‹ Histoire de FranceChapitre 177 sur 339 · XXVI. Restaient Faenza, Rimini, Ravenne · texte numérisé non relu

XXVI. Restaient Faenza, Rimini, Ravenne

Louis XII.

Parme, Plaisance, Reggio, dont Venise s'était emparée à la faveur des troubles, et qu'avec son antique fierté elle refusait de rendre. Non moins intraitable, Jules II fit un appel a l'Europe entière pour écraser cette orgueilleuse république. Aux Espagnols il promit quelques comptoirs du royaume de Naples, à Maximilien le Frioul; Louis XII lui-même, moyennant quelques places en Lombardie, fut assez fou pour entrer avec toutes ses

forces dans une ligue dont il devait tôt ou tard être aussi la victime (1508). Un instant Venise essaya de tenir tête à l'orage.

Vaincue à Agnadel (1509) et épuisée par cette lutte inégale, elle dut subir les conditions de ses ennemis.

La France eut la triste gloire d'avoir porté le premier coup à son alliée, à cette grande cité que la marine espagnole et portugaise allait dépouiller du commerce de l'Orient et de la domination des mers, double source de sa splendeur.

XXVII. Venise voulut du moins se venger. A son tour, elle entra dans la sainte Ligue formée par Jules II pour chasser les Français d'Italie. Autour d'elle se groupèrent Maximilien, gendre de Ludovic Sforza; Ferdinand le Catholique, insatiable de conquêtes; les Médicis, désireux de rentrer à Florence; les Suisses, mécontents de la parcimonie de Louis XII ; enfin le roi d'Angleterre, jaloux de reparaître dans les affaires ducontinent(loll). Le général Gaston de Foix, qui , à vingt-deux ans, commandait les Français, essaya d'épouvanter la Lombardie et de prévenir par un coup de foudre la réunion des alliés. Il fit lever le siège de Bologne, punit cruellement Brescia, et dispersa, sous les murs de Ravenne , les soldats de Venise et du pape. Mais

Page 1