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da^SubJîir P**®"^® d'une bravoare et d'une science égales. Condé, AntX'ei beaucoup plus faible en nombre, allait succomber, lorsque le peuple, harangué par Mademoiselle, fille de Gaston , s'émeut en faveur du prince. Mademoiselle se transporte au conseil de l'Hôtel de Ville ; elle obtient que Paris serve de refuge aux vaincus. De là elle monte à la Bastille et fait tirôr le canon sur les troupes du roi. I^és portes de la ville s'ouvrent , et l'armée des princes est sauvée.
Paris devint alors le théâtre d'affreux désordres; les trouves de Condé rendent un moment les deux princes tout-puissants; ceux-ci ameutent le peuple contre les membres du conseil qui leur sont contraires. La populace assiège l'hôtel de ville et se dispose à l'incendier ; à la lueur des flammes, plusieurs magistrats sortent épouvantéset sont égorgés. L'accusation de mazarinisme suffit pour mettre ei^^péril de mort : l'anarchie et la terreur sont au comble.
Les princes profitent du trouble et de la consternation générale pour changer le conseil des échevins ; ils nomment le vieux Broussel prévôt des marchands et le duc de Beaufort gouverneur de Paris. Le fameux coadjuteur Paul de Gondi, toujours ennemi du prince de Condé, met l'archevêché en état de défense et garnit d'instruments de guerre les tours de la cathédrale. Les magistrats osent à peine se rendre au parlement ; ceux que l'intérêt ou la crainte soumet aux princes feignent de regarder le roi , déjà majeur, comme prisonnier de Mazarin; ils proclament Gaston lieutenant général du royaume jusqu'à l'expulsion du cardinal, et Condé généralissime dés armées. Lç roi casse cet arrêt et ordonne au parlement de se transférer à Poitiers ; plusieurs membres obéissent et s'y rendent ; Mole les préside. Chaque armée est soutenue par un parlement , comme au temps de la Ligue.
Terreur dans Paris.
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Lesdeax partis étaient las de cette guerre désastreuse, et Mazarin semblait être le seul obstacle à la conclusion de la paix. Charles de Lorraine approchait avec une armée et allait fortifier le parti des princes ; déjà la régente songeait à se retirer au delà de la Loire. Les hommes sages qui Tentoureat combattent ce projet fatal et rengagent à faire encore violence h ses affections. Elle éloigne d'elle Mazarin; il quitte une seconde fois la cour, seconde et se retire à Sedan , laissant ses créatures auprès de la de Maûnn. reine et continuant ainsi à la diriger par ses conseils. Le peuple de Paris apprend avec ivresse Téloignement du ministre. Gondé, qu'il accuse de toutes ses souffrances, est contraint de quitter la capitale ; les Espagnols le sollicitent ; il part avec le duc de Lorraine et se jette dans leurs bras. Le coadjuteur se porte au devant du roi, reçoit le chapeau rouge , et ménage son retour dans Paris , où u roi rentre Louis XIV rentre le 21 octobre, aux acclamations du ***"*^*'^ peuple. Le roi borne sa vengeance à éloigner delà capitale le due d'Orléans , son oncle , et les chefs de la révolte. Le coadjuteur, connu depuis cette époque sous le nom de cardinal de Retz , s'opposait alors presque seul au retour de Mazarin ; il cherchait encore à paraître redoutable et ne sortait qu'entouré d'une garde nombreuse. Mécontent de la cour, malgré les offres brillantes qui lui furent faites, il méditait contre elle une nouvelle attaque ; Anne d'Autriche le prévint : elle le fit arrêter et conduire à Vincennes.
Les Espagnols avaient profité des troubles civils ; Casai en Italie , Gravelines , Mardick, Dunkerque étaient retombés entre leurs mains, et Condé s'avançait à la tête d'une armée. Turenne arrête sa marche avec des forces inférieures, et protège la France dans une campagne que le talent des deux illustres adversaires rendit célèbre. Anne d'Autriche rappelle alors Mazarin à Paris , où elle Nouma l'accueille avec transport; la ville lui donne des fêtes aeMaurin.
76 TBOISTBMB EPOQUE.
brillantes, et le peuple eu le saluant d'acclamations joyeuses, ajoute par son inconstance au profond mépris qu'il lui inspire. Le cardinal reprend une autorité absolue et soumet les provinces révoltées. Bordeaux , où commandaient le prince de Conti et la ducbesse de Longueville, était encore, avec une partie de la Guienne, en rébellion ouverte. Le comte d'Harcourt avait quitté son* armée devant cette ville, et, voulant, à Texemple des princes , se rendre indépendant, il s'était emparé en Alsace de Brisacb et de Philisbourg ^ il les rendit, et Bordeaux, théâtre de scènes sanglantes, fut obligé de se soumettre. Mazarin triomphe de tous ses ennemis ; il fait condamner Condé à mort par le parlement, et donne une de ses nièces en mariage au prince de Conti. Monsieur demeure à Blois dans la retraite; Mademoiselle de Montpensier erre sans crédit de province en province, et, après avoir prétendu à la main du roi elle finit par épouser un simple gentilhomme. Le cardinal de Retz, transporté de Yincennes au château de Nantes, parvint à s'échapper, et quitta le royaume. Le duc de Beaufort fléchit de bonne grâce, et la fameuse duchesse de Longueville, réduite à l'inaction politique , embrassa la querelle des jansénistes contre les jésuites, et finit par se livrer aux pratiques austères de la . , Pin ^lus fervente dévotion. Ainsi se termina la guerre de la de'a^Snd»* frone^tf, uniqug dans les annales de 1 histoire par les incjdenjtequna^car^^ vit
apparaître parmi les combattants, et surîe premier plan, un àfcheTéqucTT'ûwMaMigistraf s et les femmes les plus brillantes à côté des deux plus grands capitaines de l'Europe. Condé seul avait encore les armes à la main. Louis XIV fit contre lui sa première campagne en Picardie, sous la direction de Turenne. Elle fut heureuse; Turenne attaqua devant Arras les lignes de l'ennemi,
. ' les emporta , et obligea Condé à lever le siège de cette
[ I place.
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Jusqu'alors la grande jeunesse du roi ne lui avait pas permis de prendre une part active aux événements ; ils eurent néanmoins leur iniuence sur la suite de son règne. C'est aux impressions et aux souvenirs quMl conserva de ces temps d'anarchie qu'il faut surtout attribuer sa passion de Tordre poussée Jusqu'au despotisme et son aversion pour Paris. Au retour de sa première campagne il fit pressentir ce qu'un jour il devait être. Le peuple gémissait sous le poids des impôts nécessités parla guerre; de nouveaux édits de finance parurent en 1655. Le parlement, qui les avait enregistrés en lit de justice devant le roi, voulut les reviser et revenir sur sa décision. Instruit de eette démarche, Louis se présente dans la grand'- uais xiv chambre en habit de chasse et le fouet à la main, et, pre- panênent. nant séance : a Messieurs, dit-il, chacun sait les malheurs a qu'ont produits les assemblées du parlement ; je veux a les prévenir désormais. J'ordonne donc qu'on cesse a celles qui sont commencées sur les édits que j'ai fait c enregistrer en lit de justice. Monsieur le premier préa sident, je vous défends de souffrir ces assemblées et à « pas un de vous de les demander. » Ces paroles hautaines imposent au parlement, et les murmures qu'elles provoquent sont étouffés par la prudence de Turenne. Ce grand capitaine ouvre bientôt en Flandre une nouvelle campagne, où il prend à son tour l'offensive et est contraint par Condé à lever le siège de Valenciennes.
La France et l'Espagne se disputaient alors l'alliance de l'Angleterre , devenue république , et que gouvernait Cromv^ell en qualité de lord protecteur. Charles P' était mort sur Féchafauden 1649, pour avoir voulu rendre dans cette contrée son autorité absolue et tenté d'abolir la religion presbytérienne en Ecosse. Cromwell avait puissamment contribué à cette grande catastrophe et exerçait tout l'ascendant que peut obtenir dans les révolutions politiques un génie profond et rusé, plein d'en-
TfiOISlàMB ÉPOQUE*
Alliance
avec Cromwell.
Bataille des Dunes.
Paix
des
Pjrenées.
Mariage
de
Louis XIV.
thousiasme et d'audace. Peu d'années lui suffirent pour rendre l'Angleterre flqrissante et lui donner, une haute influence en Europe^ Il mit à prix son alliance, et Mazarin l'emporta sur Philippe IV en promettant de livrer Dunkerque aux Anglais si cette place était reprise par la France, et d'abandonner la cause des deux iils de Charles P*", tous deux, par leur mère, petits--fils de Henri IV» et qui passèrent du camp de Turenne dans celui de Coudé. Cromweil à ces conditions donna aux Français une flotte et six mille soldats. La Flandre fut encore le théâtre de la guerre, et la bataille des Dunes, où Turenne triompha de son illustre rival, fit tomber Dunkerque aux mains du vainqueur, qui la remit sur-lechamp aux Anglais. Cette victoire, suivie de la prise d'un grand nombre de places, décida Philippe IV à la paix, également nécessaire aux deux royaumes. Les conférences s'ouvrirent à cet effet dans Tile des Faisans , sur la Bidassoa, entre Mazarin et don Louis de Haro ; elles furent célèbres par les talents diplomatiques qu'y déployèrent les deux négociateurs. Cette paix, signée le 7 novembre 1659 et nomméepaix des Pyrénées, est l'acte le plus utile et le plus mémorable de Mazarin ; par elle Philippe IV adhéra à la cession de Pignerol et d'une grande partie de l'Artois et de l'Alsace à la France , qui restitua la Lorraine et conserva le duché de Bar, le Roussillon et la Cerdagne jusqu'au pied des Pyrénées, et plusieurs villes du Luxembourg. 11 fut stipulé que Condé se soumettrait au roi, avec l'assurance d'obtenir son pardon et le gouvernement de la Bourgogne, et que Louis XIV épouserait Marie-Thérèse d'Autriche, fille de Philippe IV. Condé rentra en grâce, et le mariage fut conclu l'année suivante. La dot de l'infante avait été fixée à cinq cent mille écus, et Philippe obligea sa fille à renoncer pour elle et pour ses descendants à tous les droits qu'elle pourrait avoir sur sa succession.
LIVRB III. GHAPITH^ III. 79
Cromwell venait de mourir (i), et e^ éTénonoit replongeait l'Angleterre dans Tanarchie. Charles Stoart» fils du feu roi, avait alors en vain sollicité Tappui de Mazarin, qui désespérait de sa cause; peu de mois après» rappelé en Angleterre, il y fut proclamé roi sous le nom de Charles II. Léopold, âgé de dix-sept ans, avait obtena la dignité impériale en 1657, à la mort de Ferdinand III, son père, et Charles-Gustave régnait en Suède depuis 1654. Christine, sa parente et fille de Gustave- Adolphe, avait abdiqué la couronne en sa faveur, afin de s*adonner sans partage aux lettres et aux sciences. L'Europe était en paix, et la France touchait au moment où Louis XIV allait gouverner par lui-même. Mazarin, maître absolu du royaume et possesseur d'une fortune colossale, approchait du terme de sa vie ; inquiet au sujet de ses ri* chesses mal acquises et que plusieurs auteurs portent à cinquante millions, qui en feraient plus de cent aujourd'hui, il les offrit au roi, déclarant ne les vouloir tenir que de sa main. Ses prévisions ne furent pas déçues ; Louis XIY lui rendit toute sa fortune, et Mazarin mourut Mort après avoir assuré les plus brillants établissements à ses ^^ ^iS!^' cinq nièces, dont Tune, Marie de Mancini, avait été aimée du jeune monarque.
La France fut en partie redevable à Mazarin des avantages de la paix de Westphalie et de celle des Pyrénées, et Ton ne peut refuser de grands talents à celui qui signa ces traités, qui deux fois gouverna la France du fond de son exil, et conserva l'autorité suprême jusqu'à la fin de sa vie sous un prince tel que Louis XIV pour souverain, avec des hommes tels que le cardinal de Retz et le grand Condé pour adversaires. Il mérite de graves reproches pour avoir souvent subordonné' les intérêts de la France
(1) Vo^ez dans mon Histoire à^ Angleterre, les considérations sur Cromwell et sur son oeuvre , t. III, p. 371-375.
80 THOISIBMB éPOQUR.
aux siens. Meilleur diplomate qu'administrateur et plein de mépris pour le peuple, Mazarin s'enrichit sans scrupule à ses dépens, ne fit rien pour la prospérité intérieure de l'État, et laissa la France sans crédit et presque ruinée. Il était habile dans l'art de connaître les hommes, et ce fut en grande partie le secret de sa puissance ; il donna Golbert à Louis XIV, et devina le génie fier et dominateur de ce monarque. La négligence avec laquelle il le fit élever fut un crime envers lui comme envers l'État; Mazarin le maintint dans l'ignorance afin de se rendre luimême plus longtemps nécessaire à la tète du gouvernement. Il lui apprit à représenter, et, suivant son expression, à faire le roi ; mais ce ne fut pas Mazarin qui lui enseigna à l'être en effet : la nature à cet égard fit tout pour Louis XIV. « Il y a en lui, dit un jour le a cardinal, de l'étoffe pour quatre rois; » et le monarque de vingt ans annonça le lendemain même de la mort de ce ministre en quelles mains allait tomber l'autorité. HarlaydeChanvallon, président de l'assemblée du clergé, lui ayant demandé à qui désormais ii s'adresserait pour les affaire de l'État : A moi^ répondit Louis XLV. De ce moment on vit en lui l'unique maître de la France, et il le fut jusqu'à sa mort.