‹ Histoire de FranceChapitre 53 sur 101 · QUATBIÈMB ipOQDK · texte numérisé non relu

QUATBIÈMB ipOQDK

garanties Ibrent acoordées aux citoyens en dédommagement de la perte qu'un grand nombre croyait faire d*an reste de liberté publique par la chute du gouvernement républicain. Le Sénat fut constitué gardien de la liberté individnelleetde la liberté de la presse non périodique (i); la parole fut rendue au Corps législatif dans les comités secrets, où six membres furent autorisés à discoter chaque projet de loi ; les membres du Tribunat virent leurs pouvoirs prorogés de cinq à dix ans ; mais ce dernier corps lut divisé en trois sections , «t il lui fut interdit de

Haute ooor délibérer cu assembléc générale. Enfin une haute ooar impériale fut créée , dans le but d'ajouter à la sûreté des citoyens comme à celte du gouvernement. Cette cour possédait laplupart desattributions Juridiques qu'eut dans la suite la Cour des pairs ; elle donnait une garantie au gouvernement contre les auteurs de complots et aux citoyens contre les agents de l'autorité publique. Elle était composée de cent vingt membres : princes, grands dignitaires, sénateurs, magistrats et cons^llers d'État. La nouvelle constitution reconnut les frères de l'empereur I^uis et Joseph, princes français et aptes à lui succéder. Grands Ou Créa slx grands dignitaires : le grand électeur, l'ar*

de*!^fimpi^ chichancelier d'Empire , i'archichancelier d'État, l'arebitrésorier, le connétable et le grand amiral. Ils pouvaient remplacer l'empereur absent , soit au Sénat, soit dans tes conseils, soit àTarmée; ils formaient avec lui le grand conseil de l'Empire. Enfin, dans le cas d'extinction de sa descendance naturelle et légitime, ils devaient élire l'empereur, et former, si le souverain était mineur, le conseil de régence. Les frères de Napoléon , Joseph et Louis, furent nommés, celui-là grand électeur, celui-ci

(i) Les garanties qui furent ainsi données à ces Ut>ertés auraient eu de la valeur dans un autre temps , mais elles étaient absolument nulles sous un despotisme accepté de tous. Voyez pour lesdétaiU à (et égard VHUtoiredu Consulat et de V Empire^ t. V, p. 107-lW.

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connétable. Les charges d'archicbancelier de FEmpire et d*architrésorier furent données au second et au troisième consul 9 Cambaeérès et Lebrun. Au-dessous des six grands dignitaires on nonnma cinquante grands officiers , soit militaires^ soit civils, et à leur tète dix-huit maréchaux Maréchaux. d'Empire, qui furent Berthier, Murât ^ Moncey^ Jourdan, Masséna, Anoereauy Bernadotte, Soûl t, Brune, Lannés. Mortier, Ney, Davout, Bessières, Kellermann, Lefebvre, Pérîgnon, Sérurier.

Napoléon désira que son règne eût , avec Tassentiment du peuple, celui du clergé; il obtint Tun et Tautre : le nouvel empereur fut accepté par Timmense majorité des Français, et, à son instante requête, le pape Pie VII sacre vint a Paris donner à sa fortune inouïe le sceau de la *** ?« i?^"

pape Pfe Vif

consécration religieuse. Le 2 décembre 1804, dans Vé- d6c.im». glise de Notn-Dame, Napoléon, accompagné de son épouse, Joséphine, entouré des grands corps de l'État et des di<{nitaires de TËglise , fut sacré empereujr des Français par le souverain pontife ; mais il ne reçut point la couronne de ses mains ; il la prit sur l'autel et se couronna lui-même , en prononçant ce serment solennel : a Je Jure a de maintenir l'intégrité du territoire de la république; a de respecter et faire respecter les lois du concordat et « la liberté des cultes; de respecter et faire respecter i'écr galité des droits, la liberté politique et civile, Tirré- « vocabilité des ventes des biens nationaux; de ne lever c( aucun impôt , de n'établir aucune taxe qu'en vertu de « la loi ; de maintenir l'institution de la Légion d'hon- « neur; de gouverner dans la seule vue de l'intérêt^ du «r bonheur et de la gloire du peuple français, j»

Tandis qu'en France un prince nouveau pensait fon- prot<>8ution der pour sa dynastie un trône impérissable, un prince ^dach^r fugitif, héritier des anciens rois, négligé par les souve- de Bou^b^nl rains de l'Europe et oublié des serviteurs de sa maison , protestait à la face du Ciel et du monde contre les décrets

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de la fortune. Voici le serment qae prononçait alors, dans une ville obscure de la Suède , celui qui devait régner plus tard sous le nom de Louis XVIII : «r Au sein de ff la Baltique, en face et soas la protection du Qel , fort «r de la présence de notre frère , de celle du duc d'Ana gouléme, notre neveu , et de Tassentiment des autres cr princes de notre sang , attestant et les royales victimes a et celles que la fidélité , Thonneur, la piété, l'innoa cence , le patriotisme , le dévouement offrirent à la a fdrenr révolutionnaire ou à la soif et à la jalousie des cr tyrans ; invoquant les mânes du jeune héros que des a mains impies viennent de ravir à la patrie et à la « gloire; offrant^ à nos peuples , comme gage de récon- « ciliation , les vertus de Tange consolateur que la Proa vidence , pour nous donner un grand exemple , a voulu a arracher à de nouvelles adversités en l'arrachant aux a bourreaux et aux fers , nous le jurons, Français , ja- « mais on ne nous verra rompre le nœud sacré qui unit a inséparablement nos destinées aux vôtres , qui nous a lie à vos familles , à vos cœars , à vos consciences ; jaa mais nous ne transigerons sur l'héritage de nos pèa res ; jamais nous n'abandonnerons nos droits. Fran- « çais, nous prenons à témoin de ce serment le Dieu de « saint Louis, celui qui juge les justices. »

Ce serment d'une âme toute royale fut alors à peine entendu, et le faible écho qui le porta en France vint expirer au milieu des pompes bruyantes du couronnement et de mille clameurs adulatrices. Nonnseulement le tr6ne, vide depuis douze années , était enfin occupé; celui qui s'y était assis voulut encore combler en apparence autour de lui rintervalle qui séparait les temps nouveaux de ceux de l'ancienne monarchie : il voulut ressusciter en France les vieux usages des autres cours du continent; il s'entoura de leurs pompes fastueuses , il eut des chambellans et des pages. Mais , tout en cherchant à njeanir

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autour du ttàne les formeg de randen régime, et en suspendant les libertés publiques, il avait respecté les résultats réels de la RévolutioD , qui étaient la divi^on des propriétés, racquittement uniforme de Timpôt par tous les citoyens, sans distinction de classes, Tégalité devant la loi, la faculté donnée à tons de remplir les emplois publics, la liberté des cultes et renlèvement de Tétat civil au clergé. Il avait également fait reconnaître, dans un grand nombre d'États soumis à ses armes, en Allemagne et en Italie, plusieurs de ces principes qui sont les bases sur lesquelles se fondent de nos Jours les constitutions politiques. Cest de leur maintien que devaient naître plus tard les institutions libérales du peuple français, à une époque où le despotisme ne pourrait plus lui être imposé au nom de la gloire.

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