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LIVRE III. CHAPITRE I

Cependant le jeune roi, dont il contrariait les volontés, supportait avec antant d'impatience le despotisme du maréchal que celui du prince» et il résolut enfin de sortir de tutelle. Il aurait pu suivre les voies légales : son Ame sombre et vindicative préféra l'assassinat. Le lundi 56 avril le maréchal entrait au Louvre pour le conseil ; Vitry, capitaine des gardes, l'arrêta et lui demanda son épée; Concini fit un mouvement et tomba percé de trois balles : ^Meortre

'^ 'de CondDl.

Il expira sur la place. La foulé de ses flatteurs disparut, ««"• et I^uis XIII se montra aussitôt à une fenêtre de son palais comme pour accepter la responsabilité du meurtre. Les courtisans firent éclater leur joie et accoururent en foule pour le féliciter. De ce moment il se crut roi; il fit désarmer les gardes de sa mère et murer la porte qui communiquait de l'appartement de Médicis dans le tien.

Le peuple détestait dans Concini un étranger, un parvenu insolent , et l'accusait de tous ses maux ; sa fureur fut atroce : il déchira les restes du maréchal ; on mit leurs lambeaux sanglants à l'enchère, et la populaceen mangea. Concini fut poursuivi dans les siens: la signora Galigaï, sa veuve , favorite de Médicis, se vit traduite devant le parlement, où, à défaut d'autre grand crime, elle fut accusée de magie et condamnée comme sorcière. L'arrêt portait qu'elle aurait la tête tranchée et que ses restes seraient consumés par le feu. Elle subit son supplice avec supplice courage. La maison du maréchal fut rasée, ses biens im- ^caS/a"?'* menses confisqués, et la sentence du parlement déclara son fils dégradé de noblesse et inhabile à posséder aucune charge ou dignité dans le royaume.

Instruits de cette grande castastrophe, les mécontents réfugiés à Soissons déposèrent les armes et se rendirent auprès du roi sans demander ni caution ni sûreté, imputant au tyran italien tous les troubles et tous les malheurs delà France. Les anciens ministres^ Villeroî, Sillery, Jeannin et Duvair, revinrent avec eux. La reine mère

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dl^i ^^ exilée de la cour et choisit Blojs pour sa résidence.

iTliSf" L'habile du Plessis, ministre sous Ck>ncini, demanda la *•"• permission de la suivre , dévoué serviteur en apparence

desaprotectrice, dont il devint Timplacable ennemi. Fjjew Celui qui eut la plus grande part à cette révolution

de Luynea. de palais et à qui elle profita le ;plus fut le jeune Charles d'Albert de Luynes : compagnon des plaisirs du roi, il s'éleva rapidement dans la faveur royale. Il fut créé duc, comblé d'honneurs et de richesses, et devint l'héritier des biens confisqués et de toute la puissance du maréchal.

Condé, du fond de sa prison, et la reine, du lieu de son exil, continuaient à ourdir des intrigues et à soulever leurs partisans. Le duc de Luynes neutralisait leur influence en les opposant Tun à l'autre : tantôt il menaçait Condéde rappeler la reine à la cour, et tantôt il faisait craindre à Médicis la délivrance de Condé. Un complot, habilement tramé, changea bientôt la Complot situation des affaires. Un Italien, nommé Ruccelaî, homme de plaisir, résolut de servir la reine etdeTenlever du château de Blois, où elle était prisonnière, et il décida le duc d'Épernon à tenter Tentreprise. Le duc d'Épernon, possesseur d'une fortune immense, gouverneur de Metz et de plusieurs provinces , colonel général de l'infanterie, et toujours mécontent, pouvait mieux que tout autre seconder un semblable projet et mettre Médicis en état de résister à ses ennemis. Il sortit de Metz un matin, à la tète decentcavaliers bien montés, après avoir demandé au roi la permission de se rendre dans ses gouvernements de Saintonge et d'Ângouléme. Sa marche rapide et secrète ne fnt point inquiétée , et, lorsque la reine eut avis que ÉvasioQ d'Épernon était proche, elle sortit du château par une fenêtre, à l'aide d'une échelle de corde, monta en voiture, escortée de Ruccelaî et de quinze gentilshommes, et rencontra à Loches le duc d'Épernon , qui venait au-devant d'elle à la tète de sa maison et de ses gardes, et la con >

de Roccelal.

delà

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