‹ Histoire de FranceChapitre 26 sur 339 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

du bienheureux Pépin de Landen, et le grand saint Léger, évêque d'Aulun, qui, par sa mère Sigrade, tenait aussi aux grandes et fortes familles d'Austrasie.

LVIII. Un soldat obscur, Ébroïn, parvenu par la ruse et l'intrigue, sema la division parmi les jeunes princes, et, sous le nom de l'aîné, Glotaire III, s'empara du pouvoir en Neustrie. Maître du palais, il dépouilla et exila les grands , remplit tous les emplois de viles créatures , vivant comme lui d'exactions , en dépit de cette loi si sage , confirmée parles conciles, qui voulait que les magistrats fussent choisis dans leur propre province , et que leurs biens servissent de garantie aux peuples qu'ils gouvernaient. Mais, Clotairelllétantmort, les Austrasiens prennent les armes et marchent contre Ebroïn ; ses partisans l'abandonnent; il est pris, et ne doit la vie qu'à l'intercession de

saint Léger. Pour tromper tout le monde, l'hypocrite va prendre le froc à l'abbaye de Luxeuil.

LIX. Le second fds de Balhilde, Childéric II, réunit de nouveau sous le même sceptre la Neustrie et l'Austrasie, qui retrouvent la paix, grâce à la douce influence de saint Léger. Les deux armées de moines, dont l'une a pris possession de la Belgique et des Ardennes, et l'autre de la Suisse et du Jura, reprennent le cours de leurs conquêtes pacifiques, et, gagnant partout la ligne du Rhin,

Assassinat de Childéric 1!. (P. SI).

viennent se donner la main dans les plaines de l'Alsace. Ils attaquent de toutes parts cette haute chaîne des Vosges , hérissée de noirs sapins, impénétrable au voyageur, qui les a jusqu'alors séparés. Quittant leurs riches diocèses, les évèques de Sens, de Nevers, de Toul et de Trêves viennent tracer sur ce désert une croix gigantesque de cinq monastères, Senone, Saint-Dié, Estivay, Saint- Sauveur et Moyen - Moutiers.

En même temps, tout près de là, l'oncle de saint Léger, Adalric , duc d'Alsace, dont la main sauvage avait versé le sang des prêtres et celui de ses propres enfants, était vaincu par la tendre piété de sa fille, sainte Odile. Pénitent le reste de ses jours, il lui abandonnait ses domaines et ses châteaux pour en faire des maisons de prière et d'hospitalité. L'exemple de sainte Odile .

dont la vie fut toute aux pauvres et aux malades, gagna les siens; par ses largesses, cette illustre famille fonda en peu d'années Murbach, Saint- Etienne de Strasbourg et les plus fameuses abbayes d'Alsace. LX. Cependant Childéric II, cœur faible et inconstant, était las des conseils de saint Léger, et cherchait tout bas un moyen de s'en débarrasser. Mais, n'ayant pas le courage de renvoyer ouvertement ce ministre vénéré, le lâche trouva plus commode de le faire assassiner. Les fêtes de Pâques étaient proches, et depuis longtemps saint Léger invitait le roi à les venir célébrer à Âutun :

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