‹ Histoire de FranceChapitre 70 sur 101 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Régiie de &mU& IL. ^ Rérolotlon êe 1930. -^ Aténemmit <!# Ldu» Philippe 1".

16 sep^ml)ré ld24 — 9 août 1830.

f^as <^tte histoire approche de son terme, plus dé .toutes parts les diftlcultés se multiplient pour Técrlvain. Sous l'impression de faits provoqués par des passions qui ne sont pas éteintes ; en face de quelques hommes qui ont survécu et qui ont le droit d'en appeler à la postérité des jugements précipités de leurs contemporains, il convient de rappeler que le premier devoir de rhistorieù est d'être vrai, non dans Tintérèt d'une opinion ou d'un parti , mais uniquement dans celui de la morale et pour Tinstrùction de tous. Il est donc de la plus haute importance qu'en rapportant les faits le narrateur ne perde jamais de vue la source d'où ils ont jailli : il doit se dire, d'une part, que les vœux populaires n'ont pas tous, à beaucoup près^ été inspirés par des motifs désintéressés, généreux, sincèrement patriotiques ; et, d'autre part, que plusieurs actes, fruits de Terreur ou des pr^ugés , et justement condamnés par l^opinion publique, ont été purs de toute intention criminelle.

Quelques-unes de ces considérations sont applicables à opinions Charles i : attaché de cœur à l'ancien régime sous le nou- P°*Jf^<ï"«« veau ; roi catholique et dévot à une époque où il y avait ^-^"^^ ^'• pour le catholicisme, dans la partie la plus influente de la nation , beaucoiip t)lus de défiance que de ferveur, il

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regarda indistinctement les hommes qai avaient défendu les principes de la Révolation comme coupables de nos longues calamités: il les tint toujours pour suspects, quelques gages qu'un grand nombre eussent donnés à la cause monarchique, et il refusa constamment de se rapprocher d'eux. Répugnant d'ailleurs à toute réaction trop violente et bienveillant par caractère, il aimait la popularité et protestait de son respect pour la Charte ; mais , tout en l'acceptant et en jurant de la maintenir, il n'admettait pas qu'elle eût institué en France des pouvoirs rivaux du sien , ou un gouvernement qui ne relevât point de sa seule autorité ; il ne voyait dans les deux chambres que des corps en possession de pouvoirs politiques plus étendus sans doute que ceux des parlements et des anciens états du royaume, mais dont les droits n'excédaient pas beaucoup ceux de ces assemblées : a En France , disait-il, le roi consulte les chambres , il prend en grande considération leurs avis et leurs remontrances; mais quand le roi n'est pas persuadé, il faut bien que sa volonté soit faite (l). » De cette fausse idée qu'il avait conçue du gouvernement représentatif fondé sur la Charte sortirent toutes les agitations du règne et la ruine de la monarchie. Charles X enfin considérait comme dangereuse et humiliante pour sa couronne toute concession à l'opinion publique ; et tandis que celle-ci s'attachait avec une passion toujours croissante aux dispositions de la Charte touchant l'égalité civile , la balance des pouvoirs et les libertés publiques , et protestait avec colère contre l'intrusion de rÉglise dans les affaires de l'État, le roi aspirait à reconstruire autant que possible sur leurs vieux fondements l'autorité du trône, de l'aristocratie et du clergé. Il voyait dans ce résultat le salut de la monarchie et de la France; il crut remplir un saint devoir en s'a-

(l) De Barante, Vie de Royer-Collard, t. II, p. 380.

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