CLOVIS
successeur des empereurs d'Occident, le grand Théodoric, roi des Goths d'Italie, lf comble de présents, lui envoie un joueur de guitare, lui cède la Bavière, et, flattant son orgueil, lui peint la gloire et les avantages de la modération, en même temps qu'il supplie Gondebaud et Marie de ménager le jeune conquérant. C'est en vain : à qui veut la guerre, les prétextes manquent-ils jamais? Clovis attaque d'abord Gondebaud, le bal près de Dijon, le poursuit jusqu'au fond de ses États, l'assiège dans Avignon, et le force de devenir à jamais son tributaire. Reste le faible Alaric, justement seul au jour du danger. Clovis ne lui laisse pas le temps d'aguerrir ses Goths, qui, depuis tant d'années, s'endorment aux délices de l'Aquitaine. Déjà il est aux bords de la Loire. Pour gagner l'amitié de saint Martin, il perce lui-même de son épée un soldat qui a pris du foin sur ' les terres de Tours. Dieu et les saints sont pour lui ; car, au passage de la Vienne, c'est une biche qui lui indique le gué, et, à Poitiers, une lumière merveilleuse lui apparaît au milieu de la nuit sur le tombeau de saint Hilaire. A trois lieues de là, près de Vou- [lé (507), il rencontre les Goths. Les deux jfs s'avancent à la tête de leur cavalerie ; reconnaissent et s'abordent, voulant à ls vidiT leur queivlle. Les doux ar- "rnées s'arrêtent pour contempler ce combat d'où leur sort dépend. Après maints coups échangés, la hache du Franc fait voler en éclats la cuirasse dorée d'Alaric, et lui déchire la poitrine : le malheureux tombe de cheval et roule dans la poussière. Quelques braves volent pour le venger, et entourent Clovis ; mais ses Francs le dégagent, et, avec eux, il disperse les Goths déjà glacés d'épouvante.