqu'à la mort de Richelieu ; le commandeur de Jars^ suspect d'avoir plu à la duchesse , fut livré à une commission inique , présidée par le féroce sieur de la Feymas , surnommé le bourreau du cardinal : après avoir subi quatre-vingt-huit interrogatoires sans rien avouer, le commandeur fut condamné, quoique innocent, et n'obtint sa grâce que sur i'échafaud.
Le roi , instruit du second mariage de son frère » le fit annufer par le parlement et par une assemblée du clergé de France, comme ayant été contracté sans son aveu. La cour de Rome avait décidé que le mariage était valide , et continua de le reconnaître pour tel. Louis XIII ne tint compte de sa décision; il envahit la Lorraine, et voulut contraindre le duc à remettre entre ses mains sa sœur Marguerite : celle-ci s'évada, et rejoignit son époux à Bruxelles, où Marie de Médicis raccueillit comme sa fille. Louis XIII assiégea Nanei ; le duc Charles IV, hors d'état conquête de résister, abdiqua en faveur du cardinal Nicolas-Fran- Lomine. cois, son frère ; celui-ci se hâta, sans consulter Rome, de déposer le chapeau et de se marier ; faîentAt après il se
528 TKoisxmar BBOQII& ■
sMiwIiiit^éme a'^ee sa femme ^abndoDi»iit«e8 Élat»à IftFnoiee*
La reine mèrey du lieu de son exll^traimiit encore des ooicpIiDts; et deux de ses domesliques furent mis* à mort, accusés par ie cardinal d^avoir vottlu attenter à ses jours. Slle t^oignau» vif désir de rentrer ea France, fiicbelieu mit son retour an prix de i'al)«Ddon: de ses favoris; mais Médicls refusa de les livrer à sa vengeance. Gaston , se» fils, fét alors détadié d'elle ; il quitta sa mère aussi facilement qu'tt avait abandonné tous ses amis , et vint à la cour, où Richelieu , au milieu de fêtes brillantes , cherdia, mais en vain^ à obtenir son aveu, pour Tannialation de son mariage. Monsieur, pour la j^enûèfe fois, montra de la fermeté dans cette drconstanee , tt se retira à Blois avec Poy-Laurens> son favori : celui-ci fut comblé de gr&ees et d'honneurs par Richelieu ; il obtint «l mariage une parente du cardinal avec une dot magnifique, et fut fait duc et pair, dane l'espoir qu'il engagerait le prince à céder aux vœux du roi ; mais Pny-Laurens ne servant point Riclieliett à son gré, celui-ci sut Tattiner à Para, le fit saisir et Jeter à la Bastille, où il momiit. *
Victoires I^ guerre de Trente «ts continuait à désoler l'Aile- ^ éù^ magne. Le grand Gustave, soutenu par les subsides de Adô^hi. Richelieu, avait fait changer la fortuue. Vainqueur à Leipaig en I63t, et depuis au passage duLedL, où Tilly perdit la vie, il était près de camper devant Vienne, quand l'empereur Ferdinand rappela l'illustre W^tein , qu'il avait di^radé* Les deux rivaux, de gieîre se ren* contrèrent à* Luteenen 1632 :<xustave fiit vainqueur, mais il mourut sur le chanq^ de batailiie, et la fortune abandonna de nonveau^son parti*. Walatdn battit les Suédois) et ne put poursuivre ses suooèsi; ii périt à Égra,
LIVBS IITé CHAeRTAC III. 527
aasttBsiné par oeiix qui «vaieBtTeBa de l^eniferevr l'ordre de Tar rèter : ce fut Tarehidue' Ferdinand, fils atné de Fempereur, qui remporta, en 1634, la victoire décisive de Nojrditngue sur l'armée suédoise, commendée parlefaiiieax BerDard, doc de Saxc*-Weimar. Gette victoire fat^ suivie ée la paix dePcague, par laquelle Péleeteiir deSaxe abandonna les protestants. Richelien les prit sens sa pro* ^«Sm^ tectioD ; 06 fut la qvatriëne etdemièra époque de la guerre iMtoon de Trente ans. La France exëeotait ainsi les projets de ^^d^e. Henri lY, en attaquant à la fois les denx branches de la maison dIAntricfae; la guerre dura trdze ans contre Tune, et viBgt^eînq contre l'antre.
Hieboiieu .prépare le succès, de ses plans militaires par Di>pott. les pluA grands efforts : il conclut avec la Hollande et la mmSKes
de Rk;b»-
Snède une alliance offensive et défensive, et il s'assnre ^*^ ainsi le concours de l'armée dn prince d*Oratjge dans les Bays-Bas, et de celle qfse- commandait snr le Rhin le duc Bemard.de Saxe^Weimar. Rich^îen signe en même temps de nonireaux traités avec la Suisse et les ducs de Savoie et de Parme. Son plan de guerre embrasse à la fois la* Flandre) le Rbin , la Yalteline^ ritalle, et il forme quatre armées destinées à agir^imultanément sur toutes ces frontières : Les forces militaires du royaume sont ainsi portées tout à coup à un chiffre très-supérieur à celui qu'elles ftvaieatitatteint jusqu'alors. Richelieu , qui se croyait aussi graoâ^. capitaine que grand homme d'État , prétendait di- ^ rjger du. fond de son cabiaet tontes les opérations de la guerre : à ses yeuK> la- première qualité des généraux jn^îl ehoisit devait être l'obéissance ; et il partagea le sommandement de diaqne armée, afin que les chefs se wrvesllaMent mutneHement, etqu*aucun d'eux ne se crût ifl6es>puiasBiiik' pour agît par IntHnème. R entravait ainsi
528 TROISIBMB BH)QUB.
d'avance les aiouTements des années, et leur prépara dans Tavenir, de sanglants revers: il débuta par sueeès.
cam. L'armée du Mord , sous les maréchaux de Ghâtillon
^HTw!'^ de Brézé, devait joindre dans le Luxembourg celle è
États généraux de Hollande, pour chasser les Espagne
tioM 7«i ^® ** Belgique : ceux-ci étaient commandés par le prin
Bdgiqîie" Thomas de Savoie, qui avait pris parti pour la raaia
d'Autriche, tandis que le duc Victor-Amédée, son frèi
^ était entraîné, malgré lui, à servir la France. Le prioi
se porta hardiment, avec quinze mille hommes, entre I
deux divisions de l'armée du Nord, afin de les écras(
séparément ; sa témérité fut punie : elles l'accablèrent à
fois dans la plaine à^AvainCy lui enlevèrent cinquanl
drapeaux, et opérèrent leur jonction devant MaéstricI
avec les Hollandais, commandés par le prince d'Orangi
L'armée réunie présentait cinquante mille combattants, i
aurait pu opérer de grandes choses; mais elle se port
au^plus affreux excès; le sac de Tîrlemont soulevai!
Belges indécis jusqu'alors ; ils coururent aux armes, (
donnèrent ainsi le temps à l'armée impériale de Piccoli
mini d'arriver. Cette armée fit lever le siège de Louvai
aux Français, et les contraignit à Tinaction jusqu'à lali
de la campagne.
£nAiie- L'armée française d'Allemagne, divisée en plusieui
mo»p«- 'corps, sous le maréchal de la Force et le duc de Sax(
Weimar, avait en tète, d*une part, le duc de Lorraloi
qui fut battu par la Force à Montbeillard; d'autre part
le célèbre Gallas , qui bloquait dans Mayence une part
de l'armée de Bernard , et tenait en échec ce grand géoi
. rai lui-même [à Sarrebruck. Richelieu confia une non
velle armée de quinze mille hommes au cardinal de I
Litrmx m. csAvrrmx m. 529
galette, qui remit à Joindre Bernard et à le dégager.
^ayence fat débloquée; Bernard passa le Bhin, et pré-
"senta la bataUle à Gallas; mais il ne pat le contraindre à
.l'accepter. La disette et les maladies fondirent sar son ar-
^pée; elle fit une retraite désastreuse, et rentra dans Metz
rréduite de moitié. Le doc de Lorraine recouvra une par-
' le de son duché, dont il fdt bientôt après expulsé par une
; roisième armées commandée par Louis XIII en personne.
>e roi ne tenta aucune grande opération sur le Bhin , il
j ne franchit point le fleuTC, et les dâ>ris des trois armées
dirigées sur cette frontière couvrirent la Champagne et la
Lorraine» menacées par les Impériaux y sous Gallas et Jean
ie Werth.
Lltalie était le troisième théâtre des opérations strate- ff^a glques de Richelieu. Les princes alliés de la France, les ^•**«**"*' Socs de Savoie, de Parme et de Mantoue, devaient conguérir le Milanais; et le maréchal deCréquI, avec 15,000 '^Kunmes , pvait Tordre de les seconder. De fréquentes ^tercations entre le duc de Savoie et le maréchal paralysèrent tous les mouvements de l*armée, qui , après s'être jK)rtée en avant, échoua à i*attaque de Frasearolo, et fut contrainte à lever le siège de Valanza. Gréqui se replia sur la France, aliandonnant les princes alliés , dont les États furent aussitôt envahis. Les armes françaises ne furent heureuses que dans la Valtellne, où commandait le duc de Bohan, qui s'était fait une grande réputation militaire dans les guerres civiles , et qui parvint à couper toute communication entre les corps impériaux de la Lombardie et de rAutriche ; il tint tète avec cinq mille hommes, dans un pays insurgé, aux généraux Serbelloni et Femamont , qui l'attaquaient avec desiorces supérieures : vainqueur à Morbéguo , Bohan repoussa Femamont dans le
530 TRAMMIIK ÉPOtHS»
Ty roi , pttlB il chaMt SeAeHotii et les lef^n^^ ^^ }^ ^>^1teHioe, après le glorieux oonfaat da V«lâe Prade. Sar oe poiot senleneDt, lacaropegiie de i68ô ùA h^porabie pour la France ; le coimnaiMkmeiift nY ft^ftît point été divisé, et rinteUlgeoee qui ccMsiçot y faitoojonrs mile à la voloiicé qal exécuta.
cam- Richelieu coHiflWDça te eampegne savante avec autant pagne^de ^>3,.2q^ ^^ i^ précédente , et il essuya de grands revers. Il espérait qcMiqttérir la Frandue^Gomté, province espagnole sur laquelle il avait dirigé ses meilleures troupe^ ious le prince de Coudé ; mais cette armée fat promptemeat rappelée pour arrêter les Impériaux , qui avaient envahi la France. Le cardinal-infant, Piecolomini et Jean de Wifrlii étaient entrés en Picardie et en Champagne avec quarante
.ftm» mille hommes : le comte de Soissons, enoenii de RicheiurmèS licM., couvraitseul ce» provinces avec un faible corps : phh
iiDpéiaies.
sieurs villes avaient succombé; Corhie enfin, dernière place forte sur c^te frontière, était prise, tandis qu'une seconde armée impériale^ sous GaUas et le roi de Hongrie, pénéti'ait en Bourgogne. La terienr r^poe dans Paris , où les murmures éclatent contre le cardinal. Ses ennemis se rouissent des rêvera qui préparent sa disgrâce, tandis que lui-même, rassuré par le fameux capucin Joseph du Tremblay, son agent le plus intkne, affecte de se promener sans gardes dans la ville , fiatte le peuple, et vante ses ressources. Une nombreuse noblesse accourt miprès du roi, et grossit l'armée.
NooTeinx • L^ P^îl de la France fiil le prétexte de nouveaux comcompiots. ^^^ ooBitre le cardinal. Gastcm d'Orléans et le comte de SoissoBS s'unissent pour k perdre. Deux gentilshommes du comte, Saint-Pol et Montrésor, de concert avec les deux princes, se déterminent à l'assassina* ; Gaston devait don-
LivHS Ht* ctfAMms m. 531
ner le signal ; niHis le eœQf lui MIH ati noméAC êë Y0sé^ mition. Le complot avorta, ec le eomte de Scdttotitf dier« cha BU reftige da&s la citadelle de Sedan auprts du dac de Bouillon. H avait mis son espérance dane lesarnéee ennemies qu'il devait combattre ; eelk»d ne profitèrent point de leors avantages : chargées de botln , elles s*atM» btirent par l'indîseipline et la désertion , elles évacnèrent la France : Farmée royale asdégea et reprit Corbie. Aucim avantage important ne fat obtenu durant cette campagne^ soit dans la YalteKne, soit dans le Piémont. Le dac de Savoie et le maréchal de Créqni gagnèrent une sanglante bataille près du lac Majenr, à Taroavento, sur le marquis de L^anez, gouvemeor espagnol du Milanais ; mais cette victoire n'eut point de résultat.
L'empereur Ferdinand II mourut Pannée suivante ; son Mort de fils lui succéda sous le nom de Ferdinand III , et obl^a n|nd A le duc de Rohan à évacuer la Yalteline, malgré les ordres ^^^ formels de Bichelfeu. Rohan remit à Guébrlant le com- ''*^* mandement de ses forces , et servit en volontaire sous le doc de Saxe-Weimar. Victor-Amédée, allié peu sincère de la France , succomba la même année, laissant le trftae à un fils en bas âge, et la régence à sa veuve Christine^ sœur de Louis XIII.
Anne d'Autriche, pendant le cours de cette guerre > aTBit été accusée de complicité avec sa famille ; néanmoins une réconciliation momentanée eut lieu alors entre elle et Louis XIII. On en fit honneur à mademoiselle delaFayette, aimée du monarque. On dit qu'ayant cherché m cou* y^it de la Visitation un asile contre ses poursuites » elle combattit les préventions dont la reine était l'objet, et ré^ tablit quelque temps la bonne inteliigence entre les deux époQx. La natasance de Louis XIV fût le frutC de ce rap*
532 TEOIftIBXB iPOQUB.
Mnoce prodieflaent : Anne d'Avtrfeiie le mit aa monde le s sep- ]^ tembffe lese, après TingMeu ans de stérilité. ^ La guerre contlDiiait, et ne fût heareuse que sur le
'STek^ Khin» où Weimar, après avoir été battu à Rheinfeld , '^ surprit les Autriehieus dans l'ivresse du triomphe , remporta sur eux une victoire complète, et fitprisonniars leurs quatre généraux. Les opérations sur la frontière d'Espagne étaient dirigées par le cardinal Sourdis, archevêque de Bordeaux» et par le prince de Condé : ils furent forcés dans leurs lignes par l*amiral de Gastille» et obligés de lever honteusement le siège de Fontarabie. Ils reprochèrent, mais à tort , au duc de la Valette, campé à peu de distance, de ne les avoir pas secourus, et attirèrent ainsi. Tannée suivante, une accusation capitale sur sa tète.
L'illustre général Bernard , duc de Saxe-Weimar» avait peu survécu à sa victoire de Rheinfeld; il mourut du typhus en 1039 : la France acheta ses conquêtes d'Allemagne et son armée, dont le commandement fut donné au duc de Longueville, qui, de concert avec le comte de Guébriant, franchit le Rhin, et tint la campagne, durant deux années » au delà du fleuve , sans succès décisifs, mais opéra j aussi sans revers. Tout l'effort de Richelieu se portait alors
StoSefeo sur la Flandre, où il dirigea trois armées sous les ordres * de la Mdlleraye, de ChAtillon et de Feuquières. Le roi voulut assister aux opérations en personne; mais les événements ne répondirent point à ses espérances. L'armée de Feuquières fut détruite par Piccolomini à ThiouTilie; Ghàtillon, privé du concours de son collègue, n'obtint que des succès sans importance : la Meilleraye borna les siens à la prise d'Hesdin, qu'il emporta sous les yeux du roi; il reçut le bâton de maréchal sur la brèche. Ainsi se termina, dans le Nord, la campagne de 1039. Elle fiit
LivRB m. GHAvmx III. 333
pins brillante en Piémont : cette contrée était, à cette époque , un foyer d'intrignes. Le cardinal Maurice, et Thomas, prince de Carignan , frère du feu duc, disputaient la régence à sa veuve Christine, tandis que le P. Monod, jésuite, confesseur de cette princesse, l'excitait contre Richelieu. Le cardinal fit enlever œ jésuite, et le retint prisonnier jusqu'à sa mort. Cependant les beaux-fi-ères de Christine faisaient soutenir leurs prétentions par le roi d'Espagne , et promettaient à ce prince de lui livrer les places fortes du Piémont. La régente implora les secours succès da du roi de France, son frère: Richelieu confia une armée „ feia
' ' Valette et
au cardinal de la Valette , et celui-ci , sous prétexte de ** JS?- *^ protéger le fils de Victor- Amédée, envahit la moitié de ses némont États, puis expira d'une fièvre contagieuse. Richelieu lui donna un habile successeur; ce fut Henri de Lorraine , comte d'Harcourt, qui ravitailla Casai ^ assiégé par les Espagnols, et opéra ensuite une belle et difficile retraite de Chiari à Carignan , en présence des armées très-supérieures du prince Thomas et de Léganez, qu'il vainquit au combat glorieux de la Roiia.
Les principales puissances belligérantes, la France, rSmpire, l'Espagne, malgré quelques succèi partiels^ ne recueillaient aucun firuit de cette guerre désastreuse , à laquelle s'acharnaient les ministres dirigeants de Philippe IV et de Louis XIII, Olivarez et Richelieu. La France était épuisée» et Richelieu avait eu recours aux plus honteux expédients pour se procurer les subsides nécessaires : il saisit les rentes sur l'hôtel de ville » jeta les rentiers qui osaient se plaindre à la Bastille , et défendit aux parlements de les protéger; il affaiblit enfin la considération dont jouissait la magistrature en vendant un grand nombre de nouvelles charges judiciaires : les revers
534 TMùmmm bvoqvx,
mkûM des «rmées aenbUest reAsuUer robrtinatioii du «ffdinal, et rattaeher davmijkage à la goerre. Il avait perdu» en lesa, son agent le plus intime^ le P. Jos^h, eapacla, qui savait mieux que tout autre Tart de perraader les rois et de pénârer leurs seerets. • J'ai perdu moa « bras droit y ^ dit Biehelieu en apprenant sa mort On accusait ee &nieax c^qpeift d'irriter l'humeur sanguinaire du eardinai ; mais celum n'avait pas besoin de conseils à p„^^j^ ^ «et égard; il le prouva de nouveau en ordonnant de pour- SïSïïa ^^'^ *® ^^^ *® ** Valette , frère du cardinal de ce nom , "^Ttfett^ ^ ^^^ ^*uoo ^^^ naturdle du roi. La Valette osait le railler et critiquer ses actes. KieheUeu l'accusa de trahison M siège de Fontarabie. JU)iiis XIU, son beau-fràe, nomma pour le Juger une commisaon de duos et pairs, de conseillers d'État et de magistrats, et voulut présider luimême au jugement. Plusieurs des commissaires désignés, et ente autres les présidents le Jai , Novion et Bellièvre , démontrèrent l'illégalité de ce trtf)unal : « Vous fiâtes les « difiiciles et les tuteurs des rois , leur dit Louis XIU ir- « rite ; je suis le maître , et je puis fttre juger les ducs et « pairs de mon royaume par qui bon me semble. » Aucun des ducs et pat» ne réoliuna. La Valette , réfugié en Angleterre et jugé par contumace» lut condamné à mort, d'après le manifeste du roi : on l'esée^ en ef^ie. ûon d(?to '^^ grands évàiemants auxquels la politique de BiioÎm". ^^^^^ »'^* P®»»^ ^ Pfi^t » marquèrent l'an IMO , et ftittS^'dï »^* *«» immense avantage pour la France. Les peuples ^^^' de la monarchie espagnole étaient accablés par le despotisme du premier ministre Olivarea. La Catalogne s'insurgsa, et se doana tout entière i la Franee, tandis que, vers la même époque, une auM révolution éclatait à Lisbonne , où le jong de l'Espagne fut également brisé : les
L1TAX. UI. <ai49RU III. 535
Portugais ânreiit peur ték 4e due Jean de Braganee , des* oeBdant de leurs smcieiis oiooarqaes* Accablée de ces pertes énomies, la eoûr d'Espagne soQtfntmoileeaent la gnerre coDtre la France.
fiuébriant^ «pii avail saoeédé an doc de LongoevIHe * camà la tête de l'armée d'Allemagne , se maîntenaft avec bon- ^^wnenr dans cette ooiiltrée; mais les deux princîpaax foyers des opérations militaires étaient alors l'Artois et le Ré-
. Une armée nombreuse fat réunie en Picardie » sous soec«s les trois marédiaux de la MeiUeraye, de Châtillon et de ^"m en
Piémont.
Cbaulnes : elle entra en Artois, et investit Arras, dont Louis Xin et Ricbdieu vinrent presser le siège. Là se lit «ounattre par un beau trait nilustre Fabert, officier de Beaatrait frrUme, qui s'éleva par son seul mérite à la dignité de ma«> Fabert. jrécbal de France. Riebelien lui demandait s'il connaissait quelqu'un qui oserait » pour cent mille écus, pénétra dans la place assiégée et la reconnattre : « J'irai pour Tbonneur, » réiN»Bdit Fabert; et il tint parole. En vain le cardinal-infint toata de forcer les lignes françaises et de faire lever le siège : Arras capitula. Un jeune béros, le ducd'Eogbien , qjÊÏ devint le grand Gondé^ fit ses premIèreB armes dans «ette campagne, sous les ordres dn marécbal de la MeiUeraye.
La campagne du Piémont fiit plus glorieuse encore pour Ms ttrmea. Le comte d'Harcourt, avec dix mille hommes contre vingt mille , fisrça le marquis de Léganez à lever le siège de Casai : il se porta ensuite, par «ne marefee audacieqse et ra{Hde, sar Turin, que défendait le prince Thomai^ et il investit cette place. Léganez voulut la dégager; l'armée française assiégeante se vit as^égée à son tour dans ses lignes par une année très-supérieure en nombre, et vivement pressée entre celle-ci et la garnison. D'H ar-
536 TftOISIBU BPOQUS.
oooit, 1^ la rapidité de ses maiiœoTres , trompa les deux généraux ennemis; il les battit tour à tour, et força le prince Thomas à capitnier. Il avait été dlgnem^t secondé par le frère pniné da dnc de Bouillon , le vicomte de Turenoe, qui devait être compté un jour parmi les plus grands capitaines de l'Europe.
Ainsi, pour la première fois depuis le début de cette gfferre sanglante, les Français avaient l'avantage sur toutes leurs frontières. Richelieu en profita pour porter le dernier coup à ses ennemis. Il fit fermer l'Angleterre et le Hollande à la mère du roi , pauvre et suppliante ; il accusa ihussement d'attentat contre sa personne le doc de Ym* dôme, frère naturel de Louis XIII, et le mit dans robllgatlon de fuir : puis il tourna toutes ses forces contre le comte de Soissons, toujours réfugié à Sedan auprès du duc de Bouillon y avec le duc de Guise, petit-fiJs du Balafré. Le comte était le plus redoutable des diefe mécontents : il fallait le gagner ou l'abattre. Richelieu , n'ayant pu lui faire épouser sa nièce favorite , la duchesse d'Aiguillon » résolut de le punir.
Le roi, par son conseil, marcha sur Sedan. Son armée,
mal disposée pour Richelieu, se débanda tout entièfe à la
bataille de la Marfée. Le chemin de Paris était ouvert au
de kl
Marfée. priûce vaioqueur; mais celui-ci, après le combat, fut tué au milieu de ses ofQders , d'un coup de pistolet au firent, sans qu'on sût jamais quelle main l'avait frappé. Ce coup assura la puissance du cardinal : les ducs de &uise, de la Valette et de Vendôme demeurèrent en exil : le vieux d'Épernon fut confiné au diâteau de Loches , dont il était gouverneur, et où II mourut à Tàge de quatrevingt-neuf ans : le clergé, la noblesse, les parlements, n'o-
LIT&S in. CHAPITHB IIX. 537
sèrent murmurer : la France et son roi étaient asservis à Richelieu.
L'inflexible cardinal se montrait également redoutable à toutes les classes de la nation, aux pauvres et aux faibles, aux riches et aux puissants. La guerre ruinait le peuple y et les taxes, dont la plus lourde part tombait sur les paysans, étaient devenues intolérables. L'impôt de la taille surtout se levait sur eux avec une effrayante ri-^ gueur. Ils étaient considérés dans leurs villages comme solidaires les uns des autres ; et souvent, lorsque des malheureux s'étaient épuisés pour acquitter leur quote-part, ils voyaient tout à coup saisir leurs récoltes, leurs meubles, et Jusqu'à leur personne, pour acquitter la taxe de voisins plus pauvres et insolvables. Plusieurs de ces infortunés, Jetés en prison pour ce motif odieux, furent protégés et mis en liberté par le parlement de Rouen, dont le conseil du roi cassa les arrêts. Les rigueurs redoublèrent; et poussèrent au désespoir beaucoup d'habitants de la basse Normandie, qui, désignés avec mépris sous le nom SU^£ de Va-nu'piedSy prirent enfin les armes^ et se retranché- '^^^ rent sur les coteaux d'Avranches. Bes troupes étrangères, ^tl^.^' sous le colonel Gassion, étouffèrent l'insurrection dans le sang des insurgés; après les soldats vinrent les Juges et les bourreaux. Richelieu choisit le chancelier Séguier pour venger l'autorité royale : le parlement de Normandie fut supprimé , la ville de Rouen fut frappée d'une contribution énorme : Séguier déclara que la province entière serait gouvernée par la volonté absolue du roi, sans limites et sans contrôle; il présida un tribunal de son choix , qui rendit une multitude d'arrêts de confiscation, d'exil et de mort.
Richelieu excitait le roi à enlever toute indépendance Abaiise»
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ment de et toot poiToif poUti^ve aux parienoeots : Louis Xin leur tratare.' oommauda d'enregistrer sur-le-champ ses édits sans exaflMn préalable» et leur pormit à peine quelques dbserva- IIODS sur les matières de finance : plusieurs maglstFats ayant réclanié contre un semblable despotisoie) leurs diarges furent supprimées, afin que le corps entiar de la magistrature comprit qu'il n'existait que par un effet de la puêssance et de la royale bonté du monarque»
C'est ainsi que Richelieu croyait servir la couronne , BOD-seolcment en compiimant les révoltes d'une main de fer, mais eneore en abattant tout ce qui, dans les anciennes institutions du royaume, faisait ol)stacle on contre«poids à la volonté du prince. Ses paroles sur sa propre politique font fhémir : « Je n'ose rien entreprendre , dit-il, sans y avoir bien pcmsé; mais, quand une fois J'ai pris «ne résolution, Je vais droit à mon Imt : Je renveiise tout^ Je fauche tout , et ensuite Je couvre tout de ma robe rouge.»
Cm» ^ France conserva dans la campagne de 1641 les avan- ImSm tages acquis dans la précédente en Artois et en Piémont. ^1^' Ouébrinnt se couvrit de gloire en Allemagne ; il parvint , ^cSé^^ après une marche longue et difficile, à Joindre à Zwickan, ^'aSc-^" sur la Mutda, l'illustre général suédois Bannier : celui-d, déjà grièvement malade , expira presque aussitôt après eette Jonction qui sauvait son armée. Cruébrîant battit Plccolomlni 4 Wolfenbuttel, et remporta, le 1 7 Janvier 1643, sur le général impérial Lamboi , la célèbre victoire de Kemptem.
çooguète Louîs XIII s'assuralt alors la possession de la Catalogne , qui s'était donnée à la France. Le Rousslllon dé- \ pendait de cette belle province; Richelieu avait résolu d'en chasser les Espagnols, et 11 y conduisit le roi à la tête
ooqiièti do Roufl
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d'une pnioantiBaniiée qai astiégoa Perpignan. Cette p laee ne rendit le 4 septembre 1642, et laTietoire de Lametbe - Hoaâaneoart sar Léganez, à Lérida, aeheva la conq nète éa Roassillon •
Durant, cette campagne, une denûère et sanglante ca* taetrophe porta an oomble rantorité de Bichelleu et la tKffreor de son nom. Le roi tenait ses favoris de ses maint : le cardinal les ehoisiasatt de manière à étro instruit par enx des volontés secrètes dn monarque, et les brisait ans* sitôt qu'ils cessaient de loi être utiles on manifesta ienjt le désir de grandir sans son appuL U avait placé auprès du roi le jeune Cinq-Mars , marquis d'Ëffiat, âgé de vingt et cqntpira. un ans. Celui-ci, nommé grand écuyer, fit de rapides anq-^ progrès dans les bonnes gréées du aonverain , et , ^éooiH imI' ▼rant son antipathie pour le cardinal, il conçut l'espoir de l6 renverser. Il se ligua dans ce bot avec la reine , avec fiaaton d'Orléans et le due de Bouillon , qui se flattait de ranplaoer Bicbelieu. Le cardinal, que le roi traitait depuis ^ quelque temps avec froideur» s'éloigne prudemment; il séjourne à Tarascon» et laisse l'imprudent Cinq-Mars et ses oomptioes s'engager avec les ennemis de l'État : il se rend maître enfin de la copie d'un traité d'allianee ayee l'Espagne, et renvoie à Louis. Quaq-M ars est aussitôt saisi, et wà arrête avec loi de Tlmu , fils du célèbre biatorien de es mm» son aoâ et son confident, mais non son complice. Le duc de BooiUon est fait prisonnier an mHien de son armée, etMormemr est investi en Auvergne. Le roi se fait alors porter A Tarascon, auprès du cardinal» aussi accaUé 4ne4ui par les maladies et les inârmités : Riebeliea éclate en reproches , Louis se ceofbnd en.e.xcuses ; puis il eH^int à ses si^ d'ebéirà son ministre commeà lai^nème . Le cardinal se rend, à Lyon par le Rhône» trAhiimt à laver
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morqne, dans un bateau attaché au sien , ses deux jeuoes prisonuiers. Une conunission instruisit ieur procès : le crime de Ginq-Mars n'était point prouvé; les lâches dépositions du duc d'Orléans le perdirent. Cinq-Mars fut con<- Bxéea- damné a mort et exécuté avec le Jeune de Thou, coupable cînq^* de n'avoir point dénoncé (son ;ami. Le duc de BouiUon de Thoiu perdit sa principauté , en échange de laquelle il détint son pardon ; Gaston d'Orléans eut la permission de vivre à Biois en simple particulier. Richelieu » satisfait et vengé , part pour Paris, et voyage &i triomphateur. Ses gardes le portent nn>téte sur leurs épaules dans une espèce de chambre meublée, et il l^t abattre sur son passage les portes des villes trop étroites pour le recevoir : c'est ainsi qu'il traverse la France depuis Lyon jusqu'à son palais, où il déploie un faste bien supérieur à celui du monarque. Mort d« ^^ "^^^^^ ^^^^ mourut alors dans rindigence à Cologne : ^édicto^ Richelieu la suivit de près au tombeau. On vit le rot sou- ^emi^. rire pendant l'agonie du cardinal, et lorsqu'il apprit sa ^^^ un, a Voilà 9 dit-il froidement , un grand politique de Mort de * ™^'^ * ^' ^^ ^^^ survécut que six mois. Peu de jours avant j^Jff d'expirer, il nomma Anne d'Autriche régente , et Gaston , ***** son frère, lieutenant général du royaume : il leur adjoignit un conseil de régence , sous la présidence de Condé. Le lendemain il fit baptiser le Dauphin , âgé de cinq ans; et l'ayant fait venir de la chapelle dans sa chambre , il lui demanda comment il se nommait, a Je me nomme Loiids XIV, répondit l'enfant — Pas encore, mon fils, pas encore, » dit le monarque exf^rant Ce mot seul annonçait un roi. Louis XIII témoigna des remords de l'assassinat du maréchal d'Ancre, et du traitement fisiit à la reine sa mère; il fit des grâces à ceux qu'il avait longtemps perse- Gutéi, et mourut au château neuf de Saint-Germain , âgé