‹ Histoire de FranceChapitre 11 sur 18 · RÈGNE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

RÈGNE DE LOUIS XIV

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annexions illégales ou tout au moins inopportunes faites en pleine paix par les « Chambres de réunion » (Pont-à-Mousson, Sarrebourg, Montbéliard, Strasbourg, etc.), révocation de l'Edit de Nantes (1 685), odieuses persécutions dirigées contre les Huguenots et contre les jansénistes; brouille avec le Pape à propos de la Régale. Surtout l'Europe eut peur • de la trop grande puissance acquise par notre pays et, à deux reprises, Angleterre, Autriche, Hollande, princes allemands, princes italiens se coalisèrent contre nous. Une série de victoires (Fie unis, Steinkerque, Nerwinden, La Marsaille, Staffarde, succès de Jean-Bart et de Duguay-Trouin) nous débarrassèrent aisément de la première

SlÈGE DE TOURNAI, a Gravure de S. Leclerc d'après Le Brun. Aux XVIIe et XVIIIe siècles on ne se battait guère qu'en été,

et l'objectif essentiel des armées était la prise des places fortes. Ainsi s'explique la longue durée des guerres de cette époque.

On Voit ici, au premier plan, une tranchée pleine de piquiers et de mousquetaires prêts à repousser une sortie tentée parles

assiégés ; au fond, la ville que couronne la fumée des canons. (Chalcographie du Louvre.)

coalition que termina le traité de Ryswick (1697). La deuxième (guerre de la Succession d'Espagne) fut plus malaisée à vaincre. Les armées de Marlborough et du prince Eugène envahirent la France du Nord, tandis que les Autrichiens chassaient de Madrid le nouveau roi d'Espagne, Philippe V, petit-fils de Louis XIV. Heureusement qu'après plusieurs années de défaites la fortune des armes tourna en notre faveur. La victoire de Villaviciosa, par Vendôme, et celle de Denain (1712) par Montesquiou et Villars, obligèrent l'ennemi à évacuer aussi bien la France que l'Espagne, et le contraignirent enfin à conclure à Utrecht et Rastadt (1713-1714) des traités de paix qui nous laissaient toutes les conquêtes du règne : Artois, Flandre, Franche-Comté, Roussillon, l'Alsace avec Strasbourg. Cette énumération seule, plus éloquente que de longs commentaires, montre

quelle juste admiration Jean Bart. a Le hardi .h

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corsaire a la bravoure le- ^'^

gendaire. (Bibl. Nat.) nous devons conserver,

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malgré ses fautes indéniables, à la mémoire de Louis le Grand.

LA FRANCE AU XVIIIe SIÈCLE.

0 0 La suprématie que la France avait acquise au temps de Louis XIV se trouva fort compromise au XVIIIe siècle par la faute de ses successeurs. Jamais on ne vit sur le trône de prince plus méprisable qu'un Louis XV, plus faible qu'un Louis XVI.

Jamais l'influence néfaste des maîtresses royales : les Pompadour, les du Barry, ou d'une reine frivole et fantasque telle que le fut Marie- Antoinette, ne se fit sentir aussi fâcheusement. Certes, dans l'histoire de la pensée humaine et du progrès social, la France tient toujours le premier rang. Les savants : Lavoisier et Berthollet, Maupertuis et Cassini, Lacépède, Buffon, Cuvier, Jussieu, etc., continuent glorieusement . les traditions des Descartes et des ToURVILLE. 0 u plus

Jrascal. oes artistes : célèbre des amiraux de

Watteau, Fragonard, Louis XIV. (Bibl. Nat.)

Bataille DE Fontenoy. ePar VanBlarenberghe.Lell mai 1745, les troupesfrançaises, commandées par le maréchal de Saxe, remportèrent sur les armées anglo-hollandaises la brillante victoire deFontenoy. Au début de la journée, les Anglais eurent l' avantage, mais, dans l'après-midi, leurs colonnes (au centre du tableau) furent enfoncées sous les assauts répétés del infanterie (au premier plan à gauche) et de la cavalerie (en demi-cercle à droite) françaises. (Musée de Versailles. — Cl. Hachette.)

Greuze, Chardin, etc., créent une école de peinture sans égale en Europe. Surtout ses philosophes, ses encyclopédistes, Montesquieu, Voltaire, Diderot,J.-J.

Rousseau, etc., mènent la guerre contre l'absolutisme, l'inégalité de classe, l'intolérance religieuse. Leurs théories, franchissant les frontières, vont dans le monde entier semer les premiers germes d'où raîtra une humanité nouvelle. Partout s'imposent nos livres, nos modes, nos goûts. Les souverains étrangers, de Frédéric II à Catherine II, se disputent 1 honneur de correspondre avec nos écrivains, d'attirer près d'eux nos artistes et nos savants, et "notre langue prend définitivement la

place du latin comme langue universelle parlée et écrite par tous ceux qui se flattent de penser en gens (' éclairés ».

Portrait de Louis XV. (1710-1774), a Par La Tour. Portrait d'un homme qui ne manquait ni de beauté ni d'intelligence, mais qui, suivant le mot de Choiseul, avait « tous lesdéfautsdel'âmelaplusvile». (Musée du Louvre.)

Mais notre politique extérieure est déplorable. En prenant part à toutes les guerres du XVIIIe siècle, la France trouve le moyen de se battre tour a tour pour les Bourbons. d'Espagne, pour le roi de Prusse, pour l'impératrice Marie-Thérèse, pour les « insurgents »

d'Amérique — mais pour elle, point ! Si, au début du règne, la sagesse du cardinal de Fleury nous assure la Lorraine, en récompense des beaux succès militaires remportés pendant la guerre de Succession de Pologne .(1732- 1738), la guerre de Succession d'Autriche ( 1 740- 1 748) ne nous donne rien, malgré nos éclatantes victoires à Fontenoy (1745), Raucoux, Lawfeld ; la guerre de Sept ans pas davantage. Bien plus, ces guerres continentales immobilisent nos forces en Europe et nous rendent

Montesquieu, a Représenté Voltaire. 0 Visage maigre, J.-J. Rousseau, a Ce por- Diderot, par Fragonaul. 0

«à la romaine» avec la toge rayonnant d'intelligence, pé- trait estl'un des meilleurs du Dirigea la publication del'En-

et sans perruque. (Biblio- tillant de malice. (Musée célèbre pastelliste La Tour, cyclopédie, synthèse des doctri-

thèque Nationale). Carnavalet.) (Musée de Saint-Quentin.) nés philosophiques nouvelles.

indifférents aux questions coloniales. On envoie 27 hommes de renfort à Lally-Tollendal pour conserver l'Inde où Dupleix avait accompli une œuvre magnifique de conquête et d'organisation. A Montcalm, chargé de défendre le Canada, on en donne 300 ! Le^

Anglais en profitent ; leurs armées de 25 000 et 30000 hommes accablent"nos faibles troupes. Le traité de Paris consacre en 1 763 la perte définitive de l'Inde et de la Nouvelle-France, un des désastres de notre histoire.

La politique inté-

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FÊTES VÉNITIENNES. 0?ar Watteau. L'œuvre de Watteau symbolise la grâce sensuelle, l 'exquise élégance, l esprit qui sont les traits les plus marquants de la haute société sous la Régence. (Musée d'Edimbourg. — Cl. Hanfstaengl.)

Le BENEDICITE. 0 Par Chardin, qui fut le peintre de la vie

de famille bourgeoise au XVIIIe siècle. Ce tableau, exposé au

Salon de 1740, devint aussitôt populaire, et F artiste dut en

donner plusieurs répliques. (Musée du Louvre.)

Le Salon du Prince DE Conti. 0 Tableau cfOllivier. Les invités du prince prennent le thé « a l'anglaise », suivant la mode récemment introduite. Au clavecin, le musicien prodige , Mozart, âgé de dix ans. Ameublement et décoration très simples, mais d'un goût exquis. (Musée du Louvre. — Cl. Hachette.)

rieure n'est, bien entendu, pas meilleure. C'est le gaspillage éhonté des revenus de l'Etat. C'est la Cour absorbant le tiers du produit de l'impôt ; c'est, après l'échec de la tentative intéressante mais prématurée de Law (1718), le déficit constant, malgré le poids croissant des charges publiques. C'est aussi la frivolité scandaleuse, le « après moi le déluge » des hautes classes, la désaffection grandissante de la bourgeoisie et du peuple pour une monarchie méprisée, les. luttes énervantes entre jansénistes et ultramontains, les premières résistances énergiques,1 bien qu'illégales, tentées par les parlements, soutenus par l'opinion publique, contre les abus du gouvernement. Les hommes de valeur, certes, ne font pas défaut, mais les disgrâces imposées par les favorites les atteignent avant qu'ils aient pu donner foute leur mesure. Sous Louis XV,

d'Argenson et Machault d'Arnouville sont renvoyés par la marquise de Pompadour.

Choiseul est chassé par Mme du Barry.

Louis XVI, qui s'était d'abord sagement entouré d'hommes de tout premier ordre : Turgot, Malesherbes, Saint-Germain, Vergennes, etc., doit, sur les injonctions de la reine, renvoyer les meilleurs d'entre eux au bout de deux années seulement (1776), et les réformes que Turgot avaient entreprises, ces réformes quiétaient peut-être capables de sauver la Monarchie, demeurent inexécutées. Necker est renvoyé à son tour en 1781. C'est un Calonne, un Brienne, — adroits courtisans mais ministres fort médiocres — que la reine impose successivement au roi, eî leur déplorable administration financière, qui conduit droit à la banqueroute, rend enfin nécessaire la convocation des Etats généraux.

Une REVUE SOUS l'Empire (1810). a Tableau de Bellangé. Dans le fond, les Tuileries, brûlées sous la Commune. La garde

impériale, précédée par « la clique» que dirige un gigantesque et majestueux tambour-major, défile sous l'Arc de Triomphe

du Carrousd. Gamins faisant la roue; bourgeois admirant la tenue impeccable des troupes. L'Empire atteint alors son apogée,

et rien ne saurait laisser prévoir la chute, pourtant si proche. (Musée du Louvre. — Cl. Hachette.)

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