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LIVRE V — HENRI III

chancelier l'Hôpital, elle avait pu les bercer par de belles promesses de tolérance et de concorde. Cette fois, les députés, convoqués au château de Blois, arrivèrent animés, comme le pays , du désir d'en finir. De beaucoup les plus nombreux, les catholiques avaient enfin mis en pratique l'union et la discipline de leurs adversaires, et l'avaient emporté dans les élections.

D'un commun accord, les trois ordres protestèrent contre la minorité rebelle qui troublait l'État, demandèrent la restitution des places de sûreté, immanquables foyers de guerre civile, et le rétablissement pur et simple de la religion catholique romaine.

CXVIII. Peu satisfaits de cette épreuve qu'ils ont réclamée, les huguenots font un nouvel appel aux armes et à ces bandes de Suisses, d'Allemands, d'Anglais, accoutumés

à vivre en France de meurtre et de pillage. Suivant son habitude, Henri III noue des relations avec eux, et espère étouffer l'orage. Mais le temps des ruses est passé. A leur tour, les catholiques veulent des places de sûreté; n'est-ce pas justice? et Guise s'empare de Chàlons- sur-Marne, de Toul, de Verdun. A leur tour les catholiques réclament le droit de se battre quand il leur plaît, et, pendant que les troupes royales restent immobiles, Guise attaque à Auneau une armée allemande parvenue jusqu'aux bords de la Ivoire, la défait, la poursuit jusqu'en Franche-

Assassinat du duc de Guise. ( P. 242.)

Comté, et fait expier aux protestants de Monlbéliard les ravages et les atrocités de leurs coreligionnaires.

CXIX. Fort de ces exploits, Guise revient à Paris malgré la défense du roi. Le peuple accourt s-ur son passage; les femmes lui jettent des fleurs, et c'est porté par la foule

qu'ilarriveauLouvre. Sa mort y était résolue; Catherine de Médicis et son digne fils Henri III avaient besoin de se défaire d'un hommesi puissant, et la multitude, qui en avait le pressentiment, se pressait pleine d'anxiété à la porte du palais.

Mais Guise, la main sur son épée, déconcerte ses ennemis, les laisse stupéfaits, sort sain et sauf, et rentre à son hôtel. Dans l'attente de quelque danger, les bourgeois prennent les armes. Le roi, de son côté, mande quatre mille Suisses, et place des troupes aux Innocents, à la Grève et sur les ponts. En quelques heures elles sonL cernées par d'infranchissables retranchements ; d«.s barricades s'élèvent dans chaque rue et jusqu'aux portes du Louvre; tonneaux, pavés, chaînes, tout sert à barrer les rues étroitts du vieux Paris. Un coup de feu parti du rang des Suisses est le signal du combat; l'if sue n'en est pas douteuse, et Guise sera maitre de Paris et du roi. Mais, au premier bruit de la mousqueterie, il sort de son hôtel , arrête le combat, fait crier vive le roi, et ramène au Louvre, à travers un peuple étonné, les troupes qui lui doivent la

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