XXXIX. En présence de ces justes alarmes
Mort de Gaston de Fois. ( P. 208.)
François I tenta de lui disputer la pourpre. C'était, depuis Charles de Valois, le premier prince français qui se mettait sur les rangs. Les voix étaient partagées, et, comme il arrive souvent dans les grands conflits, c'était en apparence aux plus petites causes qu'il appartenait de faire pencher la balance. Voisin des Allemands, François I leur déplut par
ses vanteries , sa
prodigalité, son despotisme bruyant et son amitié supposée pour les Turcs. De plus il avait mal tenu envers Léon X les promesses du concordat. Au contraire, Charles- Quint se tint prudemment dans l'ombre, se fit humble et petit, parla pieusement de croisade, et gagna à force d'habileté le suffrage du pape. En l'absence de coups décisifs pour arrêter la marche des événements, c'était assez pour qu'elle reprît son cours séculaire. Appuyée par le saintsiège , la maison d'Autriche l'emporta, et la France, éconduite, resta en Europe le seul contrepoids à la puissance du nouvel empereur.
XL. Entre les deux rivaux la guerre était inévitable. Bestait à savoir de quel côté se mettrait le roi d'Angleterre, Henri VIII, qui avait paru dans la sainte Ligue, et que sa victoire de Guinegate encourageait à se mêler des affaires du continent. François I le reçut à la frontière de Flandre, au camp du Drap d'or, et crut lui faire honneur en l'écrasant de sa magnificence (1520). Charles-Quint employa mieux ses trésors, acheta le cardinal Wolsey, ministre d'Henri VIII, lui promit la