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CHAPITRE V

De la paix de Campo-Formio à rétablissement du Consulat.

17 octobre 1797 (26 vendémiaire an VI) 10 novembre 1799 (10 brumaire an VTII).

Le traité de Campo-Formio et le coup d'État de fructidor élevèrent pour peu de temps à son apogée le gouvernement du Directoire , dans lequel Treilhard succéda bientôt à François de NeufchÂteau ; mais sa force, plus apparente que réelle, reposait tout entière sur l'armée, et

S52 QUATBitaB ÉPOQUE.

cette poi^tlon fausse et dangereuse fatoit aux directeurs une obligation de maintenir ies troupes sous les drapeaux et de continuer la guerre. Barras , en haranguant Bonaparte, lui avait montré TÀDgleterre comme une nouvelle conquête pour sed armes ; un projet de descente avait été médité; maisilfiit bientôt abandonné, et l'invasion de rÉgypte résolue au mépris de la neutralité gardée par la Bonaparte Portc Ottomauc. Bonaparte eut le commandement de le comman. ccttc expédition aveutureusc , qui rassurait le Directoire

dément *^ ' ^

rexpédition ^^ éloignant Thommequ'il redoutait le plus, tandis qu'elle d'Egypte, convenait également au jeune conquérant de lltalie, en lui offrant une occasion heureuse d'occuper de lui la renommée et d'ajouter encore à l'idée immense que la delîïitte *''*"^^® eLvelt conçue de ses talents. Il partit de Toulon 1798. avec une flotte de quatre cents voiles et une partie des troupes d'Italie. Plusieurs savants célèbres raccompagnèrent dans cette expédition. La flotte mit à la voile le 19 mai 1798, soas le commandement de l'amiral Bnieys, et s'empara d'abord, contre le droit des gens et sans aucun prétexte sérieux , de Tile de Malte, qui appartenait encore à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ; puis elle cingla vers rÉgypte.

L'île de Malte était le troisième État violemment envahi par les armées françaises depuis la paix de CampoagreSl^c ^ormio. La politique du Directoire, oppressive à TintéuoomIIc" rieur, agressive et révolutionnaire au dehors , le con- Direclôire. duisait à uoc gucrpc perpétuelle, tandis que l'anarclue, les troubles civils, les banqueroutes successives» les réquisitions forcées, la stagnation du commerce et la ruine du crédit public avaient tari toutes les ressources de la France. Le gouvernement était aux abois et ne pouvait subvenir par des voies légitimes aux dépenses de l'État et à l'entretien des armées; il eut recours à des moyens illégaux et violents, à des procédés injustes et spoliateurs envers les nations étrangères. Il convoita le trésor de la

de Malle.

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ville de Berne, évalué à plus de trente millions, et les richessses renfermées dans la ville de Rome, ainsi qne tontes les ressources, soit en numéraire , soit en matériel de guerre, que possédait le Piémont. Ces trois États étaient alliés de la France ; le directoire trouva des prétextes pour &'en rendre mattre. Depuis longtemps il avait état soulevé, dans la Suisse, l'esprit révolutionnaire, a Lali- deiasuiMt. berté cependant ne manquait pas aux Suisses, dit un auteur déjà cité; mais, dans la plupart des cantons , c'était à l'aristocratie qu'étaient confiées l'autorité supérieure,

l'administration et la garantie des droits Malgré cette

inégalité dans la répartition des droits politiques la Suisse avait topjours conservé l'amour de la vraie liberté, c'està-dire de la justice, le respect de la religion, de l'autorité de famille et de la propriété, une certaine modération, un sentiment d'humanité, des mœurs bonnes et douces, et surtout un grand amour de la patrie, un souvenir fier de son antique gloire et des combats livrés pour défendre son JDdépendance.. .. L'aristocratie avait dépouillé son ancien caractère féodal, même dans les cantons où elle était la plus puissante, et n'exerçait d'autorité que par les magistratures qu'elle occupait (i). d La révolution française néanmoins éveilla en Suisse le désir de l'égalité, non-seulement dans les cantons où l'aristocratie dominait, mais surtout au sein des populations dont les territoires avaient été conquis ou cédés à diverses époques^ et qui, pour cette cause, étaient considérés comme populations sujettes et ne jouissaient pas des mêmes droits que les cantons où elles se trouvaient incorporées. C'est ainsi que le pays de Vaud était sujet du canton de Berne, et les Vaudois, comme tous les peuples sujets des autres cantons, s'indignaient de leur infériorité politique.

Le Directoire offrit ouvertement (janvier 1798) sapro-

(1) De Barante , Histoire du Directoire ^ t. III, p. 29 et 30.

S66 QUATKlilfB VPOQUK.

naoée et déclare la guerre à la France (novembre 1798). Le Directoire dirige aussitôt sur Naples Tannée d'Italie; mais, avant d'envahir le sud de la Péninsule , il veut affermir sa puissance dans l'Italie du Nord et se décide à enlever le Piémont à un prince inoffensif, à Charles-Emmanuel lY, fils et successeur de Victor-Amédée III, et fidèle observateur des traités conclus par son père avec la France. Le Directoire met en œuvre tout ce que peut imaginer l'esprit de ruse et de violence pour réduire ce prince au désespoir. Antérieurement déjà ii avait excité aux portes du Piémont, dans la ville de Gènes, un mouvement révolutionnaire qui livra le pouvoir aux démocrates, et l'État de Gênes était devenu, sous la protection de la France , la république ligurienne. Une révolution semblable fut provoquée dans le Piémont par les agents fran- Envabine- çais. Le Dircctoiic y fomenta partout la rébellion, soutint du Piémont les ré voltés, défendit au roi de les soumettre et de les punir, du r^yjoœe le força de livrer la ville de Turin , la cidadelle et les ar- ^eu^^^iciies senaux^ puis s'empara sous divers prétextes de ses pla- >«,%J^angis. ces fortes (décembre 1 798) . Charles-Emmanuel enfin, déjà ^^dn^i"'^ dépouillé de son pouvoir, fut réduit à abdiquer le trône da qûi^seTêô^è Piémont; il abandonna ses États du continent à l'armée sardSUe. française , commandée par Joubert , et se retira avec sa ^''^' famille dans Tiie de Sardaigne, dernier débris de sa couronne^ où il protesta contre l'indigne violence qu*il avait subie.

Une armée française commandée par ChampioDuet marchait alors sur Naples ; elle entra dans cette capitale après un combat acharné contre les lazzaroni , dont elle fit on grand carnage. Championnet vainqueur déclara les Bou^ bons de Naples déchus du trône, et contraignit le rofà EipuisioD se retirer en Sicile. Le royaume de Naples devint une rédes^Deux- publIquc commc les autres États de la péninsule ; il reçut le nom de République parthénopéenne, et toute Tltalie fut pour quelque temps au pouvoir des armées françaises.

LITBB n. GHAPITBS Y.

de l'an VI.

Noavelies violences

Le gonvemeinent direetorîai, qaokfoe victorieux aa dehors et armé en apparence d'an pouvoir arbitraire, était fort ébranlé à Tintérienr. Le coup d'État de fructidor avait comprimé la réaction des royalistes et des liommes moderéS) en excitant de nouveau les espérances des démagogues et des jacobins. Les élections de Tan VI se firent sous leur SîjSgiqVÎS' iofluenee , dans un sens contraire à celles de Tannée pré* cédente, et ne furent par moins hostiles au Directoire. II les annula en grande partie , aspirant à maintenir l'équilibre entre les factions, et, mettant en œuvre des procédés despotiques, il choisit arbitrairement dans beaucoup de départements les élus de la minorité électorale. Il ne Directoire, put cependant empêcher beaucoup de démocrates exaltés • de siéger aux Cinq-Cents et d'y rendre leur parti domi- Dant. S'étant lui-même placé en dehors de la légalité au 18 fructidor, il était impuissant à réprimer les violences autrement que par d'autres violences , et il acheva de soulever contre lui l'opinion . Déjà il s'était aliéné la classe nombreuse des rentiers par la dernière banqueroute, qui réduisit les intérêts de la dette nationale au tiers consolidé ^ et bientôt, comme il arrive toujours à un gouvernement faible et décrié^ on le rendit responsable de toutes les disgrâces et de tous les malheurs de l'État. Sa situation devenait de plus en plus périlleuse, et^ si les ressources du gouvernement paraissaient immenses, les obstacles contre lesquels il lui fallait lutter étaient plus grands encore. Il avait à administrer, outre la France, la Hollande (l), la Suisse, toute Tltalie, partagées en autant de républiques, et, par défaut d^organisation , il n'en pouvait t rer que peu de secours, soit en hommes, soit en argent. Il fal-

Dlfacoliés

da Directoire.

(1) Une révolution s'était accomplie en Hollande par le parti démocrate ou patriote, comme dans les autres pays qii^occu paient nos armées. La statboudérat avait été aboli , et les Provinces-Unies , devenues la République btUave , avaient un gouvernement à peu près senoblable à celui de la république française.

858 QUÀTEIftlIB ÉPOQOK.

lait pourtant les défendre , et pour eela combattre sur une ligne qui s'étendait sans interruption do Texel à l'Adriatique, et qui, attaquée de front par l'Autriehe et la Russie, était prise à revers par les flottes anglaises. Cetait de la France seulement qu'il était possible de tirer ies forces nécessaires à la défense d'un si vaste territoire. Quarante mille de nos meilleurs soldats et le plas graDd capitaine étaient en Egypte; les autres armées étalait diminuées de moitié par l'effet des maladies et des désertions; la conscription, mise alors pour la première fois en usage, n'avait point comblé les vides et rempli les cadres ; les rentrées du trésor se faisaient attendre et le déficit augmentait sans cesse ; des luttes d'amour-propre et de déplorables conflits entre les autorités civiles et militaires des pays conquis rendaient fort lente et difficile Tei^écution des ordres du gouvernement; l'insubordination des troupes, qui se sentaient nécessaires, la rspacité d'une multitude d'agents , les principes Incendiaires d'une foule de démocrates disséminés dans les nonrelles républiques, tout faisait craindre, en cas d'échec ou de revers, l'insurrection de leurs populations irritées. Néanmoins le rétablissement de la paix était impossible; car l'Autriche et l'Angleterre redoutaient encore plos les doctrines révolutionnaires de la France que ses armes , et il était hors de doute que les bataillons russes et antricfaleos allaient bientôt déboucher en Hollande, en Suisse et eo Italie.

Le Directoire résolut de les prévenir. Il dissémina nos armées des bouches du Rhin au golfe de Tarente ; mais,

Défectoeu ^^ lieu de concentrer des masses imposantes sur un point ^^ principal , il voulut prendre l'offensive sur tons les

""tw."*** points à la fols, avec deux cent mille hommes contre trois cent mille, et il ne put résister nulle part. Dix mille hommes gardèrent la Hollande sous le général Brune; Vèpmée du Rhin fut donnée à Bernadette ; celle du Daoulie ,

LIVBE II. CHÀPITAB V. 35^

forte de quarante mille hommes, à Jour dan; Masséna occupa la Suisse avec trente mille soldats ; Schérer reçut l'armée d'Italie, portée à cinquante mille hommes; Macdooald eut celle de iNaples. Cétait sur le Danube et sur l'Âdîge qu'allait tomber Teffort principal des Autrichiens ; car ils voulaient, avanttout, arracher la chaîne des Alpes aux Français. Le Directoire n'attendit point renneml, et Jourdan reçut Tordre de se porter en avant , de traverser le Rhin et de s'avancer par la forêt Noire jusqu'aux sources du Danube. Il fut en même temps enjoint à Schérer de franchir TAdige et les défilés du Tyrol. Tous deux ol)éirent en présence d'ennemis fort supérieurs en Dombre , et bient6t les désastres des armées mirent à découvert les vices du plan de campagne. L'archiduc Charles, avec soixante mille hommes , arrêta Jourdan au moment où il s'avançait entre le Danube et le lac de Défaite

n ..«"•. ^1 « . de Jourdan

Constance, et lui fit subir un échec; peu de jours après "jgjjj^îjj'- Jourdan livra bataille à Stockach, auprès de la rivière de ee nom et au point stratégique où se croisent les routes de Souabe et de Suisse : le prince Charles fut vainqueur, et larmée française se replia sur le Rhin, à l'entrée de la forêt Noire.

Schérer commençait alors son mouvement sur l'Adige; il opérait avec cinquante mille hommes environ contre k)ixante mille Autrichiens; vingt-cinq mille hommes de renfort allaient rejoindre l'ennemi , et déjà le redoutable 5ouvarow approchait avec soixante mille Russes. Le t)aronde Kray, excellent général , commandait l'armée lutrichienne dans la haute Italie, en attendant Mêlas et îouvarow. Schérer, à l'armée d'Italie, succédant au vain- Bcvers [ueur d'Arcole et de Rivoli , avait une tâche doublement VïîX.^ lifficile à remplir, et apportait dans le commandement les défauts qui faisaient contraste avec les brillantes [ualités de son prédécesseur : il n'avait su captiver ni 'affection ni la confiance du soldat ^ et le sentiment de

360 QUATfilÈlfB BPOQDE.

son impopalarité ajoutait encore à l'irrésolotion naturelle de sou esprit. Après avoir longtemps hésité , il tenta de franchir TÂdige avant de s*ètre emparé de Vérone, mais dPI^!^r il Alt battu dans les champs de Magnano, perdit succès- AnlfiTM; sivement, dans une multitude de combats malheureux, les lignes de TAdige, do Mincio et de TAdda, etenûot poursuivi par les malédictions de son armée, réduite à vingt mille hommes, il remit le commandement à Moreau.

Cet illustre général , en disgrâce auprès du Directoire, avait été nommé simple général de division sons Schérer, et plusieurs fois il avait seul , dans celte funeste campagne, préservé Tarmée d'une totale destruction. Il fit preuve de dévouement et de patriotisme en acceptant le commandement lorsqu'elle était réduite à une poignée d'hommes , et que les Busses , réunis aux Autrichiens, semblaient n'avoir plus qu'un seul coup à porter pour l'anéantir. Jamais Moreau ne déploya plus de talents, ne montra plus de sang-froid , de présence d'esprit et de force d'àme, que dans la situation terrible où l'impéritie de Schérer avait jeté l'armée. Avec vingt mille hommes seulement contre quatre-vingt-dix mille, Il ne se laissa point ébranler et fut d'un sang-froid imperturbable, a Ge calme , a dit de nos jours l'historien de la Révolution , était autrement méritoire que celui qu'il déploya lorsqu'il revint d'Allemagne avec une armée de soixante mille retraite hommes victorlcux ; et pourtant il a été beaucoup moins

dei'armée ,.,, , •. \ . « .

MÔ?na ^él^^i'é • ^^^ ^'^ passions influent sur les jugements i7«9. ' contemporains (l ) I » Moreau couvrit d'abord Milan, puis se mit en marche sur deux colonnes pour repasser le Pô, gardant à chaque station une attitude imposante. Il réunit ses forces au-dessous d'Alexandrie , au confluent du P6 et du Tanaro ; là , au pied des montagnes de Gènes ,

(1) Thiers » HisUnre <ie la JtévoliUion frcmçaue.

LITRB lî. GHAPITBB V. 361

il s'arrêta dans une position admirable. Il occupait les places de Casai, Valence, Alexandrie, et avait une chaîne de postes sur les deux fleuves; d'une part il gardait ses communications libres avec la France, d*autre part il touchait à la Toscane, par où devait déboucher Tarmée française de Rome et de Naplés , que Macdonald ramenait à mardies forcées sur les Alpes. La jonction des deux armées , sous deux chefs tels que Macdonald et Moreau , permettait d'affronter l'ennemi et pouvait changer encore les destinées de la campagne.

Le jour même où Moreau commençait sa belle retraite AManiiiat fat marqaé par une exécrable violation du droit des gens teutfJirer contre les plénlpoteutiaires français à Rastadt. Le con- àRsfiUdt. grès rassemblé dans cette ville ne s'était pas dissous ; car la France , alors en guerre avec l'empereur, était encore en paix avec les princes de l'empire germanique ; dependant un grand nombre de ceux-ci cédaient déjà à l'influence de rAotriche et avaient rappelé leurs députés, lorsque le Directoire crut devoir aussi rappeler les siens » et donna Tordre aux plénipotentiaires Roberjot, Bonnie et Jean Debry, de quitter Rastadt. A leur sortie de la ville ils furent suivis par des hussards autrichiens et massacrés. Jean Debry seul, couvert de blessures^ échappa à la mort. Cet attentat demeura impuni , et le Directoire décréta la vengeance; mais elle devait être pour longtemps ajournée, et la campagne s'achevait en Italie, comme elle avait commencé , par de sanglants revers. Macdonald, impatiemment attendu, était enfin arrivé le 1 8 Juin en face de Souvaro w , dans le bassin de la Tréble , et , par malheur, il n'attendit point pour combattre sa complète jonction avec Moreau. Les bords dé cette Défaite rivière furent le théâtre d'une terrible bataille, disputée isiuin^». trois jours par les seules forces de Macdonald contre rarmée de Souvarow. Les Français , après des prodiges de valeur, furent rejetés au delà de l'Apennin sur la Nova,

BIST. Dl FBANGS. — T. 11. 16

863 QUATfllÈMB «POQUB.

au moment où Moreaa , forçaat tous les obstacles qui avaient retardé sa marche, débouchait deNovi; il accourut pour soutenir saa collègue malheureux et ne pot ^ Perte couvrir que sa retraite. Les deux batailles de Magnano

de nulle. ^

"^' et de la Trébie nous firent perdre Tltalie » comme celle de la Stockach nous avait enlevé l'Allemagne. Les confédérés, sous Tarchiduc Charles , tentèrent alors de franchir la barrière de la Suisse, défendue par Masséna, pendant que le duc d'York débarquait en Hollande avec quarante mille hommes.

Telle était, à Tépoque des élections de floréal aa TU» la situation extérieure de la France ; ces élections fureot démocratiques , et en mènne temps Sieyès , le plus grand antagoniste du Directoire, entra dans ce gouvernement comme successeur de Rewbel. Les Conseils se mirent en permanence et demandèrent compte aux directeurs de rétat de la république; ils se déchaînèrent surtout contre Treilhard, Merlin de Douai et La Réveillère. Treiihard fut destitué sur un prétexte frivole , et Gohier, ex-minia- Décomposi- tre de la justice, lui succéda. Merlin et La Réveillère de-

tloD violente , •* ' ^ ^ „ ^

. dtt meurèrent en butte aux attaques des Conseils ; Barras

Directoire. , , , , ....,-

>o^pratriai les abaudonua , et le 30 prairial ils furent contraints a (18 loin 1799). se démettre de Tautorité directoriale ; le général Moulins et Roger-Ducos les remplacèrent. Cette journée aeheva de désorganiser le gouvernement de Tan 111; Sieyès travailla dès lors à en détruire les restes , s'appuyant dans le Directoire sur Roger-Ducos , dans la législature sur le conseil des Anciens , et au dehors sur Farmée et sor la classe moyenne. Le parti de la constitution était sontena par les directeurs Moulins et Gohier, par le conseil des Cinq-Cents et le club du Manège , formé des débris des clubs de Salm, du Panthéon et des Jacobins. C'était par Tarmée seulement et par un chef militaire d*un grand nom que les plans de Sieyès pouvaient réussir: Bonaparte s*offrit À lui pour les exécuter.

UTftB II. GHÀ^fTBK T.

L'expédition à'ÈgypiLt avait été brillante : les maine- Inks, milice de cavalerie Indépendante de la Porte et souveraine en Egypte, opprimaient cette malheureuse contrée an moment où Bonaparte y aborda. Eax seuls résistèrent intrépidement. La première lutte eut lieu au village de Ghébréiss; les Français furent vainqueurs, et eette première victoire fut bientôt suivie d'une seconde , au pied même des Pyramides. Bonaparte, les' montrant à son armée avant d'engager le combat, prononça ces belles paroles : a Soldats , du haut de ces monuments quarante siècles vous contemplent. » Il vainquit encore ; le Caire ouvrit ses portes; Hosette et Damiette se soumi* rent. Mourad-Bey , chef des mamelucks^ se retira dans la haute Egypte, où Besaix , chargé de le poursuivre , déploya les plus grand talents et tit bénir sa justice et sa modération. L'amiral anglais Nelson portait alors un coup mortel à notre marine. L'amiral Brueys avait imprudemment embossé la flotte française dans la rade d'Âboukîr ; Nelson fondit sur elle et la détruisit presque tout entière.

Bonaparte , malgré ce grand désastre ^ acheva de soumettre l'Egypte et mit tous ses soins à gagner l'affection des habitants en se conformant à leurs usages et en citant TAIcoran à Tappui de ses décrets ; il releva en même temps d'une oppression héréditaire les chrétiens nommés CopkteSy regardés comme les desceudants des vieux Égyptiens. Les sciences l'occupèrent à la suite des combats et il fonda un institut au Caire; puis, après avoir étouffé une révolte redoutable excitée dans cette ville contre son armée par la Porte Ottomane, il s'éloigna de sa conquête et entreprit celle de la Syrie , dansTespoir de pénétrer jusque dans l'Inde et d'y frapper les Anglais à la source de leur puissance. Son armée traversa soixante lieaes d'un désert aride et mardia sur Gasa , qui ouvrit ses portes. Jaffa et Caïia furent emportés ^ et Saint*Jean

Campaffne d'B«ypte.

ITM-ITM.

RaUUkR de Ctiébreu>>

et deH Pyramides.

DéiUHtre de U fltftle

françiilHe au coinbMt d'AbouUr.

SI Juillet »79d.

Expédltloii de Syrie.

Saint- Jean d'Acre.

QQATHlàllB àPOQIIB«

Victoires

de Junot

Nazareth

et de

Bonàlparte

au mont

Thabor.

Avril 1799.

Défaite

des FrHnçais

n Novl.

Victoire

de

Soovarow,

Il août 1799.

Bonaparte vainqueur des Tares a AbouUr.

M Juillet

Retour

de

Bonaparte.

9 octobre

Victoire»

de Masséna

a Zurich

et de Brune

Berghen.

septembre

d*Âcre investi ; mais Bonaparte manquait d'artillerie de siège , et livra en vain dii-sept assauts furieux à cette place , défendue par les talents de Fingénienr français Pliélippeaax et du eommodore anglais sir Sidney-Smith. Les Turcs cernèrent son armée. Junot triompha d'eux à Nazareth , et Bonaparte, secondé par Kléber et Murât» remporta la célèbre victoire du mont Thabor, après laquelle il leva le siège de Saint-Jean d*Acre et revint au Caire, où il apprit, par des journaux , les événements da 30 prairial et la situation fâcheuse de la républlqne.

L'anarchie régnait en France : un second emprunt forcé avait soulevé Tindignation des classes aisées , tandis que Todleuse loi des otages , qui rendait les parents des émigrés responsables des yioleuces commises par les chouans , armait de nouveau les royalistes deTOnestet du Midi contre le Directoire. L'Italie , à l'exception de Gènes, était perdue ; Joubert avait été tué à la sanglante bataille de Novi , gagnée par Souvarow , et les ailîés s'avançaient sur nos frontières à travers la Hollande et la Suisse , où ils furent arrêtés par Brune et par Masséaa. Bonaparte , instruit de l'état des choses et des esprits, résolut aussitôt de passer en France et de renverser le gouvernement directorial ; il y fut précédé par le bruit d'une nouvelle et éclatante victoire. Dix-huit mille Tores avaient abordé dans la rade d'Aboukir : Bonaparte, soutenu par Murât , Lannes et Bessières y foudroie cette armée et l'anéantit; il part aussitôt après; laissant à Kléber le commandement de l'armée d'Egypte; il traverse la Méditerranée sur la frégate âÊuiron, échappe comme par miracle à la flotte anglaise, et débarqae dans le golfe de Fréjus le 9 octobre 1799 , peu de joors après les célèbres victoires de Zurich et de Berghen , remportées, la première par Masséna sur les Busses , et la seconde en Hollande par le général Bmne sur le due d'York,

LITRB II. CflAFiTBB V. S06

Bonaparte traversa la France en triomphateur, et les modérés raceaeillirent à Paris avec enthousiasme. Il ne s'était fait l'homme d'aucun système; affectant une grande simplicité» logé dans un modeste appartement de la rue Chantereine, il vit venir à loi les chefs de chaque parti et les abusa tous sur ses projets. Sieyès te redoutait; mais il lui fallait l'appui d'un chef militaire pour l'exécution de ses desseins : Bonaparte était en me* sure de le seconder^ et Sieyès s'entendit avec lui. il s*a- conspiratioa gissait de renverser la Constitution : les généraux, à ^^ef de^* l'exception de Bernadotte ^ furent gagnés , ainsi que la "?Câfre'^ garnison de Paris, et le 18 brumaire, sur la demande de Directoire. Régnier ( de la Meurthe ) , l'un des conjurés, le conseil des Anciens décida qu'en vertu du droit qu'il tenait de ia Constitution il, transférait le Ck)rps législatif à Saint- Cloud, aûo, disait-il, que ses délibérations fussent plus libres. Bonaparte est chargé de l'exécution de cette mesure et obtient le commandement militaire de la division de Paris. 11 attaque aussitôt le Directoire dans ses procla* mations et dans ses paroles, a Qu'avez-vous fait, demande dait-il, de cette France que je vous ai laissée si bril- « lante? Je vous ai laissé la paix, j'ai retrouvé la guerre; a je vous ai laissé des victoires , j*ai retrouvé des revers. a Qu'avez-vous fait de cent mille Français que je cona naissciis tous, mes compagnons de gloire? Ils sont « morts.... D C'est ainsi qu'il se grandissait lui-même en accusant ses adversaires. Sieyès et Roger-Ducosi se rendirent aux Tuileries le jour même et se démirent de ieur autorité. Leurs trois collègues voulurent résister, mais leur garde refusa d'obéir : Barras^ perdant tout espoir, envoya sa démission ; Moulins et Gohier furent re^ tenus prisonniers : la lutte allait s'engager entre Bonaparte et le conseil des Cinq-Cents.

L.e 10 brumaire le Corps législatif se rend à Saint- Cloud, où une imposante force armée l'accompagne. Bo-

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