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CLII. Le Ciel semble se plaire à accabler

Louis XIV présente le duc d'Anjou. ( P. 298.)

Louis XIV. Désespéré, il offre l'Alsace. Mais il y a une limite aux grandes épreuves comme aux grandes prospérités. Toujours refusé et poussé à bout, le vieux roi grandit sous les coups du malheur. S'il le faut, il ira en personne combattre et mourir avec ses derniers soldats. Dignes de lui, les Français affamés jettent leur pain pour se battre. Avec une audace depuis longtemps inconnue, ils se précipitent àDenainsurlescommunications de l'ennemi,lui prennent ses magasins, et le forcent de lever en désordre le siège de Landrecies. La fortune revient enfin sous leurs drapeaux. Les Espagnols mêmes se relèvent, et se dévouent à Philippe V en haine des Anglais. D'ailleurs, l'archiduc autrichien, qu'on lui opposait , venait d'arriver à l'Empire par la mort de son frère. A quoi bon lui donner la prépondérance dangereuse que l'on refusait à la France? De guerre las, on fit la paix (1713).

CLIII. Malgré ses défaites, Louis XIV eut la satisfaction de voir son petit-fils sur le trône d'Espagne : satisfaction trompeuse, il est vrai ; car un souverain ne règne véritablement qu'à condition de s'identifier aux intérêts, à l'ambition, aux passions de son peuple; en fût- il le maître absolu, les liens du sang ne sont pour lui qu'une faible barrière contre les rivalités qui divisent les familles aussi bien que les nations. Philippe V renonçant à la couronne de son aïeul, jamais

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