FRANÇOIS I - GUERRES DE RELIGION
I. Louis XI avait fondé la monarchie absolue sur les ruines de la féodalité. Heureusement ses ennemis étaient morts avant lui. Pour s'opposera leurs justes vengeances, il ne laissait qu'un fils de treize ans, Charles VIII, pauvre de corps et d'esprit, élevé loin de la cour et maintenu par la méfiance de son père dans une funeste inaction. Après un despote, venait un enfant incapable, occasion bien propice pour les vieilles semences d'anarchie. Mais Paris et l'université ne s'étaient pas relevés du coup mortel porté à leurs privilèges par leur propre trahison ; il n'y avait plus de grands vassaux indépendants, et les seuls seigneurs de quelque importance, l'héritier des Bourbons et Louis d'Orléans, avaient épousé les deux sœurs du roi. Une éducation austère avait donné à ces princesses un cœur sage et ferme, et l'aînée, Anne de Beaujeu , désignée par son père pour la régence , prit les rênes de l'État avec une vigueur digne de la reine Blanche (1483).
II. La succession de Bretagne allait s'ouvrir, grave question qui avait déjà servi de prétexte aux guerres des Anglais, et qui pou-
vait de nouveau ensanglanter la France.
Pendant que le sort de ce beau duché et de son héritière tenait les esprits en suspens, le duc d'Orléans, sourd aux conseils de sa femme Jeanne, espérait revenir au temps de Charles VI , où le pouvoir appartenait au plus fort, prétendait que, comme prince du sang, il avait droit à la garde du royaume , et , au risque de troubler la paix publique, attaquait ouvertement la régente. Pour compléter l'illusion, les états généraux furent convoqués comme aux jours d'Etienne Marcel et de Jean Sans-Peur (1484). Pour suivre les traditions de leurs devanciers, les députés se crurent obligés de proclamer leur pouvoir souverain supérieur à celui que la nation confie au roi ; ils annulèrent les impôts que Louis XI avait quadruplés sans leur consentement , et remirent la taille au taux de Charles Vil ; enfin ils manifestèrent le vœu d'être réunis périodiquement : triste et stérile écho d'une liberté mourante , oubliée bientôt jusqu'à de nouvelles calamités. Du reste, l'assemblée, où bourgeois et magistrats avaient pris une grande importance, se montra dévouée à la