LIVRE V — FRANÇOIS I
Cliambord.
gère, l'Italie et Rome surtout méritaient de rester par ces humbles vertus à la tête de la chrétienté. Remuée par trente années d'invasion, de pillage et de maladies, cette terre était mieux préparée que toute autre. Des hospices desservis par d'illustres familles s'établissent à Venise, à Vérone, à Rrescia, à Milan, pour les orphelins de la guerre et de la peste. Les barnabites se consacrent à l'instruction populaire ; les théatins et les oratoriens, pieuses communautés de prêtres, se vouent à la prédication, au saint ministère, et donnent l'exemple des vertus modestes et persévérantes. A côté de ces ordres nouveaux, les anciens se réveillent, jaloux de soutenir
leur antique gloire ; dominicains et franciscains se réforment et se dévouent aux pestiférés ; dans leurs rangs se façonnent deux pontifes qui relèveront la grandeur de Rome et la majesté de l'Église, saint Pie V et Sixte- Quint. L'épiscopat' retrouve aussi son éclat dans saint Charles Rorromée, l'apôtre et le bienfaiteur de Milan, le type aimable de cette charité active et patiente, habile à guérir toutes les misères, capable, s'il était possible, d'adoucir jusqu'au joug de l'étranger. Grâce à ce concours de vertus, l'Église put reprendre la série de ses conciles et réunir à Trente une assemblée solennelle, qui, digne des plus beaux siècles de foi, déjoue les espérances des