TBOlSlàME ÉPOQUE
Siton L'Europe s'alarme de ses soeoès rapides, ufae triple aU
liance se forme eontre Louis entre la Hollande , TAn-
gleterre et la Suède; elle est conclue en peu de jours.
VS^' Le grand-pensionnaire de Hollande, Jean de Witt, de-
^'M^S^a' ^'®**t Véitne de cette ligue, qui oblige le roi à «goer
f iÏFranw! 1^ traité d' Aix-la-Chapelle, par lequel il conserve la
"**• Flandre et rend la Franche-Comté.
Louis XIV pendant la paix donne ses soins à l'administration intérieure et aux affaires de l'Église de France» troublée par les querelles du jansénisme (1). Il songe ensuite à se venger de la Hollande, et à la punir de la part qu'elle avait prise dans la triple alliance. Il nourrissait un profond dédain pour tout autre gouvernement que celui d'un seul, et, tandis qu'il aurait dû ménager des citoyens industrieux qui versaient annuellement soixante millions dans nos marchés, il n'écouta contre eux que sa haine et son mépris. Ce fut une des grandes fautes de son règne. Partout et toujours il retrouva devant lui ce peuple de marchands , d'hérétiques et de républicains , dont rexistence l'indignait et dont les richesses lui suscitaient des ennemis dans les deux mondes. Offensé par des médailles qui représentaient les Provinces-Unies comme arbitres de l'Europe et irrité de l'impertinence de quelques gazetiers, le roi saisit ces frivoles prétextes pour dé- Guerre clarer la guerre aux Hollandais ; il détache de leur alliance la Hollande, Gharlcs XI, roi de Suède , et Charles IL roi d Angleterre,
l'Empire, ' « »
etjJ'Espagjie. toujours prêt à vendre son appui et à sacrifier les intérêts de son peuple à ses plaisirs (2j.
(1) Cinq propositions sur la grâce, attribuées à Jansénios, évèqiie dTpres, et condamnées par Innocent X en 1653, allumèrent une guerre dans TÉglise de France. 11 s'agissait d'un mystère que la raison ne peut pénétrer. Les jésuites attaquèrent ces propositions; leurs plus célèbres adversaires furent Arnauld et Pascal, auteur des Lettres provinciales.
(2) Charles II , catholique de cœur, aspirant au pouvoir absolu ,
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La marine hollandaise couvrait le» mers et assurait la prospérité commerciale de cette république en protégeant
était hostile aux Proyioces-Unies par les motifs qui avaient rendu leur alliance précieuse à Cromwell ; il haïssait en elles nn État républicain et protestant; il était irrité contre les états généraux, qui avaient déshérité le jeune prince d'Orange , son neveu, de la dignité de statliouder portée si haut par sa ûimille. Ces divers motifs, et pardessus tout l'espoir de trouver, dans la munificence intéressée de Louis XTY, des secours qui le missent en état de se passer de ceux de son parlement, le ramenèrent vers la France, et à peine eut-il ratifié le traité d'Aix-la Chapelle que des conférences pour le rapprochement des deux cours eurent lieu entre le duc de Buckingham et la princesse Henriette d'Angleterre , duchesse d'Orléans. Mais une négociation plus secrète et inconnue de Buckingham lui-même se poursuivait à Londres. Déjà le roi avait confié ses sentiipents touchant la religion à quelques seigneurs catholiques de son royaume, à sir Thomas Cliiford, aux lords Arundel et Arlington , qui vivaient dans SCO intimité. Charles II leur communiqua^ en présence de son frère, Tintention où il étaitjde traiter avec Louis XIV, en vue du rétablissement de la religion catliolique en Angleterre, et bientôt après, dans les premiers jours de Tannée 1670, les deux rois conclurent un traité &meux et qui demeura secret durant un demi-siècle. Charles II, parce traité, s'obb'geait 1<^ à établir la religion catholique dans ses ÉtaU; 7? à réunir ses armes à celles de la France pour abolir la république des Provinces-Unies, immédiatemenlt après l'œuvre de la conversion delà Grande-Bretagne. Les conquêtes furent d'avance partagées entre les deux rois, à Texception d'une principauté réservée au prince d'Orange. Louis XIV, de son côté , s'engageait à donner au roi d'Angleterre 200,000 livres sterling, payables par quartiers, afin de le mettre en état de convertir ses sujets. Mais Charles n , en stipulant ainsi pour la conversion de son peuple , avait pris conseil de son zèle pour sa nouvel le religion bien plus que de sa prudence; il reconnut bientôt les grandes difficultés de commencer par cette entre prise l'exécution des clauses convenues, et Louis XIV, d'autre part, <^tait impatient de conquérir la Hollande. Un important changement fnt apporté à la convention secrète des deux rois par les soins de la princesse Henriette d'Angleterre , qui vint en conférer à Douvres avec le roi Charles U , son frère. Il tut convenu que la conversion de l'Angleterre serait ajournée à un temps plus opportun , lorsque la conquête de la Hollande aurait mis le roi en état de l'entreprendre avec succès.
Voyez mon Eistoire d'Angleterre^ t. H, I, V^ c. it.