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PHILIPPE DE VALOIS

dans la campagne, gagna furtivement Auray, réunit cinq cents hommes d'armes, et revint avec ce renfort se jeter dans la ville, qui la croyait morte. Elle donna ainsi au roi d'Angleterre le temps de venir à son secours.

XL VII. Philippe se vengea sur des seigneurs bretons dont il soupçonnait la fidélité. Saisi dans un tournoi , le brave Olivier de Clisson fut décapité sans jugement, son corps envoyé à Montfaucon,satête exposée à Nantes au bout d'une pique. Quatorze autres chevaliers des premières familles furent traînés nus aux Halles, égorgés et livrés aux outrages de la populace. Les Français entrèrent à Quimper, l'épée à la main, y massacrèrent quatorze cents personnes ; les prisonniers, menés à Paris, furent décapités ou pendus. Ces violences donnèrent plus de partisans aux Anglais que toutes' leurs victoires. A elle seule, la veuve de Clisson iéunit

quatre cents hommes d'armes, qu'elle amena avec son petit Olivier, à peine âgé de sept ans à la duchesse Jeanne. Cependant, Montfort, pour qui les rigueurs redoublaient à la tour du Louvre, parvint à s'évader en habits de marchand. Exténué par les privations, il eut du moins la douceur de mourir libre, laissant à son fds une digne mère et des amis intrépides. Ses souffrances ne tardèrent pas à être vengées. Malheureux instrument de Philippe de Valois, le pieux et honnête Charles de Blois fut battu, pris par les An-

Dévouement d'Eustache de Saint- Pierre. (P. 148.)

glais, il alla vivre dix ans captif à Londres. La guerre se fût terminée là, s'il n'avait eu, lui aussi, une Jeanne courageuse, cligne émule de Jeanne de Monlfort et capable de relever encore un parli désespéré.

XL VI IL Pour le moment, le pays était délivré des Français, devenus follement le fléau des Bretons comme des Flamands, et

les Anglais pouvaient marcher à d'autres conquêtes. Avec son armée victorieuse , Edouard entra dans la riche et industrieuse Normandie, qui, pensait-il, recevrait à bras ouverls le fds desesanciensducs.

Mais ce prince, devenu anglais, trouva un peuple tout français , qui ne le connaissait plus.

Caen voulut lui résister, fut pris d'assaut et saccagé. A Saint-Lô et à Louviers il pilla de riches magasins de draps, partout de belles récoltes et de nombreux troupeaux. Avançant toujours sans résistance,il remonta la rive gauche de la Seine, brûla Vernon , occupa Verneuil , Pont-de-1'Arche, Poissy, Saint- Germain, enfin Bourg-la-Reine, Saint-Cloud et Boulogne , aux portes de Paris. Heureusement les bourgeois de la capitale tinrent bon, et montrèrent les dents. Le roi , qui ne se doutait pas du péril, et qui était allé prendre les dernières possessions anglaises en Guyenne , n'eut que le temps de revenir. A son approche, Edouard, content de son expédition, battit en retraite vers le nord, pour aller prendre ses quartiers d'hiver en Flandre. Sur

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