‹ Histoire de FranceChapitre 47 sur 101 · LIVRE ir. GHÀPITUft IV · texte numérisé non relu

LIVRE ir. GHÀPITUft IV

deax membres du conseil des Cinq-Cents, onze membres Proierip. de celui des Anciens et deux directeurs , Camot et Barthélémy, furent condamnés à être déportés sur le sol meurtrier de Sinnamari. Parmi ceux qu'atteignait cette odieuse mesure on distinguait Pichegru , Boissy d*Anglas, Camille Jordan, Pastoret, Siméon, Barbé-Marbois, Lafon-Ladébat, Portails et Tronçon du Coudray (l). Les directeurs sacrifièrent en outre les rédacteurs de trente -cinq journaux à leurs ressentiments ; ils firent rapporter les lois votées en iietveur des prêtres et des émigrés , et cassèrent les élections de quarante-huit départements. Merlin de Douai et François de NeufchÀteau furent désignés pour successeurs de Carnot et de Barthélémy, destitués par leurs collègues et proscrits.

La journée de fructidor ruina le parti constitutionnel considéraet modéré et releva le parti révolutionnaire ; elle fit sur lê

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avorter pour longtemps les espérances d'un retour aux formes régulières du gouvernement représentatif et du régime légal ; elle rétablit la dictature et arma le Directoire d'uu pouvoir absolu ; mais elle fit reposer celui-ci sur la force brutale et le dépouilla de toute l'autorité morale du droit et de la justice. Cet odieux attentat fut une révolution véritable ; il apprit à l'armée à intervenir par la violence dans la politique intérieure; il établit contre les directeurs un précédent redoutable en préparant l'opinion à sanctionner plus tard pour les perdre l'emploi des moyens violents auxquels ils avaient eu recours pour s'affermir, et le 18 fructidor porta ainsi dans ses flancs le 18 brumaire.

Cette révolution précéda de peu de jours seulement le

(1) Les directeurs, par les instructions qu'ils donnèrent soit aux officiers chaînés de les conduire jusqu'au lieu de leur destination , &oit à ceux qui les y reçurent, firent voir que leur Intention, en les déportant, avait été de les vouer à la mort ( Yoy. De Baranle, Hisi. du Directoire, t. II, passim. )

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traité de Campo-Formio, <iui avait été signé par Bonaparte contre le vœu formel du Directoire. Geux-d ne virent pas sans alarmes un jeune général, porté au premier rang par une seule campagne, décider arbitrairement de la guerre et de la paix ; mais Topinion publique exaltait ses triomphes/ et le Directoire, n*osant le désa^ooer, voulut paraître s*associer à sa gloire en lui accordant à Paris des honneurs qui n'a valent jusqu* alors été rendus â aucun général, trioro*^* Il fit préparer une fête triomphale pour la remise dn

au|^j!ïïjem- traité de Campo-Formio. Cette imposante cérémonie eut An VK lieu dans la cour du palais du Luxembourg. Les direeteurs, revêtus du costume romain, siégeaient, au fond de la cour, sur une estrade, au pied de Tautel de la Patrie? Autour d'eux étaient assis les ministres , les ambassadeurs, les membres des deux Conseils , les cheis des administrations, et sur leurs têtes flottaient d'innombrables drapeaux enlevés à Fennemi. Tous les cœurs étaientdaos l'attente, lorsque, au son d'une musique guerrière, au bruit répété du canon et des acclamations de la foule, s'avança celui qui avait signé cette paix glorieuse après ravoir conquise. Bonaparte parut accompagné de Talleyrand, ministre des affaires étrangères. La taille grêle et délicate du jeune vainqueur offrait un contraste avec ridée que ses exploits gigantesques avaient fait eoncevoir de sa personne ; mais son œil ardent , son visage paie et romain, dont tous les traits portaient l'empreinte d'uoe volonté forte et du génie, produisirent, dit-on , sur l'assemblée une sensation indéfinissable. A sa vue les cris de Vive la république! Vive Bonaparte ! se confondirent. Talleyrand, dans un discours concis, loua la modestie do vainqueur, qui rapportait toute sa gloire non à lui , mais à la Révolution, aux armées , à la France. Bonaparte prit ensuite la parole. « Citoyens, dit-il, vous êtes parvenus à « organiser la grande nation , dont le vaste territoire

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c D'est circonscrit qae parce que la nature eu a posé elle- ( même les limites.... J*ai i'honnearde vous remettre a le traité signé à Campo-Formto et ratifié par i'eropea reur. La paix assure la liberté, la prospérité et la gloire c de la république. Lorsque le bonheur du peuple frant çais sera assis sur de meilleures lois organiques, TEuff rope entière deviendra libre. » Des acclamations unanimes suivirent ce discours; Barras y répondit : il montra l'Angleterre au jeune héros comme un champ fécond en nouveaux lauriers. Un hymne patriotique du poète Chénier fut ensuite chanté en chœur, avec accompagnement d'un magnifique orchestre et du canon ; puis Joubertet A ndréossy s'avancèrent, portant un drapeau, hommage de la république à l'armée d'Italie. Ses exploits et ses conquêtes y étaient gravés. Là étaient rappelés en lettres d'or les cent cinquante mille prisonniers, les soixante-six drapeaux, les onze cent pièces d'artillerie enlevés à l'ennemi, les nombreux traités imposés aux souverains de l'Italie, le tribut des chefs-d'œuvre de ses grands maîtres , enfin soixante-sept combats glorieux et dix -huit victoires en bataille rangée.

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