LIVRE IV. CHAPITRE II
toingy occupé par le roi, à qui^déjà ron conseillait la retraite ; mais il s'y refuse, et le maréchal qui survient gar rantit la victoire. La colonne ennemie, sillonnée par nos victoires
do martcbal
boulets, avait fait des pertes énormes ; quatre pièces de ^ p^^^^ réserve sont pointées contre elle et font dans ses rangs ^^^* un vide affreux ; la cavalerie française s'y précipite au galop, entoure la colonne de toutes parts et en balaye les débris devant elle. Neuf mille Anglais, tués ou blessés, demeurent sur le champ de bataille. Quelques jours après, Toamay est pris, presque toute la Flandre est occupée, et ses principales places deviennent le prix de cette importante victoire.
Les armes françaises n'étaient pas moins heureuses alors en Italie sous le maréchal de Noailles et l'infant don Philippe ; toutes les possessions autrichiennes d'Italie furent conquises, à l'exception de quelques forteresses, et le roi de Sardaigne se vit réduit à sa capitale. Mais en Allemagne les Autrichiens tinrent tète aux Français et couvrirent Francfort, où, le 15 septembre , le grand-duc François fut proclamé empereur. Le roi de Prusse avait, trois mois auparavant , remporté une grande victoire à Friedberg; la cession du comté de Glatz , qui fut joint à .la Silésie, rendit ce monarque à la neutralité.
Charles-Edouard, débarqué en Ecosse, proclamé régent saccè* par son père , et vainqueur à Prestonpans et à Falkirk, * du
-..f.* ; ,1^ »»» Prétendant.
faisait, à la même époque, trembler George II. La s74ft-i746. défaite du Prétendant à Culloden , par le duc Cumberland , ruina ses espérances et celles des soutiens de sa cause. Après des maux inouïs il revint en France, abandonnant pour toujours l'Angleterre, où sa redoutable apparition j^t la cause et le prétexte d'horribles cruautés à l'égard de ses malheureux partisans.
L'Allemagne, la Flandre, l'Italie et la France étaient toujours le théâtre d'une guerre acharnée. Les Autrichiens chassèrent les Français du Piémont, s'emparèrent
TBOISIÈMS ÉPOQUB.
Bataille
de Rocoux.
Maurice
de Saxe
envahit
le Brabant
Opérattons militaires de Duplelx
et de la Bourdonnais dans l'Inde.
Prise de Madras.
Habile poUtlqae de Daplelx
dans les Indes.
de Gènes, et envahirent laProvence. Gènes, soumise par eux à un joug de fer, le secoua héroïquement ; assiégée de nouveau, Boufflers et ensuite Richelieu volèrent à son secours et assurèrent son salut. Le maréchal de Belle- Isle força les Autrichiens à évacuer la Provence , et Maurice de Saxe, vainqueur du prince Charles à Bocoux, fit la conquête du Brabant.
L'Orient était ébranlé des contre-coups de cette guerre sanglante. La Bourdonnais, gouverneur des îles de France et de Bourbon , entreprit de porter une atteinte aux intérêts commerciaux de T Angleterre dans les Indes : il arme, sans le secours du gouvernement , neuf bÀtiments avec lesquels il bat une division de la flotte anglaise; il tient le reste à distance et débarque audacieusement quelques milliers d'hommes en face de Madras, où les Anglais avaient un de leurs principaux comptoirs. La ville fut assiégée et capitula; mais des instructions contradictoires avaient été données par le ministre de France à La Bourdonnais et au fameux Dupleix, gouverneur général des établissements françaisde la compagnie dans l'Inde. Celui-ci, animé de sentiments jaloux à l'égard de son brillant collègue et s'autorisant de ses ordres secrets, refusa de reconnaître la capitulation qu'il avait signée, et le chassa de sa conquête, dont il prit lui-même possession. Dénoncé par Dupleix, La Bourdonnais, de retour en France, reçut des fers au lieu de la récompense méritée pour ses glorieux services, et fut jeté à la Bastille. Dupleix cependant, malgré ses faiblesses et ses erreurs, était un grand homme; il conçut le premier et mit en pratique le système continué depuis avec une infatigable persévérance par les Anglais, et qui leur a donné l'empire des Indes. Ce système avait de l'analogie avec celui que mirent en œuvre Cortez et Pizarre pour la conquête du Mexique et du Pérou : il consistait à tirer avantage des rivalités des princes du pays en prenant parti dans leurs querelles et