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comprit, et elle Ait Tarrét de mort du père et duflls ; il les fit massacrer Tan et l'autre, ainsi qu'un antre flis de Ckirarîc , nommé Rignomer , réfugié on retenu dans la cité du Mans.
Après tous ces meurtres^ le roi barbare s*éer!a : « Malheureux que Je suis 1 Je n*ai plus de parents; tous se sont levés contre moi , et tous ont péri. N'existerait»!! pas en« eore quelque membre de ma famille pour me eonsoler dans mes vieux jours?... » Ces plaintes , disent les ehroni* quenrs, étaient un artifice employé par GIoyIs afin de s'assurer s*il ne restait plus de sa race aucun rejeton qu'il eût à craindre et à étouffer. Mais déjà ses vœux impitoyables étaient exaucés, le glaive |i 'avait plus de tète royale ànn^ssonner, et, de tons les descendants de Glodion et de Mérovée, Glovis demeurait désormais seul avec ses en-
Si les chroniqueurs ont dit vrai en attribuant les plaintes de Glovis à un calcul intéressé qu'ils ne condamnent pas, il est permis de croire aussi que le remords n'y fut pas entièrement étranger : l'Église se montra sans doute en o«ttt circonstance fort indulgente pour Glovis, à qui elle devait tout, et une partie du clergé applaudità l'extermination des princes de la race royale , encore attachés au paganisme '. Gependant, de si grands attentats firai^reat le peuple d'épouvante, et le cri public trouva un écho dans la conscience de quelques sahits prêtres et dans ceHe du coupable. Peu de temps après tes meurtres de Ragna- Caire et de'Gararic, Glovis vint à Toumay , où siégeait
. * Prosternehat eaim quotidie Deus hostes eju» sub manu ipsius et aqaebat regnum ejus, eô qiiod ambulabal recto corde coram eo et fBcent qn» placita erant in oculis ejus. (Greg. Tar., Hist.^ Ub. 2, c. 40.)
3i VRsaiiâax évoqtm*
Vévéqvtt sumi: ËteulMre, €t«e rendit; à l'églke pour prier ; l'évéqne ratteaâM sor le Mnil : «O r<^y dlt^l, je sais pourquoi Iq viens à nm. » Et comme Clivis protestait qixll n'avait rien à dire à Tévèque : « Ne paries pas ainsi, dit saint Éleutfa^; tu as péché et ta nVsoes l'ayoaer '. » A ees paroles, le monarque éam isoiilessa'ilti'il se seitait eoap^le, il versa des tarmes^^, et pria le pieux évéque d'impknrer du ciel ie pardôa de ses crimes.
Tout atteste, 4aDS llustoire de Glovis^ que ses aetes reli* gieuxiui forent inspirés aolant par Tardeui* d'une fei sincère que par Tii^rêt de sa politique , et il remplit d'auta&t n^nx m, mis«on de èhef et de représentant du parti cathqlique de la Graule, qu'il était plus sincèrement attaehé lui-même à TE^lise romaine. Il mêla constamment les travaux religieux aux expéditions guerrièffes* Dans les âer* Goncue uières années de sa vie, il vint à Oriéans, où il avaî£
d'Or- '
léans. convoqué en eoneile général tous les é vêqnes des preirioees sur lesquelles son aiutorifté s'étendait. Là se rendareot ea foule les évéqoes des provinces récemment conquiaes sur lesYisJgotbs; Tun d'eox, i'évêque de Bcordeaux, présida le concile. Unesitiine union y. fat Cimentée par des coucessions mutuelles entre ie clergé catiiolique et le roi de France. Ciovis y conôrma le don d'immenses domaines à rïiglise» qu'il établit ainsi sur le solide fondement de la IH»priéfeé fosieière; il râ^da le droit d'asile dans les Ueux sidnts; il reeonmct le privii^e des dicres de n'être jugés que par leurs supérieurs ecdésiai^qnes, eta£Qranehit leurs biens des poureoites du fisc £n ret«ir de si grandes concessions , le concile décida qu'aucun homme libre ne recevrait les ordres sacrés sans rautorîsation du
^ Peoeaslineem]det,doi&iBeTex/eMfiferi.tV1fa5(tifefl «p. Bol.)
lilYftB I, CHAPUAB U 35
rai,el mena t^dmt sam i'aveo d« mu maître. Il Umita le droit d'aaile, il ioCerdlt aux évéqaes d'exoonuniiiiier ceux qat plaideraleot eoalre eux ; rassemblée enfla floomit toates ses ééeinona à l'içprokatioa du inonar^e. «Noos avons répMiéu , dk«nC les évéqaes, aux questions sur lesqn^les ¥oas nous avez consnltés et aux articles qui nous ont été présentés par vots , afin qne , si votre jogement approuve ce qne nons avons décidé, les sentences portées par one asBemblée ai vénérable soîeot I6rtifiées dans l'avenir par l'assentiment d'an si grand roi '. » Le concile compléta ses travaux par des canons qui râlèrent FadminlstratlM et la rq^t^on des biens et des revenns de TÉglise; il fixa la part du clergé inférienr, des éeiries, des pauvres et des infirmes.
Après la elAtmre du concile d'Orléans, Giovis, de retour à Paris, s'occupa de propager le christianisme au nord de la Ganle» dans les tribus franqdes qu'il s^tait récemment aanj^tiesy et Ton a cru devoir assigner la môme époque à la rédaetimi latine qu'il fit &ire de la loi salique, eu ^irtàt des emOumes des Francs Saiiens , en les modifiant pour les mettre davantage en harm<mie avec la nouvelle sîtnattBn qu'il nvait faîteè son penpie dans les Gaules.
L'eBnvxé de GIsffis était accomplie, et dans le cours de Mort de
Clovis,
cette même année (611), il mourut, après avoir fait de «tnouvelles largesses au dergé et partaigé ses États entre ses qaatiefils, Thierry, Godomir, Ghildebert et Glothaire, qui f nresit «s» racomus rois.
Pour juger ce prince, il faut se reporter par la pensée à sm earépoque où il vécut ; il faut se dire qu'il y avait deux hom- '■***'•• mes en Glovis, le chef barbwre et le néophyte chrétien, et
* Concil. Aurel, Epist. ad Chlodovetim regem.
36 I^RBMIÈRS ÉPOQUE.
81 d'une part on est surpris de retrouver dans qmiques-uns de ses actes tant de vestiges de barbarie, on s'élonne d'autre part de ce qu'il a iàlt pour élever son peuple et lui-même à un culte et à une civilisation supérieure. Une grandeur imposante et terrible marqua ses exploits comme ses forfaits. Il Joignait à la vive intelligence qui conçoit la volonté forte et active qui exécute, et Dieu , qui lui donna de réunir les talents du guerrier à ceux du politique , mit sur lui de bonne heure le sceau des conquérants. Il fut l'instrument dont la Providence se servit pour amener au christianisme la puissante nation des FrancSi et pour opérer la fusion des peuples barbares avec les peuples civilisés du monde romain, fusion qui ne pouvait se faire qu'au moyen de la religion, et qui ne fut complète que lorsque le peuple conquérant eut adopté le culte du peuple conquis. Les populations de la Gaule étant soumises à TËglise romaine, Glovis, disciple de cette même Ëgltse, était, par cela même, plus en état de se les assujettir que les rois ariens des Bourguignons et des Visigoths, qui s'ea étaient séparés; il comprit sa situation et son rôle : ce fut surtout comme chef du parti religieux, comme défenseur du culte national , qu'il js'offrlt aux peuples indigènes et au clergé eatholique de la Gaule , et il raffermit Tautorité ébranlée de rÉgtise des rivages de la mer du Nord jusqu'aux Pyrénées, et des bords de TOcéan aux forêts de la Germanie. Bome, reconnaissante envers Glovis, lui décerna leglorieux surnom de Fils aine deVÉçlise, et il le transmit à tous ses successeurs.