VI. Plus d'ennemis jusqu'aux Pyrénées
Toulouse, Bordeaux, toutes les villes lui ouvrent leurs portes ; son fds Thierry fera le reste. Pour lui, il revient à Tours remercier saint Martin de ses faveurs. 11 y trouve les ambassadeurs de l'empereur d'Orient et le manteau de patrice depuis longtemps sollicité. A la vue de ce vainqueur revêtu de la pourpre et de la couronne, de ces chariots
chargés d'or, et de ces milliers de captifs, le peuple croit applaudir encore un consul romain. Mais, û Bigne des temps nouveaux!
dans sa course triomphale à travers les pays conquis, un pauvre solitaire d'Auvergne, Eptadius, le suivait; et, plutôt que d'être évêque, il préférait, au risque d'irriter le vainqueur, lui demander chaque jour la liberté de quelques captifs. A Tours, il obtint plus, et une lettre du grand Clovis annonça aux évêques d'Aquitaine qu'ils pouvaient réclamer les prisonniers de leurs diocèses : heureuse clémence, inconnue des anciens, qui annonçait la fin prochaine de l'escla\. et qui conquit à Clovis le cœur des vaincus. Cependant la guerre continuait à désoler le Midi. Forcé de combattre avec les Francs, Gondebaud s'était avancé jusque près de Narbonne, et, après avoir pris Rodez, Albi et toute l'Auvergne, le fils de Clovis, alléché par le fameux trésor des Goths, était venu assiéger Carcassonne. De son côté, le grand Théodoric cherchait à réparer les fautes d'Alaric, et à soutenir l'enfant laissé par lui sur le trône. Il faisait relever les murs d'Arles, rendait ses biens à l'église de Narbonne, confirmait les vieux privilèges de Marseille, envoyait du blé et de l'argent à ses troupes pour leur ôter tout prétexte de pillage , et réunissait tout ce qu'il pouvait de Goths et de Germains pour sauver Carcassonne. N "étant plus en force, Thierry leva le siège, se rallia aux Bourguignons , et vint avec eux ravager les environs d'Arles.
VIL L'évêque de cette ville était l'illustre Césaire, austère élève de Lérins et tendre ami des pauvres , prédicateur infatigable et gracieux poète, fondateur d'un célèbre couvent de religieuses et destructeur de l'hérésie. A l'approche des Francs, plusieurs habitants, dont un prêtre, sortirent furtivement de la ville ; les ariens aussitôt de crier à la trahison et d'accuser l'évêque. Il fut jeté en prison, gardé à vue et menacé de mort. Il y avait pourtant des traîtres, • et parmi ses plus effrontés calomniateurs. Dans une sortie, tes Goths trouvèrent une lettre attachée à une pierre et maladroitement jetée au pied des remparts. C'étaient les Juifs qui offraient de