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IV. La bataille gagnée, il fallait tenir son

serment. Clovis revient à Reims, et là le saint évêque Rémi et la douce Clotilde le préparent au baptême. Le jour de Noël, les rues sont tendues de blanc ; les chants sacrés retentissent; le roi est conduit au baptistère et revêtu de la robe blanche. Une foule de Francs suivent son exemple , et à l'éclat des cierges, au parfum de l'encens, ils se croient déjà en paradis. Cette conversion est une fête pour le monde chrétien. Le pape Anastase félicite Clovis de lui avoir ménagé cette joie pour son avènement. Sans crainte de déplaire au soupçonneux Gondebaud , l'évèque de Vienne, saint Avite, s'écrie que l'Occident n'a plus rien à envier à l'empire grec : « Voici un roi dont la foi convertira et Francs « et barbares : ses victoires seront les « nôtres. » Et saint Rcmi comble la joie du néophyte en lui promettant que, s'il est fidèle à Dieu, sa postérité héritera de la puissance des Romains, et arrêtera le flot des nations %, barbares. Déjà Paris lui a ouvert ses portes et le palais impérial des Thermes, tandis que la chaste Geneviève a reçu comme une sœur la reine, qui partage avec ellerinnocen|^p- ^J pire de la femme chrétienne. Dans lou^Tla Gaule, les peuples saluent avec confiance et respect ce souverain qui relève non seule-.» ment de son épée, mais de Dieu, et ils espèrent qu'un pouvoir juste et paternel va ^ J succéder à la violence et au pillage.

V. C'était sans doute une grande révolution , et , au lieu de se corrompre en cinquante ans comme les Goths et les Rourguignons, les Francs allaient peu à peu trouver dans les vertus chrétiennes le secret de vivre et de durer. Mais ni un homme ni un peuple ne changent en un jour. Converti sur un champ de bataille, Clovis réclamait avant tout du Dieu tout-puissant les victoires et le bel empire que saint Rémi promettait à sa postérité, et, à l'entendre, ses Francs, avec lesquels il eût voulu arracher Jésus-Christ à ses bourreaux, ne pouvaient mieux faire aujourd'hui que d'écraser ses hérétiques voisins. « Je « n'aime pas, disait-il, à voir aux mains de « ces ariens la plus belle partie des Gaules : « allons, et chassons -les avec l'aide de « Dieu. » Pour conjurer l'orage, le prétendu

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