LIVRE III. CHAPITBB'II
liea saisit d'une main ferme la direction des affaires. On garda le secret du conseil , dont les Espagnols savaient auparavant toutes les résolutions; les ambassadeurs eurent ordre de parler et d'agir avec hardiesse : celui de Rome indiquait au cardinal les détours qu'il fallait prendre dans 868 négociations avec cette cour. Richelieu répondit : a Le < roi ne veut plus être amusé; vous direz au pape qu'on a enverra une armée dans la Yalteline. i» Ge fut le premier pas de la nouvelle politique française.
La yalteline, vallée des Alpes tyroliennes, sert de pas- Affam sage entre rAllemagne et l'Italie. Les deux branches de i* vaiteiiDe. la maison d'Autriche en avaient compris l'importance stratégique pour la communication de leurs États du Nord et du Midi, le Tyrol et le Milanais. On avait donc soulevé les Yaltelios, peuple catholique, contre le canton protestant des Grisons dont ils dépendaient. Le comte de Fuentès, cet Espagnol , gouverneur de Milan , si longtemps acharné contre Henri IV et la France, avait construit des forts au débouché de ces vallées, et le pape, d'accord avec l'Espagne, y gardait au nom de la religion un corps d'armée pour les défendre. Sans intervenir encore ouvertement dans la lutte célèbre connue sous le nom de guerre de Trente ans, qui ébranlait déjà l'Allemagne, la France voyait avec ombrage les empiétements successifs de sa vieille ennemie, la maison d'Autriche. Le marquis de Gœavres, d'après l'ordre de Richelieu, arrive brusquement dans la Yalteline avec des troupes, repousse celles du pontife et s'empare rapidement des forts et de toutes les places. Le nonce du pape éclate en plaintes; il accuse le cardinal de l'appui qu'il prête aux Grisons protestants. « Vous devez être bien embarrassé , lui dit-il , de soute- • Dir au conseil de semblables résolutions. — Point du < tout, répondit le cardinal; quand J'ai été fait ministre, « le pape m'a donné un bref qui me permet de dire et « de ûdre en sûreté de conscience tout ce qui est utile à
18 TB018IÈHB ÉPOQUB.
<c rÉtat. — Mais , reprend le nonce , s'il s'agissait d'aider « les hérétiques? — Je pense, repartit Richelien, qae le a bref du pape s'étend Jusque-là. »
Les Espagnols se vengèrent en promettant leur appui aux calvinistes; ceux-ci se plaignirent de ce que les conditions de la paix de Montpellier étaient mal observées et de ce qu'on élevait de nouveaux forts autour de la Rochelle ; et cette fois ils furent les agresseurs. Soubise , avec TOCTre*' ^^® flotte, s'empara de l'île de Ré; Rohan souleva le *^ wnii?" Laiiguedoc. Richelieu envoie contre eux d'Épemon, Théhagimoto. Mines et Montmorency. Ce dernier disperse leur flotte ; 16M. Toiras emporte l'Ile de Ré , qui faisait la sûreté du port de la Rochelle , et le ministre accorde une nouvelle paix aux vaincus. La clameur publique lui reprocha de ne pas avoir dès lors anéanti le parti calviniste^ qui semblait écrasé ; on le désigna sous le nom de cardinal de la Rochelle ou de pontife des protestants, a II faut id , dit à cette occasion Richelieu , « que je scandalise encore une fois a le monde auparavant. » Il faisait allusion , par ces paroles au mariage qu'il fit conclure entre Madame (1), sœur du roi , et l'héritier protestant du trône d'Angleterre , si malheureusement célèbre sous le nom de Charles P^ Tntté La guerre de la Valteline fut terminée par le traité de de ^ncoa. jj^q^çq^ ^ ^^ Aragou, qui remit la Valteline sous la dépendancedes Grrisons. Richelieu se hâta de leconclure pour faire face à l'orage qui se formait contre lui à la cour et dans l'intérieur du royaume. Les deux reines, Marie de Ligue Médicis et Anne d'Autriche, étaient surtout Jalouses de ^?on?re SOU asceudaut sur l'esprit du roi et condamnaient sa po- 1616. ' litique hostile au pape et à l'Espagne; Gaston, frère du roi , haïssait Richelieu , qui lui refusait place et autorité
(1) On donnait en France le nom de Madame à la sœur ou à la belle-sœur du roi, comme on donnait celui de Monsieur à l'alné des frères.
LIVBB m. CHAPITBB II. t9
dans le conseil ; et les courtisans, à qai Bkheliea fermait le trésor public et l'oreille du roi , se répandaient contre lui en invectives et en outrages. Ce fut contre cette ligue redoutable qu'eut à lutter le cardinal. Il entrait dans sa politique de combler de grâces et d'honneurs les seigneurs de haute naissance et d'un mérite distingué; mais, ensuite, s'ils se montraient encore ses ennemis, ils ne trouvaient plus en Richelieu ni égards ni miséricorde. Les complices coiupiration de la conjuration célèbre sous le nom de son principal auteur, le jeune et imprudent Chalais, réprouvèrent bientôt. Épris de la duchesse de Chevreuse , ennemie du ministre, Chalais fut l'âme de ce complot, où entra le frère du roi , poussé par Omano, son gouverneur. Ce dernier avait cependant été comblé par Richelieu , qui , pour se ménager un appui près de l'héritier présomptif du trône, avait donné au colonel Ornano le bâton de maréchal. A Gaston et à Chalais se joignirent le duc de Vendôme , gouverneur de la Bretagne, le grand prieur de Vendôme, son frère, tous deux fils naturels de Henri IV, la reine Anne d'Autriche elle-même et une multitude de complices subalternes , au nombre desquels on peut compter l'abbé Scaglia, ambassadeur de Savoie, et un agent de l'Angleterre, créature du frivole duc de Buckingham. Ce duc, favori de Jacques V^ et de Charles, son fils, avait été envoyé en France pour épouser Henriette , sœur du roi , au nom de Charles P*^, qui venait de succéder à son père. H déploya dans son ambassade «ne magnificence inouïe et une galanterie audacieuse dont la reine elle-même devint l'objet. Richelieu , soupçonné d'une inclination pour cette princesse, vengea le roi ou lui-même par des procédés humiliants pour Buckingham , qui en conserva un profond ressentiment et entra dans la cabale soulevée contre lui. Le but de cette ligue était de renverser le ministre : on accusa ceux qui la formèrent d'avoir voulu déposer le roi , couronner Gaston , et lui faire épouser Anne d'Autriche.
20 TBOISlàMB BPOQUE.
Instruit de ce vasle complot , Richelieu en informe Louis XIII et l'effraye habilement par la perspective de dangers qui ne menacent que son ministre. Il lui montre sa dignité de roi et d'époux outragée , et le rend ainsi Tiraplacable instrument de ses propres vengeances. Le faible Gaston avait trahi ses complices. Ornano, le premier, est Jeté au donjon de Viucennes. Les deux Vendôme sont bientôt attirés à Blois, arrêtés et conduits au chAteau Risaran d'Amboisc. Ghalais est reconnu coupable , par ses lettres Tensances à la duchcssc dc Ghcvreusc , d'avoir insulté le roi et donné
de Richellea.
i6ie. des conseils séditieux à Gaston : il est condamné à mort par commission et exécuté. Le maréchal Ornano meurt à Vincennesy et le grand prieur à Amboise ; le duc de Yendôme ne sort de prison qu'après avoir fait tous les aveux qu'on exige de lui. Le roi fait comparaître Anne d'Autriche en son conseil et lui reproche durement d'avoir voulu un nouveau mari en Gaston d'Orléans. Je n'aurais pas assez gagné au change, dit-elle sans s'émouvoir. On lui imposa une étiquette sévère^ et l'entrée de ses appartements fut interdite aux hommes en l'absence du roi. Un grand nombre de seigneurs furent disgraciés; parmi eux on distingua Baradas , favori du monarque , dont la chute fut aussi étrange et rapide que l'avait été son élévation. Louis XIII destitua le garde des sceaux d'Aligre et exila madame de Ghevreuse en Lorraine ; une garde de mousquetaires fut donnée au cardinal, avec la ville de Brouage, comme place de sûreté. Enfin Gaston , pour prix de ses révélations et de son mariage avec M"*^ de Bourbon-Montpensier (1), reçut le riche duché d'Orléans en échange du duché d'Anjou dont il avait jusqu'alors porté le ti-
(1) Mademoiselle de Montpensier, que Gaston refusa longtemps d^épouser par des motifs politiques , était une des plus riches héritières d'Europe ; elle lui apporta en dot la principauté souveraine de Dombes, le comté d*Eu, le duché de Châtelterault , etc. De ce mariage naquit une fille unique, la célèbre Mademoiselle.
L1VRB III. CHAPITBE II. 2t
tre. L'issue de cette grande intrigue accrut le pouvoir du ministre , et il fut soupçonné d'avoir à dessein soulevé contre iui cet orage comme une occasion de punir et d'abattre tous ses ennemis (i). Il exerçait l'autorité souveraine sans qu'aucun des hommes revêtus des grandes charges de la couronne fût en état de contre-balancer sa puissance. Il n'y avait plus de connétable : cette charge avait été supprimée après la mort de Lesdiguières , et celle de grand amiral avait été convertie en une surintendance générale du commerce et de la navigation , que Richelieu s'était fait adjuger.
Une assemblée de notables, convoquée en 1626, fut
ouverte aux Tuileries par le chancelier Marillac, garde îSS. des sceaux (2). Elle approuva tous les actes du cardinal, la suppression des grandes charges, le rachat des domai- Dcs royaux aliénés à vil prix , et la réduction des pensions; elle émit des vœux pour une meilleure assiette de rimpèt , pour l'abaissement des dépenses de l'État au niveau des recettes, pour l'admission des roturiers aux grades de l'armée, afin de répandre l'esprit militaire dans les classes non nobles, et pour la démolition des forteresses intérieures. Les notables demandèrent encore que la puissance de l'État reposât sur une armée permanente, que l'esprit de commerce et de trafic lointain fût encouragé par l'établissement de grandes compagnies, et que la société des gens de travail fût garantie contre rindiscipline des gens de guerre. Ils votèrent enfin avec enthousiasme l'armement de deux flottes , l'une dans l'Océan, l'autre dans la Méditerranée, la France ne pos-
(i) Siri, Mémoires.
(2) Toos les notables, au nombre de cinquante-cinq , tarent désignés par le cardinal. Il y eut douze membres du clergé, quatorze de ia noblesse et viogt-sept des cours souveraines. Gaston , frère du roi, présida rassemblée, dont les vice^résidents ftirent les maréchaux de La Force et de Bassompière.
de isM.
22 tBOISlÀMB lÉPOQUB.
sédant encore à cette époque que quelques galères.L'assemblée ine se montra rebelle que sur un point » et son opposition apparente fut encore un acte de condescendance : Richelieu en effet avait feint de souhaiter qu'on abolit la peine capitale pour délits politiques ; rassemblée pénétra sa pensée et insista sur la nécessité des châtiments exemplaires.
Les notables se séparèrent en février 1627, et une com-. mission fut aussitôt nommée pour rédiger, en un même code ou corps de lois, les réformes promises, soit à la dernière assemblée, soit aux états de 1614. Deux ans furent employés à ce grand travail , et enfin parut en janordonnanee vicr 1629 uuc Ordonnance rédigée en 461 articles , et qui est un des grands monuments de rancienne législation française (l). Elle touchait au droit civil et au droit criminel , à la police générale , aux affaires ecclésiastiques , à la justice, aux finances, à l'enseignement, aux forces de terre et de mer ; elle donnait de grands encouragements à l'industrie et au commerce. Non-seulement elle permettait aux nobles de trafiquer sans déroger, mais elle accordait les privilèges de là noblesse à tout roturier qui entretiendrait pendant cinq ans sur mer un bâtiment d'au moins 300 tonneaux ; elle rendait les grades militaires accessibles aux simples soldats s'ils s'en rendaient dignes. Cette ordonnance répondait sur beaucoup de points aux besoins généraux de l'époque; elle n'apportait cependant aucun relâchement aux entraves du régime municipal , soumettant celui-ci, dans tout le royaume > à une règle uniforme (2}, et on y voit enfin cette tendance à tout ra-
(1) Cette ordonnance reçut dans le public de ses adTersaîres le nom bizarre ou sobriquet de code Michau , à cause du prénom de son principal rédacteur, le garde des sceaux Michel de Mariliac.
(2) Tous les corps de ville devaient être rédoits , autant que possible , quant à leurs élections , assemblées , etc.» selon les formes en usage pour la ville de Paris. ( Ordonn. de 1629 , art. 412.)
LIVRB m. CHAFITBB H. ^3
mener à Tanité , saluUdre sans doute lonsqae son action est limitée aux choses qui sont du ressort de l'Étaty mais dont Fabus a conduit la France aux excès et aux dangers de la centralisation moderne.
Richelieu ne supportait ni contradiction ni obstacle; il avait à cœur surtout de bien faire comprendre qu*il n'y avait en France aucune tête trop haute pour que la loi ne pût l'atteindre, et Tannée même ou fut close l'assemblée des notables fut marquée par un grand exemple, Exéeatioii inouï dans les fastes de notre histoire. François de Mont- deSoaSUiki morency, comte de Bouteviile, qui s'était déjà battu ^^^ vingt-deux fois, avait tué en duel le comte de Bussy ; il fat jugé et condamné à mort , avec François de Rosmadec, comte de Chapelles, son second, en vertu de l'édit rendu par Henri IV contre lescombats singuliers, si meurtriers pour Ja noblesse. Leur supplice donna Texemple, rare en France, de grands seigneurs punis pour avoir manqué non au prince, mais aux lois.
De nouveaux complots éclatèrent bientôt contre Richelieu, et leurs auteors exploitèrent les ressentiments de l'orgueilleux Buckinghara. Sous le prétexte de l'op* pression des Églises protestantes, une rupture éclata entre la France et l'Angleterre^ et Buckingham parut avec une flotte formidable sur les côtes de l'Aunis. Plusieurs chefs calvinistes secondèrent de bonne foi l'invasion ; mais cette prise d'armes leur coûta cher. Les Anglais avaient débarqué près de la Rochelle* dans Tile de Ré, où ils pré- d«AD«Si« tendaient fonder une colonie; le marquis de Toiras y ntedê'né. défendit glorieusement la citadelle de Saint- Martin, et donna le temps au maréchal de Schomberg de lui amener de nombreux renforts ; Buckingham remit à la voile et s'éloigna en abandonnant ses imprudents alliés.
Le moment était venu pour le cardinal de détruire un perpétuel foyer de guerre et le boulevard du parti protestant ; il mit le siège devant la Rochelle^ et commanda les
34 TllOISlàllE lÎPOQUB.
Siège opérations en personne. Des deux parts ce siège fat remémorable marquable par un courage et une persévérance héroï-
la Rochelle. — „«« ler-iets. ques.
Rohan, guerrier illustre et chef du parti y était alors absent de la ville. Sa mère et sa sœur encouragent les habitants par leurs discours et par leur exemple. Pleins d'enthousiasme pour leur religion et pour leur liberté , ils avaient fait choix d*un maire nommé Guiton^ qui, avant d'accepter la magistrature et le commandement, leur présenta un poignard et dit : « Je n'accepte cette « charge qu'à condition d'enfoncer ce poignard dans le « coeur du premier qui parlera de se rendre; qu'on s'en « serve contre moi si jamais je songe à capituler. » Des lignes de circonvallation de trois lieues de tour enfermaient la ville du côté des terres; mais c'était par mer que les Rochellois attendaient, de la part des Anglais, un renfort de munitions et des troupes. Richelieu leur enlève cet espoir par une construction gigantesque : il fait jeter dans la mer une digue de quatre mille sept cents pieds de longueur (i). Les assiégés laissaient faire, comptant sur les vagues pour la renverser ; deux fois elles emportent l'ouvrage; le cardinal le fait recommencer une troisième fois et l'achève. Louis XIII anime ces travaux par
Une flotte anglaise, commandée par Ruckingham, se disposait à secourir la ville; mais, au moment où le due s'embarque , un Anglais nommé Felton l'assassine. La flotte cependant met à la voile; elle.canonne en vain la digue, et, ne pouvant forcer le passage, elle s'éloigne. Les assiégés sont en proie aux horreurs de la famine ; le maire Guiton répond à leurs plaintes douloureuses : « Lorsqu'il n'y aura plus qu'un homme dans la ville, il « faudra qu'il ferme les portes. » Enfin, aprèa une an- Ci) £lle fut construite par les ÎDgénieurs Métézeau et Tiriot.
LIVfiB m. CHAPITRE II. 26
Dée entière d'une résistance admirable , les Hochellois » <^^ sans espoir et sans ressource, consentirent à se rendre. ^ Leur Yîlle perdit ses privilèges ; mais les habitants conservèrent le libre exercice de leur culte.
Ce n'était pas seulement le parti protestant que Richelieu frappait en prenant la Rochelle; ce coup de vigueur tombait également sur les princes et les seigneurs &ctieux, qui s*avouaient vaincus par la chute de cette ville plus encore que les huguenots. Richelieu avait enlevé à la rébellion , sous quelque drapeau qu'elfe^ât se montrer, une place forte réputéeimprenableet une communication libre avec l'étranger ; il ôtait ainsi aux partis armés des ressources sans lesquelles ils ne pouvaient plus se promettre aucun avantage durable. Vous verrez, avait dit . Bassompierre , que nous serons assez fous pour prendre la Rochelle. »
La France, délivrée de la crainte d'une guerre civile, désirait la paix avec ardeur; mais la fin des entreprises périlleuses et difficiles eût été le terme de l'administration de Richelieu. Louis XIII supportait son Joug avec impatience; ses flatteurs le pressaient de renvoyer son ministre et de gouverner par lui-même; il promit de se résoudre à régner seul ; cependant il voulait d'abord être affranchi des fatigues et des ennuis du gouvernement. L'intérêt de Richelieu était donc de lui créer sans cesse des embarras nouveaux et de le tirer d'une guerre pour le jeter aussitôt dans une autre. L'orgueil national était d'accord en Richelieu avec son intérêt propre : héritier des projets de Henri lY contre la maison d'Autriche , il voulut que sa nation fût prépondérante en Europe , et il crut sincèrement qu'il importait non-seulement à la sécurité de la France , mais encore à son honneur, que les autres États fussent abaissés et humiliés devant elle. Un prétexte de guerre se présenta bientôt.
Vincent de Gonzague, duc de Mantoue et du Mont-
26 ' TBOISIÈME EPOQUE.
^dîîdSc^ ferrât, était mort en 1627, et son cousin Charles de ^® ÏÏ«7?"** Cronzague , duc de Nevers , dont la famille était depuis longtemps établie en France, se présenta comme Théritier de ses États. Mais Tempereur, les Espagnols et le duc deSavoielui opposèrent le duc de Guastalla, d'une branche aînée des Gonzague, et soutinrent ses prétendus droits par l'invasion des deux principautés; tout le Montferrat fut rapidement conquis ^ à Texception de Casai , sa capitale. Richelieu montre au roi l'honneur et Tintérét de la France engagés à soutenir un prince à demi français y et surtout à contre-balancer Finfluence de la maison d'Autriche dans la haute Italie.
dV s?i Louis XIII , au cœur de l'hiver, arrive avec son ar- ^^Imf^ ïïïée au pied des Alpes. Un seul passage existait sur ce point : c'était l'étroit défilé ou pas de Suse , que l'art et la nature semblaient avoir rendu infranchissable : des redoutes couronnaient les hauteurs , et le pas était coupé par trois retranchements derrière lesquels s'abritait une armée piémontaise. Tout est franchi par les mousquetaires de la maison du roi, à la tête desquels combattent trois maréchaux de France. Le duc de Savoie, époude'^s^e ^^^^^ 9 abandonne les Espagnols, et signe à Suse un traité 1618. qui ^Q\i assurer au duc de Nevers la paisible possession du Mantouan et du Montferrat.
Pendant cette campagne le parti calviniste tentait en France un dernier effort. Le duc de Rohan se soutenait dans le midi avec l'aide de l'Espagne. Le comte duc d'Olivarez^ fidèle à la politique du temps, crut devoir fortifier en France les restes de ce parti nialheureux, afin de conserver dans le royaume un foyer de troubles perpétuels , et promit à Rohan trois cent mille ducats : ce secours vint trop tard. Louis XIII , à son retour du Piémont, tomba rapidement sur le petit nombre de places possédées encore par les protestants ; celles qui résistèrent furent brûlées et détruites. Rohan se soumit et conclut