‹ Histoire de FranceChapitre 271 sur 339 · LIVRE VI — LOUIS XIV · texte numérisé non relu

LIVRE VI — LOUIS XIV

par l'infortune, il fit un appel aux peuples naguère complices de son ambition , aujourd'hui associés à ses dangers. Il les prit à témoin de son désir sincère de la paix. « Je « suis sûr, écrit-il aux gouverneurs des proie vinces, que d'une voix unanime ils refusent raient des conditions également contraires « à la justice et à l'honneur français. » Faisant un dernier effort pour défendre la frontière du Nord, il rappela ses troupes d'Espagne, réunit quatrevingt-dix mille hommes à peine pourvus de vivres, et leur donna enfin pour général le brave Villars, le seul qui pût encore les mener à la victoire. De son côté, le prince Eugène, après avoir vainement assiégé Toulon et ravagé la Provence, avait reconnu sa faute, pareille à celle de Charles -Quint, et était venu rejoindre Marlboroug sur le terrain décisif. Réunis, ils prirentTournay,et vinrent attaquer

les Français à Malplaquet dans une sorte de camp retranché. Pendant que la fougue des Hollandais se brisait inutilement contre un front bien fortifié, Villars, avec trente bataillons, chargeait à la baïonnette les Anglais qui tournaient sa gauche. Il croyait tenir enfin cette victoire si nécessaire et si désirée. Pour comble de malheur, une balle lui cassa le genou, et arrêta sa manœuvre. L'armée se retira en bon ordre, mais ne put sauver ni Mon's ni Douai (1709).

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