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LIVRE III — l'IIILI ITE-AUGUSTE

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Chevaliers bannerets.

que ses aïeux qui tous avaient courbé la tête sous l'excommunication, Philippe-Auguste à son tour défiait la justice de l'Église , trop prudente, pensait-il, pour s'en prendre à lui. XCI. Mais la barque de saint Pierre était menée par une main ferme et intrépide.

Chargé seul depuis peu de l'élection des papes, et mettant son honneur à bien choisir, le collège des cardinaux venait de nommer, à trente-trois ans, un studieux élève de Paris et de Bologne, Innocent III. Une fois élu. après des larmes sincères sur sa faiblesse et son néant , il ne regarda plus derrière lui , et dévora la carrière de ses nouveaux et immenses devoirs. Le roi de France fut excommunié comme un simple fidèle, le royaume entier mis en interdit , les offices suspendus, les sacrements réservés au mourant. A ces armes toutes spirituelles se joignait le cri de la conscience publique , courageuse depuis qu'elle n'était plus seule. L'impétueux Phi-

lippe-Auguste dut céder et renvoyer Agnès de Méranie et reprendre la pauvre Ingebourge. XCII. Sauf ce débat, l'Église trouva toujours en lui un fils soumis et un brave allié. Leurs ennemis n'étaient- ils pas les mêmes? Marchant sur les traces de son père, Jean Sans-Terre disposait à son caprice dfi siège de Cantorbéry, des biens du clergé, et bravait les envoyés du saint-siège; en même temps, plein de rancune contre Philippe-Auguste, qui lui avait pris la Normandie , il invoquait à son aide, comme Richard prisonnier, le pouvoir de l'empereur d'Allemagne, prétendu suzerain de tous les rois du monde , et lui faisait une pension de cinq mille ducats, à condition de réduire la France au petit domaine de Hugues Capet. L'Empereur d'alors, Othon IV de Brunswick, se trouvait être, par sa mère , le neveu de Jean Sans-Terre, prince obscur, qu'Innocent III avait lire de son néant et sacré à la place des fils crucb el

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