‹ Histoire de FranceChapitre 186 sur 339 · LIVRE V - FRANÇOIS I · texte numérisé non relu

LIVRE V - FRANÇOIS I

XLIX. Enfin , une armée française arriva pour le délivrer, et dispersa les Allemands, déjà fort affaiblis par l'indiscipline. Commandée par Lautrec, le même qui avait perdu la Lombardie sept ans auparavant, elle renouvela la faute de Charles "VIII. Au lieu d'occuper fortement les passages des Alpes et le nord de l'Italie, elle vint assiéger Naples, cette fois défendu par des Espagnols. Le siège traîna en longueur. Lassés des vaines promesses de François I, les Génois , qui bloquaient la ville par mer, se donnèrent à Charles- Quint, et leur amiral, le redoutable André Doria , qui, quelques mois auparavant, dispersait les galères impériales sur les côtes de Provence, revint chasser les Français de sa patrie. Dès lors Naples, librement ravitaillé , devenait imprenable. Les chaleurs arrivèrent, et avec elles une fièvre affreuse, qui emporta Lautrec et les deux tiers des assiégeants.

L. C'était le troisième désastre qu'en un seul règne les Français éprouvaient au delà des Alpes, la troisième armée qui disparaissait dans ce gouffre fatal. Si un instant l'étoile de Charles-Quint avait paru pâlir , son rival n'en était pas moins puni de l'avoir trompé , et remis à sa merci comme après la bataille de Pavie. Par la paix de Cambrai, la France dut abandonner à jamais ses funestes conquêtes d'Italie et, chose plus grave, céder aux Espagnols en toute souveraineté

ses vieilles dépendances d'Artois et de Flandre (1529). Ainsi, par un enchaînement de fautes remontant jusqu'à Philippe le Bel, elle laissait des ennemis puissants s'établir sur son territoire, à quelques journées de sa capitale. Ce fut une province de plus pour la monarchie universelle rêvée par Charles- Quint. Sa tante, Marguerite de Flandre,

mourut à propos pour lui laisser définitivement les Pays - Bas et la Franche-Comté. A Milan , le dernier Sforza était son tributaire. A Borne, Clément VII subissait sa loi et ses affronts, et la papauté, ne vivant plus qu'à condition de soumettre le monde aux Espagnols, désespérait de l'équilibre rêvé par Jules IL

LI. Cependant, au moment où Charles-Quint croyait tenir son but, un ver rongeur minait sa puissance; une grande révolution, bouleversant l'Em-

Passage des Alpes par François I. (P. 209.)

pire.

laissait aux

Français le temps de réparer leurs pertes- et de refaire leurs armées. On se rappelle l'acharnement héréditaire des souverains qui avaient essayé d'asservir le saintsiège en opprimant l'Italie, en corrompant les élections ou en opposant pontife à pontife. Non contents d'avoir dépouillé l'Église de toute influence politique, ces ennemis tenaces, et Charles-Quint à leur tête, cherchèrent ensuite à s'assurer du choix des évêques, de la direction des universités, en un mot , à faire de la hiérarchie enseignante un instrument de leur pouvoir. Mais l'au-

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