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dhagae ordre; ils âonnaientlmirs sufArages en commun, non par tète, mais par ordre, et le résultat des votes était ainsi nécessairement toujours favorable aux privi» légiés. Le système de Necker était de faire contribuer ceux-ci , en proportion de leur fortune, aux charges de rÉtat; il fallait, pour qu'il fût adopté, doubler la représentation du tiers et voter par tète les résolutions définitives. Cette opinion était devenue presque gêné- * raie , et la clause ajoutée par le parlement à Tédit du 27 septembre fit perdre sur-le-champ à ce corps toute sa popularité. Maintenant , disait*on, il résistait au vœu du peuple par égoîsme; il n'avait donc lutté d'abord contre la cour que pour obtenir le pouvoir ou pour conserver celui qu'il avait usurpé. Bientôt il se vit abandonné des hommes de loi, qui avaient fait sa force et ses succès. La noblesse elle-même se divisa en deux partis > dont l'un embrassa avec chaleur la cause du tiers état ; ce parti comptait dans ses rangs le duc d'Orléans et la plupart des gentilshommes qui avaient combattu en Amérique. Il se formait dans les principales villes des Astutton associations où l'on s'engageait à faire triompher cette dri^MpIitl cause; un grand nombre d'écrits incendiaires circulaient déso'rdm. dans les provinces ; des brigands soldés parcoururent les campagnes ; une multitude d'hommes sans frein se portèrent dans Paris à de graves excès, et quelques mois plus tard ils y jetèrent l'épouvante par l'incendie et le pillage de la manufacture de Béveillon. Tandis que les chefs cachés d'une faction violente et démagogique cherchaient à soulever la populace et À dominer la cour par la terreur, la bourgeoisie et une grande partie de la jeune noblesse saisissaient toute occasion d'applaudir les maximes les plus populaires. Beaucoup d'écrivains, àl'exemple de Gondorcet, vantaient dans leurs ouvrages, avidement ius, un ordre social basé sur l'égalité des droits et sur la liberté. Une multitude de pamphlets, et parmi eux la ce-
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lèbre brochare de Tabbé Sieyès intitulée : Qu^ent<e qve le
fiers état f ajoutaient à la fermentation des efiprits. Le mo-
sccondc ment de la crise approcbait, lorsque le roi convoqua la se-
<icRnotabie«. conde assemblée des notables, à laquelle fat soumise la question du mode de convocation des états généraux. Elle s'ouvrit le 9 novembre 1 788 et se partagea en six bureaux, comme la précédente; un seul d'entre eux, celui que présidait Monsieur (l), frère du roi, se déclara en faveur de la double représentation du tiers. Necker ne suivit pas l'avis des notables; il espérait, en engageant la luttv entre les privilégiés et le tiers état, rester le roattre de la diriger, et, d'après un rapport adressé par lui au souverain, il parut, le 27 décembre 1788, une déclaration royale, nommée résultat du conseil^ où la question, si longtemps débattue, n'était encore résolue qu'à demi. Louis XYI décidait que les députés du tiers état senûent égaux en nombre aux députéis des deux autres ordres réunis ; il gardait le silence sur le mode de délibération générale. Cette déclaration fut reçue avec faveur, quoiqu'elle laissât indécise une question de la plus baute importanee. Le tiers état sentait sa force ; il comptait avec raison sor la défection d'une partie de la noblesse et du clergé: il comprit qu'il serait le maître de la forme des délibérations, et dès tors la révolution fut inévitable.
phuosophie, Lcs phllosopbes du siècle avaient puissamment con-
liitératare.i ., . , , T . . , . \. w» , .
arte, tribuéà produire ce résultat. Les plus fameux. Voltaire, Jean- Jacques Rousseau, Diderot, d'Aiembert, n'étaient plus, mais leur école âorissait ; son œuvre était la destruction des abus et des privilèges, et elle sapait sans distinction, sans relâche, nos vieilles institutions, les choses les plus respectables comme les plus justement décriées. Les lettres étaient cultivées avec succès : l'abbé Barthélémy publiait son savant Voyage d' Anacharsis^ et Ber-
(1) Le comte de ProTence, depuis Louis XVIII.
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nardin de Saînt-Plerre ses belles Étude* de la Nature; LebruD, Boucher, André Ghéofer, alors à peine connu, et Dettlle, soutenaient Thonnenr de la poésie firançaise. Dueis , plus remarquable encore par son noble caractère que par son talent, s'illustrait sur la scène, enrichie par les chefs-d'œuvre de Voltaire, oti déjà s'annonçait Marie- Joseph Ohénier, et où Beaumarchais avait donné, par son Mariage de Figaro^ une forte et dangereuse Impulsion an mouvement révolutionnaire des esprits. Le ^énie des arts, après avoir sommeillé pendant le dernier règne , re- Daissait sous les ciseaux de Houdon et de Ghaudet, comme sous les pinceaux vigoureux de Vien, de David et de sa brillante école. Jamais un plus grand nombre de talents distingués ne se produisirent à la fois au théâtre, où Talma débutait, et où les Contât, les Fleury, les Mole, les Bizard portèrent au plus haut degré Tart de la diction dramatique. Les sciences comptaient plusieurs noms illustres, et au premier rang les mathématiciens Monge, Lagrange et La Place ; les chimistes Lavoisier, Fourcroy, Vauquelin, Berthollet, et Guytonde Morveau, devenu l'un des bienfaiteurs de l'humanité par ses procédés sur la désinfection de l'air; le physicien Coulomb, immortalisé par ses recherches sur Talmant ; le naturaliste Daubenton, collaborateur et successeur de BufTon ; le savant médecin Vîcq-d'Azyr; enfin l'astronome Delambre, l'un des hommes à qui la France doit Padoption du système métrique, et Sylvain Bailly, ?i\iXe\xv àeV Histoire de V Astronomie ancienne et moderne. L'esprit public était attentif aux voyages et aux découvertes du comte de Choiseol en Grèce, de Bougainville et du malheureux La Pérouse, et rêvait d'importantes améliorations dans les destinées humaines au moyen des théories de Mesmer sur le magnétisme et de la récente invention des ballons par Mon- ^olfier. Les hommes de lettres, les philosophes étaient admis dans l'intimité des grands, et ceux-ci se montraient
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avides de connaissances universelles. Jamais les mœun des classes supérieures et éclairées n'avaient été pias douces qu'à cette époque; la politesse française, vantée dans toute l'Europe, faisait alors le plus grand ctiarme de la vie sociale et avait acquis une perfection noble et gracieuse dont il ne restera bientôt plus que le souvenir. Mais un gouffre se creusait, par le déficit du trésor et par .les vices du gouvernement, sous les pas de cette société brillante; derrière elle s'agitait une classe moyenne mécontente et dont la voix couvrait à peine les sourdes rameurs d'une multitude ignorante et misérable. De ce côté bientôt gronda l'orage ; des vents furieux abattirent un édifice déjà miné dans ses fondements, et il disparut au souffle de l'ouragan populaire.
Nota. J'ai dû in'abstenir^ par de graves considérations, de donner an delà du dix- huitième siècle ud aperçu de Tétat de la littératnre et des sciences. Je ii*ai prétendu en tracer le tableau complet à aucune époque de notre histoire. Obligé de restreindre mon traTail en d'étroites limites, j'ai seulement indiqué les noms les plus célèbres; les deux derniers siècles, sous le rapport scientifique et littéraire, demandent une étude particulière et approfondie.
RÉYOLimON FRANÇAISE.