‹ Histoire de FranceChapitre 69 sur 101 · LIYI^I IV. GH4PIT1B II · texte numérisé non relu

LIYI^I IV. GH4PIT1B II

en lamièrei par les inspirations d'une Ame droite et généreuse. Président du conseil et ministre des relations notoMMUton exteneares^ il s adjoignit pour principaux oollègUes ^ ^i^^^ M. Barbé-Marbois à la justice, H. de Vaublanc et plus JiScv£Z tard IVL Laine à Tintérieur, M. Dubouchage à la marine^ >«««• M. de Gorvetto aux iinanees. Le ministère de la police fut donné à M. Deoazes ; Clarke^ due de Feltre» garda quelque temps encore le portefeuille de la guerre» que reçut après loi Tillustre maréchal Goufion Saint-Gyr. En mai 1816 M. fiarbé-Marbois se retira ; le ministère de la justice fut donné par intérim à M. Dambray, chancelier de FraBOe, qui le céda plus tard au baron Pasquier, membre du précédent cabinet sons la présidence de M« de Talleyrand« Vers le même temps M. Mole remplaça M* Dut>OQchage à la marine. La situation était déplo* rable et les circonstances fort difficiles. La France^ tonte désarmée» semblait à la merd des puissance!, et ceHes'-ci ne demandaient qu'à user de la victoire pour sa mine. Le partage de notre territoire fut l'objet des secrètes délibérations de leurs ministres» et le projet d'un traité lîit rédigé dans ce but. Louis XVill en eut connaissance; une copie du projet fut dérobée et mise sous ses yeux» Ce prince n'était dépourvu ni de dignité ni de patriotisme; sa fierté se révolta. H fit demander une entrevue à Alexandre et à Wellington. « Mylord» dit-il e à ce dernier, je croyais, en rentrant en France^ régner « sur le royaume de mes pères ; il parait que je me suis a trompé; je ne saurais cependant demeurer qu'à ce d prix. Votre gouvernement, Mylord, consentira-t-^il à (( me recevoir si Je lui demande encore asile? s II y avait de la grandeur dans cette parole du vieux roi; Alexandre, ému, s'écria : « Non non ! Votre Majesté ne a perdra point ses provinces; je ne le souflViral pas (1) ! »

(1) Èfistoirêdes deux nesiaumtions; par Aehille de VsalabellA,

586 QUÀTBIBMB BPOQUB.

Tnité Les puissances renoncèrent au projet de partage, et ^ ^S^ ^' ^® Richelieu hâta la conclusion du traité qni précisait enfin les charges et les sacrifices imposés par elles à la France. Leurs demandes furent réduites à cinq points : 1^ la cession du territoire comprenant les places de Philippeville, Marienbourg, Sarrelouis et Landau ; 2® la démolition des fortifications d'Huningue; 8® le j^yement d'une indemnité de sept cents millions, sans préjudice des créances dues parle gouvernement français envers les particuliers de tous les États de TEurope (i) ; 4^ la restitution du département du Mont-Blanc au roi de Sardaigne; 50 l'occupation pendant trois ou cinq ans, à la volonté des alliés, d'une, ligne le long des frontières, par une armée de cent cinquante mille hommes, entretenue aux frais de la France. Ce douloureux traité fut signé le 20 novembre 1815 (1).

L'insolente tyrannie et les cruelles exigences d*0D cwitef million d'étrangers ne sont pas les seuls maux que la danTiê^^Midi, France eut à souffrir par suite des événements désastreux

assassinats.

des Cent- Jours. Plusieurs départements du Midi furent longtemps en proie à la guerre civile et à une sanglante anarchie; d'horribles assassinats y signalèrent cette époque fatale. Après la journée de Waterloo des compagnies franches assaillirent Marseille^ s'y livrèrent à de furieux excès, et massacrèrent un corps de mameluks qui tenait garnison dans ses murs; une populace féroce égorgea le maréchal Brune à Avignon ; le brave général Bamel périt assassiné à Toulouse. Dans le département du Gard la réaction se manifesta sous l'apparence du fanatisme religieux; à Nîmes, à Uzès et autres lieux, des assassins

(1) Ces créances montèrent bientôt à une somme prodigieuse et furent réduires au chiffre de trois cents millions.

(2) Voyez Géographie historique de la France, carte n® 18, les frontières du royaume telle» que les ont faites les traités de 1814 et de 1815.

LIVIB IV. CaAPlTAS II. 537

{Mircoururent les rues en pleio jour an cri de Meurent les protestants! Des monstres, conduits par un Trestaillon, an Truphémi, un Graffan, renouvellent les horreurs du 2 septembre ; ils massacrent les calvinistes jusque dans les prisons, avec les raffinements les plus barbares, outragent leurs femmes, brûlent leurs maisons et leurs temples, et ces atrocités sont impunies; elles se commettent à la vue des autorités locales^ qui laissent faire. Le gouvernement, impuissant à les prévenir, garde longtemps le silence, et la Chambre de 1815 rappelle à Tordre le député d'Argenson, qui demande une enquête sur ces forfaits. Le cri de la justice et de l'humanité partit de la tribune étrangère ; le célèbre Brougham invoqua en fa* veur des protestants de France Tintervention de son gouvernement, et le parlement anglais s'émut aux accents de sa voix indignée. Il fallut, en divers lieux, que lès baïonnettes autrichiennes intervinssent entre les victimes et leurs bourreaux. ANimes le général La garde fut assassiné par des furieux dont il voulait contenir la rage, et un prince de la famille royale, le duc d'Angouléme, accourut deux fois dans cette ville désolée avant de réussir, par une conduite ferme et prudente, à arrêter Teffusion du sang. La session était ouverte depuis le 7 octobre, et la chambre des Députés, qualifiée du nom dHnôrouvable^ donnait un libre essor à ses passions violentes et réactionnaires. £o face de Timmense majorité de cette Chambre, conduite par MM. de Yillèle, Corbière et La Bourdonnaye, se présentaient, à la tète d'une minorité de soixante membres, MM. de Serre, Boyer-Collard etPasquier; ils opposèrent une éloquence courageuse, mais impuissante, à la plupart des actes de cette ses-^ sion trop fameuse. La Chambre demanda des lois excep- Acte» tionnelles, qui furent accueillies aussitôt que présen- et^rëlcti^ontées ; Tune suspendait la liberté individaelle, une autre "dr"* punissait de la déportation les cris séditieux, une troi- des^iî'é^uîél

5t8 QUATllili« ÉPOQUE.

sième établissait la censure des écrits périoâiqaes ; des owirs prévôtaleèB furent instituées sans appel ; enfin, dans la discussion d*one loi d'amnistie, MiVf . de la Boordonnayeet Duplessis-Grénedan proposèrent de former diverses catégories de coupables, qui pouyaient arbitrairement s'étendre À plusieurs milliers de Français. La commission chargée de faire son rapport sur cette loi admit le projet des catégories, ainsi que celui qui rétablissait la confiscation pour acquitter les contributions de guerre imposées par les alliés; elle proposa en outre, par l'organe de M. de Corbière, son rapporteur, d'exclure les i*ëgtcldes de l'amnistie. Les deux premiers projets furent repousses à une très-faible majorité; la* Chambre accueillit le dernier, en condamnant au bannissement perpétuel les régiddes signataires de l'Acte additionnel ou employés par le gouvernement des Cent-Jours. Cette mesure atteignait Fouché lui-même, alors ambassadeur à Dresde, et qui mourut en exil.

Exécaiioa De saDglautcs exécutions avaient précédé le vote de cette La Bédoyère lol d'amnlstio; le Jeune La Bédoyère^ jugé par une comdu maréGhai missiou, avait été la première victime ; après lui, Ney, le brave des braves, invoqua en vain devant la chambre des Pairs le bénéfice de la capitulation de Saint-Cloud : il fut condamné à mort et exécuté.

Évasion Lavalette, directeur générai des postes pendant les de ijivaiette. c^nt-Jours, n'échappa à la peine capitale que par le dévouement de sa femme et de trois Anglais généreux qui favorisèrent son évasion ; la chambre des Députés, à cette nouvelle, éclata en menaces contre les ministres, qu'elle rendit responsables de l'événement.

Nombreuses Daus lo cours de l'anuéc 18 le plusieurs personnes, déti?nsè"môrt siffuécs nominativcmcut dans l'ordonnance du 24 juillet

et tttppliOtB

précédent, furent arrêtées et Jugées : les frères Faucher, de la Réoie, tous deux généraux, inséparables dans la mort comme dans la vie, sont fusillés à Bordeaux ; les généraux

Ne,.

LlYAfi IV. CHAPITKB II, 589

Mouton-^Duvernet et Chartrand Mmffrent le mèine supplice; le général BoDuaire, plu» nialbeoreu& encore» subit une dégradation flétrissante. Quelques autres, Lefebyre- DesDouettes» les deux frères Lallemand, Rigaud et Savary sont condamnés à mort par contumace. Vers le même temps un vaste complot fit couler le sang à Grenoble. Un ^^^ homme d'intrigue» nommé Paul Didier, arborait le dra- ^ Grenoble. peau tricolore ostensiblement au nom de Napoléon II; mais^ dans sa pensée intime, il projetait de substituer sur le trône de France le duc d'Orléans à Louis XVIII, Il embaucha une bande de paysans et tenta d'enlever Greno* ble^ où commandait le g^éral Donnadieu. Celul'-ci fit avorter ce complot insensé. Par son ordre des colonnes mobiles jetèrent la terreur dans la campagne et firent de nombreux prisonniers; vingt*cinq d'entre eux» Jugés par une cour prévôtale, fuirent mis à mort. Dans plusieurs dé* pattements Tesprit réactionnaire se manifesta par des vIo* iences coupables et par d'odieux scandales; dans le Gard^ entre autres, la cour d'assises acquitte l'assassin du général Lagarde, Trestaillon, et ses complices, tandis que les conseils de guerre rendent des arrêts de mort contre les protestants soupçonnés de bonapartisme.

La Chambre, au milieu de tant de sang, marchait à son but, aui était : 1® Te rétablissement de la royauté légitime sur ses antiques bases ; 3" la formation d'administrations looales, indépendantes , organisées de manière à laisser place aux influences territoriales et ecclésiastiques ;;3o la création légale d'une puissante aristocratie territoriale; 4^ la constitution politique et financière du elergé de France.

Si cette Chambre se fût proposé de diminuer Texcès de la centralisation administrative en établissant un nouvel ordre de choses en harmonie avec les intérêts nouveaux et légitimes créés par la Révolution et les progrès du temps, son but aurait été digne d'éloges; mais il n'en était*

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pas ainsi : elle voulait reconstniire un antre ordre social, un autre régime politique tout à l'avantage de Tancienne aristocratie et de ilnfluence du clergé. Ses projets dès lors ne pouvaient soulever que des tempêtes sans aucun résultat utile et durable, prg^de loi Parmi les lois présentées aux Chambres par le gonver* nementy aucune ne semblait, avec raison, plus importante que la loi électorale. Le projet ministériel maintenait réiection indirecte et les collèges de canton et de département ; il appelait à voter une multitude de fonctionnaires et faisait renouveler la Chambre par cinquièmes. Ce projet rendait les ministres maîtres des élections. Une commission nommée par la chambre des Députésy et dont M. de Villèle Ifut le rapporteur, modifia profondément le projet du gouvernement et tendit adonner presque toute Tinfluence à la propriété territoriale. La Chambre adopta le projet avec de nombreux amendements proposés par la commission ; la chambre des Pairs Son rejet, le rejeta^ et la loi électorale ne fut point votée. Les tendances réactionnaires de la majorité se reproduisirent dans la discussion du budget.

La Chambre élective, malgré un engagement formel pris par le roi l'année précédente, enleva aux créanciers de rÉtat les meilleurs gages qui garantissaient ieun créances; elle décida que les forêts de l'État ne seraient point aliénées et que l'Église recouvrerait la possession des biens non encore vendus qui avaient appartenu à l'ancien clergé de France (i).

Une série de mesures toutes empreintes du même esprit furent votées ou proposées par la majorité : la loi du divorce fut abolie ; la Chambre autorisa le clergé à recevoir toute espèce de donations; on proposa enfin de mettre

(1) La Chambre fut dissoute avaot la présentation de ce piojat à la ehambre des Pairs.

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l'Université tout entière sous la direction des évéques et de rendre aux desservants des paroisses la tenue des registres de l'état civil.

La sage résistance que le roi opposait aux entraînements de la Chambre élective était odieuse aux membres de la majorité; Louis XVIII leur était suspect; ils l'accusaient hautement de tendances révolutionnaires ; ils se vantaient d'être plus royalistes que le roi lui-même (l), et ils se liguèrent, pour combattre ou paralyser sa volonté, avec les membres de sa propre famille. Ce furent eux qui les premiers invoquèrent Texemple de l'Angleterre en revendiquant une sorte d'omnipotence pour le pouvoir législatif, et en essayant de réduire l'action 4e la couronne d^ns l'État à un rôle t»ut passif, formulé plus tard dans celte maxime célèbre : ie roi règne et ne gouverne pas,

Louis XVIII avait annoncé, à son retour de Gand, que treize articles de la Charte seraient soumis à une révision ; il devenait évident que la Chambre allait s'autoriser de cette parole royale pour anéantir la Charte tout entière. Le comte d'Artois et ses amis du pavillon Marsan, qui ijiflaencc accusaient le gouvernement du roi d'une conduite trop ^,,'«; Vi'^Vti libérale en 1814 et qui imputaient à cette cause la ré.^cupncatastrophe des Cent- Jours, dirigeaient dans sa marche la Chambre de 1815. Déjà le prince exerçait une grande infiutnceà l'aide d'une congrégation religieuse et en même temps politique dont les ramifications nombreuses s'étendaient depuis la cour jusqu'au fond des provinces. A cette première et habile organisation il joignit celle, non moins puissante, de la garde nationale : tous les inspecteurs de ce corps immense, tous les officiers étaient à sa nomination ; il les choisit parmi les royalistes exaltés et exerça

(1) Celte prétention fit donner à ce parti le nom à^ulira-royaliste que l'iiistoire lui a conserfé.

549 QUàTHIÈMB ÉrOQUB.

ainsi un double pouvoir de surveillanee et d'aetion. La France se trouvait de la sorte engagée dans une voie contraire, à ses institutions nouvelles, et la monarchie représentative était elle-même en péril.

Écoutant alors les suggestions de sa propre raison et les énergiques conseils dei ministres Btohelieu, Deeazes et orJunnancc Latué^ Louls XYIII fit paraître la célèbre ordonnanee < ^ep^t«mbre du ô Septembre, qui dissolvait la chambre des Députés, fixait, d'après le texte de la constitution, le nombre des membres de la nouvelle Chambre à deux cent soixante, et déclarait qu'aucun article de la Charte ne serait revisé. Cette ordonnance fut un coup de foudre pour le parti de la réaction violenté, qui la reçut en frémissant d^indignation et de colère. M. de Chateaubriand, l'homme le plus éloquent et le plus éclairé de ce parti, le seul peut-être qui, en s'appuyant sur la légitimité comme fondenoent de l'ordre social, voulût alors avec sincérité le maintien de la constitution $ protesta au nom de tous les siens et répondit à l'ordonnance de septembre par la Monarchie selon la Charte, ouvrage qui retentit en Europe et fit disgracier son auteur (i). Le commandement de la gardt nationale fut retiré au comte d'Arteis, et le résultat des nouvelles élections répondit à l'espoir du ministère. Mariage Peu avaut d'avoir affermi son autorité par l'ordonnance deVrry. du 6 Septembre^ le roi s'était occupé d'assurer autant qu'il était en lui la perpétuité de sa race ; il avait demandé pour son neveu, Charles-Ferdinand, duo de Berry, la main de la princesse Marie*Caroline de Bourbon, fille du roi des Deux-Siciles, et le mois de Juin 16 i 6 vit la célébra** tlon de ce mariage.

(1) Dans ce livre célèbre, a dit de nos jours l'auteur d'nae excellente itistoire de cette époque, les principes les plus avancés du libéralisme moderne s'alliaient d'une façon étrange aux idées les plus antipatliiques à la France nouvelle. (Vi«l-0a8tel, Biitaère de la Restauration. ) ^

Troubles de Lyon ;

UVBE \y, GHAPiTllE II. 54S

Cependant les malheurs de la patrie étaient au comble : opprimée par cent cinquante mille étrangers qoî, disséminés dans ses forteresses, Taccablaient de charges ruineuses, agitée par les factions intérieures, la France eut encore à gémir des liorreurs de la disette ; les pluies continuelles de 1816 inondèrent les campagnes, détruisirent Tespoir des récoltes et répandirent dans le bétail le fléau des épiaooties. Tant de calamités n'étouffèrent point l'explosion des haines politiques, et dans Tannée 1817 les dernières scènes tragiques de Grenoble se reproduisirent à Lyon, où commandait le géhéral Canuel : une ^^"'^^» conspiration y fut découverte. La vengeance plus que la Justice fbt écoutée dans le procès des prévenus, et Téchafaud politique fût encore inondé de sang.

Un nouveau concordat avait été signé à Rome par les , Vf^^r soins de M. de Blacas, ambassadeur auprès du souverain se^^^^m pontife. Ce traité étendait considérablement le nombre isnetiais des évéchés, fixé à cinquante par le concordat de Napoléon. Un projet de loi présenté à ce sujet aux Chambres fut rejeté, et le roi limita le nombre des évéques à celui des départements.

Quelques lois politiques furent adoptées dans cette session, et l'une d'elles apporta de sages restrictions à la loi votée Tannée précédente et qui suspendait la liberté individuelle. Mais Tacte législatif le plus important de cette année fut la loi électorale, qui, pour la première fois de- ^ r.oi puis la Restauration, permit de suivre une vole légale dans la nomination des députés. Elle établit Télection directe, fixa le cens des électeurs à trois cents francs d'Imposition et celui des éligibles à mille francs. La Chambre devait se renouveler par cinquièmes, et il n'y avait qu'un collège par département. Cette loi, proposée par le ministère, fut adoplée; elle était la plus grande concession qu'eussent encore faite les Bourbons à Tesprlt constitutionnel, et ses résultats prouvèrent les difficultés extrêmes du

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terrain où se trouvait placée la dynastie régnante. La discussion da budget fut orageuse, et le projet du gouvernement, fortement combattu par MM. de Yilièle et de fionald, assura comme dotation à la Caisse d'amortissement les 150,000 hectares de bois que la majorité précédente

iS?î?piîfr ^^^** affectés au clergé. Quatre millions de rentes seulele cienKé. nient^ hypothéquées sur les anciens biens de l'Église non vendus, furent votés au profit du clergé comme une transaction entre Tancien régime et le nouveau. La chambre des Pairs ratifia cette décision, et deux jours plus tard, le 26 mars, la session fut close.

Des lois d'une haute importance forent rendues Tano^ suivante. La France n'avait qu'un simulacre d'armée; les engagements volontaires remplissaient mai le vide de nos légions, et il était urgent, en présence des étrangers, de rétablir sur un pied respectable les forces militaires du royaume. Le maréchal Gouvion Salnt-Cyr, ministre de Loi la guerre, proposa dans ce but, en 1818, la loi du recra-

""^VaMo^n"' tement; elle rétablissait, danSvSes dispositions les plus 1818. ' essentielles, la conscription de l'empire , enlevait au roi un pouvoir sans limite pour la nomination aux grades, dont un tiers était donné aux sous-officiers, et elle accordait, dans l'avancement des officiers, une large part à l'ancienneté. Cette loi était en opposition avec l'article de la Charte qui abolissait la conscription dans le royaume; néanmoins elle apporta de grands adoucissements pour les jeunes, soldats et pour leurs familles aux odieuses rigueurs de la conscription impériale, et sa nécessité , généralement sentie , fit décider son adoption. La liberté individuelle cessa d'être suspendue, mais la presse périodique demeura soumise à la censure; cependant, à la faveur d'un artifice qui enleva le caractère de la périodicité à plusieurs journaux , des hommes de talent soutinrent presque sans entraves^ une lutte passionnée. L'opinion libérale *et Topinion royaliste eurent

UTBE lY. CHAPITfiB II. 546

pour principaux oi^aues, Tune la Minerve et l'autre le u Minerve Conservateur. La verve de MM. Benjamin Constant, ** **T»teuT^' Jay , Etienne et de Jouy assura l'immense succès du premier de ces recueils; le second fut redevable de sa vogue à la plume de MM. de Chateaubriand, de Lamennais et Fiévée.

Ces deux opinions, entre lesquelles la France se montrait fort inégalement partagée, paraissaient de jour en Jour plus irréconciliables. Le parti ultra-royaliste témoignait le plus vif ressentiment de Tordonnance du S septembre, et son irritation s'accrut encore lorsque le roi, sur les vives représentations de M. Decazes, eut enlevé au comte d'Artois toute autorité réelle sur les gardes nationales du royaume, dont Une lui laissa que le commandement honorifique. Cette mesure souleva un nouvel orage contre son auteur, et il n'y eut qu'une voix parmi les ultraroyalistes pour demander la chute ou la modification profonde du ministère.

L'illustre chef de ce cabinet, le duc de Richelieu, mé- Efforts ritait bien alors de la patrie, en employant avec succès de Ricbeuea son crédit près d'Alexandre pour obtenir que le territoire u iSération français fût promptement délivré des armées étrangères, ^"raoçato.*^' Grâce à lui le czar et ses alliés, réunis en conférences à Évacuation Aix-la-Chapelle,consentirent à faire évacuer nos places et à *** **pK'"^ rappeler leurs armées, et seize millions de rentes inscrites étra'n^r^^ sur le grand-livre de la dette publique achevèrent de liquider envers l'étranger la dette de la France. Peu après Beiraite ce grand événement qui marqua Tannée 1818 et auquel deRicheiuu. M. de Richelieu eut la gloire d'attacher son nom, ce mi- ressèment. nistre donna sa démission et crut devoir se retirer devant les noms populaires de Manuel et de La Fayette, récemment sortis de l'urne électorale. Pour prix des services qu'il venait de rendre à la patrie les Chambres votèrent en sa faveur un don de cinquante mille livres de rente. Richelieu était sans fortune et n'accepta point pour lui-

$4Û QUATâtim ]&»OQOB.

même eêtte magnifique réeompeoM (1). Il exerça le ponvoir dans an temps difficile, et la forée impérfenie des circonstances comprima souvent ses généreoMS dispositions; il laissa, en quittant les affaires, la répntatioD d'un homme de b^en et d'honneur^ supérieur par le caractère à toutes ses dignités et aux iiautes fonctions qu*U avait remplies. Alarmé du résultat des dernières électi(Mis, la plupart libérales, il avait exprimé le désir que le mînistère se rapproeliàt du côté droit de la Chambre (2) et que la loi sur les élections fût modifiée. Ses vœux à cet égard n'étaient partagés ni par M. Decaies, alors en

(1) Yoid un extrait de la noble lettre adressée à cette < président de diaoutte des demi Chambres par le dne de Rididieu :

<( Monsieur le Président,

«( Je serais trop (1er d'un témoignage de bien?eiilance donné par le roi avec le concours des deux Cliambres pour avoir la pensée de le décliner ; mais les journaux m^ont appria qu'il s'agissait de on denner, aux frais de PÉtat , nos reeorapease nationale. Je ne peox me résoudre à voir ajouter, à cause de moi, quelque chose auK charges qui pèsent sur la nation. Si, dans le cours de mon ministère, j*ai eu le bonheur de rendre des services k la France, et, dans ces derniers temps , de concourir à raffranclilssement de son territoire, mon âme n'est pas moins attristée de savoir ma patrie aceaUée ds dettes énormes. Trop de calamités Pont frappée, trop de citoyens sont tombés dans le malheur» et il y a trop de pertes à réparer pour qao je puisse voir s'élever ma fortune en de telles conjonctures. L'estime de mon pays, la bonté du roi, le témoignage de ma conscience me suffisent. RiCHELiEn. »

Malgré cette lettre les Chambres rotèrent pour M. de Ricbelieo une dotation de 50,000 livres de rente. — Il accepta le dun à titre de récompense nationale ; puis il fit l'abandon intégral de la dotation aux' hospices de Bordeaux.

(2) Le cété droit de la Chambre était celui où siégeaient les membres les plus pronoDcès du parti royaliste. Les députés dont l'opinion libérale était la plus ardente siégeaient en face » au cété gauche. Les membres modérés de Van et de l'autre parti composaient les deux grandes fractions de la Chambre qu'on nommait Centre droit et centre gaucfut.

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haute faveur auprès de Louis XVIII, n( par quelques autres de ses collègues. La chambre des Députés, au début de la session nouvelle, 8*étant prononcée avec force, dans son Adresse au roi, contre toute modification de la loi électorale, ce vote avait achevé de décider la retraite du président du conseil. La chambre des Pairs cependant, sur la proposition d'un de ses membres, M. Barthélémy, ancien directeur proscrit au 18 fructidor, vota une résolution à Teffet d'obtenir la révision de la loi électorale. Cette résolution, vivement combattue par les ministres et par Royer-Collard, fut rejetée par les députés. Le conflit devenait chaque Jour plus vif entre les deux Chambres, et il parut urgent, pour rétablir l'accord au sein du pouvoir législatif, de dissoudre la chambre des Députés ou de modifier les votes de la chambre des Pairs.

Plusieurs membres do cabinet, MM. Laine, Mole, Pas- m«ioiniion quier et Roy (l), se retirèrent avec le duc de Richelieu, tt'nm^iian et, sur l'indication de M. Decazes, le npi nomma le gé- '"^Soiîî" néral Dessolle président du conseil ; M. de Serre reçut les 'dH^nénu* sceaux, le maréchal Gouvion Saint-Cyr conserva le por- '^Tsis!*"* tefeuilie de la guerre. M. Louis eut les finances et M. Portai la niiarine ; M. Decazes obtint le portefeuille de l'intérieur et fut véritablement le chef du nouveau ministère. Par suite des élections de 181 T et 181 « la majorité de la chambre des Députés appartenait à Topinion libérale modérée ; il était à craindre que toute harmonie cessât entre elle et la chambre des Pairs.

Appuyé dans la chambre des Députés sûr la gauche, scission qui lui donnait une majorité libérale et constitutionnelle, isid-fsisT.' le ministère présenta dans cette session plusieurs projets de loi favorables aux libertés publiques. Les plus impor- Loi tants étaient relatifs à la presse et aux Journaux, dont ""^ ^p^*'**^

(1) M. Roy avait remplacé depui» peu iVI. Corvetto comme minisire des finances.

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l'indépendance avait été jusqu'alors suspendue par des mesures provisoires. Ils furent présentés par M. de Serre, garde des sceaux, et eurent pour objet d'assurer la liberté de la presse avec les garanties nécessaires au maintien de Tordre et de Ja paix publique Ils furent adoptés, après une vive discussion, par une forte majprité dans les deux Chambres.

Le calme commençait à se rétablir ; Tétranger ne foa> lait plus notre sol; le commerce, Tindustrie, ragriculture florissaient, et le crédit public renaissait; tout eufin permettait d'espérer un heureux avenir. Mais les partis étaient ardents et implacables : les royalistes rejetaieot toute alliance avec les constitutionnels sincères et ne voulaient admettre aucune concession libérale ; les libéraux, à leur tour, ne savaient point attendre et compromet- Fractions talent l'avenir pour s'assurer un triomphe éphémère. On da^parn Comptait dausleur sein plusieurs partis fortdistincts , dont libéral, ^q plus ardent était le parti révolutionnaire , qui , voyant dans les Bourbons les ennemis irréconciliables de la Révolution , aspirait à les renverser : les députés de cette catégorie siégeaient à Textréme gauche dans la Chambre. Au centre gauche étaient les constitutionnels , qui, tenant avant tout aux garanties établies par la Charte , voyaient dans Tobservation rigoureuse de celle-ci le salut Les même de la France. Il s* était formé au sein du parti consdocirtnairc8. ij^utiouugi ^q groupc pcu nombrcux d'hommes qui formulaient leurs opinions politiques d'après certaines théories d'un ordre élevé , abstraites et absolues. Ils se rapprochaient des membres les plus sages de la droite en ne séparant point les droits de la couronne de ceux du pays et en les considérant comme également inviolables. On les nommait les doctrinaires; les plus considérables étaient MM. Boyer-Collard , de Broglie , Camille Jordan, dé Barante dans les Chambres , et M. Guizot dans le haut enseignement et dans la presse. Le ministère « du-

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rant la session législative âel8f8àl819, marcha constamment d'accord avec eux. Vers la fin de cette session une dissidence ouverte éclata entre le cabinet et la fraction extrême du parti libéral. Plusieurs pétitions avaient été présentées à l'effet d'obtenir la révocation légale de toutes les exclusions prononcées dans la dernière loi d'amnistie. Il s'agissait d'obtenir le rappel de tous les bannis , non par des grâces particulières individuellement sollicitées et fréquemment obtenues, mais d'une manière générale et en vertu d'un acte de la législature. M. de Serre repoussa la pétition qui voulait ouvrir indistincte- ^ejet d*ane ment la France à tous les proscrits et s'écria : <s A l'égard en^iiVêâr des régicides , jamaisi » Cette parole irrita profondément le *" ^'""**' côté gauche de l'assemblée et fut le premier signe de la , dissidence complète qui éclata bientôt entre le ministère de M. Decazes et le parti indépendant ou libéral. Le budget dans cette même session fat divisé pour la première fois en deux lois distinctes , celle des dépe uses et celle des recettes. Les premières furent fixées au Dépenses chiffre de 869,416,000 fr.; on évalua les secondes à ists. 891,435,000 irancs. La session législative fut close le 17 juillet de Tannée 1819.

Les élections de cette année pour le renouvellement ÉieetioM de la troisième série de la Chambre furent faites en grande de isi»? majorité sous l'influence toujours croissante du parti libéral. Les électeurs cédèrent, comme il arrive trop souvent, aux suggestions des esprits violents et passionnés ; un grand nombre de leurs choix furent ouvertement hostiles aux Bourbons , et le nom du conventionnel Grégoire (i) sortît de l'urne. Le parti royaliste jeta un |]«fiJJi cri d'horreur et repoussa Grégoire de la Chambre (2). ^^f^,^'

(t) L'abbé Grégoire, ancien évèque constitutionnel de Blois, qui dans la première séance de la Convention avait demandé l'abolition de la royauté.

(2) L'histoire doit dire qne cent voix royalistes se joignirent dans

Sérieusement «larme da résultat des élections et des exigences impérieuses des libéraux, sollicité paraoa frère et par sa famille y Louis XVIII résolut de modifier la loi M.^ic^cazes électoralCi et M. Décades , regardant comme nécessaire de système ^ qu'il avalt jugé inutile et dangereux quelques mois sa* scrop^proche paravaut, crut devoir servir les vues du prince en s'écentre droit, (olgnaot dc la gauche pour se rapj^oeher du centre droit. Ce revirement continuel 9 selon les nécessités do moment , auquel on donna le nom de ba^tmlêy utile aouveat de la part d*un roi , ne peut que compromettre la repu* tation d*un ministre, sous le régime constitutionnel. Plasieurs des collègues de M. Decaaes comaprirent que, s'ils ne pouvaient plus persévérer dans leur ligne de conduite y ils devaient donner leur démission » et ils la doinèrent, emportant avec eux l'estime publique; ce furent MM. Dessolle^ Louis et Crouvion Saint">€yr» qoe Modiflcation remplacèrent MM. Pasquier aux affaires étrangèrss,

da cabinet. ^ ^ , «» . . . «,

M.^necazes Roy aux finances, Latour-Maubourg a la guerre. M, De- ^*ui9**^'' ^^^ forma le nouveau cabinet et eut le titre de président du coiiseiL Sa conduite, devenue indécise et flottante, irrita les libéraux sans loi concilier les royalistes. Ceux-ci ne ralentirent point leurs attaques JnaqH^à ce qu'un affreux événement leur eût permis de le renveraer et eât fait passer le pouvoir en leurs mains. Assassinat Vs duc ds Bcrry ^ second fils du comte d'Artois, fut deVeï^y. frappé à mort dans la soirée du ta février tsao, at sortir de TOpéra, par un misérable nommé Louvel;ll véeut peu d'heures aprèa sa blessure et expira dans lei bras de la Ismllle royale en pardonnant à son assassin. Ce prince » doné de nobles qualités et uni depuis pca d'années à une jeune princesse , petlte-Alle du roi de Naples , était regardé alors comme le dernier rejeton mâle

le vote poar cette élection aax voix libérales afin d'écsrier le casaiâat aOsUtériel, et par ceUQ maaoavre ral»bé Grégaire fat éla.

LIYIB IV. GHAPITJie 11. ddt

de la branohc atnée des Bourbons (!)• Sa mort répaa* dil la eonstemation dans Paris et dans la France , où le« résultats de ce sinistre événement furent aus$it6t prévus. Les rojalistes rendirent M« Deeazes responsable de l'at* tentât, et un dépoté, M* Clausel de Coussergues * poussa le délire jusqu'à l'accuser du crime à latribune« En vain» pour apaiser ses ennemis, le ministre se hiA» de présen* ter ani Chambres des lois exceptionnelles, Tune contre la liberté individuelle , rautre contre la presse , ainsi qu'un nouveau projet de loi électorale ; il ne conjure point Torage du côté droit et soulève en même temps eontre loi une tempête au oèté gauebe. Royalistes et libéraux provoquent sa chute; il résiste encore; c'est dans le eœur du roi que son pouvoir est enraeiné; mais le oomte d'Artois et madame la ducbessed' Angoulème demandent avec instance à Louis XVIII le renvoi de son favori; chate leurs vœux sont enfin exaucés : M, Decases reçoit le ti« m. iâl»in tre de duc et Tambassade de Londres, et M, de Rich0« S\n\S!Se lieu accepte la présidence du cabinet , qui conserve tous de AÏehëuea. ses membres à l'exception de son ebef , et où M, Si* ^ ^^' méon remplace M. Decates au ministère de l'inférieur.

La plus grandepartiedel'Ëuropeétait alors dansun état Errerves. d'effervesQence violent 9 et l'on voyait s'accomplir la pré<* huionnatre' diction exprimée par cette parole célèbre : « La révolu^ tioD française fera le tour du monde, s Les mouvements oonvulsifs qui avaient si longtemps agité la France s'é^ tendaient au loin, et des secousses volcaniques se fai* salent sentir des bords de l'Océan à ceux de l'Adriatique» Les souverains avaient assooié les peuples à leur haine pour Napoléon en flattant leur amour de Tindépoidanoe^ f n leur promettant des institutions lil)érales pour prix

(0 Louis XVIII n'avait pas 4'enfaot8, et le mariage de Tatoé de ses neveux, le duc d'Angoalême, avec la fille de Louis XVI avait été stérfle.

552 QUATBitHE ÉPOQUE,

d'une résistance victorieuse; mais, après la lutte, lorsque l'ennemi commun eut été abattu , ils aperçurent an danger dans ces mêmes sentiments dont ils avaient naguère obtenu un puissant secours ; ils oublièrent leurs promesses, ils refusèrent les concessions réclamées par les progrès du temps et des mœurs , et tous leurs efforts tendirent à étouffer les dispositions libérales de leurs sa- Espagne, jets OU à Ics puuir. C'est ainsi que Ferdinand Vif ne parut être rentré en Espagne que pour châtier une partie de ceux qui lui avaient conservé le trône. Il avait promis , non le maintien de la- constitution rédigée par les cortès de Cadix en 1812 et entachée des défauts deia constitution française de 1 79 1 , mais le don d'institutioas en rapport avec les lumières et favorables aux libertés publiques. Cependant, à peine, échappé de sa prison de Yalençay , eut-il ceint la couronne qu'il rétablit l'inquisition, régna six ans sans contrôle , et frappa en despote les hommes les plus distingués de son royaume , les Martinez delaRosa, les Torréno, les Arguelles; il les entassa sous les roches brûlantes d'Afrique, et ses défenseurs se retrouvèrent pêle-mêle dans les mêmes cachots avec les partisans du roi Joseph , qu'ils avaient combattus. L'armée, privée de ses meilleurs chefs, se souleva , et l'île de Léon fût le premier théâtre de la révolte qui éclata, en Janvier 1820, parmi les troupes destinées à soumettre les colonies espagnoles de l'Amérique du Sud : Quiroga et Riégo en furent les principaux auteurs. La Catalogne s'insurgeait presque en même temps à la voix de Mina; déjà la Galice proclamait la constitution des cortès ; Flnsurrection gagnait successivement toutes les villes. Enfin le comte d'Abisbal , chargé de combattre l'armée rebelle de l'île de Léon, arbora le même drapeau qu'elle à Ocana. Madrid en accueillit la nouvelle avec enthousiasme, et Ferdinand n'eut d'autre alternative que d'abdiquer ou de prêter serment à la constitution ; il jura de

LIVBB IV. CHAPITBB II. 568

la maintenir. Argaelles, Torréno, Martinez de la Rosa, tirés des cachots, passèrent subitement des prisons d'Afrique au conseil du monarque , et , pour premiers actes de leur autorité , ils abolirent llnquisition et suppriitaèrent en Espagne l'ordre des jésuites. Le gouvemefflent était sans ressources; il décréta la Tente des immenses possessions des moines, et dès lors soixante mille rell-* gleux soulevèrent contre lui la populace. Le contre-coup Portogai. de ce vaste mouvement se fit sentir en Portugal ; ce royaume, depuis la fuite de la famille de Bragance et durant la guerre , avait été soumis à une régence anglaise, qaile gouvernait comme une colonie des lies Britanniques ; les Portugais , réveillés par un sentiment national, chassèrent les autorités anglaises et rappelèrent leur ancien souverain, Jean YI, qui laissa la régence du Brésil à son fils don Pedro et revint régner sur ses anciens sujets , en acceptant une charte libérale rédigée sur le modèle de la constitution espagnole.

L'Italie frémissant sous le sceptre autrichien , était également agitée ; partout s'organisaient des sociétés de francs-maçons et de carbonari , unies par le vœu d'affranchir un jour leur patrie du Joug étranger et de former, des divers États de la Péninsule, une fédération de républiques. Le royaume de Naples était en feu ; Ferdi- ^^^ ^^^ nand IV avait recouvré en 1815 le sceptre de cette cou- àeLpy». trée, où Murât, abordant les armes à la main, après la journée de Waterloo , avait été pris et fusillé. Là aussi des sociétés secrètes tendaient à une révolution politique; le signal fut donné par l'armée et partit de la ville de Nola. Le régiment de Bourbon sort de ses casernes, enseignes déployées, le 2 Juillet 1820, au cri de Vive la constitution! Deux autres régiments se joignent à lui; les carbonari accourent en foule, et le général Guillaume Pépé soulève la capitale. A sa voix le peuple investit le palais , et c'est la constitution des cortès espagnoles qu'il

fmùhjm. Fefdiiitiid IV «t mi fils Fad^iitesi «i JumuI dfikraaûitQnir-iyalfimi&naBucfi» fuiviMil cette révo*- Ittikm en Si«î|e* Aiirmis^ne. Taii4ia qM rSnrogase sottièteiku Midi^ mit activefersmbUU^u rendue la Btnm ^ \^ ^^«ta du nord d« l'Allemagiui^ qui j^tteaâeat ea Yaia les ia$tituUoos libémla» qiie leurs «onivfureiai )eyr ost proiaiMs. Aucuita nntisfiMi- . ti0an'âtQotaeoDrdéeB4e9ibe6oiDs^tàde9vœttx ifégitioMi, des passions f o^pables e'éaieiive»t et renueiU la sedété dans ses fasdements; partout enfin où les princes refesent à leurs peuples des Ubertée politiques et une wpm seatatlon oattonale , des emispirateiiro traaseot des oeioploU e| forineot des aasocistîQQ^ seerètesl C'est an nom de la liberté et de i'é|palité qae ievrs membres s'uniafieiil; c'est u»e r^YOlutim poUtique et ^octale qu'ils 4eflaao^ dept. Uft transport dén^agtigique enflanume tes nniver'* iMtés4 Le poète Katzebnè^ defeoseuct de»a ses écrits, des droits des monarques , tombait alors sous le fiolgiwird 4|^ jeune CMrIfS Sapd, qui #'était sigual^ dajis la^efre ^ rind^pend^poe: alleq»a»d«; ^ tpil liées de yQU répétajeiit» m le glorifiant I le mm de rassa^n» dfis miuieris de efBWFS vouaient on «ni^e i. sa méfnpiire. ta fièvre rêve* luiUooaaire qui traytiiimt M fioutiaent rn^^9fait aus»i r4i)gl|Bterre et m fépaQ4«t)< d'auke i^rt nveo. fnpidiié en Orient 9 m elle tirait de lenr repfivsi léthi|iigiq^ les des- Grèoe. csendants des héroïques HeUènes, Li. du mpins l'insurreetion aynlt le caractère d'une véritable déliyruiice ; ^e bvit était 4'4ffranehir la &r^ cbréUeone du joug éti:angçr 4ça misulpiaQjf; If .génie des Miitiade et 4es Tbémi^^cle se réveillait dans ses cit^ ep ruine après un soffifieil 4o 4^0^ mille 9m » ^ le cri de patrie ^ de liberté^ ftn jetant 4^3 jpsur^ de SouU et dea rochers de rjÉpiW t 6bÇftM^fttt déjii les éckos 4p Marathon et de Salaiiiltae»'

CHApITBEni.

té ta «talB an lÉinIbière DeMisM à là (ÉMt 4le Léilis HyM.

Tfpis mon^rqqes ^hsoIii3, reo9ipereur d* Antrlcbç , li; usamic qtar çt 1^ rqi 4e Prus$e , ^valent §jgné en 18| 5 u^ traité ****''**^ Cj^fèbrp sous, le i^om de k^ Sainie-Alfionce, p^r lequel i^ 9*9pg9tiÇ^içDt à fonder Jeurs rel^JUoo^ opiituçUe^ ^ur ief j^locipesi le$ plus ^ùiçé» du chr$§|;i^o|^me e( fL u's^yolr d*a^^e ))ut dftivs leur p9litl({uç ^ofi l'intérêt 4§ leuj*$ ^su» je^s^ iç ipaiutiep d^ 1^ re|igiWj< delfi paU et; de U ju9t{Qç. Ce firaité 4v^l|; paru à la i^uifedv congrès d^ Vienne, et sçp butjréel était de cpmprw^r T^Wri^i r^Yplutla^naire; qui siei Jç»j^^i3.£estf^U 4^ tout^ parts d'une, «lanièrçi f £ErQ)r^nte pour l'ordre sopifiU M- 4^ ]y][çtteri»ieh , au nom de l'empereur d'Autriche , son maître, convoque po^ir oit conums o)]jet 4 C«rl^d un eoii^s^ a?i ai^^ls^nt \o^ les hi^«i- "'"'^^hm^ breu de la confédération ^srmanjqne el; o» Ixii-m^Wi %JîïSS*' ^;ierGe up^ influence gouvi^rAlAe. Ce c^mgr^ prend d'ér à u"dtetc nergîqu(y»* mesures pour détrvûrç les. socié^s secrètes 1 1( ^^sTo^iis"^ arine la diète de pouvoirs redputablfis pouir gercer unçi active surveillance et une p^içe figovreupue dai^g l€|i^ divers i^tats fîiemJtitreisi du corps|9ero^$iuk|ue^ i^ans tj^enlr aun Qun compte de leurs aqnatitii^ons particulier* ?^P 4^ mois ci^près, le^ fiouvecains da Russie^ d'Aiiti^ç^iç j^t i^ Prnss9, tiennent conseil àTrpppau, en SiM^i^p «nr !#« n^oyens 4'étpuff^ la révp1^tiQn eo Ëfypiagn^, o^ Portu-gqi et 4ms le royauïne de Naples. fléuni» p)u^ t^d daim conffrên un nouveç^ pongrès à Laybacb , h\^ iuvitpnt te Kieu^ rpî "^^ Ysîo!"'" de I!^ap|es , {"erdinand IV , à s'y rendre 9f>f^ ^ çwcefl^r aY«G «iix.

QUÀTBIÈHB EPOQUE.

Saite

de la Resilon

légLihtivc

de 1820.

Lois d'exception

pour la suspension de la liberté Individuelle

et pour la cemqre

des Jonmaux.

Ul électorale.

Tandis que les trois souverains alliés entrent ainsi dans une ligue étroite contre l'esprit révolutionnaire, la France subissait les tristes conséquences de quelques-unes des élections de 1819 et de la fatale catastrophe de février 1830. M. de Richelieu soutint devant lesChambreates lois exceptionnelles présentées par M. Decazes et dont la première suspendait la Hberté individuelle. En repoussant cette loi le général Foy prononça ces paroles éloquentes : et Faisons, dit-il , que le profit d'une mort sublime ne soit pas perdu pour là maison royale et pour la morale publique; que la postérité ne puisse pas nous reprocher qu'aux funérailles d'un Bourbon la liberté des citoyens fut immolée pour servir d'hécatombe. » Ses efforts et ceux de tout le côté gauche de la Chambre furent impuissants ; la liberté individuelle fut dé nouveau suspendue. La seconde loi d'exception présentée par le ministère rétablissait pour une année la censure des journaux. Elle fut votée, et à sa discussion orageuse succédèrent les débats encore plus irritants de la nouvelle loi électorale.

Cette dernière loi en effet était d'une importanbe décisive pour les destinées de la Restauration ; il était évident qu'elle aurait pour résultat de déplacer Tinfluence politique , de Tenlever en très-grande partie & la classe moyenne et industrielle au profit des grands propriétaires du sol. M. de Richelieu et ses collègues s'étaient flattés, en la soutenant , qu^elle assurerait la prépondérance du centre droit ou du parti royaliste modéré, sur lequel maintenant ils s'appuyaient; mais les partis ne s'arrêtent point dans la victoire, et l'événement fit voir que toute l'influence qui échappait à la gauche passerait bientôt du centre droit à la droite extrême ou au parti contre-révolutionnaire et ultra-royaliste, non moins dangereux pour la couronne que le parti ultra-libéral. Le projet rédigé par M. de Serres, garde des sceaux /atteint

LIYBB IV. CHAPiTfiB III. â57

déjà d'an mal incorable , fat beaucoap modifié par la commission de la Chambre élective et plus profondément encore par la Chambre elle-même. La loi, telle qu'elle fut adoptée, portait à quatre cent trente le nombre des députés , sur lequels deux cent cinquante-huit seraient nommés par les collèges d'arrondissement, composés des électeurs payant 300 fr. d'imposition ; cent soixante-douze députés devront être élus par les collèges du département , et ceux-ci étaient formés du quart des électeurs les plus imposés du département. Ces derniers votaient dans les deux collèges et avaient ainsi sur les autres un privilège qui fut considéré comme une déviation de la Charte et qui fit donner à.cette nouvelle loi électorale le nom impopulaire de la loi du double vote. Elle fut défendue avec éloquence par le ministère et par les membres les plus éminents de la droite et du centre droit, MM. de Villèle, de LaBourdonnaye, Latné, etq. Toutes les fractions entre lesquelles se divisait le parti li- oucussion béral s'unirent pour le combattre et furent représentées ^i'm!fs à la tribune par le général Foy , Benjamin Constant, Casimir Perrier, Royer-Collard, Camille Jordan, La Fayette et Manuel. Pendant trois semaines que dura cette discussion mémorable, la Chambre fut un véritable champ 4e bataille où les partis irrités se combattirent à outrance. L'agitation de ces brûlants débats se communiqua au dehors ; de violentes rixes éclatèrent entre les troupes et les élèves des écoles, soutenus par une partie de la popu-, lation parisienne. La loi enfin fut adoptée à une faible majorité au milieu de sanglantes émeutes , et la session fat close le 2 2 juillet.

L'orageuse discussion de la loi électorale eut dans toute la France un fâcheux retentissement. Le parti libéral se vit désarmé par elle et parut croire menacés tous les intérêts nés de la Kévolution ; il perdit l'espNOir d'obtenir légalement la prépondérance dans l'État, et,

^S8 QUÀTfii&Mfi lÎPOQèil

ebiiime if ài^ifve itop kotiSfeûi goiir éëui ^ dëâeépèi^fit dé vaînci-e ^ai^ des mbyétis Tégitiiiies , tl étit l'èi^otirs àut hiaûœuvres occiîlfèset coupâbîed, ètùx conspirations et aux complots. L'armée, parteé icDèmesmotîlfe qui déjà rêvaient atiënée des Fourbons eu 1^14 , et malgré beaucotip dépurations nécessaires, était remplie d* hommes inquiets sûr leur avenir, mécontents, prêts à seconder tout mouvernetit hostile au gouvernement royal et afftconftDiration liéis à pitisieurs sociétés secrètes. tJne \'aste conspiration . *,î"!ï- militaire, qui avait des ramifications dans toutes les parties

Août 18S0. '^ ^ A • i^ w

dii royaume, fut découverte à Paris le 20 août 1850. L^s deux chefs du complot dans là garnison de t^aris étaient le commandant Ëernard et le capitaine Nantit ; le premier ât des révélations, le second prit la fuite, et la conspfràtion avorta. iJn grand nofnbre de ses complices de tout grade furent arrêtés et traduits devant la cour à€s Pairie. Au milieu de Témotion profonde causée par ta découveite de ce complot et par Tes débats de la session précédente, madame la duchesse dé fier^y donna fe jour a un fils qui reçut lé nom de duc de Bordeaux , et dont la niiissarice, saluée avec transport par tous lès royalistes, semblait présagea de longues destinées â là branche athée des Ëbùrbons sur te trône de France. Élections les élections suivantes, dans lesquelles les collèges du roya^iutc». dépàrteîiient firent pour la première fois leurs choix rionîtireùk, furent presque toutes favorables aux royalistes. La majorité des députés ainsi élus appartint â t'^extféme droite dé l'assemblée , et Tiniluence échappa bientM aux modérés du parti royaliste pour passer une seconde fois aux hommes de 1815 et de la réactiôh. Déçu dans ses espérances, M. dé Richelieu se érut obligé de dodner de nouveaux gagés aux royalistes éii appelant dans fe conseil M. iLalûé , ainsi <|ué MM. de Vif lèle et Corbière, qui exerçaient une grande influence sur le côté droit de là ëhafnbrè élective. Ils entrèrent tous trois comme niinis-

LIVAB IV. GH4PIT&B Itl. 659

tre»' «àlw i^efeuLlle ââtts lé eaëintt présidé par M. de BifsheiMuy et la difwtioii gés^^le i» riartmetiMi publique Alt oinfiée à M. Gbrkièré. La Maton législatfta aolf ante fit vair eombiaB était i^alna l'tetpéraaca qa'avait anaora la miitislèfa da g^ttitérnar aa s'appayaAt sur lea hommes modérés dés deux partis ou sur les deux centras de rtMsembtée. Lea itaembraâ du be&tre gavieha qai lui damaurateutlidèlesiié forasaient plus daba lA Chaiilbre qu'une fraction Insignifiante; la gaufliatautantlèn avaH été réduite par las dertiièras éleatk>na à ona aan-» taine de députés, tous profondément ffrités da la eon** duitedes ministres modérés et dirigeants ^ qai^ ayrte atoir parliaipé à la rédaction da i*orâannanea du • aapttembra^ aTafent^ au moyen da la lolélactorala, préparé ia\ietofre do parti oantra iefuah bette ordmonanee atait été rendue: Prirél de la jpulsianaa du nombre ^ les députes de la gaucba avaient toute la Ibree qUe donne la passion unie au talbnti On voyait parmi eux des Jiomnias déir^ooéa avant tout abx pHooipes de 1709 et qui les dé*- Ibndaient avec éloquedoai Toutes laa firaotions du partf libéral, depuis les doctrkiaires jusqu'aux anHaaiié irréconciliables des Bouirboas, y étaient représebtés par leurk ehefls. £n face d'eux étaient» eanftmduâ sous le nom de royalistes, les hommes attachés à la monarchie légitime telle que la GhaH» Tavait faite, ijteeux, en beauoou|[» plus grand nombre, qui , ne voyant dahs la Qharta ipi'un legs funeste de la Révolution et qui» ne pouvabt la détruire, aspiraient du moins à modiQer ou à altérer profondément, à l'aide des lois , les effets da ses dispositions principales.

Il est impossible de comprendre les difftbbltéa de la Ammosit.^ situation , l'impuissance où l'on était da fehre accepter "^^ ^""' adx esprits une pdiitiqde raisodnable et modérée , si Toh ne se transporté par la pensée au milieu de cette époque orageuse, et si l'on ne sait 4ue, pour rimmense majo-

560 QUATAiÈBi£ ÉPOQUB.

rite des hommefty ce sont les souveoirs , les habitades, les intérêts particuliers, les passions qui font les opi« nions. Toute la génération qui avait vécu à la fin du dernier siècle n'était pas dans la tombe. Beauooap de ceux qui avaient tout perdu par la Révolution étaient en face de oeux qui avaient tout gagné par elle, et pour ces deux classes d'hommes les idées avaient une expression toute diflérente et les mots môme n^avaient pas le m^e sens. Les premiers voyaient dans toute assemblée délibérante une Convention nationale» dans tout libéral un jacobin, dans la Charte la sanction écrite et odieuse des violences dont ils avaient été les victimes. Aux yeux des seconds les Bourbons n'étaient que les représentants d*un régime détesté, les anciens royalistes des émigrés, des ennemis de la France, des hommes dont Tinfluence était pour eux uae menace et un péril perpétuel. I<es mêmes actes étaient vantés ou flétris selon qu'ils s'étaient accomplis sous le drapeaii blanc ou sous les trois couleurs ; la religioo, invoquée par les uns à l'appui de leur cause , était haie par les autres comme l'inséparable auxiliaire du privilège et de l'absolutisme. Ceux-là fermaient les yeux sur les nécessités du temps présent, ceux-ci ne comprenaient plus le passé, ni la puissance des souvenirs, ni oeile des traditions dans l'ordre politique et social. Des deux côtés haines aveugles, fureurs égales et illusions d'autant plus complètes que ni les uns ni les autres n'entrevoyaient encore le danger de la réalisation de leurs vœux extrêmes et opposés*

Que pouvaient dans un tel état de choses les hommes pleins de droiture, expérimentés et sages, qui siégeaient dans le cabinet, les Richelieu, les Pasquier, les de Serre , battus sans cesse par les flots soulevés des passions contraires y et presque également haïs des ultra-royalistes et des ultra-libéraux , qui, les uns et les autres, dans chaque concession faite à leurs adversaires voyaient un

LIYBB IV. GHAPITBB III. 661

crime? Les trois coUègues membres de la droite y et que M. de Blcheliea s'était adjoints à la suite des dernières élevions , et surtout MM. de Viilèle et Corbière ,.denieu^ raient immobiles et muets au milieu des débats les plus irritants et n'apportaient systématiquement aucune force au ministère » qui ne répondait point suffisamment à leur pensée intime et qui avait sollicité leur concours. Toutefois dans la sessicm précédente et dans lespremien mois de la session nouvelle (1820*1 821) l'état insurrecr tionnel de plusieurs pays deFËurope voisins delà France, où la cause des révolutionnaires étrangers rencontrait les plus vives sympathies , fut un frein salutaire pour les ultra^royalistes. L'insurrection pouvait trion^pheren Espagne, à NapleSv <ia Piémont , puis provoquer une explosion en France, et la droite de la Chambre élective n'osait encore traiter en vaincue la Révolution, avec. laquelle 11 était possible qu'elle eût à compter le lendemain. Mais au printemps de 182 1 , lorsque toutes les insurrections des peuples de l'Italie furent étouffées et que ^ les Auti^ichienSy après ui^ facile triomphe, furent les maîtres dans toute la Péninsule , le parti royaliste en France se considéra comme vainqpieur avec eux, et la majorité de la chambre des Députés se montra de nouveau ou- . vertement animée des ardentes passions de la Chambre de 1816.

Les dispositions nouvelles du parti royaliste se mani- seuion festèrent en mai 1821 dans la discussion d'un projet de ^^^mu loi qui fat un des grands événements de la session et dont ui l'objet était d'affecter le montant des pensions ecclésia»» ^^ pn?r*^" tiques éteintes à la dotation de douze nouveaux sièges ^^ "" ^^^ ' épiscopaux, à l'amélioration du sort des vicaires, au traitement des curés et aux réparations des églises. Le projet, dicté par les intentions les plus bienveillantes pour les intérêts religieux , fut néanm<^ns vivement combattu, comme insuffisant , comme trop restrictif des

érpit» de TÉglte «I du mom^qûê^ pàf Mmeflibtci éé lu éraMe* GM:fi-el B«i»rriM«rïiHit la s«ei%l« pensée 4'a9neiiir rMéentio» dt «oneof il«» ëoHclii en tftiT entra )• eàlnt- •9ége et 1» France , mel» qtil *'#ait pai deveni» 1^ de PÉM; L'eppesHIen , par Forgane de M. de Bonald , rtip* poi'tei» de la eemmisaleii , tenta de déaattfref eenlp)ét^ iMiit le projet ministéiM , dMt les étoqtienta efforts de M. Faeqaiér rédfiSlrent etopetidant à eimsefYef lee pHnefpaies dfepMltieiis. Le nembpé des nenveanx étédiés, Èfté à dôme dans ie prbjet, M en prinelpc^ porté à fretlte, et le eholx des )fèn% pebr l*étabtts8eiiiefft dé ees sièges Ait laissé à la Voletitéda rei. Le projet aifisl modifié par fa ehatAbt^ des Dëptttés ftit adopté pat* efdie des Pairs , el rétat dtt dergé M fixé par cette loi tel A pea ptièsqti'II subsiste eneore aujeutd'hul.

L^opposttioa roynllste dans la Ghftibbfè élective éclata Loi sans ttiesure à roceaston d\rd projet de 161 relatif jxûx /oSitaS» dmattofis ftccofdées à titré héréditaire par le gouverneiSpériîî. ^^^ ifnpértaf comme récolitpeûsèS de glorieux services mtlitftlrels et civils. Ce projet était un acte réparatetir, qui dotfnclit , peftir des pertes Ironienses , de très-fkibles cornpénstttMnS, et apportait qutficfaes soulagements à de grandes mlsèn^s , stirttDtit p6iir nne mtilHttide de panvrés sol- MMOMion datslnrdlldes , riotir des veaves et des orphelins. La droite

orageote.

cependant le combattit avec fureur, et demanda ^t^e les i^oldatâde Parmée de Gondé, les Yendéenset lesGbouans flissent récempettsës au même titre ()tiè lesaoclens donataires de TËdiplre. Oiss denx côtés de la Chambre les paroles les plus outrageantes furent prononcées. Les éttilgrés et les hémn v^déens d^nne part et diantre i^rt tons leS glo^ ^leux soldats de la Rétolotlon et de l'Empire, firent téur à tour désignés comme traîtres et rebelles t temps tnalheorsdx et fbheste où le parti blentdtdomtnant voyait la rébellion envers le prince dans le dévouement à la patrie t T^ génémi Foy répondit avec éinqnenoe abx san-

LIVHE IV. CfiAPITRJl lll. TiO:]

giâbtë^ invectives des ultra-royallstès, et bbâôime de ses parales eut un éëho dans le cœtir de la France nouvelle.

Le ministère^ blâmé, insulté même pair chaque pafti, (Ht împuîssaiît à consefvet ati projet soh caractère prîthlUft la loi ne feeônnut point le droit absolu des donataires et n'accorda des pensions viagères ()u*à eoit et à léurà énfafits alors existants ; elle récompensa au même titre, et sur les débds de Tàkidën fonda du domaine impérial, le^ services rendus dans les at*mées Vendéennéi et dans celle de Condé. Ces violents débats fuient tlo^ au moment où le procès de ta cônspiratioii découverte le Procès 20 août précédent allait s'ouvrir devant la cour des Pairs. dU"coJMp?- Celle di comptait dànë son sein les plus illusttlts débris diHtoïoot. de l'Empire. Un grand nombre de ses memb^es ressentirent proibndément les insuites prodiguées à Taneieline ni^mée dnns Tautre Chambre et furent ainsi pbHés peut^ étt'e à juger avec moins de rigueUr les conspirateurs ttiil^ taires déférés à leur justiée. La plupart fut^ot acquittés, et l'indulgence des juges Se manifesta dans la sehlence des coupables , doiit Un seul, le capitaine Nantil^ alors contumace, fut condamné à mort. La chambre des Pairs cependant avait accepté les projets votés par celle deS Députés^ tout en manifestant le désii^ de lutter contre les entraînements des nltra-^ro^dlistes. Ce germe de résistance se développa piuS tard lorsque ceU3k-d eurent de nouveau saisi le pouvoir, et la pairie devint le foyei* d'une opposition sérieuse et populaire.

La cause de la Révolution, naguère eneore st menaçflnte en Europe, avait été partout vaincue ; noms avons dit qu'elle avait succombé dans toute la péninsule italique. L*eBvc^ d'une armée autrichienne à Naples avdit été résolue, l'année précédente, au congrès de LaybKch, d*un commun aeeord entre les trois souverains allies et le roi des Deux^Sieiles. Cette armée, au printemps de

;)64 QUÀTBIÈMB ÉPOQl B*

I. Autriche 1921 s^Ydii; péuétré daos les Abruzzes. Les Piémontais

étouffe 'F

révoïotion« ^^^ iospirés saisirent ce moment pour s insurger, et, un de Napies mouvemeut militaire ayant éclaté à Alexandrie, la consdu Piémont, titution des cortès d'Espagne fut proclamée à Turin. Le roi deSardaigne Victor-Emmanuel abdiqua sur-le-champ en faveur de son frère, Charles-Félix, qui, au lieu de se joindre aux insurgés , accourut de Modène à la tête de troupes autrichiennes pour les combattre. L'Autriche triompha en Piémont comme à Napies; Tarmée napolitaine, commandée par le général Pépé, avait honteusement pris la fuite au premier choc, et toute l'Italie, à la fin de mai 1821, était abattue sous une domination étrangère.

Suite L'empereur Alexandre avait appris alors rinsurrection la révotation des Gttcs, Cette révolution n'avs^it aucun rapport avec celle grecque. ^^. y^j^j^ ^^ succombcr cu Italie. Il ne voulut cependant y reconnaître qu'un nouveau complot du carbonarisme, et il abandonna ses malheureux coreligionnaires. L'héroïque ville de Souli succombait devtmt le férpce AU- Pacha. L'Angleterre venait de vendre au barbare , par un odieux traité, la cité de Parga, et, pour assouvir la MasMcre vengcancc dusultan Mahmoud, quatre-vingt prêtres, avec <»e Parga, |^ vénérable patriarche" de Constantinople et une multitude de Grecs, avaient péri dans cette papitale , livrés à d'ignominieux supplices. Les klephtes de^ montagnes, les Grecs de la Moldavie et de la Yalachie espérèrent eo vain dans le czar et coururent aux armes à la voix de Botzaris, de Maurocordato, d'Ypsilanti; vaincus par le nombre, ils succombèrent presque tous. Le brave Ypsi- Jantl, après des actions héroïques pour la croix et la liberté, toucha le sol autrichien; il fut jeté dans les fers et n'en sortit au bout de quatre ans que pour mourir. Mort Un grand événement dont la nouvelle était récem- ^à dïSxc-^ m&A arrivée en Europe y causait une sensation profonde : 18». ' Napoléon n'existait plus. Celui qui avait vaincu en cin-

tlVAB IV. CHAPITAB III. 565

quaate-deux batailies i^t disposé des sceptres de Tunivers avait expiifé à Samte-Hélène le 5 mai 1821, au milieu de quelques amis fidèles ^ emporté après plusieurs mois d'une douloureuse agonie , à la suite d'une captivité de six années. Napoléon était descendu dans la tombe, atteint d'une maladie du foie dont les progrès furent accélérés par Tinfluence d'un climat malsain» par les odieuses rigueurs de son geôlier, sir Hudson Lowe, gouverneur de l'Ile, et.surtout par la dévorante activité d*un génie qui n'avait plus pour aliment que de . poignants souvenirs après avoir eu pour sphère d'action le monde entier. Le | rétablissement de Tordre en France et les grandes créations de Napoléon sont ses plus beaux titres de gloire, quoique ses merveilleuses victoires aient porté le renom des armes françaises au plus haut point qu'elles eussent encore atteint. Mais une an^bition sans limite attira de grands désastres sur le pays qu'il avait sauvé par sa sar gesse et l'ouvrit deux fois aux armées étrangères. Les ca* lamités qui ont suivi ces invasions et le sang de deux millions d'hommes versé sous son règne dans d'innombrables combats enseignent ce que coûte la gloire d'un con^ qaérant. Tel était le prestige attaché à cet homme prodigieux qu'à dix-huit cents lieues de l'Europe il la remplissait encore du bruit de son nom; sa puissante iaiage apparaissait de loin sur son rocher solitaire , au milieu de l'Océan, comme un objet perpétuel de terreur pour les uns, d'espérance pour les autres. Sa mort préci-» pita plusieurs de ces derniers dans des entreprises coupa^ blés et désespérées , tandis qu'en délivrant leurs adversaires d'un salutaire effroi elle leur permit de s'abandonner avec moins de réserve à des projets de réaction imprudente ou téméraire.

Dans le même temps une puissance occulte envahis- origine sait la cour, les Chambres et toutes les branches de l'ad- *gl5SSf *' ministration publique. Depuis dix ans des honunes d'une

560 QOAtltlÈMË EPOQUE.

piété niheèré, tels ^tiè te vlèonite de MoDtffiôreuey tt Tabbë Legrid-Davftl , aTafent formé efi France noe sôdété Inflaetite géirèraiemêbt ndMD^ëè in Con^té^ation^ , et qui n*eut d^abord t^ôut' objet qde raccomplissément des bonnes teovres et deâ devoirs preiscilts pat tiD« fer^ Rentrée Yeiite déTotîOn ; elle s^afilia auit Jésaites. €eitt-ei, iidti

cri.>ï!iS! autorisés à résider efai Fràtice en qualité dé membres de leur ordre, y foadèrënl plusieurs maisons^ où ils â'établlhifretit sous le nom de Ptres de la Foi. Ils cofnrptaient de puissants soutiékis Jus({ue dans la faîmille royale^ et Louis XVIII, vivement sollitité en leur faveur, consentit à les tolérer, sabs toutefois reconnaître ieur eiiistenoe comme légale. La congrégation, imbUë comme eux de principes fbft réâcitioilnâires , devint , sous le patronage de MM. de Poiiguao et de Rivière, Tobstacte le plus puissant aux ministères Décades et Richelieu. La Restauration toi avait ouvert lé éhaïAp dé fa poKttqué,^ dèâ Ion la religion, si sainte et si respectée lorsqu'elle n'agit que dans un but spirituel et moral, fût méiée aut Intrigue^ de Fambltion; Thypocrisle, Si fatale aux moeurs à la fta du règne de Louis XIV, reparut séus celui de Loiiis X Vin et de son suecesseui^ ; des ades eittérieurs de dévotion pratiqués par des incrédules ftirent pour ploslears un lâoyen d'arriver aux honneurs et à la fbitune ; té pouvoir perdit ainsi beaucoup de son autofitë fiM'ale fttix yeux du peuple, et les f^rançals eurent le mAlheur â*aecuser la religion des scandales de ceux qui l'outrageaient en invoquant.

Éieetioni Lcs électloos de 1 89 1 grossirent encore , dans la eham^ bre des Députés, le côté droit aux dépens de la gtiuebe libérale; Les ministres sans portefeuille, MM. Lalné^ de Yillèle et Corbière, sortirent alors du càMnet, qtiMIs ne voulaient point couvrir plus longtemps de leur nom, et le laissèrent, à l'ouverture de la session nouvelle en fbce d'une majorité royaliste ardente et résolue à Itf renverser.

de 1821.

UVBB IT. CHilMlâË III. 967

Leti tibéi»âits, phis Irrités cnedre dènitre \t gdii?ërnènfetit, c^u\ron ^Mls ftoeUsaflmt d'avalr>llVfé les ««ôtioûs à letifs adtei^ |fV«^«%"

piter sa bhut*. Ils s'eûtendirettt pour iosfé^ef datii !*a- ilU'am" dresse en réponse au discours du trône une phrase ùt- ^ *''*'"*• feniantë pour Ici polMqoë de la eodrouhe dàias ses rëia- ,tld^ avê^ \m ptflssaliees aun eengt^ de Tft>pj[)ad et de Ltiybach^ et cette phrase, Vivenietit corhbattae par le Habinet» Alt maintenue et votée à tane majorité de éent

▼Olît.

Lonis JCVIII^ lorsqui^ l'adresse lui fut présentée par la députation de Ih Ghaiébré, refusa de l'etttendre^t prononça quelques paroles où perçait là dignité du hionat*qùe <^tiÉiét Le comte d^ Artois, (;hef reconnu du parti tlt^a^rbyaKst», attrait pu bëaneoup mieux que le roi %(ih Mre déf«id¥e 1« cabinet contre ses afeis ti*op ardehts,- et 11 s'était antérieurement engagé vis-à-^s M. de ftidtellen à modérer lehr zèle et leurs exlgeneos; nais II oublia sa promesse «t aliaiidonna le ministère à leurs ressenti-naents^ Bn tain^ M» de Rlehelien M ses éoliè|»ue8 , fort« éB la ftifeu# dti mottarqiitf» essayèrent de lutter encore et préMntèrent à la Chambre éleetlTC i^H projets pour pn^nget la Censure el pouf donnet pins de forée à la loi répressive des abus de la pressoi Los royallMe» exagé^ fés^ dottt rintérét le plus pressant était do renYorsër le eablnet, afièotaient alors un sèle ardent pour la liberté qu*\\8 vooliimit resta'ëndf e d une grande horrew de la censure^ assea aemblaMes en oed (i un Certain nombre de leurs eollèguoa do la gaucho qtil, naguère humbles complaisants dti despotismf impérial, s'étaient déguisés à sa chute on elievallers des liberlés publiques. Un nott«» veau vote de la Chambre rendit la retraite du cabinet Ié^ ' dispensable. M. deRIcheliea remittiu roi son portefeuille^ ses collègues sutvir^t son exemple, et un nouveau ca* binet fut ibrmé en 4^9erobre 1891, par riiifluenco ea^u»

â68 QUàTAIBMJI ÉPOQUB.

Retraite sive de rextréme droite. Le ponvoir revient ainsi aoK deRiehdiea. nudus des ultra^royalistes , etlaFraDceconstitationneUe dii^kihtérê. entre dans une nouvelle crise dont elle ne sortira ^e

^iiu!^^ lorsque, le trône aura été renversé sur la Charte décbirée«

Ministère Les membres les plus iofloents du nouveau eabinet fo-

rojautîe. feut M^ de Peyr4>nnet , garde des sceaux, M. de Yillèle, ministres des finances, et M. Corbière, mimstre de rin>térieur; le vicomte Mattbieu de Montmorency obtint le portefeuille des relations étrangères, et le duc de Bellune M.de viiiéie. celui de la guerre. M. de YUlèle exerçait d^à une grande autorité dans le conseil et ne tarda point à en devenir le cbef • Sa fortune avait été rapide ; 11 joignait à une capacité r^narquable une grande connaissance des affaires; mais il n'avait pas la force suffisante pour arrêter la fougue de ceux dont il déplorait raveugl^nent ; il essaya en vain de lutter, et il subit les entraînements des passions dangereuses qu'il ne partageait pas. La congrégation, assurée qu'elle le dominerait malgré lui, l'aida à saisir le pouvoir, dont elle se réservait la direction suprême ; la nomination du pieux vicomte de Montmorency la renda^ présente au sein du cabinet, et ses affiliés obtinrent les principaux emplois et les postes éminei^ de chaque ministère* Dès lors le gouvernement et la chambre des Députés marchèrent ensemble dans une voie réactionnaire. Ils ne se proposaient pas sans dovte de provoquée une o«ntre-révolution et de supprimer la constitution ; mais leur pdittque fatale tendait à limiter, à saper, à annuler en quelque sorte par les lois la plupart des garanties données par la Charte aux Ul>ertés Loii publiques comme aux intéi^èts nés de la Révolution. Un

^de^Stt? des premiers actes du ministère fut d'enlever au jury le jugement des délits de la presse et de fmpper celle-ci de deux mesures d'une extrême gravité : Tuoe faisait consister un délit dans la tendance politique d'une suite

LIYII 1V« CBAPITBE ICI. 66d

d'articIeS) Men que chaeau d'eax, pris isolément, ne fût point susceptible d'être îacriminé; l'autre periyiettait ^ en cas de circonstances graves y de rétaUir la censure, dette loi, présentée «n 1822, fut votée à une grande niajo^ rite.

Cependant les sociétés secrètes s'organisaient de toutes progrès parts, et le cari)onarisnie étendait ses immenses ramifi-' ^"^ nSm?"'' cations dans le royaume par la création des ventes de di-* vers degrés (l); son esprit dangereux s'infiltrait rapidement au sein des écoles et de l'armée, et la conspiration militaire étouffée à Paris en août 1820 fut suivie», durant les deux années suivantes , de pliiusieurs complots mili* coDspira. taires tramés par les carbonari dans différents corps et ^^1: sur divers points du territoire. Des mouvements séditieux éclatèrent dans Técole de cavalerie de Saumur; ils forent réprimés, mais ils appelèrent sur ce p<^nt les espé* rances de conspirateurs téméraires. Le général Berton complot rassembla une troupe de jeunes gens, de soldats et de X^g^éilî!"^ paysans mal armés, et se mit à leur tête en arborant le ^^^"' drapeau tricolore. Il surprit la ville de -Thouars au nom de Napoléon II, et marcha sur Saumur, qu'il ne put emporter. Abandonné de la plupart des siens, il prit la fuite et fut arrêté. Vers le même temps éclatait à Belfort msarrection

militaire

une insurrection militaire à laquelle rUIustre général La û Reirort. Fayette lui-même ne fut pas étranger. Le ministère étouffa rapidement le complot , tandis qu'il prêtait la . main aux coupables apprêts d'un pi^e dont l'ex-colonel Caron fut à Golmar l'imprudente victime. Deux esca* drons, dans l'intention de découvrir ses complices et de le compromettre, sortent un soir de Golmar et de Neuf- Brisach, conduits par des maréchaux des logis ; des ofQ* ciers déguisés s<mt dans leurs rangs. G^te troupe par**

(1) Le mot vente, pris dans cette aceeption, signifie une section de société secrète.

if 0 QUÂTBiteB iMQir««

Corn lot ^^^ ^^ OêmpHjgtëà yoiaiwÉi aittiffa Gavcm^ ek &yM lo& «H

^^l^^^^ maltte A'éqititattob^ sdn amf^ BMiné Rog«r i «UenarcM

' 951» leus «riMlB^ boit a^«c «ax; el langue oaux-ei,

trompés par oes pcrfidaa âérnaistrationsy paaiaent le ai

de Vive V empereur! ]es soldats se jettent sur eux, les gar«

rotteDt at lea IIvnqI aax aatarités. Qoalqdes joun après

Oaf on pérM ftMlilé. Auom laH piaa qae oeial^i a'a din*

posé let atprits à ahereher davi la miiiiatère al dans la

poliea la lowca et la provacation de taas tes tMiifalei*

Procès L*aaDéa lats vit aneara d'autres «aéaatioBa paar

du général

Berton. erimeB palltiqael i Berton fttt traduit dèirant la odar d'assises de Paitlers^ et le pr<Mnii»eur général; M aagift dé* , signa, sana les ndmaMr, eonme compilées âu: général^ les députés les plus Influents dd eété gauotaei Saa paroles soulevèrent dans hi Gfaavribra d*oragetis6s dlaeossions) qui, sans'rk» éelalrotr, etivatilmèrent eneasa ranlBMaité des partisi Bertoa et deux dé ses oaispllaes portèrent

côupiraf 1^^ laurs tétas sur Téchafaud ; un traëième s*auviit lea \

"Xmi^n ^^^ ^^^ bientôt après le théâtre d'une seèna afOlgeaote.

àiaRocbeiie .Quatre jeunes sous«ofAalei» en garnison à la Roehella»

eonvaincus de carbonarisnie et aeousés de tealatiyaa ré^

voltttion&alrei, etcitèrent Tiatérèt publia par leur âge et

par leur férmaté ; leur prajet coupable n'avait point éH

suivi d'aaéctttiaa ) ils fiireat pourtant oondamaésÀ mort,

Jppû!^. *^ marehèneilt è Tédiafaiid au milieu d'ane population

émue de ressentiment et de {ritléi Cest ainsi que le goa*

temement de la Bastauratîôn crut devalf encore «aafois

cAiercher contre de criminitls eoMj^lots et des périls trop

réels sa ftwee et son salut datis de rigoureux ehàtimaMs*

Bientôt un nouveàn congrès de souverains s'asaembla

dans les mors de Vérona ; là fut agitée i'importanta qaes*

État critique tlou dc lu révolution d'Espagae. De grands désm*dres,

cl Espagne. ^^^^^ inévitables par la faiblesse et la perfidie de Ferdi-

uand VU, éelataient dans la capitale de e«tta«<mtrée;

des crimes atroces, et entre autres rassassiaat du oha*

LiTB» iv. cfitL^i-itÉ iir. 5tl

Mule Vhitléfla, ètvïifent éfédoltiniià ëicdni^rètnéUâlènt ia eâme rëtMdtieiiiittfre. En valh M6rff fô et Balléstëhos esëâyaiéiit de dontenir les tiondmes iiofentâ et de rétablir te ealtoe^ des civnibats sailgtants s'étaient engagés entre la ttultittide et leè gardes royaut et rappelèrent les scènes affreuses de Paris an 10 toiit. Ferdinand, dont la vie étaH eu përil^ powssfl, dlt-ôn, la dissimulation jasqu à signet des arrêts de inoi't rendus contre ses trop fidèles et itnp«MantB défenseurs. Cependant tes moines, en partie dépouinés de leurs biens, soulevaietit le peuple de9 provin- «eS) brganfsaient des guérillas, et plusieurs chefii inipoirtaûf s dirigèrent un vafste mmt vemënt eontre-ré roi utlonnaire dans kiGaialogtie. Untrappfsteftimeux, don Antonio Maragnon, ftTail fbriné une redoutable baiide de guérillas et marchait à l«ur tète dans \n méfée, le érueifix à la main. Il avait Régence prr» d'assaut la forte place de la Seu-d'Urge! ; une ré- * uï* genee y fttt établie , formée du marquis de Mataflorida, **''"***^'^*^*du baron â'Broles et de rarchevèque de Tarragone ; elfe couvrait des emprunts et rendait des proclamations au nom du roi^ qu'elle sdpposait captif. En peu de temps elle se vit à la tète d'une armée de vingt-cinq mille hommes , qtgà prit le nom d'armée de la Fol, s'empara de plusieurs ^\|^^^ l^lfHièfi dans la Navarre et la Catalogne, et péiiétt^ dans rAmgoti. Le général constitutionnel MinA fartifteti dérodte» reprit les places dont elle s'était saisie, ëf ne îaUâa ffld» d'espoir aux royalistes tpte dans l'intervéntfon frati- ^se. La fièvre jaune; qui désolait Barcîelorie, avait dèh piiis <}uelqQe temps déterminé Louis XVIlt à établir ilb €xlrdon de troupes sur la frdntière des Pyrénées soUs prétexte de préeautioné sanitaires, et ces troupes, d'un mo^ . ment à l'autre, pouvaient détehlMine armée d'invasioii. Tel était l'état des ebciBés en Espagdè lorÉAjfue ft^outrit lé eongr^ de Vérone.

MM. de Cbateaiibrlanâ et Mattfaled de Montkorëncy congrès reprétcaMent lH France à Vérone, pendant qdeM. de ^^ÏS^"'

QUàTBiitlU SPOQCE.

Session

législative

de 18SS.

Expulsion

de Manuel

delà

chambre

des Oépuiés.

Villèle obtenait à Paris la présidence du conseil. Loid Wellington était au congrès IB représentant de l'Angleterre, Le suicide de lord Gastelreagh et rélévation de M. Canning à la tête du ministère anglais faisaient pres^ sentir que la politique extérieure de cette puissance allait subir de grandes modifications; aussi, lorsque l'intervention française en Espagne eut été proposée ^ lord Wellington s'y montra contraire, et M. de Villèle «spéra qu'elle pourrait encore être évitée ou ajournée. Mais la congrégation et la majorité de la chambre des Députés voulaient la guerre; M. de Chateaubriand y inclinait, et, par les efforts de M. de Montmorency, elle devint inévitable. La contagion de la révolution espagnole semblait à redouter pour la France, et surtout pour l'Italie aux yeux des royalistes, de M. de Metternich et des trois souverains alliés; ils furent unanimement d'avis de la réprimer. Les ambassadeurs de Russie, d'Autriche et de Prusse, quittèrent aussitôt Madrid; celui de France, le général Lagarde, ne fut point encore rappelé. M. de Chateaubriand remplaçait alors M. de Montmorency aux affaires étrangères.

Le mouvement qui emportait le gouvernen^ent français dans une voie contre-révolutionnaire triomphales dispositions pacifiques de M. de Villèle. Louis XVIII, aceablé par les infirmités et encore plus par l'âge, ne régnait déjà plus que de nom : MoNSisua gouvernait et désirait la guerre ; la chambre des Députés marchait d'accord avec lui, et signala son zèle par des violences dans la discnssion qui s'ouvrit sur le vote des subsides pour l'expédition. Elle rejeta de son sein Manuel, député de la Vendée, homme très-hostile aux Bourbons, et qui prononça un discours où la majorité crut reconnaître la justification du régicide; elle l'interrompit et vota son expnlsîcm de la chambre. Manuel déclara qu'il ne céderait qu'à la force ; le président Ravez appela les gardes nationaux du

LIVBB IT. GHÂPITBE fil. 573

poste, et le sergent Mercier, leur chef, s'étant refusé à exécuter Fftrrét, les gendarmes saisirent Manuel sur son bancetrentratnèrent hors de rassemblée. Tout le côté gauche le suivit ; ses membres déclarèrent qu'ils se regardaient tous comme frappés et exclus dans la personne de Manuel.

Les crédits extraordinaires sollicités pour la campagne d'Espagne furent accordés, et dès lors la guerre parut inc- Titable ; une armée nombreuse se rassemblait déjà sur la frontière des Pyrénées; le duc d'Angouléme en prit le commandement à la fin de mars, ayant sous lui le général Guilleminot pour chef d'état-major. Rien n*étaît suffisamment préparé à son arrivée, ni pour les transports ni pour les subsistances ; un banquier célèbre offrit de pourvoir à tout comme munitionnaire général^ et le prince signa d'urgence avec lui des marchés onéreux , dans lesquels sa bonne foi fut indignement surprise. L'armée entra en campagne le 6 avril, et sur la frontière, Guerre au passage de laBidassoa, elle rencontra un bataillon îîn!^^' d'insurgés portant le drapeau tricolore. Des Français compromis dans les conspirations militaires, et entre autres le capitaine Nanti et le colonel Fabvier, marchaient en tête ; ils s'avancèrent au-devant de nos soldats pour fraterniser, au cri de Vive Vempereur! vive la France! Le général Yalin dispersa le rassemblement à coups de canon, et le succès de la campagne fut assuré. L'arnpée, en effet, obéissait aux Oudinot, aux Moncey, aux Molitor, anciens héros de l'Empire, et les guérillas espagnoles, si fatales à nos vieux bataillons, combattaient cette fois avec la France : la victoire ne pouvait être douteuse. ' Bientôt nos colonnes furent aux portes de Madrid; les cortès avaient quitté cette capitale , emmenant avec elles Ferdinand VII à Séville,'puis à Cadix, après l'avoir déclaré déchu du trône comme atteint d'aliénation mentale. Cette mesure audacieuse et coupable pouvait prolonger

la gaerre ; des négocjatiops fqrent entamées «vep les généraux constifiitionnels modérée i tels que Mle^l^os, Morillo, rÂ})i8l0l, et vers le paén^fi temps le Bôp^géoé* ralissime forma, dans ^n esprit ^ c^pnciJiA^on^ \w^ ^régenee espagnole à IVfadrid, sous 1^ PK^^dPA^ 4ll 4v^ ds rinfantado, avec Tintention de l'opposer aux mf^QDtiN'ef de rancienne Junte de \^ Seu-d'ya^l» 4apt4li ylole^ce aveugle, excitée par le fanatisme 4^ T^W^e ^ 14 1^ menaçait TEspagne de la réactipf) \^ plus sapglimte. Cette armée et la populace n'attendaient que l'arrivée dft ans troupes pour se livrer à des aotes d*upe cru/çlle «t teais vengeance; }es Français ï\'eu permirent pf^ rfSKéoottai» et ils furent bientôt r^ar4éi; ^vee l^^lu^ ^ d^Omm comme des epnemis p^r cepx fpéipfs^ qu^la éM^\ v^us

ordonnanoe sccourir. Ce fut dans 1§ dessein 4^ préyiço|r çe^ j

Aoât iws! de brigandages et de meurtre que le 4po d'Angoulteis

rendit la célèbre ordonnance d'Andiyar, qui 4é$m*

dait aux autorités esf)agnples de f^J^p W^^ P^CWWQ

sans Vautorisation des officiers frf^i^ts f|; pt«|Ç9M Iw

éditeurs, des feuilles périodique^ SQps la prptQptûlll dei

commandants des troupes. Cette ordoqpai^e éf^t glbeU}^

de sagesse et conforme en tout à la ç^duijte A^ ^nep

pendant cette campagne^ elle offçn;^ vivopdent la

régence de Madrid et ne rendit pas le^ .i^einf^l^ des

certes de Cadix plqs traltables. Ç^ui^-ci ^ yar&^^^eoieBi

instruits du^ caractère de Ferdinaod» i^'e^rci^t ai]^smi£

confiance dans Teffet des pror^esses ^9 duc 4*AiWK)^*

lème, qui s'engageait à obtenir pour eux^ 4^ leur ^q^ d«s

institutions libérales; ils rejetèrent toutes les p|r()(>o§iti(^,

que Timpuissance où ils étaient aurait dû leiir i|iirç aA-.

cepter. If o^ soldats s'illustrèrent plors p^ quelquQi^ b94ipx

Prise faits d'armes : ils attaquèr^t l^s fprmidable^ batteries de

Troa|déro. llle de Léou; le Trocadéro fyt emportçspij^ (es y^DX da

ï'BÎpîgn"*^ prince; Cadix se soumit ^ et cetexplpit eut po\ir cé^ritat

<^rc* rimm^îate délivrante de Fçr^inand YIl-

LlVBfc iV. CiUPftXAfi fil. 4lli

:Uk guerre éUtt flnicu les ralliées cwiiipweèmil. VerdiAutd diQîMfc Ms mioistves panni ks boumur kts plus viQlfmta «t Wa iihis «xalfcéB; l'eséeoUoii de Riégo ftîgmiâ san retour au irôofii 4)t l-inUnreDtioii â« Frangai» tu fa* ve«r des iFictînes fut te^^îasaiiCa. Wm ft'avalt été paévo» en effet» au tongrèade Yérow poor atfiiélkmr It isavt éa r&pagoe ^ ea la présarvant d^wM véaotioii sanguioaire. Les frais imaMusea de Ja guarue éaaoalirèraDt à la charge de la France ; qU^ rewMii^fom taatlfoil 4e eetleeani' pagne brillaate et oaérausa^ rittgrMimde 4e sfwx poaa gui elle s'était iivposé taut de saoviftcaa. Capesda»! tel est parmi opus le prestige qui a'attacba touj^ra à la vie^ tiare que, daus les pramUers fî»qinisots i|ai aui?îjra«t ia trlompbe de^ w» armes fQ E^^pisgns / riiP^rias^iaD de ee suQQès fut très-foyocaUeau parti ultrairoyaMa» fieiri ^^ teor de la pierre. Il Tempaf ta dans la plupart tk^éUttt* tiiuis partîeltes qui suivlreut la campagne» et M« de Vik^ lèle^Qçqt lapeuaéa d'ass«oir sa j^aiSBanoeauc i^aepud.da laiulstèreet d'uue chambreaeplettiialeau élue peu* sept aaa«

Outre l'eppasUion du o&te gaiiebe 11 s'^ea Aaét iaaiiaé daps rassemblée une aiilre, doo ibows hqstile au âiiiila* tère» qu'elle accusait de tiédeur paur la ea«se «qFeiiBla ; MAI. de La Bout damiaye et IMatot ia difîgealeat avaa TigueuTi Tous deux étaient iodM» d'idées plusadstoçra^ tiques «iMarc quei|ioBarchiqifes,«t demandai^t qu'ooa h^ute iofloenee dans la direction des affaires fût le par* tagede la grande propriété; ils aacusaieia M, de Yillèia avec violence de fiMnquer 4 cet égard à ses ettgagemeatti antérieurs, et celui-ci espérait^ an ceAToquaMt mta Chambre nouyella satts Viaspressioft réeepila de ia oam*» pagne d'Espagne, qu'elle serait toute déaauée à sas vues ; il comptait ainsi réduire 4 rimcNiissanos uae doubla et fatigante oppositliMii. La roi et aou ^nsi^l partagèrent l'avia du ministre ; la €baimkre lut diaaaate ^ <et Toa dispeisa tout ppur une électian généfialei^

#78 i^UATaiÀlU BPOQU^.

ritée ppir i^ teudme^ r éacUon^AÎriii 4M poav^r, par son asservteseoieol; au parti eléric4il| j^r beamsoup d'actes eoâD déjà accomplis et par tous ^ux qu'il prépiarait.

La cour et le mloistère refusa^jt (jle tenir aucMn compte du seutiffieut géoéral et des voeux 4u pays » le problème & résoudfv était de réduire l-^pinion publique à l'ijBpuissanee et au sileqice p^ uue série de ^oa^esures ^opotre-r^vi^ liitâonuair^s , à l'aide desquelles la congriégation et le» uitra -royalistes se flattaient d'accroître rattt4^ité de Faristojcratie territoriale et du clergé, et de rendre dans la nation leur influence docnina^te et ^rto<M^ if^faM^s. Is temps était un évépement indispensable pc^r rjésaiidris ce 4i^r)ciJe problème à l'aide d'une majorité ^é^/OMée. C'était tr(^ peu pour ce graod objet , aux yeux ^ gouvernementy q^ue i^os cinq an^s assignée^ par la cooatijtutioii au sestiun mandat des députés, et dès Touvert^re /d® la ^cesû^ lé- Stim.^ gislaliv,e (mars i$â4) 1« roi, da^s son discours wi^ diau)- ^.es, mwn^ que deux pr(9j.et^ d'^tm gmnAe iosportai^ce lejur «er/aient soumis. ^J^n de ces projejts tendait ^ substitue^, {M^r ia cba/nb^ jéji^v^, au moêfi de ns- 9p^veJiem(M)}; quinque^^^ et p^tiel inc^fUjé par la Cl^r^^ le riej90Myel^emen.t in^ral /et s^t^n^d ; i'a^lUe pi'(<9jet éta^; relatif ^ la ^uNer^im 4^ i^enjtes sur le gre^à livre de la Aetjte pj^q^e : aon adQpi^n, 4^s^ lid mfh- «arque, j^ffietXrUt ^e 4i{pipAier h^ mi^ fit Ae Atfvner les .dernières plaies de la ^^v^kitio^.

Loi Qis deux projet firent simuJtajpLé^ent présentés §fijr kt

septeonâiité. mtoi^l^rc, lepreoûerà lacb^imiKi^ des Pau«»le,se<^i|d.à celle 4ids Députés. Oa éiçarl;a Ji'^jectiom tiri^ deç ^Hck» contraires de la 'djuarte m ,cie qui .l;9^cl^t jie ^ e^pki^^eUement intégral et aeptennal^e la .cb^bre, m ^égvant que ses arUeilçs n'éta^ j^injt li^^ç^ig^^^, eH^ Im, adoptée ^'iftmi par k^ 1^9Xt^9 £ut coiiabattue ^vec énei^gjie c^ i'Aviti^ ^^^M?rt»i^e $^ ropposlftop Hb^Alie» /et «WJqlUHilt par Royer-^llard : il lit ressortir ^vec soin tq^t TavAP-

LIYBS IV. GHÀPITBB III. 579

t^ge du renouvjBllepeiit partiel prescrijt danji la Cjii^te ejt ^^'gj"", le danger de )a yipler en suspendant les électip^^ durant coiiird. sept années. Il montra que Je renouvellement ijitégral, s'il était libre çt çincère, serait un jehoc trop rude ppur un gouvernement jqelconque, et que s'il pe l'était pas, il mettrait toute la France dans les maiijs c^es ministres au moyen de la centralisation admii^istrative dpnt ils disposaient : et C'est à elle , dit l'orateur, c'est h ce pouvoir monstrueux qui s'e3t élevé sur les pines de touties pos institutions que la garde fie nos droits politiques est confiée.... Sans la liberté des élections toute responsabilité ministérielle disparaît, et c'est ainsi que le gouvernement représentatif a été indignement 'perverti : au lieu de nous élever, il nous abaisse; au lieu d'exdter l'énergie commune et de nourrir le sentiment de l'honneur qui est notre esprit public et la dignité de notre nati,on , il l'étouffé et le proscrit. » Les epbrts de Royer-Collard furent ^m|^uJbssants , et les députés votèrent la loi à une forte majorité.

Le second projet eut un sort dij^érent. Il se liait, .^a^s Projet de loi Tesprit.de ses auteurs, à Ia pensée de dédomçfiager de leurs ta conversion pe/rtes les ancieijis émigrés ou leurs fçipilies à Taide des *'""^"' ressources que son adoption apporterait au trésor. Il tendait à convertir l'intérêt des rentes .cinq pour cent, qui s'élevait à cent quarante millions , en trois pour cent, au tau3L de soixante-^inze francs : des bapquie^s s'étaient engagés à fourjç^rj^u trésor les fonds nécessaires pour rembourser au pair ceux ^es porteurs dç rentes cinq pour cent qui ne consentiraient pas à j[' échange proposé. Ce projet^ uitile au gouverpement , mais qui à certains égards semblait contrçiire aux engagements pris par l'État, blessait les içL^térêts de la , classe nom];>reuse des rentiers, et il souleva de violents ora^cis. La chambre des Députés l'adopta : il îuf reieté pfo* la chçim][)re des Pairs, et l'opposition tacite d^ M. de Chateaubriand eut de Pinfluence sur ce vote.

QUÀTBIBME EPOQUB.

Sonreiet

la chambre des Pairs.

DeKtitutlon de M. de Chateaubriand.

Parti

delà

défection.

Troubles

en Portugal.

Procès de tendance

intentés

à plusieurs

Journaux,

et acquitte*

ments. t>:

de Villèle sollicita brusquement la destitution de son collègue; il Fobtint, et par ce coup violent il hâta sa propre chute. Chateaubrand , irrité de sa disgrâce , commença aussitôt contre ses collègues et ses amis de la veille une lutte ^ peu justifiable par ses motifs, mais implacable et mortelle. Il entraîna dans son opposition plusieurs députés de la droite, qui formèrent le noyau d'un nouveau parti, désigné par ses adversaires sous le nom départi de la défection et dont le Journal desDébais devint, dans la presse, Porgane le plus actif et le plus redoutable.

M. Hyde de Neuville, ambassadeur à Lisbonne , tint à cette époque une conduite hardie. Le 30 avril , l'infant don Miguel, représentant du parti absolutiste et soutenu par la reine mère, s'était mis dans cette capitale à la tête des troupes, et retenait le roi Jean VI^ son père, prisonnier dans son propre palais. Il avait fait jeter dans les prisons plusieurs ministres et un grand nombre de personnages éminents » annonçant hautement Tintention de rendre à l'autorité royale ses anciennes prérogatives. M. Hyde de Neuville, d'accord avec l'ambassadeur d'Angleterre, aida Jean VI à recouvrer son pouvoir, et don Miguel fut éloigné du Portugal. L'ambassadeur français encourut le blâme des ultra-royalistes pour s'être prononcé contre ce prince, rebelle il est vrai, mais en qui semblaient incarnées les doctrines du pouvoir absolu; et tandis que la presse libérale reprochait au gouvernement français ses tendances rétrogrades , les journaux du parti opposé accusaient amèrement sa lenteur à satisfaire aux exigences des plus ardents royalistes.

L'administration eut alors recours aux dispositions de la loi qui permettaient d'incriminer la tendance des journaux ; elle leur intenta plusieurs procès devant les cours royales, et presque partout la magistrature fit cause commune avec la presse contre la cour et le cabinet. Le ministère rendit plus vive l'irritation des magistrats en blà-

LIYBB lY. GHÀPITBB. III. 581

mant leurs arrêts : la loi de 1822 permettait de rétablir ^**^^^' la censure dans le cas où des circonstances graves ren- «icia censure draient cette mesure nécessaires : les ministres reconnurent un grave danger dans les arrêts d'acquittement prononcés par les cours royales ; ils rétablirent donc la censure, en se fondant sur cet unique motif, et se déclarèrent ainsi eux-mêmes en opposition directe avec la magistrature. Le clergé obtint à cette époque qu'ua ministère des affaires ecclésiastiques fût institué ; on le confia à un évêque, à M. de Frayssinous, et Ton mit la direction de Tinstruction publique au nombre de ses attributions.

Le roi touchait au tombeau : le dimanche 1 0 septembre Dernicra il ne reçut pas, et la nouvelle de son agonie se répandit n,m^,**^viii dans la capitale : quelques jours plus tard il était sur son **«?* ^^^i." lit de mort, entouré des membres de sa famille. Il donna Tordre à ses ministres de travailler avec son frère ; et dans le dernier entretien quMl eut avec Monsieur, il lui dit : « J'ai louvoyé entre les partis comme Henri IV, et c( j'ai par- dessus lui que je meurs dans mon lit aux Tui- « leries : agissez comme je l'ai fait, et vous arriverez à a cette fin de paix et de tranquillité. Je vous pardonne a les chagrins que vous m'avez causés par L'espérance que a fait naître dans mon esprit votre conduite de roi. d Le vieux monarque appela ensuite sur tous les siens les bénédictions du ciel, et, posant les mains sur le duc de Bordeaux, faible et dernier rejeton de sa race, il dit d'une voix émue, en regardant son frère : Que Charles X mé- sa mort. nage la couronne de cet enfant. Il rendit le dernier soupir après une longue agonie, et Charles X fut roi. -

Depuis plusieurs années Louis XYIII ne marchait plus : atteint aux jambes de maux incurables, et tourmenté par les douleurs de la goutte, il sentit, longtemps avant d'expirer, s'affaiblir ses facultés intellectuelles, et abandonna malgré lui la direction des affaires publiques à son frère. C'est à répoque où finissait la guerre d'Espagne que la

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santé du roi éprouva led plas fâcheuses atteintes ; et ce n*est point à lui qu'il faut attribuer la conduite générale des affaires après les élections de 1824. Louis ^Vlll ne fut pas exempt d'nûe prédilection încaracïér«. tîmc ct toutè naturelle pour Tordre de choses sous lequel il était né ; mais il sut apprécier les besoins de la Èrance, et la Charte à laquelle il attacha son nom a fondé parmi nous la liberté politique. Doué d'un esprit judicieux et cultivé, il recherchait l'entretien des hommes versés dans ia connaissance de la littérature ancienne et moderne ; sa parole était facile, et Ton cite de lui plusieurs mots heh^ reux. Lorsqu'il avait assigdé une heure pour une audience ou pour une èéréitionie , il évitait ioujours de se thire attendre. <r L'exactitude/ disait-il, est là politesse des roiâ. B il assista presque jusqu'à la fin aux grandes réèeptions de là cour ; et c6mnie on l'engageait à s'épargner cette fatigue, il répondit : a Un rôi de ï'rance doit mourir debodt. t On lui reprocha d'être peu sensible, et le sang de quel^iiès-unes des victimes de nos dissensions pèse kùr ââ lîiémoire ; toutefois, en t>ermèttant qu'elles fussent immolées il fit moihs à ses propi'eâ yeux acte de vengeance personnelle que de nécessité politique. Sincèreïtient attaciié au piacte constitutionnel qu'il adopta comme son ouvrage, ii faut lui tenir Compte des puissantes influences de famille contre lesquelles 11 lutta longtemps pour les défendre. La Charte fut pour lui l'ancre du salut; appujré sur elle, il brava les orages et sut échapper à de hothbreux éëueils ; inais accaj)lé d'infirmités douloureuses, d'un naturel indoleut et apathique, et plus pWpre à fefeevoir l'impulsion iju'à la donner, il se ihoutra dans ses dernières années plus soigneux de son repos que dé âon pouvoir. II abdiqua en quelque sorte, et ^our le malheur de la Franôe, dans les mains de ses proches et de son premier ministre , devant une majorité factice et i'éaetiontiaire, et s'abandohna ainsi, par faî-

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