‹ Histoire de FranceChapitre 46 sur 101 · livre sans succès la sanglante et malheureuse bataille de · texte numérisé non relu

livre sans succès la sanglante et malheureuse bataille de

Échec Galdiéro, et son armée, réduite à quatorze mille hotn-

à cahûêrô. mcs contre quarante mille^ est de nouveau ramenée dans

Vérone. Ses braves soldats murmurent : Quel fruit leur

revient-il de toutes leurs victoires? Quelle perspective

pour eux que d'être ramenés en fugitifs sur les Alpes I

Bonaparte partage leur douleur ; il écrit au Directoire :

« Tous nos officiers supérieurs , tous nos généraux d'é-

a lite sont hors de combat; l'armée d'Italie, réduite à

« une poignée d'hommes, est épuisée. Les héros de

a Millésimo, de Lodi, de Gastiglione, de Ba^sano,

cr sont morts pour leur patrie ou sont à l'hôpital. Il ne

(( reste plus aux corps que leur réputation et leur or-

(( gueil. Joubert , Lannes , Victor, Murât , Rampon, soot

« blessés; nous sommes abandonnés au fond de l'Italie;

vc ce qui reste de braves voit la mort infaillible avec des

« forces si inférieures. Peut-être l'heure du brave Aa-

iT gereau , de l'intrépide Masséna est près de sonner :

(n alors, alors que deviendront ces braves gens? Cette

« idée me rend réservé; je n'ose plus affronter la mort,

a qui serait un sujet de découragement pour ceux qai

a sont l'objet de mes sollicitudes,., d Bonaparte demai^a

de nouveau des renforts; il terminait par ces mots:ffAa-

LITBB Il« GHAPtTBB IT. 839

« Jonrd'hni repos aux troupes, demain nous agirons. » Tandis qa*ii considérait sa position comme désespérée, son génie toat à coup se réveille et lui inspire une de ces pensées fécondes d'où dépendent l'issue de toute une campagne et le sort des États. Des marais aivironnent la place de Vérone au delà de l'Adige, et ils sont traversés par deux chaussées qui ai)outis8ent de Ronco, à quelques lieues au sud de Vérone, sur les positions occupées par l'ennemi. En combattant sur ces ctiaussées, le nombre ne peut rien, le courage et l'audace peuvent tout : ce champ de bataille est le seul où une poignée de braves poisse vaincre une armée ; c est celui que choisit Bonaparte. Il sort de Vérone le 14 novembre, par la porte du Sud, passe l'Adige à Ronco, revient au nord par les chaussées^ et ses colonnes s'apprêtent à déboucher sur les derrières de Tennemi ; mais elles sont arrêtées au pont d' Arcole sur l'Alpon, et Bonaparte voit en frémissant une partie des résultats de son habile manœuvre lui échapper* L'ennemi^ averti par une vive fusillade, accourt de Caldiéro ; une formidable artillerie défend la riveopposée : Augereau saint un drapeau, le porte sur le pont à la tète de ses braves ; mais une décharge épouvantable le ramène en arrière. Bonaparte voit toute la ligne ennemie s'ébranler; il faut, à tout prix, enlever le passage : ils'é- vietotre ianoe au galop, se jette à bas de son cheval, et, s'adres- soM^rte sant aux soldats tapis sur le bord de la chaussée, il s'é« crie : a Êtes-vous encore les vainqueurs de Lodi? d Puis, saisissant lui-même un drapeau, il ajoute : or Suivez votre général I » £t il se précipite sur le pont, au milieu d'une grêle de balles et de boulets. Ses généraux l'entourent : Lannes reçoit sa troisième blessure en le couvrant de son corps ; Mulron, aide de camp de Bonaparte, tombe mort à ses pieds. Une nouvelle décharge foudroie le pont; les soldats emportent leur général dans leurs bras : il faut renoncer à surprendre Tarmée ennemie avant qu'elle

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soit tout entière en ligne dans la plaine. Cependant le général Guy eux a trouvé un gué au-dessous d'Arcole; il passe l'Alpon et emporte le village par Taatre rive : alors le pont est franchi, et aussitôt commence une terrible bataille de deux Jours, Masséna, A«]^ereau et l'immortelle trente-deuxièmedemi-brigade rivalisent d'audace et d'efforts : -les Autrichiens^ à demi détruits, sont mis eo fuite. Bonaparte les fait poursuivre et rentre à Vérone^ triomphe. Il court sur-le-champ au-devant de Quasdanoviteh, qui a enlevé les positions de la Corona et de Rivoli et poussé Vaubois jusqu'à GastelNovo; il l'attaque de toutes parts et le ramène en désordre dans les gorges en Tyrol. La France, l'Italie furent de nouveau saisies d'admiration à la nouvelle de ces exploits presque fabuleux, et les deux Conseils, en déclarant, selon l'usage, que Tarmée d'Italie avait encore une fois bien mérité de la patrie, décernèrent à Bonaparte et à Augereau une récompense digne d'un âge héroïque : ils leur donnèrent, pour être conservés dans leurs familles, les drapeaux portés par eux au pont d'Arcole.

Cette immortelle campagne, qui en comprenait d^à quatre, aies compter par le nombre des armées détruites, n'était pas encore terminée : l'Autriche savait que Wuhnser était sans ressource dans Mantoue, et livrer cette place c'était abandonner la Lombardie à la France. Enhardie par les succès du prince Charles contre les ar^ mées du Rhin et de Sambre-et-M«use, elle résolut de disputer encore une fois l'Italie à Bonaparte. Tandis qu'elle rendait une autre armée au général Alvlnzi, elle pressa le pape d'envoyer la sienne au secours de Mantooe et \m donna Colll pour la commander. Bonaparte avait donc, vers la fin de 1 796, à se défendre à la fois contre l'armée du pape, oontre le mauvais vouloir de Venise^ qui ne ga^ dait qu'à regret la neutralité, et contre soixante-dnf mille hommes conduits par Alvinzi et Provéra. Mais lai*

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même avait enfin reçu les renforts depuis si longtemps at« tendus et comptait environ quarante-cinq mille liommes sous les armes. Il s'avance d'abord de sa personne Jus-* qu'à Bologne et prend les mesures nécessaires pour âr* rèter les troupes des États romains ; puis il remonte aus* sitôt vers t'Adige et rentre sur le théâtre d'une lutte acharnée, qu'il allait terminer par des coups décisifs. Vingt* mille hommes s'avançaient sous Provéra par le bas Adige, dans le but de communiquer avec l'armée du pape et' Mantoue ; Alvinzi, avec quarante-cinq mille soldats, des^^ Marche cendait du Tyrol par la route qui passe au pied du Monté- ^^^ J^^^^g baido, dont la chaîne sépare le lac de Garde de l'Adige ; .„/f.;^^ un corps peu nombreux suivait la rive opposée* La cé-î /^^î^ou lèbre position de Rivoli était la seule qui pût arrêter Tennemi entre le lac et le fleuve. Cette position, formée par' un plateau demi-circulaire qui domine la route, est do- ' minée elle-même par les hauteurs du Montébaldo, qui * s'étendent autour en amphithéâtre, mais où il est impos-' slble de conduire de l'artillerie , l'Adige baigne le pied du plateau, et la route le traverse en s'y élevant par divers replis qu'elle fait sur elle-même.

Bonaparte, pénétré de Timportance de cette position, y plaça Joubert, qui eut à soutenir le premier choc de Taroiée autrichienne et résista héroïquement avec dix mille hommes contre quarante-cinq mille. Des nuées victotres d'ennemis avaient gravi les hauteurs du Montébaldo^ BoMMrte qui domine le plateau en demi-cercle, et ils descendaient et à saSitde cet amphithéâtre en colonnes serrées. Une masse for- Janvier nVr. midable de cavalerie et d'artillerie s'avançait par la route sur le plateau; un autre corps, sous les ordres de Lusi^ gnan, le tournait pour fondre sur les derrières de l'armée française, et du bord opposé Vukassoviteh faisait tomber sur elle une pluie de feu. Mais ce plateau était le seul point où Bonaparte pût empêcher la jonction des divers corps de l'armée ennemie. Il ranime par sa présence les

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soldats de Joubert, épuifiés par quarante-huit heures de combat, pointe ses canons sur les colonnes qui desc^dent du Montébaldo et les renverse. Notre gauche fléchit; mais la 14^ demi-brigade et Tinvincible 32^, Masséna en tète, refoulent TennemL Leclerc, Lasalle se précipitent avec leurs escadrons sur la formidable colonne d'artillerie et de cavalerie qui déjà déboudiait par la route sur la droite du plateau ; une brigade d*artillerie légère tire à aiitrallle et renverse pèle*mèie sur ta pente rapide chevaux et canons. Atmaparteet Joubert retombent alors sur le demicercle de Tinfanterie autrichienne, dont les masses ralliées revenaient fondre sur le plateau envahi ; ils les chargent^ las mitraillent, les foudroient : cette infanterie fuit dans les montagnes. Le corps autrichien de Lusignan, qui devait couper les Français, est coupé lui-même et met bas les armes. La bataille est gagnée. Bonaparte et Masséna courent aussitôt au-devant de Provéra, qui avec ses vingt mille hommes avait passé TAdige et marchait sur Mantoue pour la délivrer; une seconde bataille se livre en face du faubourg Saint-George tandis que Serrurier repousse une attaque furieuse tentée par Wurmser pour forcer ses lignes, et le rejette dans Mantoue. Provéra, cerné par Victor, Masséna et Augereau, dépose les armes avec six mille hommes. Ces journées prodigieuses après tant de prodiges décidèrent du sort de cayitiiiatioa ritatic. Wurmser, réduit à Textrémité dans Mantoue, ^^1 FéTriê?' rendit au jeune vainqueur la ville et son épée (1).

Le pape cependant avait rompu Tarmistice conclu Faenée précédente avec la France, et il avait envoyé une division de son armée sous les murs de Mantoue; Bonaparte marcha au-devant d'elle et la rencontra près d'Imola, à Castel-Bolognèse : elle essaya de combattre et fut aussitôt

(1) Bonaparte ne voulut pas la recevoir, et, en rédigeant les articles de la capitulation de Mantoue , il se roontra plein de considé* ration et de courtoisie à l'égard dn maréchal Wurmser

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mise en déroute. Le reste de la petite armée pontificale, soas les ordres du général autrichien GoUi, défendait Ancône; à l'approche d'une division française commandée par le général Victor cette faible troupe se rendit ; Ancône ouvrit ses portes, sa citadelle et ses arsenaux tombèrent au pouvoir des Français. Bonaparte et son armée marchaient sur Rome, et déjà il était arrivé à Tolentino lorsque le pape offrit de négocier. La paix fut signée dans cette ville entre le saint-père et la république fran- d( Toîéntioo çaise. Par ce traité le pape cédait à la France Avignon et laVl^noe lecomtat Yenaissin, ainsi que le territoire connu sous le ^ ^^S^^' nom de légations de Bologne, de Ferrare et de Bomagne ; il s*a[igageait à payer une nouvelle contribution de guerre de quinze millions et à renoncer à toute alliance avec les ennemis de la r«^publique.

Bonaparte réunit ensuite ses conquêtes au sud et au nord du Pô, dont il avait fait la république dspadane et transpadane, en un même État, formé de la Lombardie, du territoire de Modène et de Reggio et des Lé* gâtions : il nomme ce nouvel État République cisalpine Fonnauon et lui donne Milan pour capitale. Libre d'autres soucis» larépubuque il médite de vaincre Tarchiduc Cbarles, généralissime des "97. armées impériales, comme il a vaincu déjà Beaulieu, Aivinzi et Wurmser. De nombreux renforts lui étaient arrivés de France, et il se dirige sur la capitale de l'Autriche^ ayant en tête rarcbiduc. Masséna commande son avant-garde et s'immortalise par les victoires de la Piave etduTagliamento. La Garinthie, laSiyrie, leFrioul sont rapidement conquis ; la terreur règne à Vienne, et Bonaparte, pour pénétrer plus avant, attend les mouvements des autres armées. Hoche commandait celle de Sambreet-Meuse; Moreau avait gardé l'armée du Rhin; leur marcbe est tardive, et Joubert, laissé en arrière par Bonaparte avec trois divisions pour défendre le Tyrol, est battu par le prince Gharles et contraint à la retraite. Bo-

Armistice

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naparte, instruit de ce reyers, envoie à Vienne pour traiter de ia paix ; un armistice est conclu à Léoben. Le général

AvriMm f'^^ÇA^)^ cédait à l'Autriche Mantoue et une partie de la Lombardie yénitienne, qu'il avait conquise, en échange de la république cisalpine, qu'il avait fondée.

Le Directoire rejeta ces préliminaires, et Bonaparte montra Venise à l'Autriche comme dédommagement de Mantoue. Le sort de cette république fut décidé. Les émissaires français soulevaient partout le peuple vénitien contre le sénat; mais à Vérone, ville dépendante de Venise, la garnison française fut égorgée dans une révolte populaire. Bonaparte, qui ne cherchait qu'un prétexte pour légitimer un acte spoliateur, éclate avecfurear contre la république vénitienne et demande vengeance du massacre de Vérone; rien ne peut le fléchir. Le général Baraguay-dlllîers marche sur Venise; le sénat, épouvanté à son approche, vote une constitution pour apaiser Chute ^ft France et se dissout : les Français prennent posses-

^%Mée*' sion de cette ville fameuse, qui sera livrée par eux à

^ ^ nvr!^*^' TAutriche en échange des États belges et lombards. Bonaparte signe enfin avec cette puissance (17 octobre 1797), Pau À Gampo-Formio, une paix avantageuse et célèbre dont il

''porroio!^ dicte les principales conditions. Par ce traité l'empereur abandonne à la France la Belgique et Mayence, et consent à ce qu'elle entre en possession des tles Ioniennes, ancienne dépendance de Venise ; il reconnaît la République cisalpine, à laquelle sont ajoutées au nord la Valte- Une et à Test une partie du territoire lombard-vénitien. La France, en retour, livre à l'Autriche, à l'est de TAdige, Venise avec plusieurs des possessions vénitiennes, l'Istrie, la Dalmatie et les bouches du Gattaro. La délivrance du générai La Fayette et de ses trois compagnons d'infortune, exigée par Bonaparte, fut un des articles de la paix de Gampo-Formio. Toutes les puissances confédérées, excepté TAngleterre, avaient mis bas les armes, et

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la France étendît son système en Europe : une grande partie de ses frontières était couverte par des États républicains^ depuis la mer du Nord jusqu'au golfe de Gènes. Un congrès s'ouvrit à Rastadt aussitôt après la signature' de la paix avec l'Autriche pour en négocier une autre avec l'empire germanique.

La France apprit avec enthousiasme le glorieux traité de Campo-Formlo ; mais déjà dans son sein la dissidence inévitable entre le pouvoir exécutif et le pouvoir électoral avait éclaté avec violence à la suite des élections de l'an V. Éicetion« Elles furent faites, la plupart^ sous l'influence du parti ^i'^^réactionnaire, qui, sans conspirer au renversement de la constitution nouvelle, voyait cependant avec effroi le pouvoir entre les mains d'hommes qui avaient participé aux excès et aux crimes de la Convention. Pichegru, dont les intrigues avec les princes de la maison de Bourbon n'étaient pas encore divulguées, fut porté avec enthousiasme à la présidence du conseil des Cinq-Cents et Barbé- Marbois à celle des Anciens. Le sort ayantdésigné Le Tourneur comme membre sortant du Directoire. Barthélémy, homme probe et modéré, le remplaça. Il était, ainsi que son collègue Camot, opposé aux mesures violentes ; mais ils ne formaient dans le gouvernement directorial qu'une minorité impuissante à côté des triumvirs Barras, Rewbel et La Réveillère, qui entrèrent bientôt en lutte avec les , tptte deux Conseils. Ceux-ci votèrent des lettres de grâce pour di^^JJ^ plusieurs catégories de proscrits. Un député lyonnais, Camille Jordan, plaida ensuite avec une grande éloquence, au conseil des Cinq-Cents, pour la liberté des cultes et pour leur rétablissement dans la république ; sa proposition fut accueillie et votée malgré la vive opposition du parti révolutionnaire. Le même député demanda Tabolition du serment civique qu'une loi fatale avait exigé des prêtres : la loi fût maintenue, mais à une très^faible majorité. Cette dernière question était aux yeux des direc-

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teurs d'une importance capitale; ils comprirent que les élections nouvelles donneraient inévitablement la majorité à leurs adversaires. Il y avait sans doute parmi ceuxci, dans les deux Conseils, quelques royalistes, des réactionnaires ardents, qui appelaient de tous leurs vœux le retour des Bourbons; mais il est constaté par les témoignages les plus dignes de foi que Timmense majorité des hommes dont les noms étaient sortis de Turne électorale depuis la promulgation de la Constition de Tan III, étaient étrangers au parti royaliste. ^ Ils désiraient, a dit de nos jours un éminent et impartial historien, non pas une contre-révolution, mais Tabolition des lois révolutionnaires encore en vigueur; Us voulaient la paix, une liberté réelle et Tépuration successive d'un Directoire héritier de la Convention.... Mais le Directoire se reconnaissait incompatible avec les modérés comme avec les royalistes (]). » Il affecta de les confondre; il les présenta tous, indistinctement et faussement, comme conspirant au renversement de la république et au rétablissement de la monarchie; il se posa enûn comme le défenseur et le vengeur des principes de 1789 et désintérêts nés de la Révolution, tandis qu'il ne songeait qu'à se défendre luimême au mépris de la justice et de Tordre légal, et qu*à perpétuer le pouvoir aux mains des hommes de la Convention et des héritiers de leur politique violente et révolutionnaire.

S*il y avait peu de royalistes dans les deux Conseils, on y rencontrait également peu d'hommes déterminés à provoquer de la part des directeurs contre leurs collègues un recours à la violence; mais un grand nombre de leurs membres avaient siégé dans la Convention ; il était na-

(1) De Barante, Vie de Royer-Collard , t. i*', p. 42, M. Royer- CoUard, membre alors des €inq>CeDto, témoifinne anssi de ce foit. Il B^âYait fait encore loi- même aucune alliaace avec les royalistes ; mais ce fut Todieuk coup d*ÉUt de fructidor qui le jeta dans leur parti.

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turel qu'ils craignissent une .réaction trop complète; ils affectaient un grand zèle pour la constitution, et ils fondèrent à rhôtel de Salm^ sous le nom de club constitua tionnel, une réunion très-opposée par son esprit et sa ^'^^^^ tendance à celle de Tiiôtel de Clichy^ où se réunissaient ^^J^^jjpjj les députés les plus ardents du parti réactionnaire. Ces derniers furent les auteurs de quelques résolutions hardies, moins blessantes pour les directeurs que pour les chefs des armées et surtout pour le jeune vainqueur de ritalie.

Les Conseils voyaient avec inquiétude les généraux révolutionner TËurope, soulever partout chez les peuples voisins la démocratie contre les classes supérieures, fonder ainsi des républiques en créant à Tétranger un état de choses incompatible avec Tesprit des vieilles monarchies et qui menaçait de rendre avec les puissances la guerre perpétuelle. Les Cinq-Cents, sur la proposition d'un membre de la réunion de Clichy, réclamèrent avec vivacité, pour le pouvoir législatif, le droit d'intervenir dans la question de guerre et de paix. Aucun chef d'armée n'avait eu, à cet égard, une conduite plus loierfenuon

' "o » , ,, Ae l'armée

arbitraire que le général Bonaparte, qui avait négocié ^ ^^^^^ de son autorité privée plusieurs traités et les préiimi- toKSeiire. naires de la paix de Campo-Formio. Il s'offensa des prér tentions des Cinq-Cents et exhorta le gouvernement à chercher au besoin sa force dans Tarmée contre les Conseils et contre la presse réactionnaire. Il envoya même à Paris pour servir d'instrument passif à la politique du Directoire le général Augereau, l'un des hommes les plus braves de son armée, mais nullement scrupuleux sur l'emploi des moyens violents et disposé à voir dans l'épée la raison suprême des États, au dedans conime au dehors. Le Directoire lui donna le commandement de la division militaire de Paris. La crise approchait du dénoùment. « Quelques membres influents des deux Conseils, Portails

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SiméoD, Matthieu Dumas, •négocièrent pour obtenir ie changement de plusieurs ministres comme garantie que le Directoire tiendrait une conduite plus conforme aux disposition delà majorité. Tout au contraire le Directoire appela au ministère des hommes hostiles au parti modéré : dès lors un coup d'État paraissait inévitable (t). d Les directeurs firent approcher plusieurs régiments de la capitale, au mépris de la constitution, qui voulait que les troupes ne fassent appelées qu'en vertu d'une loi dans Paris , ou près de Paris , à une distance de moins de douze lieues. Les Conseils éclatèrent en reproches et en menaces contre le Directoire , qui produisit pour y répondre des adresses foudroyantes des armées aux Anciens et aux Ginq-Gents. En vain les directeurs Camot et Barthélémy tentèrent d'apaiser l'orage près d'éclater; leurs trois collègues refusèrent de les entendre et fixèrent d%ut '^ ^^ fructidor pour l'exécution de leurs projets coupais fruaidor ^'^^* Pendant la nuit qui précéda cette journée Augereau ^\^^^/ fit entrer douze mille hommes dans Paris, et dès le matin, sous son commandement , ces troupes , avec quarante pièces de canon, cernèrent les Tuileries, où siégeaient les Conseils. Les grenadiers de la garde des Conseils se joignirent à Augereau, qui arrêta de sa main le brave Ramel, commandant de cette garde , et le général Pichegru , président des Cinq-cents. Un grand nombre de membres des Conseils furent écooduits ou saisis par la force armée, au moment ou ils se rendaient aux Toileries. Les directeurs fixèrent l'Odéon et TÉcoie de Médecine pour le nouveau lieu de rassemblement des Conselis mutilés ; ils publièrent en même temps une lettre de Moreau, qui révélait la trahison de Pichegru , et ils firent nommer une commission chargée de présenter une loi de salut public. Par cette loi votée d'urgence, quarante-

(1) De Barante, Vie de Royer-Collard, le 18 fructidor, t. !•', p. 43.

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