LIVRE V — FRANÇOIS I
amollis la séduisante perspective du repos et de la prospérité matérielle, il ne peut être pour les vertus chrétiennes qu'un protecteur perfide et un caduc appui. Du reste, cette trêve n'était pas moins funeste à l'Italie, où, à la faveur d'une sécurité dangereuse, le vice gagnait du terrain , et réclamait de jour en jour un châtiment plus exemplaire.
XXXVIII. Pendant que, mal guérie par le concordat , la corruption portait secrètement ses fruits , et , comme au temps des Albigeois, semait dans les esprits le levain de l'hérésie, un grand événement politique tenait le monde en suspens.
L'empereur Maximilien venait de mourir. Bien que, depuis plusieurs générations, l'Empire fût héréditaire dans la maison d'Autriche.cettefoisundoute suprême ébranlait les électeurs , épouvantés de la puissance toujours croissante de cette dynastie. Tandis que, par d'absurdes
mariages de famille, Louis XII et François I étaient restés isolés des pays voisins, Maximilien, non content d'épouser Marie de Bourgogne, avait obtenu pour son fils l'héritière d'Espagne. Fruit de ce mariage, roi de Castille, d'Aragon , de Navarre, de Sardaigne, de Sicile, de Naples, disposant par sa tante des Pays-Bas et de la Franche-Comté, seul maître des colonies d'Amérique, Charles-Quint était le terrible candidat qui réclamait l'Empire, et qui menaçait l'Allemagne et le monde d'une domination absolue.