‹ Histoire de FranceChapitre 333 sur 339 · LIVRE VI I — RESTAURATION · texte numérisé non relu

LIVRE VI I — RESTAURATION

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Adieux de Napoléon à la Malmaisoo. (P. 371.)

devaient un jour porter leurs fruits. Mais, pour le moment, fait par des mains faibles ou coupables , timides ou contraintes, le bien n'en était que plus admirable.

CXCIX. En effet, cette fois surtout, le retour des Bourbons était un véritable bienfait. En présence d'une aristocratie débile qui n'avait su fonder la liberté que par la main de l'étranger, en présence d'un million d'ennemis qui occupaient la France, et qui, au lieu de l'affranchir, prétendaient la réduire à l'impuissance de jamais se relever , l'héritier de Louis XVI était seul capable de sauver l'indépendance nationale, sans laquelle la liberté n'est qu'un mot vide ; lui seul pouvait arracher son pays au sort de la Pologne. Il consentit à perdre la Savoie, Condé et Landau , dernières acquisitions de la république, à payer deux milliards de frais de guerre; mais quant à céder l'Alsace et la Lorraine, qu'Autrichiens et Prussiens avaient

juré de reprendre, quant à abandonner une seule parcelle de la France de ses pères, il préférait retourner en exil.

CC. Tandis que les alliés achevaient de se partager les dépouilles de la victoire , que l'Angleterre ajoutait à son empire des Indes Malte, les îles Ioniennes, Sainte-Lucie, Tabago, que l'Autriche gardait Venise et la Lombardie , que la Prusse mettait la main sur les États ecclésiastiques du Rhin, enfin que la Russie resserrait le joug des malheureux Polonais, la France vaincue restait ce qu'elle était jadis, ne gardant plus rien des spoliations iniques qui furent la honte de cette époque. Ses envahisseurs mêmes se sentirent contraints de la respecter, en même temps qu'ils étaient obligés d'apaiser leurs peuples par des promesses de justice, de réparation et de liberté. Ce n'était donc pas en pure perte que tant de sang avait été répandu, tant d'héroïsme déployé. Par son dé-

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