‹ Histoire de FranceChapitre 18 sur 101 · TAOISiàlfB^ ÉPOQUX · texte numérisé non relu

TAOISiàlfB^ ÉPOQUX

est contraint par son parlement à délaisser la France. Loais XIV, écoutant l'avis de son ministre Louvois, avait commis la fante de disséminer ses troupes dans uœ multitude de places conquises, dont Turenne et Ck)ndé voulaient, avec raison, détruire les défenses; menacé par tant d'ennemis, ii ne peut réunir assez de forces pour tenir Évacuation la campaguc, et bientôt toute la Hollande fut évacuée; le la Hollande rol n'y couserva que Grave et Maestricht (1). LaFrancheles Français. Comté l'indcmnisa detant depertes. Louismarche à la con-

Béunion » a . , ,

FraVh 4^'^^^ ^^ ^^^ provincc autrichien oe-espaguole ; NoaiUes àia^FÎîScc co^wïûode sous lui. Besançon ne résiste que neuf jours 1674. au génie de Vauban ; la province est conquise en six semaines pour laseconde fois et enlevée sans retour àFËspagne. Bataille Le grand Gondé, ayant en tête le prince d'Orange, li- 167*. ' vrait alors sa dernière bataille près de Senef en' Flandre ; elle était gagnée, mais Guillaume rallia ses troupes et arrêta les vainqueurs : trois fois Gondé fondit sur lui sans pouvoir le chajsser de sa dernière et inexpugnable position. La perte |fut affreuse des deux côtés : vingt-sept mille morts restèrent sur le champ de .bataille ; Gondé eut trois chevaux tués sous lui; on se battit quatorze heures, et l'issue de la journée demeura indécise.

Turenne avait alors à défendre les fi-ontière du côté du Rhin, et il déploya dans cette campagne toutes les

(1) Une sagesse profoDde avait tracé le plan de la campagne de 1672> et cependant Tissue n'en fut point heureuse. Des fautes d'exécution firent perdre le fruit des succès étounants qu'on obtint d^abord. Un entratnement irrésistible à faire des sièges fit perdre roccasion d'entrer à Amsterdam. On mit des garnisons dans une foule de places qu'on eût dû raser aussitôt qu'on s'en fut emparé. L'armée , sembiable au Rhin et à la Meuse, qui se divisent et se répandent dans toutes les directions à leur entrée dans la Hollande, couvrit une partie du territoire ennemi et ne put. faire un pas de plus pour conquérir le reste. L'Allemagne alarmée intervint en faveur des Provinces, et nous obligea d'abandonner nos conquêtes.

(Roquancourt, Cimrs d'Art et d'Sist. milit. , t. r% p. 481.)

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ressources de l'art et da génie. Après une marche vive et eSî7?rg?es savante il passe le Rhin à Philisbourg, tombe sur Sintz- eD\"iîïS?f heim, force cette.' ville, et en même temps il attaque et ^à^sinuh^im" met en fuite Caprara» général de l'empereur, et le vieux « Ensbeim. duc de Lorraine Charles IV. Turenne» après Tavoir battu, ^'^^' le poursuit et écrase sa cavalerie à Ludenburg; de là 11 prévient, par un manœuvre rapide , la jonction de deux corps de troupes impériales ; il attaque auprès de la ville d'ËDsheim le prince de Boarnonviile, qui commandait FuD de ces corps, et le force à la retraite; puis se retire lui-même devant des forces supérieures commandées par rélecteur de Brandebourg et prend ses quartiers d*hiver en Lorraine. Uennemi croit la campagne terminée ; pour Turenne elle commençait. Il résiste à Lou vols, à Louis XIV, qui, alaroiés de son péril, pressent sa retraite. Brisach et Philisbourg sont bloquées; soixante-dix mille Allemands occupent TAlsace, mais Turenne atout combiné : il saura les surprendre et les vaincre. Avec vingt mille hommes et quelque cavalerie que lui envoie Gondé, il traverse par Thann et par Béfort des montagnes couvertes de neige , et tout à coup il se montre dans la haute Alsace au milieu des ennemis, qui le croyaient encore en Lorraine. Il bat successivement à Mulbausen et à Colmar les corps qui résistent. Un redoutable corps d'infanterie allemande demeurait intact; Turenne l'attend à ''^J/'J"® Turckheim, dans une position avantageuse, et le met en Turckheim. déroute. C'est ainsi qu une armée formidable sç trouve détruite en quelques mois avec peu d'efforts; T Alsace demeure au roi, et les généraux de l'empire repassent le Rhin. Cette campagne arracha un cri d'admiration à TEurope; mais en permettant Tincendie du Palatinat pour Premier enlever toute ressource à l'ennemi, Turenne imprima une duPaîatmai. tache à sa gloire. Deux villes et une multitude de villages devinrent la proie des flammes, et les barbaries du soldat ne furent point réprimées.

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L'empereur envoya enfin contre Tarenne MontécocnlK, le premier de ses capitaines et le vainqueur des Tares au Saint-Gothard. Les deux grands adversaires s'éprouvèrent d'abord routuellemeut dans une suite de savantes manœuvres qui font encore l'admiration des tacticiens; ils parurent enfin l'un et l'autre sur le point de livrer bataille proche du village de Salzbach, dans le pays de Bade, et Turenne se croyait sûr de vaincre, lorsque, en Mort visitant une batterie, il tomba mort, frappé d'un boulet

^' TsIm.^'^^' de canon. Le même coup emporta le bras de M. de Saînt- Hilaire, lieutenant général d'infanterie, qui dit à son fils, fondant en larmes auprès de lui : cr Ce n'est pas moi , a mon fils^ c'est ce grand homme qu'il faut pleurer. » Turenne mourut âgé de soixante-quatre ans; né protestant, il s'était converti au catholicisme et fut enterré dans le tombeau des rois à Saint-Denis. Montécaculli, Instruit de sa mort, obligea ses deux successeurs, les généraux de Lorges et Vaubrun, à repasser le Rhin : Vaubnin fut tué au passage du fleuve, de Lorges opéra sa retraite. La ville libre de Strasbourg offrit aussitôt son Dernière pout à Moutécuculli, qui pénétra en Alsace. Gondé pou-

?i7*Krand vait seul être opposé avec succès à ce grand capitaine et ?675f' fût envoyé à sa rencontre. Son génie déploya autant d'art que celui de Turenne, Deux campements lui suffirent pour arrêter les progrès de l'armée impériale et pour contraindre Montécuculli à lever les sièges d'Haguenau et de Saveme. L'Alsace fut évacuée, et cette campagne savante fut la dernière des deux illustres rivaux. Le grand Gondé vécut depuis lors dans une glorieuse retraite à Chantilly, où il mourut en 1688; dès qu'il eut cessé de commander les armées de la France , Montécuculli se retira du service de l'empereur (1).

(1) Montécuculli eut un sQccessenr dans Engène ; Turenne n*en eut point. Plusieurs de ses èlè?es ont associé leurs noms à de mé-

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Le duc de Gréqui se laissa battre cette même année à Gonsarbruck y près de Trêves, par le duc de Lorraine ; mais de beaux succès effacèrent ce revers. Messine avait secoué le joug de l'Espagne et s'était mise sous la protection de la France. Secondés par la marine hollandaise, les Espagnols tentèrent de la reprendre ; Duquesne , à la ^^^^^^ tète de la flotte française, déjoua leurs projets : il gagna ^^^ÏJ^g»" la bataille navale de Stromboli et celle d'Agosta , qui ^*'^** coûta la vie à Tamiral Ruyter ; le maréchal de Vivonne acheva de détruire la flotte' ennemie à sa sortie de Paterme. Ces glorieuses opérations furent suivies de deux brillantes campagnes du roi en Flandre. La prise héroïque campagne de Yalenciennes, faite en plein jour par les mousque- lerr. taires, celle de Gambrai, de Saint-Omer, et la victoire de GasseU remportée par le duc d'Orléans, frère du roi^ sur le prince d'Orange , terminèrent cette guerre, injustement entreprise et glorieusement achevée. Louis se vit l'arbitre de TËurope. Les états généraux de Hollande se lassèrent d'une lutte qui n'était soutenue que par leurs subsides ; un congrès s'assembla à Nimègue, où la paix fut signée jPjJj ^^ le 10 août. 1678. La Hollande recouvrait tout ce qui lui ^«ts* avait été enlevé pendant la guerre; l'Espagne abandonna la Franche Gomté et un grand nombre de places dans les Pays-Bas; l'empereur céda deux villes impériales , dont le maréchal de La Feuillade s'était emparé^ et donna Fribourg en échange de Philisbourg ; les droits de possession de la France sur l'Alsace furent confirmés. Le jeune duc de Lorraine, neveu de Gharles IV, refusa de subir la loi de Louis XIV et rejeta les conditions auxquelles il devait être rétabli dans ses États, que la France continua d'occuper ; la Sicile fut évacuée.

morables Tictoires, mais aiicuD d'eux n'est paiTCDU à la haateur de ce grand mattre, dont i'arâenr s'accrut a?ec les années et avec l'expérience.

(Roquancourt, Cours d'Art et d'Hist. nûlit., t. P'p. 489.)

d4 ÏBOISI^B ÉPOQim.

Aux avantages assurés par la paix de Nimègue Louis en joignit d'autres, non moins importants, et qu'il obtint par la fraude et la violence. Il était dît dans le traité que les cessions seraient accompagnées de totUes leurs dépendances; les négociateurs avaient compté que ces réunions se feraient de concert; Louis XIV se crat en droit de les régler seul : il établit en conséquence une chambre souveraine à Besancon, et deux conseils également souverains, Tun à Brisach, l'autre à Metz, chargés de prononcer sans appel sur les réunions à sa couronne. Par cette mesure arbitraire le roi de Suède , le duc de Wurtemberg et de Deux-Ponts, l'électeur palatin, celui de Trêves et une infinité d'autres princes furent dépouillés d'une partie de leurs domaines et sommés de sorjrtee rendre hommage pour d'autres possessions. Louis XIV ^RéîSiJJ*' s'empara de la ville libre de Strasbourg d'une manière cette%iace ^^^ moius violeutc. Louvois et le marquis de MoDtclar * **iS?."^* se présentèrent tout à coup devant cette place avec vingt mille hommes. Amenée à capituler par les menaces et la séduction, elle fut réunie à la France, et Vauban , qui la fortifia, en fit le rempart du royaume contre T Allemagne. Justement irritées de ces usurpations, les puissances de l'Europe signèrent une nouvelle ligue le jour même de la prise de Strasbourg ; mais trois cent mille Turcs fondirent alors sur l'empire, et Vienne, réduite par eux à l'extrémité, eût succombé sans le secours du roi de Pologne Jean Sobieski et du prince Charles de Lorr€dne, réunis tous deux à l'armée des cercles germaniques. .Léopold et la plupart des puissances, trop affaiblis pour recommencer la guerre, protestèrent contre la France sans agir. L'Espagne seule osa combattre, et perdit Tr«fe Gourtray, Dixmude et Luxembourg. Une trêve de vingt RatLsbonne. uus, À laquelle accédèrent l'empereur et la Hollande, fat conclue à Ratisbonne; elle autorisait le roi à conserver pendant sa durée Luxembourg, Strasbourg et toutes

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