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grâce était résolue et exigée par le régent ; Philippe V signa, en décembre 1719, un décret qui lui ordonnait de quitter Madrid sous huit jours. Le peuple célébra sa fuite comme la délivrance d'un fléau, et la chute du cardinal Adhésion fut le gage de la paix : Philippe envoya son adhésion au Pbiuppe V traité de la quadruple alliance, que son ministre signa la (jjiadrapie eu février 1720 à la Haye. Par ce traité l'empereur Fé?rter i7io. Charlcs VI avait renoncé à la monarchie espagnole, et Philippe y abandonnait tous les États que la paix de Rastadt avait distraits de cette monarchie; l'empereur s'engageait à donner l'investiture de la Toscane à don Carlos, fils de Philippe Y et d'Elisabeth Farnèse, après la mort, regardée comme prochaine, du dernier des Médicis. Par le même traité la Sicile avait été adjugée à lai maison Création d'Autriche ; le duc de Savoie devait recevoir, en échange du rojuiume ^^ ^^^^^ jj^^ ^^U^ ^^ Sardaiguc, qualifiée de royaume.
^*'i7ifr ^^ régent employa ensuite sa médiation dans le Nord; il avait secouru la Suède, épuisée par les ruineuses témérités de Charles XII, et où régnait Ulrique, sœur du monarque. Il hâta la conclusion de la paix entre elle et le czar Pierre^ qui offrit sa fille au duc de Chartres, fils do régent, avec l'expectative du trône de Pologne , occupé par le roi Auguste. Le duc d'Oriéans n'accepta point cette alliance et se vit un moment l'arbitre de l'Europe. Cette puissante influence était due en partie à l'éphémère et prodigieux succès du système de Law, qui, adopté par le régent, jouissait alors au plus haut degré de la faveur publique, et mettait d'immenses ressources pécuniaires aux mains du gouvernement.
Système La bauquc de Law avait été déclarée la banque du roi réToïîtTon à la fin de 1718; elle acquitte privilège de l'ancienne niV-fm Compagnie des Indes, qui réunissait aux vastes possessions de la Louisiane le commerce exclusif de TAfrique et de l'Asie : le gouvernement y joignit le monopole du tabac, les gabelles d'Alsace et de Franche- Comté, les bé-
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néflces de la fabrication des moiinales, enfin les reeettes et les fermes générales. Cette banque tenait ainsi en sa possession le dépôt des fortunes. Son premier soin fut de décrier les monnaies en les tourmentant par cinquante varîtions consécutives, tandis que son papier seul paraissait invariable et supérieur à la valeur numéraire qu*il représentait. Séduite par les premiers succès de Law, une multitude crédule acheta des actions de la compagnie et échangea son or contre le papier de la banque. Cet or servit à rembourser les créanciersde PÉtat, qui, embarrassés de leurs capitaux et pleins d'une folle confiance, les échangèrent contre des actions, dont la valeur augmenta en proportion de la foule des acheteurs. L'aveuglement fut bientôt porté au comble^ et on acquit ensuite au prix de dix-huit mille livres Taction dont la valeur primitive n'était que de cinq cents. La rue Quincampoix acquit alors une honteuse célébrité; elle était Tignoble théâtre où se négociaient les actions de la banque. Là s'élevèrent Agiouge. de scandaleuses fortunes et s'anéantirent celles qui semblaient le mieux établies ; là, depuis les caves jusqu'aux combles, étaient entasssés péle-mèledes gens de tout âge, de tonte condition, uniquement occupés à trafiquer de leurs billets et de leurs actions : on s'y transportait en foule des provinces les plus éloignées et des pays étrangers, et la nation tout entière parut transformée en un vaste camp d'agioteurs.
Cette fermentation si scandaleuse eut cependant aussi quelques heureux effets. La réhabilitation de tant de papiers décriés donna un immense mouvement au commerce et à rindustrie ; le nombre des manufactures augmenta des trois cinquièmes ; l'agriculture et le trésor s'enrichirent de l'affluence des étrangers et de Taccroissement des consommations. Tout fut foicile au gouvernement avec l'or du royaume ; la diplomatie de la France devint dominante, et sa marine, réduite naguère à quelques
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vaisseaux et abandonnée au comte de Ma^repas, àgéde dix-huit ans, fat remise en état de protéger notre commerce maritime. La Régence rattacha les colonies À la métropole et y joignit i'ile de France, convoitée par les Anglais. La fondation de la Nouvelle-Orléans, sur les bords du Mississipi, date de cette époque. D^utiles travaux furent entrepris en France, tels que plusieurs routes royales d'une magnificence Jusqu'alors inconnue et le canal de Montargis; enfin Tuniversité de Paris donna gratuitement Tinstruction. Law, dans le temps de sa plas grande faveur, reçut les hommages de toute l'Europe : le fils de Jacques II, connu sous le nom du chevalier de Saint-George, sollicita son amitié, et Law lui paya, de ses propres deniers, la pension que la France n'acquittait plus.
Au commencement de 1720 Law^ se vit au faîte de sa fortune, et, après avoir abjuré la religion protestante, il fut fait contrôleur général ; mais il touchait alors à sa du ?Sime ^^***®* ^^ «rrcur principale avait été de regarder le pa- ' pier de banque comme l'équivalent parfait de la aïonnaie métallique. LMgnorance et la cupidité du gouvernement aggravèrent les fatales conséquences de cette erreur. Law ne fut pas libre de modérer les mouvements de son système ; une masse effrayante de billets, hors de toute proportion avec le numéraire de la France, fut fabriquée et lancée malgré lui dans la circulation : elle montait à plusieurs milliards, et l'on reconnut bientôt avec effroi que l'échange contre des valeurs réelles devenait impossible. Le prestige excité par les déclarations qui montraient des mines d*or dans les champs de la Louisiane et sur les rivages du Mississipi se dissipa en même temps. Law eut alors recours, pour soutenir son .système, à des moyens violents, qui achevèrent de le décrier : on défendit aux particuliers d'avoir chez eux plus de cinq cents livres d'argent comptant, de con-