XXVII. En même temps qu'il détruit à
jamais l'arianisme en Espagne, et jette d/fns la race anulo-saxonne de fortes semences de vérité, Grégoire le Grand a l'œil ouvert sur la France, où une corruplion précoce me nace de tout détruire. Impossible de dresser à l'impie Frédégonde; la Neustne entière tremble sous sa main, et, sauf le malheureux Prétextât, qu'elle va faire assassiner, les évèques sont tous à ses pieds. Brunehaut, qui règne en Austrasie, sera peutêtre moins inaccessible. Grégoire lui écrit souvent à elle et à son fils, et, avec une confiance toute paternelle, il les appelle à guérir l'Église des plaies de la simonie. < Autant, leur dit-il, la dignité royale est « au-dessus des autres conditions, autant « votre royauté l'emporte sur les royautés « des autres nations. Ainsi qu'au milieu des « ténèbres de l'erreur, votre foi brille comme « une lampe au milieu de la nuit. » Mais Brunehaut restait sourde et tout enlière au soin de sa vengeance ; les Francs demeuraient plongés dans la guerre civile et dans une profonde barbarie ; saint Grégoire ne vit pas, avant de mourir, la fin de leurs malheurs.
XXVIII. Seul le bon Contran, silencieux et pacifique au milieu de ces meurtres et de ces guerres, tâchait de rétablir la paix entre ses neveux, la piété dans le clergé, la pureté dans les mœurs. Il n'avait qu'une peur, bien permise alors, c'était d'être assassiné par l'une ou l'autre de ses belles-sœurs. Les médecins surtout lui étaient suspects, et deux d'entre eux n'ayant pas guéri sa femme, il les fit périr comme coupables de cette mort. Publiquement il conjurait ses sujets de lui être fidèles , et de ne pas le tuer comme ses frères. C'eût été vraiment dommage ; car c'était un bon homme, voulant du bien à tout le monde, et punissant sévèrement les brigandages de ses officiers. Par ses soins, des conciles s'étaient tenus à Lyon et à Màcon , pour améliorer le sort de ses sujets. Excommunication contre quiconque réduit un homme libre en servitude. Ordre aux évèques et aux seigneurs de nourrir les lépreux et les pauvres de leurs #villes et de leurs terres, et de ne pas les forcer au vagabondage. Enfin prière