LIVRE III. CHAPJTBE I
d'ajouter à sa force. La reine méprisa ces représentattons, et le mariage fut résolu ; Gondé se retira aussitôt à Glermont en BeauYoisis, Bouillon dans sa principauté de Sedan, Mayenne à Soissons, Longueville en Picardie : ils n'espéraient plus réussir que par les armes et se préparaient à combattre. Les protestants, excités par le duc de Rohan, se joignirent à eux et levèrent des troupes. Les principaux ministres du roi étaient alors le vieux Villeroi/ le président Jeannin et le chancelier de Sillery ; ils virent sans inquiétude ces dispositions hostiles et hâtèrent la conclusion da mariage. Louis XIII alla au-devant de sa fiancée jusqu'à Bordeaux , et sa marche eut à la fois un air de fête et de guerre. Bois-Dauphin, maréchal de Laval, la protégeait avec une armée, que suivait celle des mécontents et des calvinistes, dirigée par Bouillon , sous les ordres de Gondé. Le peuple ne prit aucune part à cette guerre, et les armées n'en vinrent pas aux prises. Le duc de Guise conduisit en Espagne la princesse Elisabeth , sœur du roi, destinée à Tinfant, et ramena avec lui la future épouse de Louis XIII, célèbre sous le nom d'Anne d'Autriche. Ge mariage ne fut point heureux, et les deux Mariage époux, bientôt aigris l'un contre l'autre, vécurent, près- Loat«xiii que toujours séparés. Médicis, bientôt après le mariage ^,^JJJ5,g de son fils , négocia avec les ennemis du jeune roi et si- i«i>> gna le traité de Loudutiy tout à leur avantage. Le prince Traité et ses adhérents furent déclarés innocents et bons servi- leie. teurs du roi ; on leur alloua des sommes considérables , et quelque satisfaction fut accordée aux calvinistes et aux parlements. L'article de ce traité le plus douloureux pour la reine mère fut l'engagement pris par le roi de ne donner aQ\ étrangers ni charges ni dignités dans le royaume.
Les anciens ministres, que la cour nommait les barbonsy furent immédiatement renvoyés (l). Du Plessîs,
(1) Da PlessU entra au conseil en qualité de secrétaire d^État de la guerre et des affaires étrangères. Il était depuis quelque temps an-