LIVRE II I - LOUIS l.i: Clins
LUI. Héritier de Philippe I, Louis le Gros ne recueillit qu'un pouvoir débile (1108). Ses Étals, si restreints, étaient sans cesse menacés par de petits seigneurs vivant de brigandages. La route même d'Orléans n'était pas libre, et était souvent pillée par les Montmorency, maîtres de Corbeil , de Montmorency, d'Enghien et de presque tous les abords de la capitale. Le nouveau seigneurdeMont- Ihéry montrait les dents à son frère ; un peu plus loin, Hugues, sire de Puyset, ravageait les environs d'Orléans, et Enguerrand de Coucy maltraitait les habitants d'Amiens.
Quoique chargé d'embonpoint, LouisleGrosétait assezguerroyeur.
Son premier soin fut de se débarrasser de ces brigands et de marcher contre eux, à la tète de quelques chevaliers • et des paroisses ameutées par ces excès. Moitiéruse, moitié courage, il
reprit Montlhéry et Corbeil, obligea les Montmorency à respecter les biens de l'abbaye de Saint- Denis, et, à la longue, en fit ses plus fidèles serviteurs. Puis il vint assiéger le château de Puyset. Pour en venir à bout, ce ne fut pas trop de trois années et de trois expéditions. Enfin Hugues fut forcé de se rendre ; son château , pris et rasé. N'ayant plus rien à faire en France , il alla en Palestine sous prétexte de pénitence, y devint
Prise de Jérusalem. (P. 94.)
comte do Joppé, mais finit comme il avait vécu, dans Le brigandage et l'alliance des Sarrasins. Cerné dans Joppé et encore une fois chassé, il l'ut tué par un soldat dans une rue de Jérusalem.
L I V. Restait le fameux et cruel Enguer-
rand de Coucy, retiré dans une grosse tour d'Amiens, vrai repaire d'où il ne sortait que pour maltraiter les bourgeois, et leur disputer les libertés communales que l'évèque venaitdeleuraccorder à l'exemple de ses voisins. Les bourgeois appelèrent le roi, qui commençait à passer pour le destructeur des brigands et l'ami des bonnes villes. Avec son aide, ils investirent la grosse tour, qu'il fallut affamer, et qui n'ouvrit ses portes qu'après deux ansde siège.
LV. Séduits par des exemples si proches, les bourgeoisdeLaonvoulaient aussi nommer leurs magistrats et s'exempter du service militaire. Ils avaient profité de l'absence de leur évèque pour établir une commune, et ils comptaient sur l'appui de Louis le Gros, auquel ils offrirent quatre cents livres. Mais, l'évèque refusant de céder ses droits, dans un accès de fureur sauvage ils envahirent son palais, et le massacrèrent avec une partie des nobles et des clercs. Menacés de la colère du roi et des foudres de l'Église, ils mirent à