‹ Histoire de FranceChapitre 9 sur 101 · LIVRE III. CHAPITEB I · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAPITEB I

dnisit à Angouléme. Lorsque enfin la cour eut connaissance de la fuite de Médicis , Luynesfut d'avis de la poursuivre sur-le-champ à main armée ; le roi aima mieux transiger; un adroit conciliateur se présenta : ce fut du PlessiSy qui, après avoir obtenu secrètement l'aveu du roi, se fit appuyer auprès de Médicis par le jaloux d'Épemon lui-même. La paix fut conclue par ses soins; la reine obtint le gouvernement de rAnjou, avec les droits régaliens , et trois villes lui furent données comme places de sûreté.

De nouveaux troubles désolèrent la France, et pour y porter remède il eût fallu la main de fer qui s'appesantit plus tard sur cette aristocratie belliqueuse et corrompue; mais l'heure de du Plessis n'avait pas encore sonné, et de Luynes^ plus courtisan qu'homme d'État on capitaine, n'était pas à la hauteur d'une telle tâche. L'agitation à peine éteinte se réveilla bientôt; les partisans de la reine, ou plutôt les ennemis du favori, prirent possession d'une multitude de places et furent bientôt maîtres de la moitié du royaume. L'explosion paraissait imminente ; Mayenne et d'Épernon , craignant une surprise à Angers, voulaient avec raison conduire la reine en Guienne, où ils auraient pu opposer un rempart de petites places à l'armée royale. Du Plessis , secrètement dévoué au roi , repoussa ce conseil, et la reine demeura à Angers.

Louis XIII se mit en marche à la tète de son armée; il soumit d'abord la Normandie, parcourut en vainqueur le Maine et le Perche, et arriva devant Angers avec toutes ses forces. Une rencontre eut lieu au Pont-de-Gé entre combat ses troupes et celles de la reine, qui prirent la fuite au Pont-de-cé. premier choc. La paix fut conclue par les ministres du roi pau et par du Plessis ; le rapprochement de Médicis et de son ^ntra* fils parât être cette fois cordial et sincère; elle revint à reine^iëre Paris, et le chapeau de cardinal fut promis à du Plessis * Jw?'

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pour prix de ses services ou de sa double trahisou* Un grand nombre de chefs subalternes avaient payé leur rébellion de leur tête. Le roi conduisit son année dans le Béarn (1), où la révolte avait eu des partisans ; il rétablit dans cette province, par un édit solennel, le cuite catholique, aboli par Jeanne d'Albret; et fit rendre au clergé tous ses biens. Enfin il donna un parlement à Pau , avec les mêmes attributions que les autres cours souveraines du royaume. Louis XIII revint ensuite à Paris, où il fut reçu en triomphateur.

Les réformés du royaume s'inquiétaient de plus en plus de la tendance catholique du gouvernement. Dans une assemblée tenue par eux à Loudun en 1619, ils avaient pris fait et cause pour leurs frères menacés en Béarn. Leurs remontrances furent vaines, et deux ans plus tard, dans l'assemblée générale de la Rochelle, ils partagèrent leurs sept cents églises en huit cercles, et rédigèrent une espèce de constitution , en quarante-sept articles, où furent réglées, sous l'autorité du roij la levée des deniers et la discipline des troupes : c'était créer un gouvernemeot particulier dans l'État. Louis XIIl SSntre marcha contre eux, soumit la Salntonge et le Poitou. La

huguraots. Rochelle fut investie, et Montauban, défendu par le marquis de La Force, soutint un siège qui coûta inutilement la vie à huit mille catholiques et au duc de Mayenne, fils du célèbre chef de la Ligue.

Il n'y eut qu'un cri en France contre le duc de Luynes, à qui on imputait ce revers. Le favori s'était encore éle\é pendant cette expédition ; il avait joint à ses nombreuses charges celles de connétable et de garde des sceaux. Il savait qu'auprès du roi il fallait être tout pour le dominer; Mort mais il ne jouit pas longtemps de ces dernières dignités :

de Mfyîïi* ^^^ fièvrc ardcutc l'emporta en quatre jours.

(1) I.e Béarn faisait partie des domaines héréditaires de Henri IV ; il ne fut néanmoins définitivement réuni à la couronne qu'en 1630.

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Le protestant Lesdiguières, chef de l'armée royale, se oéfertion convertit et fat fait connétable ; sa conversion devint le pioJfeuw signai d'une grande défection dans le parti calviniste, proteltanu. Le marqais de La Force et le comte de Gbâtillon^ petitfils de Goligny» rendirent l'un Montauban, l'autre Aiguës- Mortes , moyennant une forte gratification et le bâton de maréchal ; Rohan demeura incorruptible et désira la paix. Elle fut signée à Montpellier, malgré Condé, par le ^^ conseil de Médicis, jalouse deceprince, dont le crédit dl- jg^tJÎJirter. minuait durant le calme et grandissait par la guerre. Vé- ^**** dit de Nantes fut confirmé : le roi permit aux protestants de s'assembler pour les intérêts de leur culte; il leur interdit toute réunion politique. Du Plessis , après la paix de Montpellier^ obtint la barrette; il fut dès lors connu sous le nom célèbre de cardinal de Richelieu , et bientôt après le marquis de La Yieuvilie le fit admettre au conseil. La Yieuvilie héritait d'une partie de la faveur dont deRicheueu

,, *^ ,. . 1 - , au conseil.

avait joui le duc de Luynes ; il remplissait les fonctions i»^de premier ministre sans en avoir le titre , et maintenait son crédit en flattant les goûts du roi, en nourrissant ses préventions contre sa mère et sa jalousie contre Gaston, son frère. Il se rendit coupable envers ce prince d'un grand crime , dont le roi fut complice, en privant Gaston d'un excellent gouverneur, qu'il destitua et remplaça parle comte de Lude, homme de plaisir, uniquement apte à corrompre l'esprit et le cœur de son élève. Cette action infâme ne devait profiter ni au roi ni au ministre. Celuici se repentit bientôt d'avoir ouvert le conseil à Richelieu, qui s'empara de Tesprit du Jeune monarque en lui montrant les vices de son gouvernement , les immenses ressources de la France et le secret de ses forces. La Vieuville fut disgracié et renfermé au château d'Amboise. Richelieu devint tout-puissant ; il posséda le grand art de se rendre indispensable au prince, dont il n'était point aimé. Louis XIII baissait tout esprit de liberté dans ses

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sujets; il n'admettait point ([uMls cassent des droits indépendants de sa volonté ; il avait, en un mot, la passion du pouvoir arbitraire, tandis que la nature ne l'avait rendu capable que d'obéir. Il trouva dans Richelieu la force qui lui manquait ; il secrut avec son secours monarque absolu et fut esclave toute sa vie.

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