‹ Histoire de FranceChapitre 5 sur 339 · LIVRE 1 — CLOVIS · texte numérisé non relu

LIVRE 1 — CLOVIS

de sa famille. Faible et timide, elle arrivait au milieu de soldais païens, indomptables, sourds à la voix des évêques, ennemis de tout frein et de toute autorité. Que pourra cette brebis égarée au milieu des loups? Sous son humble manteau, elle apporte pour les subjuguer la puissance mystérieuse de l'épouse chrétienne. Chaste, tendre, douce, patiente, elle attendra que le cœur d'airain de son époux cède à son amour.

III. Cependant, du Rhin à la Loire, les Francs, chaque printemps, ravageaient les campagnes, emmenaient les habitants captifs, rançonnaient ou pillaient les villes, et quand, pour se faire aimer, Clovis ordonnait d'épargner les églises, il était à peine obéi. Un jour, l'évèque de Reims réclame un vase sacré. Clovis veut le rendre, et se le fait apporter ; mais d'un coup de hache, un de ses hommes le brise en disant : « Le sort ne te Ta pas donné ; il n'est pas à toi. » Un an après, Clovis retrouve ce soldat, les armes mal tenues, lui arrache sa framée, et, au moment où l'autre se baisse pour la ramasser, lui l'end la tête en souvenir du vase. Ainsi c'est par le droit du plus fort que le chef se faisait obéir. Par ce même droit, Goths et Rourguignons se sont installés clans la Gaule, que les Francs leur disputent aujourd'hui, et, avant que cette lutte soit vidée, voici venir de Germanie une armée d'Allemands qui, l'épée à la main, demandent aussi leur place au soleil. Clovis marche à leur rencontre, et les joint près du Rhin, à Tolbiac (496). Avant d'en venir aux mains, il invoque le Dieu de la guerre , qui ne lui a jamais refusé la victoire. Les Allemands aussi l'ont invoqué, et ils ont pour eux la fougue, l'avidité, la jeunesse des derniers venus. Les Francs cèdent à ce choc impétueux ; Clovis voit reculer les plus braves, et la victoire va lui échapper. En ce moment suprême, il pense au Dieu de Clotilde, et, si la victoire est à lui, il jure d'être chrétien. La foi lui rend du cœur ; il rallie sa troupe, et, par une charge vigoureuse, il enfonce l'ennemi. Le roi des Allemands est tué : adorant l'étoile du vainqueur, les vaincus passent sous ses drapeaux.

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