‹ Histoire de FranceChapitre 4 sur 339 · CLOVIS — SAINT COLOMBAN · texte numérisé non relu

CLOVIS — SAINT COLOMBAN

I. Opprimées par les Goths, les villes du Midi avaient longtemps attendu de l'Italie des légions et des libérateurs ; elles n'en avaient reçu que de désastreuses nouvelles. Assiégée par Alaric, affamée par Attila, pillée par Genséric, Rome était à jamais tombée. Alors elles tournèrent leurs regards vers le Nord , appelant des maîtres plus humains. Mieux valaient les Francs , tout fraîchement sortis de Germanie, que des barbares à demi policés, déjà entourés de courtisans et de délateurs, et jouant les petits Dioclétien. Ces vœux étaient naturels : quel malheureux n'aime à changer? Mais ils ne faisaient qu'irriter les Goths et redoubler leurs persécutions. Ces terribles Francs n'étaient pourtant guère plus de six mille , cantonnés dans les environs de Tournay. Childéric était mort, et le jeune Clovis n'était pas encore sûr de la faveur de Constantinople. De son côté, le (ils d'Egidius, Syagre, avait occupé les bords de la Seine, sous le titre de roi des Romains. Avec le secours des Goths ses alliés, il pouvait écraser l'ennemi commun. Mais, indigné du nom qu'il portait, Alaric II laissa Clovis

prendre Soissons , disperser les Romains , et le lâche livra aux vainqueurs Syagre, réfugié à son foyer. C'était abdiquer sans combat l'empire de la Gaule.

1 1. Les pacifiques Rourguignons ne virent pas non plus sans ombrage ces nouveaux venus dont chacun vantait la bravoure. La peur les rendit cruels. Le roi Gondebaud fit assassiner avec tous les siens son frère, qu'il soupçonnait de relations avec les Francs; mais, le remords doublant ses soucis, il voyait désormais partout des ennemis qui lui reprochaient son crime. Vainement le charitable évèque de Lyon, saint Patient, qui, à lui seul, pendant une famine, avait nourri son royaume, le pressait de quitter l'arianisme : Gondebaud lui fermait la bouche, s'écrianl que tout catholique était ami des Francs. Cependant, comme Alaric, il reçoit un message de Clovis : il s'agit , non de la tète d'un fugitif, mais de la main de sa nièce Clotilde, douce et pieuse princesse, seule échappée au fer des assassins. Il n'ose refuser, et l'orpheline, dont un messager fidèle a déjà somlé le cœur, ne peut fuir assez vite le meurtrier

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